De Calais... à Canossa ?

Mercredi 23 décembre 2009, par Dominique Daguet // La France

Dominique Daguet veille.

Cœur et esprit à l’unisson.

« Je me veux naturellement et chrétiennement de tout mon être guidé par le respect que l’on doit à tout être humain, quel qu’il soit ; par le souci d’une équité « tous azimuts » comme dirait mon ami kabyle Marcel-Mohamed Grim...

Mais aussi par l’amour inconditionnel de la France, mon pays...

Mma famille, mon « laboratoire de vie », mon berceau comme il sera ma sépulture, la France de tous les siècles de son passé ; la France d’aujourd’hui, si malmenée, si peu aimée, si peu compris son apport à la civilisation ; la France de demain… Sauf que demain, si le vieux peuple a été passé à la moulinette des générations étrangères, submergé, noyé donc par l’afflux inconsidéré de nouveaux venus dont il n’aura pas les moyens d’en faire des frères, elle sera morte. »

Un très grand texte à lire et relire impérativement. Un « Credo »...

Loi de la « jungle » ?

25 septembre – Les événements de Calais interpellent avec force aussi bien l’intelligence que le cœur. Je devine que sur ce sujet je vais, mon lecteur, à la fois t’irriter et te faire te poser des questions : à ma façon, qui semble aimer errer pour tenter de trouver un chemin.

Bien entendu, la France à elle seule ne saurait venir en aide à la misère du monde ! Bien entendu, un pays comme le nôtre ne saurait se laisser envahir par des dizaines de millions de migrants ! Bien entendu et en outre ou au principal, tout homme, fut-il réduit à la plus indécente des misères, a droit au respect absolu que l’on doit à l’être humain en lui-même, qu’il soit riche ou pauvre, laid ou beau, fort ou faible ou très faible, chrétien, athée, juif, bouddhiste ou musulman, qu’il soit ou non un bandit, d’une moralité douteuse ou non !

Tout cela se sait, se répète, mais quand on voit, à travers le filtre grossissant des preneurs de vues dépêchés par les médias, la façon dont la « jungle de Calais » a été vidé de ses occupants, on a plutôt envie de pleurer que de dire bravo. Hommes, femmes, enfants : il y avait tout ce qu’il fallait pour émouvoir et scandaliser, et l’on aurait été un lâche de ne pas protester. Je proteste donc, quoique…

Que signifie dans ce cas la protestation ? Je vois ce jeune d’une douzaine d’années : l’expression de son visage montre que rôde en lui le désespoir. Il voit son père emmené brutalement : quel respect pour lui pourra-t-il garder ? Je sais que je devrais savoir ce qu’il faut faire, mais je ne le sais pas. Pas encore.

Car il y a un message connexe qui fait partie de l’inavoué, du non-revendiqué par le ministre et qui est le principal en réalité de la motivation gouvernementale : l’exemplarité de la détermination. Soit une volonté évidente de réalisme pratique, qui s’absout d’avance de la brutalité de la mise en scène, car je ne doute pas un seul un instant qu’il y ait eu mise en scène. Le but est bien de faire-savoir au loin qu’il faut renoncer à venir.
Je ne vais pas redoubler le travail des journalistes : mais revenir d’abord sur l’affirmation sous-jacente en l’esprit de chaque spectateur, « ils ne sont que trois cents, pourquoi ne pas les prendre, leur donner une carte de séjour et tout ce qui va avec en fait de droits de tout types : et que cesse ainsi cette injustice ».

Oui, il faut… mais si l’on accomplit ce que suppose la réflexion, c’est-à-dire donner un permis de séjour et de travail puis… la nationalité, cela signifie tout autre chose que de seulement régler un problème aussi léger que celui de trois cents immigrés… Ce nombre si petit ! Qu’est-ce donc que j’entrevois ? Ceci : que les Français acceptent par aveuglement, bêtise ou générosité, par la voix de leurs élus, de leur gouvernement, qu’il y en ait mille le surlendemain, dix mille une semaine après… et cent mille passés six mois… (La projection à dix ans ferait peur, naturellement, à moins de vouloir être lucide jusqu’au bout. C’est pourquoi on ne la fait pas : ne serait-ce que parce qu’un événement trop prévisible se serait passé avant.)

