Partie 2

De François 1er aux Capéciens Bourbons

Lundi 14 février 2005, par Paul Vaurs // L’Histoire

François 1 er Roi de France et la période de la Renaissance.

François Ier rencontre le pape Léon X en octobre 1616 à Bologne. Dans l’entourage du pontife, il remarque l’artiste Léonard de Vinci, L’année suivante, en 1516, il l’invite à venir en France. Léonard de Vinci, s’installe au Clos Lucé, près d’Amboise. Étant paralysé de la main droite, il ne peut plus peindre. Il se consacre à ses machines. Il meurt le 2 mai 1519. François Ier s’était pris d’amitié pour cet homme de génie et était beaucoup influencé par lui.

Souhaitant la paix religieuse, le 18 août 1516, le Concordat de Bologne est signé avec le pape Léon X. Malgré, l’opposition des universités qui rejettent l’autorité du pape, François Ier fait enregistrer ce concordat le 22 mars 1618. Deux ans après le roi, Claude de France est sacrée reine le 10 mai 1617. Après cette cérémonie, le roi et la reine, parcourt le pays. Entouré de sa Cour, cela représente un cortège de trois cent personnes environ. Pour François1er c’est une occasion de parler directement à ses sujets. Il en profite également pour faire des haltes chez ses amis comme Guillaume de Montmorency à Ecouen. Le couple royal donne naissance à unfils prénommé François le 28 février 1618, durant ce périple. A l’automne de la même année, tout le cortège regagne Paris, après avoir visité a Bretagne Ce voyage a permis au roi d’affirmer son autorité et de récupérer de ces régions des participations financières.

François 1er assoit son pouvoir sur trois plans : religieux, féodal et juridique. Son pouvoir paraît absolu et véhiculé par les images qu’il y associe. Il se fait peindre en 1526 par Jean Clouet et en 1530 par François Clouet, fils du précédent peintre. Il veut donner l’image d’un bon cavalier, d’un courageux chevalier et d’un séducteur. L’administration est composée de personnes détenant ce qui est appelé un office. Illimitée dans le temps, cette office peut être acquise. Cela intéresse la bourgeoisie qui souhaite s’élever dans la société et permet à François Ier de récupérer de l’argent. Les officiers les plus proches du roi sont des nobles, principalement d’épée. Mais l’ascension des bourgeois formant la noblesse de robe est importante durant le règne de François 1er

De 1515 à 1518, François le vit au château d’Amboise. Il y continue les travaux entrepris par Chartes VIII et Louis XII. Par ailleurs, il entreprend des travaux au château de Blois, y construisant une aile de plus. Il ne faut pas oublier le fabuleux escalier de ce château. Souhaitant cependant entreprendre une construction entièrement de lui, François1er commande la construction du château de Chambord. Si c’est Dominique de Cortone qui en conçoit l’architecture, Léonard de Vinci en aurait dessiné les plans. Ce château n’est terminé que vingt-deux ans plus tard, en 1540. Ceux de la Cour qui en ont la chance loge avec le roi. Celle-ci est un instrument de pouvoir pour le roi. La noblesse y est très présente, souhaitant attirer les faveurs du souverain, De fêtes en tournoi ou en lecture de poèmes, François 1er entretient une ambiance agréable. Il aime à se mêler aux membres de la Cour. La Maison du roi dirigée par Artus Gouffier puis René de Savoie, oncle du roi, organise la vie du souverain et de son entourage. Il faut savoir que la Cour du roi peut représenter jusqu’à dix mille personnes ! Cette Maison recouvre les besoins de l’esprit l’intendance du Roi et sa table. Il existe également une armée pour assurer la protection du Roi. Cette Maison du Roi est l’ambition de beaucoup de nobles. Les temps fort d’une journée royale sont la chasse à cour et les repas. Toutes les précautions sont prises pour la nourriture et les boissons destinées au Roi. La Renaissance est réputée pour ses empoisonnements.

