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D’échecs en crise.

Les politiques, au lieu de s’exciter sur leurs ambitions, feraient mieux de voir la réalité.

Lundi 19 avril 2010 // L’Europe

La crise de l'Europe

LES ÉLECTIONS RÉGIONALES n’ont donné, au final, que ce qu’elles pouvaient donner. Elles marquent une terrible réserve de la population française qui ne se retrouve plus dans les appareils politiques. Les présentations et les commentaires oublient toujours, de diviser les chiffres par deux pour avoir la réalité de la représentation, et encore faudrait-il affiner et connaître les intentions profondes des votes.
Georges Frèche, avec sa liberté de parole, est celui qui a le mieux exprimé l’événement : nous avons, dit-il, assisté à « un enterrement », celui des partis. Les prétendus chefs de file des écologistes y voient, eux, la naissance confirmée de leur poupon vert, les chefs du Parti socialiste et la célébration joyeuse d’un nouveau mariage de la France profonde avec leur socialisme cacochyme, les UMP une querelle de ménage sur fond d’erreurs psychologiques.

UN AVEUGLEMENT

C’est un aveuglement. Comment se fait-il que les électeurs classés « à droite » ne votent plus ou votent Front national qui est le seul parti à avoir augmenté son score au second tour ? Voilà, la question qui mérite d’être posée et analysée : il y a là une majorité, non ?

Les Français en ont tout simplement assez de se sentir constamment bafoués dans leur volonté ; ils sont lassés des discours. Et, d’ailleurs, une bonne partie de ceux qui votent encore UMP ne sont pas loin de partager ce même sentiment et leurs députés le savent bien qui se mettent à gronder. Cela fait beaucoup de monde. Quant à la plus grande partie des électeurs classés « à gauche » et qui ne relèvent pas d’appareils politiciens, ils opineraient volontiers dans le même sens.

« Tout ce système partisan, ça sert quoi ? » Tel est le vrai problème que posent les Français un tant soit peu conscients. De fait, il n’y en a pas d’autre. Et la plupart des élus sont les premiers à savoir. Où aller avec pareil système ? Nicol Sarkozy a cru le faire marcher en surrégime. Cela commence à ne donner que des ratés. N’importe quel autre prétendrait le conduire oui, même le concurrent Villepin ! ce serait le même résulta inéluctablement.

Pour un rafistolage immédiat et provisoire, le président de la République a opéré un léger remaniement ministériel. La chiraquie en la personne de François Baroin, les villepénistes en la personne de Georges Tron, le Centre démocrate chrétien en la personne de Marc-Philippe Daubresse sont censés recomposer des énergies gouvernementales ! Eric Woerth passe au ministère du Travail pour piloter la réforme des retraites. Xavier Darcos, est sacrifié sur l’autel de la patrie et Martin Hirsch s’en va du Haut-commissariat aux solidarités actives pour être nommé président de l’Agence du service civique. Et la taxe carbone est momentanément abandonnée !

COMMENT FAIRE LES RÉFORMES ?

C’est un régime affaibli qui va devoir affronter un avenir de plus en plus difficile. Un simple remaniement ministériel ne change pas le problème. Les réformes restent à faire, celles par lesquelles le gouvernement s’efforce.., de tenter... de s’essayer à tâcher d’alléger... le poids énorme, accablant de la dépense publique que, de toute façon, les intérêts de la dette ne cessent chaque jour d’alourdir, et, de surcroît, parmi quelques autres réformes de plus en plus risquées, une des plus malaisées à faire accepter, celle des retraites que Sarkozy s’est engagé à faire aboutir. C’est donc désormais Eric Woerth qui, sur cette question, aura la charge d’arbitrer entre l’économiquement nécessaire et le socialement supportable. La partie n’est pas commode !

À l’heure actuelle, si on ne veut pas se payer de mots c’est le cas de le dire —, que ce soit du côté de l’État, que ce soit du côté des caisses d’assurances sociales et de retraites, c’est tout simplement de faillite qu’il convient de parler. Et qu’il faut éviter. Cette faillite, comme toutes les faillites, peut venir vite, voire très vite. Les chiffres deviennent tragiques.

Or la démagogie partisane et la rhétorique de la violence sociale, revigorées par l’apparent succès des dernières élections que le souffle médiatique toujours gauchiste transforme en vague triomphante, vont aller en s’amplifiant jusqu’à chercher à déborder les faibles résistances des digues gouvernementales. Cette vague sociale, alimentée constamment de la même manière, essentiellement médiatique, reprendra les mêmes chemins pour reproduire les mêmes scénarios que ceux de la fin des années Chirac et Villepin dont la crise du CPE avait été l’illustration. Sarkozy, Chirac, la comparaison sera dure pour le Chef de l’État, pendant que son rival Villepin essaiera de reprendre du poil de la bête !