Il faut également penser à une autre réalité, que l’on pourrait appeler « immigration de l’intérieur », l’immigration par les naissances, celle qu’il est de mauvais ton d’invoquer, et c’est pourquoi les Français n’ont jamais pu lire les informations suivantes, qui ne se découvrent que sur la Toile, où cette stupidité indigne d’une démocratie, le « politiquement correct », n’a heureusement pas court : je cite donc ce que l’ion peut y découvrir.

Les Françaises ne présentent pas le taux de fécondité de 2,02 généralement annoncé pour 2008 sans la moindre explication de détail : seulement l’ensemble des femmes qui ont accouché en France. Les asiatiques, non encore naturalisées françaises mais vivant en France, ont une fécondité de 2,7 ; les maghrébines de 3,4 ; les Turques de 3,7 ; les africaines de 4,3… tandis que les femmes de nationalité française ne parviennent qu’à 1,8 et celles nées françaises – soit de parents français, quelle que soit leur origine – qu’à 1,7… A ce rythme, le vieux peuple de France deviendra minoritaire dans cinquante ans… Je serai mort et heureux de l’être, car si j’aime tous les membres de notre humanité, je n’approuve en rien la dissolution dans un grand tout où nos spécificités ancestrales et normalement d’avenir seront dispersées comme poussières au vent.

Sommes-nous prêts à accepter de telles évolutions ? Sommes-nous capables d’une démission ? Acceptons-nous, en tant que peuple, de disparaître sous ce qui prendrait les traits d’une invasion omnidirectionnelle ? Je ne le sais pas, je ne puis que dire ce que me dicte la raison et l’amour de mon pays : nous ne pouvons pas précipiter la France dans l’impensable, ouvrir sous ses pieds un tel abîme ou une telle tombe. La marche vers cette tombe ne pourrait être jalonnée que par des tragédies.

Il semblerait pourtant que notre pays ne puisse plus choisir ses solutions. Nous avons vu la France remplir à tout-va les bateaux et les avions de l’immigration économique dans les années 60-70, et devenir de ce fait un pays métissé à mouvance musulmane importante (1) où s’ouvrent chaque mois plusieurs mosquées, tandis qu’une part croissante des Français s’élèvent contre ce « métissage » volontariste, biologique, culturel et religieux de leur patrie : qui alors sera méconnaissable et, pour eux, morte. Déjà, ils ne la reconnaissent plus et s’en révoltent : auront-ils le droit d’être compris eux aussi ?

Mosquée. La mosquée de Puteaux (92), comme encore de très nombreux lieux de prière en France, connaît des problèmes chaque vendredi, jour de forte affluence. Le vendredi est un jour particulier de la semaine chez les musulmans. C’est un jour béni lors duquel a lieu notamment la prière dite “du vendredi” (entre 14 et 15 heures en ce moment). Participer à la mosquée à cette prière est obligatoire. C’est pourquoi de nombreux musulmans prennent leur vendredi après-midi pour y assister. Or, de plus en plus de salles de prière n’ont plus la capacité d’accueillir un nombre toujours grandissant de fidèles. Résultat, les rues attenantes servent parfois de lieu de prière, comme à Puteaux.

Encore faut-il tenir compte que pour l’instant il ne s’agit que d’une proportion non-négligeable mais encore tolérable et que donc des solutions raisonnables, c’est-à-dire humaines, peuvent toujours ou encore être mises en œuvre. Mais demain ? Quand la proportion aura dépassé les 30, ou les 40% ? Les 50% ?

