D’un « soutien inébranlable » des Etats-Unis...

Jeudi 16 septembre 2010 // Le Monde

Madame Hillary Clinton à Tbilissi - 5 juillet 2010 Du « Kosovo » albanais à la Géorgie...

Catherine Ashton clone d’Hillary Clinton ?

De « Bruxelles », banlieue de Washington ?

Au bord de la Mer Caspienne, le Haut-Karabakh : une « haute priorité » pour Monsieur Obama...

Regard sans voile de Pierre Jeanthon...

L’Europe au bord de la Mer Caspienne

Notre éditorial de juin (Hypothèses turques) évoquait la question du Haut-Karabakh, province de l’Azerbaïdjan majoritairement peuplée d’Arméniens qui prirent les armes en 1988 pour obtenir le rattachement de leur territoire à la mère patrie.

A l’époque l’URSS s’opposa à cette revendication, puis vint 1991 et l’indépendance de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie dont profitèrent les Arméniens du Haut-Karabakh pour se proclamer République autonome ; en 1993 leur armée contrôle la région et, pour faire bonne mesure, occupe le sud-ouest de l’Azerbaïdjan.

Aujourd’hui le problème reste entier, non réglé par un conflit meurtrier (30 000 victimes sur la seule période 1988-1994) au cours duquel la Turquie s’est toujours posée en alliée de Bakou.

Mais on a changé de siècle, la gouvernance mondiale est dans l’air du temps de sorte qu’au quatrième sommet du G20 à Toronto (26 et 27 juin 2010) réuni pour traiter des questions monétaires, il fut curieusement question du Haut-Karabakh à l’initiative de la France, des Etats-Unis et de la Russie qui exprimèrent leur souhait de trouver dans les meilleurs délais une solution pacifique à un conflit vieux de 22 ans.

De fait les choses ne traînèrent pas ; tout début juillet Hillary Clinton s’envole pour l’Azerbaïdjan où elle propose les bons offices de Washington pour arriver à un accord de paix présenté comme une « haute priorité » par le président Obama.


Hillary Clinton et le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev – 4 juillet 2010

De Bakou elle se rend à Tbilissi ou elle arrive le 5 juillet pour confirmer à la Géorgie le « soutien inébranlable » des Etats-Unis afin d’obtenir que les forces russes se retirent de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie « occupées » depuis août 2008 et qui de surcroît ont eu l’outrecuidance de se déclarer indépendantes à la même date...dans le « diplomatiquement correct » n’est pas Kosovo qui veut ! (1)


Arrivée à Tbilissi...

Il peut être utile de se souvenir que ces deux provinces, rattachées en 1922 à la Géorgie devenue une des républiques de l’URSS, ont immédiatement recherché leur autonomie dès l’éclatement du bloc communiste.

Hillary Clinton avait bien débroussaillé le terrain pour Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, qui à son tour atterrissait à Tbilissi dès le 15 juillet pour organiser les discussions préliminaires en vue de l’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne, à la grande satisfaction du président M. Saakachvilli « la Géorgie est de retour en Europe ! »


Catherine Ashton, « haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » et Grigol Vashadze, ministre des Affaires étrangères de Géorgie...

Quel retour ? En regard de la russophobie de ce Monsieur on suppose qu’il ne fait pas référence à la période 1801-1918 quand la Géorgie faisait partie de la Russie, mais plutôt au début du IIIeme siècle après J.C. lorsque l’Empire romain perdait sa colonie géorgienne au profit des Perses.

Est-ce cette référence à un Empire qui, à son apogée, touchait aux rives sud-est de la Caspienne, est-ce sur les « conseils » de Madame Clinton, toujours est-il que, dans la foulée, C. Ashton annonçait que des négociations analogues à celles prévues avec la Géorgie seraient prochainement engagées avec l’Arménie et l’Azerbaïdjan. A vous de juger, sans oublier que le règlement du conflit du Haut-Karabakh est une « haute priorité » pour la Maison Blanche ; et pas davantage que Bruxelles est une des banlieues de Washington.

(1) Le 8 octobre 2008 la Serbie obtenait de l’Assemblée générales des Nations Unies quelle saisisse la Cour Internationale de Justice, CIJ, principale organe judiciaire de l’ONU sur la légalité de la déclaration d’indépendance du Kosovo.

L’avis consultatif et non contraignant rendu par la CIJ le 22 juillet 2010 stipule que Pristina avait agit sans violer le droit international. Le commentaire de M. Owada, président de la CIJ encadre les limites du jugement « La Cour n’est pas tenue ­[... ] de prendre parti sur le point de savoir si le droit international confère au Kosovo un droit positif de déclarer unilatéralement son indépendance et n’est pas chargée de dire si le Kosovo a accédé à la qualité d’Etat ». Les plaideurs ont de beaux jours devant eux ; et en nombre suffisant pour que se poursuive l’islamisation d’un territoire arraché à la Serbie chrétienne grâce aux bombes de l’OTAN.

Répondre à cet article