Tout dans les discussions sera dérisoire, y compris les chiffres évoqués. On s’enverra à la tête comme arguments des chiffres en milliards et ce sera sur les bords d’un abîme dont les profondeurs se calculent en milliers de milliards. Les médias, qu’ils relèvent de l’État, « qu’ils soient soutenus pour survivre par des capitalistes, et quels capitalistes » ! en connivence avec l’État, acquis pour la majorité d’entre eux à l’idéologie de l’immoralité universelle et de la déstructuration totale ; Car c’est ainsi que ça se passe ! ils s’en donneront à cœur de joie, et pousseront à la contestation permanente, à la mobilisation contre toute réforme pour se réjouir, à la vérité pour jouir, des échecs gouvernementaux et du chaos dont ces esprits faux se délectent naturellement. Pour peu que la crise s’aggrave, il ne sera plus possible en France de tenir un discours politique sérieux, d’autant que plus que la situation sera propice à toutes les ambitions : à gauche, n’en parlons pas, 2012 est déjà en ligne de mire ; mais à droite pareillement ; et l’ambition politique est aussi implacable que sournoise : elle frôle toujours le crime. Elle se repaît de tous les drames nationaux.

Nicolas Sarkozy eût été mieux inspiré dès 2007 de pourvoir à un vrai redressement national qu’attendaient les Français qui l’avaient élu, plutôt que de faire passer des réformes pour des réformes et de lancer des dizaines de chantiers dont la finalité aujourd’hui n’apparaît plus. C’est qu’il se flattait de sauver le régime. Génie de la communication, disait-on. Oui, mais la communication ne saurait remplacer l’intelligence, le jugement et la volonté proprement politiques. Mais, répétons-le, ses concurrents, tous ses concurrents, d’ailleurs, n’auraient pas fait mieux, et sans doute pire : question justement de régime ! C’est le régime qui n’est plus porteur d’aucune espérance pour la collectivité nationale. Et ses aptitudes à une bonne « gouvernance », sont mises maintenant à rude épreuve avec la crise financière et économique qui est loin d’être finie. C’est pourquoi tous ceux qui mettent leurs ambitions dans ce régime, feraient mieux de calculer les risques qu’ils encourent.

L’IMPLACABLE CRISE

Si la France n’avait qu’à résoudre ses problèmes intérieurs, le gouvernement pourrait peut-être espérer à force de sagesse et, comme on dit aujourd’hui, de pédagogie, de faire entendre raison à une majorité de Français. Mais tel n’est pas, tel n’est plus le cas. C’est que désormais sa position même est liée aux conditions de survie financière des États de l’Union européenne, de survie politique de l’Union elle-même, plus précisément encore de survie économique et monétaire de la zone euro, finalement de l’euro lui-même.

Plus personne n’a la maîtrise de cette monnaie, pas même Jean-Claude Trichet malgré tous ses grands airs. Et plus personne non plus celle des déficits : ils ne font que s’aggraver et pour une raison très simple, c’est que la dette ajoutée à la dette se met à coûter à un moment donné plus cher, puis soudain de plus en plus cher, jusqu’au jour où elle devient intenable. Mais d’ici là, la spéculation aura joué avec elle. C’est si facile et si tentant d’emprunter à 0,5 % pour prêter à 4 %, à 5 %, puis à 6 et 7 %. Et de gagner de plus en plus gros - et cela en peu de temps - grâce à des titres qui sont censés garantir cette dette, et couvrir le défaut de paiement. Voilà, dit en quelques mots sans fioriture inutile et sans le jargon des experts, exactement ce qui se passe. À ce petit jeu spéculatif, des milliards auront été engrangés, y compris par d’honorables institutions. Voilà-t-il pas que les Grecs viennent de découvrir que des banques allemandes s’y sont prêtées abondamment, alors que la Germanie toise l’Hellade de toute la hauteur de sa suffisance économique et de sa probité financière !

Le système, cependant, ne peut être pérenne. Grosso modo, les nations, les États sont en train de faire du Madoff. Et les peuples en viennent, à penser naturellement qu’ils sont spoliés. Les sociétés civilisées n’ont-elles pas condamné l’anatocisme ?

Voilà la Grèce à quia. Bruxelles fait des discours, de la morale - et bourgeoise ! - mais n’apporte rien : c’est une bureaucratie qui n’a jamais su faire que du papier. L’Allemagne n’a pas du tout l’intention de céder aux appels au secours de la Grèce. La France par la voix de Sarkozy avait pourtant décidé le contraire ainsi que le président de l’Euro groupe, Jean-Claude Junker. Les traités européens prévoient tout, et n’importe quoi jusque dans les détails, sauf ce cas-là. Il est donc question maintenant pour la Grèce de faire appel au FMI, c’est-à-dire à la solidarité internationale ou plutôt à ce qui en tient lieu ; et, bien sûr, l’Allemagne y pousse. Autant dire que, concrètement, il n’y a plus d’Europe, et même si l’on parle de constituer un FME (Fonds monétaire européen), ce ne sont que suggestions très loin de l’urgence actuelle. Le Conseil européen des 25 et 26 mars qui se déroulera après que ces lignes s’écrivent, ne saurait plus trancher la question de la dette grecque. Angela Merkel a fait savoir qu’elle refusera même d’en traiter, en signifiant qu’une autre issue est possible et souhaitable : la sortie de l’État défaillant de la zone euro ! Autrement dit : le renvoi du mauvais élève.