En ces temps où les Français – je ne parle pas ici des intellos, des journalistes habitués à leur emboîter le pas, seulement des hommes et des femmes vivant au quotidien cette question – s’interrogent sur ce qu’est devenue leur identité, la question les fait frémir : car enfin, disent-ils, « où allons-nous ? Nos élus le savent-ils, surtout ceux qui refusent de trouver des solutions efficaces ? »

Je crois que le problème est devenu si embrouillé, parce que négligé trop longtemps, que la réponse risque d’être reportée aux calendes grecques : nos successeurs verront, alors que c’est déjà tout vu. Nous sommes dès maintenant mis devant le fait accompli : ce n’est pas eux mais nous dès maintenant qui avons à chercher dans la nuit des temps le visage de ce qui fut notre patrie, de ce qui en reste. Nous sommes en train de découvrir un autre pays qui n’aura bientôt de français que le nom.

C’est du moins ce que disent les partisans du refus total de l’autre.

Si encore s’opérait tout ce qui est nécessaire pour faire en sorte que les nouveaux venus soient formés de façon à pouvoir faire face à leur adversité ? Notamment, apprendre à fond la langue du pays, afin d’être en mesure de s’y exprimer et de pouvoir s’insérer dans le monde du travail, si du moins l’on possède une capacité dans ce domaine… Si on ne la possède pas, alors recevoir une formation technique qui fasse de celui-là un possible travailleur compétent en lui communiquant les éléments utiles pour savoir comment devenir et gérer la petite « entreprise » que constitue en soi chaque être humain… Mais revient ici la question posée plus haut : « Où allons-nous etc.. ? », car cela implique un nombre raisonné « d’accueillis ».

C’est le déferlement d’une multitude qui affole : l’importance des transferts prévisibles si l’on cède aux arguments de la charité universelle, ce qui rendrait vaine toute tentative d’établir un certain équilibre, la stabilité de la société…

Reste que la parole de l’évangile dit que l’on ne peut refuser d’accueillir l’étranger : est-ce qu’elle signifie « tous les étrangers » ? La submersion ? Le tsunami ?

Tant d’autres questions qui se bousculent et qui semblent sans réponse parce que l’on bute sans cesse sur l’obstacle de la tragédie ! Faut-il pour autant renoncer à réfléchir ? Faut-il comprendre, avec effroi, que la seule solution réaliste est de renvoyer brutalement dans leur pays le plus grand nombre de nos immigrés, de ces voyageurs sans retour ! Alors, faut-il vraiment accepter ces matraquages, ces bousculades indignes, ces violences ordinaires ? On devrait au moins y mettre les formes, c’est-à-dire celles de l’amour… mais en elle-même la solution employée fait se rétracter le cœur ! Inacceptable en effet. Alors quelles formes ? Car si la douceur de la méthode prévaut, la violence des résistances prendra le dessus… En quelle galère les responsables économiques des années 60-70 nous ont-ils fourrés ?

Je sais encore moins qu’au début de cette réflexion ce qu’il conviendrait ou convient d’urgence de décider : faire autrement, certes oui, mais comment ? La réflexion est donc requise, plus que jamais : si certaines façons « d’accueillir l’étranger » ne sont plus possibles parce que l’étranger devient multitude, d’autres doivent impérativement les remplacer. En aucun cas se sentir dégagé de cette ardente nécessité, bien au contraire : mettre toutes les ressources de l’esprit en branle afin de se s’ouvrir à l’univers – sans que l’univers nous efface, nous submerge, nous étouffe –, car la solution ne se trouvera qu’à cette échelle.

Un ami, dépassant le cadre événementiel de la jungle, me donne des chiffres, que je repousse d’abord, tenté de les laisser de côté, car affolants par eux-mêmes. Mais il insiste sur des détails : de nombreuses villes de France où la population d’origine, celle des « indigènes », est mise en minorité par une population d’immigrés appartenant à une culture radicalement étrangère et dont l’« étrangeté » constitue une barrière infranchissable à un tel niveau de présence. Il me parle d’une possible guerre civile, à terme, si l’on poursuit sans prendre les remèdes d’une force douce, juste mais ferme. Je réponds que si l’on prend ces remèdes, la guerre civile arrivera plus tôt que prévu car la force restera toujours la force… Cet homme ose dire l’insoutenable : « Le plus tôt serait le mieux ». Même si vous y laissez votre peau ? Celle des vôtres ? La liberté ? Non, évidemment, mille fois non !

