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Contrairement aux Anglo-Saxonnes les Françaises d’âge mûr continuent d’avoir une vie amoureuse épanouie.

Elles le doivent à des normes sociales et sexuelles beaucoup moins contraignantes.

Mercredi 21 janvier 2009 // L’Europe

Il n’y a pas qu’au cinéma que les Françaises d’âge mûr ont une vie sexuelle plus riche que les autres. Selon une étude effectuée en 2004 par un des observatoires régionaux de la santé, seules 15% des Françaises âgées de 50 à 59 ans et 27 % de celles âgées de 60 à 69 ans n’avaient et, aucune relation sexuelle au cours de l’année écoulée. A titre de comparaison, une étude réalisée récemment pour The Observer auprès des Britanniques des deux sexes donnait des taux de 34 % et 54 % pour ces deux classes d’âge. Et les chiffres sont analogues aux EtatsUnis. Comme les hommes sont et général plus vantards sur ce chapitre, cela signifie que l’âge mûr est sans doute un désert sexuel pour une majorité de femmes anglosaxonnes. L’une des raisons qui expliquent cette différence, c’est que les Britanniques et les Américaines d’âge mûr se sentent très vite moins sexy. Les recherches menées aux Etats-Unis sont révélatrices à cet égard. Une étude intitulée « L’amour après 40 ans ? et dirigée par Laura Carpenter, de l’université Vanderbilt, montre que les femmes d’âge moyen qui vivent seules ont du mal à se considérer comme des partenaires sexuelles potentielles. Le Français Alain Giami, qui a coécrit un article comparant les habitudes sexuelles françaises et américaines, explique que certaines Américaines se retirent volontairement des opportunités hétérosexuelles.

Si les Françaises qui renoncent volontairement à l’un des plus grands plaisirs de la vie sont rares, pourquoi les AngloSaxonnes devraientelles être plus nombreuses ? C’est, selon le rapport Vanderbilt, à cause des « normes sexistes concernant l’apparence ». Je pense pour ma part que la pénurie de modèles aggrave les choses. Hollywood emploie certes encore quelques actrices âgées de plus dc 50 ans, à condition qu’elles soient dans un état de conservation surnaturel, mais, en France, des actrices comme la sexagénaire Nathalie Baye obtiennent sans problème des premiers rôles. Et leurs personnages ne passent pas leur temps à se torturer pour savoir si elles sont désirables. La conception française possède le génie libérateur de partir du principe que les femmes d’un certain âge ont une vie sexuelle florissante. Les femmes libres, qui appartiennent à la vraie vie et non au cinéma, illustrent ce point de façon convaincante. Claire Chazal, 51 ans, une célèbre (et par ailleurs sublime) présentatrice de journal télévisé, était récemment en couverture de Paris Match au côté de son petit ami, un canon de 32 ans. Ségolène Royal, qui a été en 2007 candidate à l’élection présidentielle, se révèle elle aussi comme une femme libre. François Hollande son ancien compagnon, s’est installé avec une autre femme l’année dernière, mais, début novembre, Ségolène Royal est arrivée en tête dans la course à la direction du Parti socialiste et a présenté publiquement son nouveau compagnon, le jeune et beau Bruno Gaccio, une star de la télévision.