La période de 1518 A 1521 permet à François 1 er d’entreprendre les travaux souhaités et de mettre en place son pouvoir. Seulement cette période de paix n’est que de courte durée. D’un côté c’est Charles Quint qui menace le Roi, de l’autre c’est Henri VIII. Avec ces deux monarques, c’est la lutte pour se faire élire empereur, un titre qui assure une supériorité sur les autres souverains. Pour cela faut-il convaincre les électeurs : Quatre princes laïcs et trois ecclésiastiques. Si François1er se ruine en cadeaux pour les électeurs, les Habsbourg semblent avoir avantage. Mais c’est par l’argent que se joue la compétition. Henri VIII Roi d’Angleterre la quitte prématurément. Charles Quint Empereur d’Autriche, dépense huit cent cinquante mille florins, François 1er la moitié. Charles Quint est élu Empereur le 28 juin 1619. François1er souhaitant amadouer Henri VIII, il l’invite près de Calais. Cette rencontre a lieu du 7 au 24 juin 1620, et est appelée « entrevue du Camp du Drap d’or. » Chacun y essaie d’étonner l’autre. Tournois, danses, repas, combats (sportifs) se succèdent, mais si les rois se quittent en promettant de se revoir, Henni VIII, méfiant vis à vis du roi français, rencontre Charles Quint. Cette entrevue a été perçue par certains comme de la poudre aux yeux jetée par chacun des deux monarques dans chacun des camps.

1621, marque le début des rivalités militaires entre François1er et Charles Quint. En effet, François1er ne s’entend pas bien avec Charles Quint. Ce dernier revendique la Bourgogne. Le roi de France réclame le duché de Milan. Conquis en 1515, ayant peur de le perdre, il déclenche des affrontements sur des fronts éloignés de l’Italie, comme le Luxembourg. François1er, vois le pape Léon X s’allier à Charles Quint. Feignent d’arbitrer les affrontements franco impériaux, le cardinal Wolsey permet à l’empereur d’attaquer la France par le nord-est. Une alliance est signée à Bruges entre Wolsey et l’empereur, lançant un ultimatum à François1er. Charles III de Bourbon est commandant en chef de l’armée royale. Marié à la fille de Pierre et Anne de Beaujeu, il se retrouve à la tête d’un vaste territoire, ayant une Cour et une administration identique au roi. Français1er, montre peu d’attention vis à vis de Charles de Bourbon et celui s’en offusque. Le décès de sa femme, Suzanne, va déclencher des heurts entre les deux personnages. En effet des terres doivent revenir au roi. Le 7 octobre 1522, Charles de Bourbon est dépossédé de plusieurs fiefs. Il décide alors de se tourner vers l’empereur Charles Quint. Français1er met sous séquestre les biens de Charles do Bourbon le 7 septembre 1623. Ce dernier part pour les terres impériales, Charles Quint gagnant ainsi un bon général, utile pour l’invasion de la France qu’il projette.

Bataille après bataille, le bilan des affrontements est désastreux pour les français. Fin 1622, Français1er perd ses possessions italiennes. Le pape Léon X et le duc de Mantoue l’abandonne. Le Roi de France endette son pays pour financer ses campagnes en Italie. En septembre 1523, les Français encerclent Milan. Mais en mars 1524, ils doivent se retirer. Bayard est tué le 30 avril 1524. Une épidémie décime l’armée française. En juillet 1524, François 1er affronte diverses invasions en Provence, en Normandie ou en Bourgogne. Le roi est très affecté par la mort de sa femme Claude de France survenue le 2 juillet 1524. François 1 er se ressaisit et réussit à restaurer l’ordre à l’intérieur du pays. Contre tout avis, il décide de retourner en Italie. Sa mère, Louise de Savoie, assure la régence du pays. Français1er entre facilement dans la ville de Milan et veut s’emparer de Pavie. Mais, l’hivers rigoureux, pénalise les français. Ces derniers sont pris en tenaille et François1er ne sait plus quoi faire. Attaqué le 23 février 1526, le Roi de France repousse les assaillants grâce à son artillerie. Seulement, lançant trop vite à l’assaut, sa cavalerie, cette dernière est battue par l’armée du marquis de Pescara, secondé par Charles de Bourbon. La Palisse et l’amiral de Bonnivet sont tués, René de Savoie, l’oncle du roi de France, trouve également la mort, C’est une hécatombe qui décime également les nobles qui y participent.