La perspective évoquée, je la crains déjà pour ce qui est de l’Europe, quand elle sera devenue insupportable si elle ne se réforme pas dans le sens des libertés et des responsabilités relevant de chaque nation, si elle poursuit sa guerre insidieuse et lâche contre le Français et voici qu’une nouvelle possible cause d’affrontements violents apparaît à notre lointain : tout faire donc pour enrayer ce processus, non pas du fait seulement de la crainte, mais d’abord du fait de l’amour que nous devrions éprouver pour chaque être humain, car c’est aimer les hommes que de parer au plus vite comme au mieux à de tels risques.

Cet ami avance alors d’autres informations : c’est par centaines de millions que peuvent se chiffrer aujourd’hui – plus de cinq cents au minimum – les candidats à l’exil chez les peuples pauvres. La Chine inquiète également : elle envoie, aujourd’hui par centaines de milliers, ses ressortissants travailler dans le reste du monde : que fera-t-elle quand s’abattra sur elle la crise qu’elle engendre elle-même en s’acharnant à vouloir être « l’atelier » unique du monde : c’est-à-dire quand les prix chez elle seront devenus trop élevés au goût de nos marchands et qu’ils auront fait se rapatrier ou de redélocaliser par milliers les entreprises de chez nous enfuies là-bas pour survivre aux conditions drastiques qu’impose la mondialisation, dont nous verrons un jour les résultats méphitiques ? Par millions alors elle expédiera les siens pour compenser le manque à gagner.


En Algérie...

Comment traduire ces informations ? Combien, sur ces centaines de millions, iront aux Etats-Unis, première destination rêvée par eux ? Peu, parce que les frontières, bien gardées là-bas, ne « filtreront » que les « désirables ». Combien en Arabie et les autres pays musulmans riches en pétrole ? Encore moins, car en ces pays on sera sans pitié et que c’est plutôt chez nous qu’ils les désirent, ces pauvres innombrables dont ils n’auront nul besoin et que c’est le seul besoin réaliste qui les guide.

Et en Europe ? Beaucoup, parce que nos pays ne sont pas prêts à prévoir et empêcher de s’exprimer les causes de l’invasion. Est-ce donc une perspective inévitable ? Non, assurément non, mais l’Europe, raide sur ses dogmes libéraux comme un pylône d’acier, n’en a pas encore pris conscience pas plus qu’elle n’a pris la mesure – du moins apparemment – de l’ampleur des efforts à consentir.

Ici, nous avons à nous dire que ce qui doit être fait, si cela fini par l’être, le sera autant pour la paix chez nous que pour le bonheur des peuples concernés : la justice ne consiste pas à laisser ces millions de candidats à l’exil « libres » de s’embarquer, dans des conditions effroyables, vers nos rivages ; la justice est de les aider à forger les moyens de n’avoir pas à le faire.

On a souvent dit qu’il fallait déverser beaucoup de dollars, d’euros et de yen – y ajouter la monnaie chinoise – sur les pays d’origine des exilés : encore faudrait-il que ces sommes ne se perdent dans les poches des tricheurs et autres potentats sans scrupules du genre Gbagbo en Côte d’Ivoire ou Mugabe au Zimbabwe. Que toutes ces sommes d’une incertaine générosité occidentale soient mises sous un contrôle rigoureux et que l’on fasse plutôt confiance aux individus dits de la « base » qu’aux responsables qui n’ont rien fait d’autre pendant cinquante ans que gérer les dons et autres subventions au profit de leurs « castes » ou « clans » : ils ne feront rien de plus les cinquante années à venir, que piller encore et toujours. Puis former en nombre suffisant des spécialistes compétents, certes, mais surtout honnêtes ! Avec des encadrements qui le soit aussi…

Retomberons-nous inexorablement dans les utopies et les impossibles ? Je crois que la nécessité fera loi, qu’elle obligera les gouvernements à prendre les solutions à la mesure de telles nécessités. Ces solutions peuvent elles se résumer en cette proposition : donner le travail, non pas à la seule Chine, mais à l’ensemble des pays du tiers-monde, afin que ce travail donne des perspectives d’avenir aux habitants ? Si oui, les « candidats » du désespoir adopteraient avec joie la solution de leur cœur : rester au pays. Mais pour « organiser » un tel redéploiement il faudrait accepter une bonne dose de dirigisme…