L’intelligence est considérée en France comme une grande partie du charme d’une femme. Lorsqu’on demande à Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, ce qu’il admire le plus chez son épouse, la journaliste Christine Ockrent, il évoque et, premier lieu sa grande intelligence. L’apparence reste importante, bien sûr, mais un fessier approximatif ne ruine pas vos chances pour autant. Selon le sociologue Edward Launmann, de l’université de Chicago, au fur et à mesure que les hommes vieillissent, l’excitation visuelle décline parce qu’ils s’intéressent davantage au réconfort que leur apporte la relation. Les Anglais et les Américains d’âge mûr que je rencontre me disent souvent qu’ils préféreraient une partenaire de leur âge, mais, comme l’écrit l’un d’entre eux : « Essayez de trouver une femme de plus de 50 ans sur Internet. Apparemment elles veulent toutes un retraité qui gagne au moins 100 000 livres soit, (110 000 euros) par an, voyage dans le monde entier.., adore danser, est en pleine forme, les fait rire, est fou de leur chien ou de leur chat et n’a personne à charge. » j’ai transmis ce courriel à l’une de mes connaissances, dite célibataire de 66 ans qui se plaignait d’avoir du mal à trouver un homme, pour qu’elle me dise ce qu’elle en pensait. Je m’attendais à ce qu’elle me réponde que c’était ridicule, mais elle m’a dit qu’elle aimait le ton de l’auteur et a ajouté « Il a tout compris ! C’est exactement ça ! »

L’enseignement le plus important, c’est peutêtre celui qui porte sur la nature de l’amour. Les jeunes Françaises apprennent que l’amour ce n’est pas tout ou rien. Quand les petites Anglaises et Américaines effeuillent une marguerite en disant : « Il m’aime, il ne m’aime pas » les Françaises, plus nuancées, psalmodient : « Il m’aime, un peu, beaucoup, passionnément », à la folie, pas du tout. » Ces petites Françaises deviennent des divorcées quinquagénaires capables de se satisfaire de relations qui ne sont pas destinées à finir en mariage. Il est peutêtre un peu tard pour assimiler cette leçon, mais les anglophones auraient tout intérêt à essayer. Selon une étude portant sur les Américains d’âge mûr publiée dans The New England Journal of Medicine, 88 % des femmes sexuellement inactives âgées dc 57 à 64 ans ont rencontré un compagnon prêt à se lancer dans une relation, mais la moitié d’entre elles ont décliné l’offre. Ce n’était pas le bon, ontelles jugé. Les Britanniques sont tout aussi difficiles. Comme les Françaises d’âge mûr ne cherchent pas nécessairement un mari, elles ont un plus grand choix de prétendants potentiels. Pour les Françaises, les hommes mariés ne sont pas les compagnons idéaux, mais sont préférables au célibat. « Ça vous change la vie d’être à nouveau regardée comme une femme » m’a confié une commerçante parisienne.

Les arrangements non conventionnels vont bon train en France. L’actuelle ministre dc la Justice, Rachida Dahi, est célibataire. Et elle refuse de révéler qui est le père de son enfant à naître. Gwen, une Parisienne qui approche de la cinquantaine, me confie de son côté que le fait d’avoir divorcé au bout de quatorze ans de mariage ne l’empêche pas d’aimer son ex-mari, ni de le voir quand il est en ville. « Quand il est à Paris, il vit avec moi. Qu’est-ce que nous voulons tous ? Un peu d’amour dans ce monde difficile. » Bien entendu, les choses ne sont pas toujours faciles pour la femme libre. Pour nombre de Françaises, le concept demeure plus une aspiration qu’une réalité. Mais au moins elles aspirent à quelque chose d’agréable. Et certaines y parviennent. 

Pour les femmes politiques britanniques, il serait aussi insensé de s’habiller comme leurs élégantes consoeurs françaises, que devoir Gordon Brown la jouer comme Sarko et filer en douce passer la bague à Linda Evangelista. Malheureusement le manque de classe au RoyaumeUni ne se limite pas aux couleurs de Downing Street. Il y a quelques mois, un cadre anglais avec lequel je déjeunais me confiait que les femmes d’affaires françaises étaient incroyablement soignées. Allez faire un tour du côté de Canary Wharf, le quartier d’affaires londonien, et vous ne verrez qu’une flopée d’employées et de cadres camouflant leur féminité et leur individualité sous des tailleurs, soit bleus soit noirs mais toujours informes.