Le 24 février 1525, Français1er est fait prisonnier, et écrit à sa mère : « L’honneur et la vie sauve mes nouvelles vous seront quelque peu de réconfort. J’ai prié qu’on me laissast vous escrire. Ceste grâce m’a esté accordée, vous priant ne vouloir prendre l’extrémité de vos finz en usant de vostre accoustumée prudence, car j’ai l’espérance à la fin que Dieu ne m’abandonnera point. Vous recommandant vos petits-enfants et les miens, vous suppliant faire donner sur passage pour aller et retourner en Espagne au porteur qui va devers l’Empereur pour scavoir comment il veut que je sois traicté. Et sue ce très humblement me recomamande en vostre bonne grâce. Très humble et obéissant fils François. »

Louise de Savoie régente alors le Royaume de France.

Français 1er est d’abord emprisonné près de Crémone. Il est ensuite transféré à Naples, puis près de Valence et enfin à Madrid. Charles Quint a de fortes exigences. La Bourgogne, les Flandres et l’Artois. Il souhaite également pour Henri VIII l’Ouest de la France et pour Charles de Bourbon la Provence. Français1er juge ses demandes intolérables. A la fin de l’année 1625 il tombe malade, souffrant d’anorexie et d’un abcès du nez. De son côté, sa mère maîtrise autant que possible les invasions. Heureusement les envahisseurs sont occupés par ailleurs. Louise de Savoie obtient de l’anglais Henri VIII la paix en août 1525. En France, l’argent manque et le Parlement se saisit de cette occasion pour mettre en péril l’autorité du Roi.

Suite à la mort de S M le Roi François1er, notre pays, entra dans « Une zone de grande turbulence. » Trois Souverain se succédèrent de 1547 à 1589 soit, durant une période de 42 ans. Ce fut, les Valois-Orléans-Angoulème qui montèrent sur le Trône de France. Tous, faisait partie de la Dynastie Capétienne. Ces durant ces années que la France vécue les guerre dites de religion. En 1544, Catherine de Médicis mit au monde le premier des enfants d’Henri II, prénommé François. Alors que l’on craignait que la reine ne fût stérile, elle mettra au monde dix enfants, dont sept atteindront l’âge adulte, trois des garçons régneront, deux des filles épouseront des rois. La continuité dynastique semblait dès lors assurée. En outre, en 1551, Henri Il eut un second enfant illégitime qu’il reconnut également : Henri d’Angoulême, issu de sa liaison avec Jane Fleming. A la mort de François Ier « , Henri Il fut proclamé roi. Des rivalités divisaient la cour en deux clans, réunis l’un autour du duc d’Orléans, Charles, et de la duchesse d’Etampes, l’autre autour d’Henri et de Diane de Poitiers, dont le favori, Anne de Montmorency, était banni de la cour depuis 1541. L’avènement du nouveau roi signifia un bouleversement des rapports de force.