Un des premiers moyens d’initier une solution serait de faire apprendre un métier à ceux qui, chez nous, piétinent dans le malheur, un des métiers dont leurs pays ont besoin : cela fait, leur donner, avec un pécule de départ suffisant, l’ensemble des outils nécessaires pour exercer chez eux ce métier, qu’il s’agisse du travail de la terre – agriculture, arboriculture fruitière, forestière –, ou travail du bois ou du fer ou de l’eau ou de bouche...

Que de métiers possibles qui manquent en nombre en Afrique noire, en Amérique du Sud, en certains pays d’Asie et d’Afrique du Nord ! Il faudrait bien entendu qu’ils soient accompagnés, chacun, jusque là-bas, non par un policier, mais par un compagnon expert en l’art de lancer une exploitation, un atelier. Qui ne reviendrait que sa mission accomplie auprès de quatre ou cinq de ces « nouveaux entrepreneurs ». Développer le travail là-bas pour que soient satisfaits les besoins réels du pays réel et qu’ainsi se développe un marché local à partir de la base même de la société : le contraire de ce que l’on fait trop souvent, qui consiste à pousser des productions en vue de l’exportation, ce qui en général ne profite en rien au peuple lui-même… (Mais dans le même temps faire en sorte de cette prise en charge des formations ne fassent pas s’envoler le monde entier vers nos terres : dans le même temps, aider les pays pauvres à mettre sur pied, avant les universités de haut niveau, ces enseignements de base.)

Ma réflexion n’a pas été guidée par une animosité particulière contre un peuple donné (2) , contre les immigrés en général ; j’en ai contre les dirigeants de mon pays parce qu’ils ne font pas leur travail, parce qu’ils n’aiment pas viscéralement le peuple qui a fait ce pays, ne prenant pas la mesure des dangers qui le menacent de disparition pure et simple : je me veux naturellement et chrétiennement de tout mon être guidé par le respect que l’on doit à tout être humain, quel qu’il soit ; par le souci d’une équité « tous azimuts » comme dirait mon ami kabyle Marcel-Mohamed Grim, dont j’ai publié plusieurs de ses excellents livres : mais aussi par l’amour inconditionnel de la France, mon pays, ma famille, mon « laboratoire de vie », mon berceau comme il sera ma sépulture, la France de tous les siècles de son passé ; la France d’aujourd’hui, si malmenée, si peu aimée, si peu compris son apport à la civilisation ; la France de demain… sauf que demain, si le vieux peuple a été passé à la moulinette des générations étrangères, submergé, noyé donc par l’afflux inconsidéré de nouveaux venus dont il n’aura pas les moyens d’en faire des frères, elle sera morte. Je me veux tenant les deux bouts de l’exigence humaine, qui lie et relie le particulier à l’universel, faisant aller de l’un à l’autre et de l’autre à l’un en un mouvement d’échange constant et sans hostilité. Or aujourd’hui cette hostilité habite au cœur de nos villes, significativement exprimée comme décidée à nous « vaincre », c’est-à-dire nous remplacer, faire de nous, dans cinquante, soixante ans, qu’importe, des « dhimmis », de nos églises des mosquées… L’amour des autres n’exclue en rien l’amour des siens. Dans la lucidité, la vigilance.

Le concept de métissage généralisé des peuples, si à la mode aujourd’hui, n’est que le concept de l’abandon de soi, la remise des clefs à d’autres : dans un tel cas les peuples ne seraient plus qu’une foule indifférenciée répartie sur la planète terre, une foule de citoyens du monde sans plus de références à l’histoire. Régression fatale qui nous livrerait tous à des pouvoirs fatalement totalitaire.