Les Allemands ne cachent plus leur mauvaise humeur. Leur opinion publique et leurs ténors politiques jettent l’opprobre sur les peuples du sud, dits du Club Med, incapables, inconséquents, incompétents et prodigues ! Cette arrogance, en dépit de leurs propres déficits, a, sa justification : c’est qu’à la vérité ils sont les maîtres dans la zone euro et de la zone euro. Il est interdit d’en faire la remarque, Christine Lagarde en sait quelque chose et de signaler qu’ils profitent de leurs coûts, jugés trop compétitifs, de leur savoir-faire, de leur organisation sociale et de l’euro qui n’est rien d’autre qu’une sorte de deutsche mark pour imposer à l’Europe leur production qui, de plus, est de qualité. Leur balance commerciale est toujours excédentaire ; les vis-à-vis dans la zone sont donc structurellement déficitaires ! L’Europe va passer de mauvais jours, la chamaillerie commence ; Elle n’est pas près de finir. Chacun incriminera l’autre, c’est tellement plus commode. Il n’est pas sûr que les pompiers de la finance, de l’économie et de la politique puissent grand-chose devant l’incendie qui ne fait que se déclarer, mais qui couve depuis longtemps.

CACIQUES, AFFAIRISTES ET DADAIS

Quelques bons esprits très rares avaient prédit cette situation, mais il était de bon ton de ne pas les écouter et d’en ricaner. Faut-il rappeler les prémices de cette histoire ? Après la chute du mur de Berlin, l’Allemagne, sans prévenir personne, a décidé sa réunification , c’était son droit. Son chancelier Helmut Kohl toujours sans prévenir personne a pris en même temps la décision qu’un mark-est vaudrait un mark-ouest, prodige de nationalisme conséquent ! Il voulait l’unité monétaire de l’Allemagne. Pendant ce temps les Français, dans la suite d’un Giscard et sous le patronage d’un Mitterrand qui, surpris de la précipitation de l’événement, voulait par esprit politique s’amarrer l’Allemagne à l’Europe, sous entendu à la France ! s’efforçaient de promouvoir pour achever le marché commun européen qui devait devenir unique, une monnaie commune destinée donc, elle aussi, à devenir unique. Chirac a poursuivi et achevé la politique de Mitterrand... Belle continuité républicaine !

Ce qui s’est passé et qui était inéluctable, étant donné la politique monétaire allemande, c’est que ce sont les monnaies européennes qui se sont alignées sur le mark. Les Français ont fait des efforts considérables pour tenir cet alignement qui a pesé sur leur économie de façon dramatique avant comme après le passage à la monnaie unique ; c’est ainsi qu’ils ont payé leur part de la réunification allemande, eux aussi.
Les prodigalités européennes ont camouflé l’énorme problème monétaire dans tous les pays du sud. Voici qu’il apparaît aujourd’hui dans toute sa violence, à l’occasion d’une crise mondiale qui fait exploser les unes après les autres toutes les bulles financières et économiques. Les économies des différents pays d’une Europe, élargie indéfiniment, ne sont pas unifiées ; les pratiques n’ont aucune homogénéité, l’Europe dans ses structures n’est qu’une technocratie sans autre politique économique que bureaucratique ; le système ne peut pas tenir : la charrue a été mise avant les boeufs. L’euro n’est pas une vraie monnaie unique, sinon de nom.

Les caciques du socialisme mondain comme de l’affairisme bourgeois et les grands dadais de la démocratie chrétienne s’imaginent toujours qu’il sera possible de sauver l’Europe d’elle-même en faisant encore plus d’Europe, entendons leur Europe qui n’est qu’une machinerie sans âme à laquelle ils n’ajoutent que des tuyaux de plus en plus compliqués. Quelle vanité ! Ils nous servent la même chanson devant nos crises intérieures : leur sotte formule gouvernementale ne marche pas ; eh bien, ce serait parce qu’elle ne serait pas encore assez appliquée ! Et chacun d’en rajouter dans la sottise !

Toujours est-il qu’aujourd’hui l’euro a un problème. Pour l’éclairer, il serait utile sans doute de poser une question qui sous son caractère double est d’une extrême simplicité. Si les Allemands reprenaient leur liberté monétaire, que se passerait-il ? Auraient-ils un réel problème économique ? Et vice versa, si les Grecs, les Portugais, les Espagnols, et les Français étaient contraints d’abandonner l’euro, que se passerait-il pour eux ?

Tel est l’arrière-fond de la crise à venir, que l’euro saute ou ne saute pas. Après tout, les Islandais ont voté par référendum l’annulation pure et simple de leur dette.

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