L’affirmation du pouvoir royal. Comme son père avant lui, Henri Il attribua les postes les plus importants de administration royale à ses amis, mais aussi à ceux de Diane de Poitiers. Ainsi Henri nomma deux nouveaux Maréchaux, son confident Jacques de Saint-André, et Robert de la Marck, gendre de Diane de Poitiers. Henri d’Albret, Roi de Navarre, entra au Conseil du Roi ainsi que François d’Aumale, bientôt duc de Guise, et Robert de La Marck, La principale nomination fut celle d’Anne de Montmorency, qui joua dès lors le rôle principal dans les affaires du royaume. Tous les proches de la duchesse d’Etampes, et notamment le maréchal d’Annebaut et le cardinal de Tournon, se trouvaient écartés du pouvoir.Le Roi de France, eu, une politique extérieure belliqueuse. En 4549, Henri Il fixa comme premier objectif la reprise de Boulogne, que les Anglais occupaient depuis 1544 et dont ils avaient renforcé les défenses. Au terme d’un siège minutieusement préparé, au cours duquel se distinguèrent le connétable et François d’Aumale, ainsi que, sur mer, Leone Strozzi, les Français reprirent la ville en 1550.En Italie, Henri Il mena d’abord une politique favorable aux Farnèse. Il s’attira l’hostilité du pape Jules III, élu en 1550, mais parvint, en partie grâce à l’alliance avec Soliman, à conserver Parme aux Farnèse.

Du traité de Chambord à la trêve de Vaucelles. (1662-1556)

En 1552, Henri Il conclut, avec les princes protestants allemands, une alliance dirigée contre Chartes Quint. Par le traité de Chambord (15 janvier 1552), les princes allemands s’engagèrent à attaquer Charles Quint et à tenter de le faire prisonnier, pendant qu’Henri Il se porterait sur les Pays-Bas. Henri Il déclara la guerre en février 1552. La campagne militaire fut d’abord dirigée vers l’Allemagne puis vers les Pays-Bas. La France remporta d’importants succès initiaux, qui lui permirent d’occuper la Lorraine et les Trois Evêchés. Chartes Quint échoua à reprendre Metz, défendue par le duc de Guise. Entrecoupée de pauses hivernales, la lutte entre le Roi et l’Empereur se poursuivit en 1553, Chartes Quint prit Thérouanne et Hesdin, faisant de nombreux prisonniers, dont le maréchal de La Marck et François de Montmorency, le fils du connétable. En 1554, les Français furent vainqueurs à Renty, en Artois, mais le parti belliciste accusa Montmorency de n’avoir pas poussé son avantage. Cependant, Chartes Quint, qui préparait son abdication, cherchait la paix ; Une trêve de cinq ans fut signée à Vaucelles le 5février 1556 ; Elle reconnaissait les nouvelles possessions françaises, les Trois ­Evêchés, de nombreuses places fortes entre le Luxembourg et la Flandre, ainsi que diverses possessions en Piémont, dans le centre de l’Italie et en Corse.

La campagne d’Italie. (1557)

En 1555, les affaires d’Italie étaient revenues au premier plan des préoccupations. Les Français de Blaise de Monluc, assiégés dans Sienne, avaient dû capituler et se retirer de Toscane. Le nouveau pape, Paul IV, violemment anti-Habsbourg, chercha à relancer le conflit, promenant aux Français le royaume de Naples. Cependant la trêve de Vaucelles interdisait à Henri II d’intervenir contre empereur en Italie. Les machinations du pape et de son légat, son propre neveu Carlo Carafa, ainsi que l’excommunication de Chartes Quint et de Philippe Il d’Espagne aboutirent à l’invasion des Etats pontificaux par les Impériaux en septembre 1556. Henri II envoya aussitôt le duc de Guise, à la tête d’une puissante armée, mais celui-ci ne pût compter sur son allié Farnèse, passé du côté de l’Empire. Après une série de victoires, Guise s’enlisa devant la place forte de Civitella, dans le royaume de Naples. Il dut abandonner sa campagne, et rentrer en France en septembre 1557, tandis que le pape avait fini par s’entendre avec Philippe II.