Mais ce cheminement n’est pas celui de la plupart des peuples : ce sont ceux-là qui l’emporteront parce que dotés d’une volonté et d’une énergie dont la France « d’en haut » manque dramatiquement et nous fait porter le risque d’un abaissement sans remède. Non se vouloir dominateur, mais pas plus dominés.

Dominique Daguet

(1) - Il me faut citer particulièrement l’immigration musulmane simplement parce qu’elle est celle qui est la plus hostile à l’insertion dans notre peuple : les citations qui suivent sont impressionnantes mais également inquiétantes car elles révèlent une volonté extérieure de nous coloniser : Boumediene en 1974 à l’ONU a pu déclarer : « Nous vous vaincrons (l’Europe) par le ventre de nos femmes » sans qu’il y ait la moindre prise en considération de ces propos par nos autorités. Il pouvait ajouter sans risque : « Avec 4,5,6 enfants et plus par femme dans nos familles nous vous submergerons. » Est-ce que 15 ans plus tard on en a pris conscience ? C’est donc que, au plus haut niveau de notre État, on est d’accord avec la prophétie de Boumediene, on l’accepte et peut-être même qu’on la désire.

Mohamed Sabaoui, jeune sociologue de l’université catholique de Lille, d’origine algérienne et naturalisé français peut résumer ainsi l’évolution en cours : « On leur a dit “Vous n’avez pas voulu l’Algérie Française ! Eh bien, vous aurez la France Algérienne”.... ».

Autre citation éloquente : « Notre invasion pacifique au niveau européen n’est pas encore parvenue à son terme. Nous entendons agir dans tous les pays simultanément. Comme vous nous faites de plus en plus de place, il serait stupide de notre part de ne pas en profiter... Nous serons votre Cheval de Troie »…. « Les Droits de l’homme dont vous vous réclamez, vous en êtes devenus les otages. Ainsi, par exemple, si vous deviez vous adresser à moi en Algérie, ou en Arabie Saoudite, comme je vous parle maintenant, vous seriez, dans le meilleur des cas, arrêtés sur-le-champ. Vous autres Français n’êtes pas en mesure d’imposer le respect à nos jeunes ».

La guerre aujourd’hui se mène très différemment de celles d’autrefois… mais toujours dans le même but : conquérir. Devons-nous subir comme s’il s’agissait d’un destin imposé par un « despote divin » ?
(2) - Il ne s’agit pas là d’une simple « précaution » pour m’éviter d’être accusé de racisme : mot qui d’ailleurs finit par ne plus rien signifier tant il est employé à tort comme à raison. Mais vouloir empêcher son pays d’être submergé n’a rien à voir avec le racisme : quelqu’un qui se noie aime-t-il l’eau dont ses poumons se remplissent ?…

« Tout homme qui ne retourne pas sur ses racines est un homme perdu. »

Je me souviens de l’aventureuse enfance
Vrai, j’étais libre
Heureux dans ma rivière
Enfance de lézard
Au bord d’un temps évanoui.
Alors dans les étés luisants
Fleurissaient les chants d’un prophète
Au jardin de son rêve.

Homme vers lui je pousse
Ô déshérité
Un chant de lumière
Et de fraternité
Car l’amour oublié se réveille
Le passé dans ces ombres renaît
Sa fleur sur une bouche vermeille
Se respire et se reconnaît.
« Me voici entré dans l’automne des pensées »
Dit un poète véridique,
Et dans mon exil
J’ai vu le temps peu à peu
Souffler la mort sur ma vie.

Là-bas où chaque ombre fait peur
Il pleut du sang et des larmes
On tue à chaque coin de rue
Au pays rouge de la peur.

La vérité se réfugie au sillon de la tombe
Sans fleurs ni couronnes
Chaque jour plus intensément le pauvre
Éprouve l’amertume et le regret
D’être toujours sans cause et sans but.

De solitude mon cœur saigne des larmes
Que m’importe le temps, – la vie et l’heure –
Tant sont lourdes les absences
Au moment où l’automne agite ses feuillages.

Continuer à chanter pourtant
Semant l’espérance sur nos sillages
Sans penser à la durée de nos lendemains.

MOHAMED GRIM

Attention, il s’agit d’un poème.

 

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