DANEMARK : Des médecins venus d’Inde en passant par la Finlande.

Jeudi 15 novembre 2007, par Orla Borg // Le Monde

JYLLANDS-POSTEN

Copenhague.

Plusieurs postes étant inoccupés dans les hôpitaux du Jutland central, la direction des hôpitaux de la région a voulu faire venir au Danemark un groupe de médecins indiens pour des entretiens d’embauche. L’ambassade du Danemark à New Delhi lui a fait savoir qu’il faudrait attendre six à huit semaines pour qu’ils obtiennent un visa. Comme il était urgent de les embaucher, la direction des hôpitaux a pris contact avec l’ambassade de Finlande à New Delhi. A peine quarante-huit heures plus tard, les médecins avaient obtenu leur visa et venaient passer l’entretien au Danemark, après une escale en Finlande.

D’après LeifVestergaard Pedersen, directeur de la santé de la région du Jutland central, cet épisode illustre une nouvelle fois la façon dont la sévérité de la réglementation et la lenteur des procédures compromettent le nouveau plan gouvernemental d’importation de médecins, d’infirmières et autres personnels de santé. « Si le gouvernement envisage vraiment d’importer de la main-d’oeuvre étrangère dans le secteur de la santé, il va falloir qu’il s’active sérieusement pour éliminer les barrières mises en place par les pouvoirs publics », prévient Leif Vestergaard Pedersen.

L’ambassadeur du Danemark en Inde, Ole Lonsmann Poulsen, confirme la longueur des délais « En général, il faut compter deux semaines d’attente à l’ambassade, mais ce délai s’est un peu allongé ces derniers mois. S’y ajoutent jusqu’à trente jours pour le traitement du dossier par le service de l’immigration. Nous envisageons d’externaliser une partie des tâches de contrôle ici, en Inde, afin d’écourter le délai d’attente. »

Le Jutland central, qui cherche à pourvoir 300 postes de médecins spécialistes, déplore les entraves bureaucratiques. Au printemps dernier, après avoir publié une annonce dans un grand quotidien indien, il a reçu 750 candidatures de médecins indiens, a convoqué 70 médecins à un entretien, mais s’est heurté aux exigences de l’Agence nationale de la santé : tous les médecins devaient indiquer le nombre précis d’heures de cours suivis dans les différentes disciplines. Les médecins ont eu les pires difficultés à répondre à cette demande, puisqu’ils ont dû réclamer à leurs universités qu’elles retrouvent leur cursus d’études détaillé, qui remontait parfois à dix, quinze ou vingt ans.

D’autre part, les employeurs de la région critiquent la législation danoise relative aux titres de séjour, qui stipule qu’un permis de séjour n’est délivré à un médecin que pour travailler dans un service particulier. S’il change de service, il doit demander un nouveau titre. Comme la loi exige également qu’un médecin travaille dans deux services au moins au cours des trois premiers semestres de son séjour au Danemark s’il veut obtenir un permis de travail permanent, il doit donc demander deux titres de séjour.

Le 3 octobre, le ministre de l’Emploi, le libéral Claus Hjort Frederiksen, a présenté « Le Danemark – un pays où il fait bon travailler », un plan de 26 mesures destinées à accroître l’importation de main-d’oeuvre étrangère, en vue de créer 20 000 emplois supplémentaires d’ici à 2015. « Il est en effet déplorable que des obstacles entravent trop souvent la venue de la main-d’oeuvre étrangère dans ce pays, déclare Claus Hjort Frederiksen. Il faut reconnaître que les choses ne se font pas aussi facilement que nous le souhaiterions. Nous allons mettre en place des projets pilotes dans les ambassades, notamment en Inde, et avec le service de l’immigration et l’Agence nationale de la santé, nous allons étudier les moyens de faciliter l’entrée au Danemark. »

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