Le désastre de Saint-Quentin. (1557)

Une nouvelle guerre avec l’Espagne avait éclaté entre-temps, le 31janvier 1557. L’Angleterre de Marie Tudor se joignit aux Impériaux, tandis que la France trouvait le soutien de l’Ecosse. Les opérations militaires amenèrent les troupes espagnoles à assiéger Saint-Quentin, défendue par l’amiral de Coligny. Tous les plans de secours échouèrent, et l’armée française fut écrasée on releva près de neuf mille morts et de très nombreux prisonniers, dont le connétable de Montmorency, le maréchal de Saint-André et l’amiral de Coligny. Aussitôt Henri II confia le commandement des armées au duc de Guise, de retour d’Italie. Le 9 janvier 1558, le duc assura sa renommée en conquérant Calais, qui était anglaise depuis 1347. En juin 1558, les troupes du duc de Guise assiégèrent et prirent Thionville. La prise de Calais et de Thionville était un atout majeur dans les négociations de paix qui se déroulaient dans le même temps. En effet, tant la France que Espagne ne pouvaient soutenir plus longtemps une guerre qui les ruinait.

Les traités du Cateau-Cambrésis (avril 1559)

A la suite des opérations militaires de 1557-1558, Henri II chercha à signer une paix honorable. Les négociations commencèrent à Cercamp, le connétable de Montmorency, toujours prisonnier, recevant l’investiture du Roi pour aboutir à la paix. Les traités du Cateau-Cambrésis furent signés le 2 avril 1559, avec l’Angleterre, et le lendemain avec l’Espagne. Les traités garantissaient à la France de nouvelles alliances, une frontière sûre vers le nord comme avec l’Espagne, une reconnaissance mutuelle avec l’Angleterre. Les Trois Evêchés n’étaient pas concernés puisqu’ils dépendaient de l’Empire, et la France les conserva. En revanche, les traités mécontentèrent les hommes de guerre, qui, comme le maréchal de Brissac, avaient résisté au Piémont, restitué au Duc de Savoie, ou qui, comme le duc de Guise, espéraient poursuivre victorieusement la campagne aux Pays-Bas, Les alliances étaient scellées par le mariage de Philippe II d’Espagne avec Elisabeth, la fille d’Henri II, et de Marguerite, la soeur du roi, avec le duc de Savoie.

La politique religieuse d’Henri II

Sous François1er, « la politique royale en matière de religion avait connu des phases d’apaisement et de répression. Dans les dernières années du règne, cependant, la répression s’était considérablement accrue, culminant en 1545 avec le massacre des vaudois de Provence. Henri II, dès le 8 octobre 1547, institua une chambre spéciale chargée de lutter contre les réformés confiés à l’inquisiteur Mathieu Ory, on l’appela bientôt « la chambre ardente » : elle condamna en effet au bûcher des centaines de « mal sentants de la foi ». L’édit de Châteaubriant ( 7 juin 1551) renforçait les mesures contre l’hérésie : Il était désormais interdit d’héberger des luthériens, de voyager à Genève, ou même de discuter de religion ; l’appel était supprimé ; une épuration des cours de justice était mise en marche. L’édit de Compiègne (1557) modifia sur quelques points celui de Châteaubriant, instituant notamment la condamnation à mort en cas de relations avec les hérétiques et les réformés de Genève. Enfin, l’édit d’Ecouen organisait la punition des hérétiques (2juin 1559).

La répression de la religion réformée.

Le renforcement de la répression fut très sensible. Le procès des responsables du massacre des vaudois se termina en 1552 par leur acquittement. Le 4 septembre 1557, des réformés qui s’étaient réunis dans une maison de la rue Saint-Jacques, à Paris, furent arrêtés, et plusieurs d’entre eux furent condamnés au bûcher, les trois premiers dès le 14 septembre. En septembre 1557 encore, un dénommé Caboche tenta de tuer Henri II ; Il fut exécuté quelques heures après son forfait, au grand scandale du Roi qui supposa que des magistrats avaient voulu l’empêcher d’interroger l’individu et de découvrir ainsi ses complices. En mai 1558, sous la direction du Roi de Navarre, Antoine de Bourbon, des milliers de protestants, parmi lesquels le frère de Coligny, François d’Andelot, que le Roi fit arrêter un moment lorsqu’il apprit qu’il était protestant, manifestèrent au Pré-aux-Clercs, chantant leurs psaumes. Enfin, le procès qui devait aboutir à la condamnation à mort du conseiller au parlement de Paris Anne Du Bourg avait été engagé avant la mort du Roi. Le roi entérina la politique de répression, et alla jusqu’à assister parfois aux bûchers, son entourage était partagé entre une lune à outrance, Catherine de Médicis et surtout les Guise - et une relative modération - Diane de Poitiers et surtout Montmorency, La mort inattendue du roi laissa seuls maîtres du pouvoir les Guise.

Le développement du protestantisme.

Les progrès de la religion réformée furent cependant sensibles, et le 25 mai 1559 pût se tenir à Paris le premier synode protestant de France, sous la présidence du pasteur François Morel. On peut estimer qu’à l’époque, il y avait dans le royaume près de deux mille églises protestantes « dressées », c’est-à-dire dirigées par un pasteur reconnu par Genève,à la différence des groupes « plantés ».

Les arts sous Henri II.

Le règne d’Henri II fut marqué par de nombreuses réalisations artistiques. Il s’attacha Pierre Lescot, auquel il confia d’importants travaux au Louvre, alors résidence officielle du Roi. Jean Goujon fut chargé d’un programme de sculptures considérable. Philibert Delorme fut l’architecte du Roi pour les autres réalisations, notamment à Saint-Germain-en-Laye, à Fontainebleau, à la Sainte-Chapelle de Vincennes. Diane de Poitiers régnait sur deux châteaux, qui comptent parmi les plus représentatifs de la Renaissance. Chenonceaux, qu’Henri II lui avait offert, et Anet. Dans ces deux résidences travailla Philibert Delorme.

Les joyeuses entrées d’Henri II, de la reine et du dauphin dans les bonnes villes de France revêtirent une telle ampleur, décorations, programmes iconographiques, chorégraphies, comme à Rouen en 1550 pour fêter la prise de Boulogne. qu’elles marquèrent des sommets dans l’expression de la magnificence royale. Enfin, la littérature bénéficia du soutien du Roi, notamment Ronsard, qui écrivit de nombreuses odes qu’il dédia au Roi ou aux princesses de la cour.

Une fin tragique.

Durant l’été 1569, le roi offrit des fêtes pour le mariage de sa fille Elisabeth avec Philippe II, et décida de participer aux tournois qui se déroulaient rue Saint-Antoine, à Paris. Le 30 juin, après avoir battu le duc de Nemours et le duc de Guise, le Roi affronta Gabriel de Montgomery, seigneur de Lorges. La visière de son casque avait été mal fermée, et la lance de bois de son adversaire lui traversa l’oeil gauche, plusieurs morceaux, restant fichés dans la blessure, les chirurgiens André Vésale et Ambroise Paré ne purent sauver le Roi, qui mourut le 10 Juillet. La mort du Roi intervint, à un moment où les dangers extérieurs que représentaient (l’Espagne et l’Angleterre étaient neutralisés.) Cette mise à l’écart, laissait supposer un redressement des finances royales, au bord de la banqueroute du fait des guerres. Sur le plan intérieur, la lutte contre l’hérésie avait pris un caractère ouvertement répressif, mais, à part dans les derniers mois de son règne, Henri II avait tenu une ligne plus modérée que ceux qui allaient lui succéder. L’année 1559 marqua donc un tournant dans les affaires du royaume, qui entra pour plus de trente ans dans une période d’affrontements politiques et religieux.

Henri III devint Roi de France en 1589.troisième fils d’Henri II il fut d’abord duc d’Orléans puis duc d’Anjou en 1566. Après avoir lutté contre les protestants, il suivit le parti des politiques et signa la paix de Monsieur en 1576. Celle-ci provoqua la formation de la Ligue, soue la conduite du duc de Guise. Henri III s’en déclara le chef, sans obtenir pour autant l’adhésion des catholiques fanatiques et dut, en fait, lui obéir et reprendre contre les huguenots une guerre qui aboutit à la paix de Nérac en 1580, moins favorable que celle de Monsieur. Henri de Guise dirigea la Ligue et Henri de Navarre les Protestants Après la défaite du duc de Joyeuse à Coutras, en 1587, la journée des Barricades contraignit le Roi à fuir Paris en 1788.L’assassinat du duc de Guise fut sans effet et il dut se rapprocher d’Henri de Navarre. Il allait s’emparer avec lui de Paris défendu par Mayenne, quand il fut assassiné par le moine ligueur Jacques Clément.

Henri IV (de France) (1553-1610)

Roi de France (1589-1610) et de Navarre (1572-1610), chef des huguenots pendant les guerres de religion, qui affermit la monarchie catholique une fois réalisée la pacification du royaume, en particulier avec l’édit de Nantes ; il fut le plus populaire des rois de France et le premier souverain de la dynastie des Bourbons.

Chef du parti protestant.

Né à Pau, le 14 décembre 1553, il était le fils d’Antoine de Bourbon et de Jeanne d’Albret, reine de Navarre. Après avoir passé sa jeunesse dans le Béarn, il fut élevé, dès l’âge de huit ans, à la cour de France, avec ses cousins Valois, et reçut l’éducation d’un parfait gentilhomme. Sa mère lui dispensa une éducation calviniste. Dès 1569, il devint le chef du parti huguenot à La Rochelle, sous la tutelle de Gaspard de Coligny, lors de la troisième guerre de religion (1568-1570). Son mariage, le 18 août 1572 à Paris, avec Marguerite de Valois, soeur de Charles IX et d’Henri III, fut décidé, après le traité de Saint-germain, en signe d’apaisement entre les deux communautés religieuses. Une semaine plus tard eut lieu le Massacre de la Saint-Barthélemy.

Henri de Navarre sauva sa vie en abjurant sa foi et en se laissant convenir de force au catholicisme. Retenu comme otage au Louvre, â la cour, pendant trois ans, il parvint à s’enfuir (février 1576), retrouva ses États du Sud-ouest, abjura la religion qu’on lui avait imposée et prit la tête des armées protestantes, avec lesquelles il guerroya. La mort du duc d’Anjou, dernier frère du roi, en 1584, fit de lui l’héritier direct de la couronne de France. La menace de voir monter sur le trône un roi hérétique ranima la Sainte Ligue, menée par les Guise, qui s’allièrent au roi d’Espagne. Le Roi Henri III du laisser Paris aux ligueurs en 1588, et finit par faire assassiner les Guise, dont il craignait les ambitions. Il se réconcilia ensuite avec Henri de Navarre, qu’il reconnut comme son successeur légitime peu avant d’être assassiné par un catholique, le 1er août 1589. Mais les catholiques ne reconnurent pas Henri, devenu Henri IV, comme leur souverain et reprirent les armes pour imposer leur candidat, le cardinal de Bourbon, son oncle. Ils trouvèrent un appui chez Philippe II d’Espagne, dont les visées personnelles étaient d’obtenir la couronne de France pour s » fille Isabelle, petite fille d’Henri II

Roi de France.

Henri IV s’imposa par des victoires sur la Ligue à Arques (21 septembre 1589) ainsi qu’à Ivry (14 mars 1590) il assiégea Paris, qui fut finalement secourue par une armée de Philippe II établie aux Pays-Bas espagnols. Henri exploita habilement les dissensions existant entre les membres de la Ligue, révélées lors de leurs états généraux tenus en 1593, le patriotisme français, avivé par les menées espagnoles et le désir d’un retour à la légitimité monarchique. Il désarma ses adversaires en abjurant sa foi calviniste à la basilique de Saint-Denis, le 25 juillet 1593 (la légende en a retenu le fameux : « Paris vaut bien une messe !!! ». Henri IV fut enfin sacré à Chartres (24 février 1594) et fit son entrée royale dans Paris le 22 mars 1594. Il reçut la même année l’absolution pontificale. Toutefois les catholiques intransigeants de la Ligue, dirigés par Mayenne, frère des Guises, et les Espagnols poursuivirent la guerre. Mayenne, battu (juin 1594), finit par faire sa soumission ainsi que le duc de Mercœur, qui tenait la Bretagne (mars 1598). La paix avec l’Espagne fut obtenue par le traité de Vervin (2 mai 1598) qui confirmait celui de Cateau-Cambrésis.

L’édit de Nantes (13 avril 1598) réalisa la pacification religieuse du royaume, accordant de vastes privilèges aux protestants, et mit un terme aux guerres de religion.

Henri IV pût alors travailler à restaurer l’État et le pouvoir monarchique, et surtout à reconstruire la France, déchirée par plus de trente ans de guerre civile. D’un caractère bonhomme et simple, il sût se rallier les Français grâce à son autorité, qu’il affirma avec fermeté également contre les nobles, Il fut aidé dans son entreprise par des conseillers choisis pour leur valeur, ex-ligueurs ou huguenots. Le principal d’entre eux, le duc de Sully, resta toujours protestant. Le plus important de ses ministres après Sully était Villeroy, ancien ligueur, homme de robe, véritable ministre des Affaires étrangères. Ce personnel politique stable fut à l’origine des grandes familles ministérielles de l’Ancien Régime.

La restauration de l’autorité royale et la paix ramenèrent assez rapidement une certaine prospérité dans le royaume. Henri IV, secondé par Sully, réorganisa les finances et favorisa le développement économique de la France. L’agriculture, plus particulièrement, mais aussi l’industrie et le commerce furent encouragés. Le système selon lequel les fonctionnaires des Finances et du judiciaire achetaient leurs offices (héréditaires) à la couronne fut officialisé en 1604 par l’édit de la Paulette. La politique de travaux publics fut particulièrement importante et durable Sully fit refaire routes et chemins, aménagea les voies navigables, fit construire des ponts. Ces mesures furent, jusqu’en 1609, accompagnées par une politique extérieure en faveur de la paix, qui cherchait toutefois à isoler l’Espagne. Cependant, en 1610, Henri IV, qui disposait d’une armée entièrement réorganisée par Sully, décida de lancer la guerre contre les Habsbourgs dont les armées occupaient Clèves et Juliers depuis le début de l’année. Le Roi s’apprêtait à rejoindre son armée lorsqu’il fut assassiné par Ravaillac, un catholique fanatisé, le 14 mai 1610, rue de la Ferronnerie à Paris. Dans le domaine des arts et des lettres, Henri IV favorisa surtout l’Histoire et reconstitua une bibliothèque royale, mais il fut avant tout un grand promoteur de l’urbanisme et un grand bâtisseur. On lui doit, à Paris, le Pont-neuf, la place Dauphine, la place Royale, l’hôpital Saint-Louis. Il fit transformer les palais royaux et fit construire des châteaux à ses maîtresses. Les passions du « vert galant » dans ce domaine sont bien connues : une fois son premier mariage annulé en 1599, il épousa l’italienne Marie de Médicis, dont il eut quatre enfants (Louis XIII, Gaston d’Orléans, Élisabeth, reine d’Espagne, Henriette-Marie, reine d’Angleterre). Ses maîtresses les plus célèbres furent Gabrielle d’Estrées (avec qui il eut trois enfants) et Henriette d’Entraygues.

Le courage, la vaillance, l’autorité dont fit preuve Henri IV, tout comme sa promptitude à faire du principe religieux un avantage politique, lui permirent de bénéficier d’une place particulière dans l’Histoire de la France. Non seulement il restaura l’ordre et la prospérité dans son royaume en ruine, mais il veilla également à ce que la monarchie restât catholique et absolutiste.

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