Pourquoi les Anglaises riches, influentes et indépendantes ne parviennentelles pas â troquer leurs horribles nippes pour les élégantes tenues des Parisiennes ? Peut-être les Français ontIls un gène du chic que nous ne possédons pas, mais je soupçonne également certains facteurs culturels de brider les femmes anglaises. De ce côtéci de la Manche, une femme trop apprêtée prend le risque d’apparaître comme superficielle, trop riche ou bien n’ayant rien d’autre à faire qu’à se parer. En Angleterre, certaines femmes adoptent une allure débraillée comme d’autres porteraient la croix du mérite, afin de démontrer leur supériorité d’esprit. En quoi le fait d’être bien habillé devraitil poser problème ? Après 30 ans, il ne s’agit plus de plaire aux hommes mais de faire preuve de respect envers soimême et envers les autres. A mon avis, il est même plus facile d’être belle en prenant de l’âge. A 18 ans, être jolie n’est qu’une question de gênes, alors qu’à 38 il s’agit plutôt d’avoir la bonne attitude et de prendre soin de soi.

Mes efforts pour paraître à mon avantage n’ont pas toujours été appréciés de tous. Ainsi, je n’ai toujours pas compris le commentaire d’une responsable de banque un jour de canicule où je portais une petite jupe à fleurs et un débardeur, tandis qu’elle suait à grosses gouttes dans ses collants et sa jupe de tailleur. « Vous vous habillez toujours comme ça ? » m’at’elle demandé sur un ton peu amène. Une autre fois, mon apparence « bien polie » fit l’objet de réflexions ne relevant pas franchement du compliment. Mais je suis du côté de Rachida Dati, qui, à 42 ans, refuse de se laisser aller. Lorsqu’on lui a reproché de porter des vêtements de créateurs, cette femme issue d’une famille d’immigrés pauvres a rétorqué qu’elle méritait ses robes Dior. En France, le droit d’être chic est garanti par la Constitution et gravé à côté de la devise Liberté, Egalité, Fraternité. Plus sérieusement, la société anglaise semble encore souffrir d’un certain complexe par rapport à la sexualité des femmes mûres, alors que les Français ont depuis longtemps accepté cette réalité. Il est notamment frappant de voir que les femmes resplendissantes de l’Elysée ont toutes plus de 40 ans. En Angleterre, l’idée commune veut qu’une femme sexy soit également jeune et insignifiante. La sophistication mature d’une Ségolène Royal ne la mènerait probablement pas bien haut dans le classement des icônes aseptisées préférées de nos jeunes. Cette mentalité se reflète dans notre vocabulaire « une femme d’un certain âge » sonne tout de même mieux qu’une « middleaged woman » (une femme d’âge moyen) et dans ce que nous considérons comme une tenue appropriée. Au RoyaumeUni, les femmes de plus de 40 ans doivent adopter le look mamie. En un mot, elles doivent devenir invisibles. Or je ne suis pas prête à accepter de me fondre dans le paysage, pas plus que des milliers d’autres femmes ayant passé la barre fatidique des 40 ans.

Mais voilà, être britannique et chic n’est pas chose aisée. Les rues commerçantes regorgent de magasins à la pointe de la mode pour les jeunes et les adolescentes. Mais les femmes plus âgées qui veulent s’habiller avec soin doivent se lancer dans une quête autrement plus ardue. A Paris, des centaines de boutiques s’adressent à une clientèle de quadragénaires, autant qu’à leurs filles. En début d’année, Stuart Rose, le directeur de Marks & Spencer, a été vivement critiqué pour la réorganisation de son conseil d’administration, mais il pourrait faire taire à jamais ses détracteurs en proposant aux femmes une ligne de vêtements élégants à petits prix.

La méthode anglaise n’a cependant pas que des inconvénients. Il est parfois agréable de se laisser aller, d’échapper à la tyrannie de l’apparence. La beauté intérieure est celle qui compte le plus, et peutêtre l’apprécionsnous mieux que nos cousins français. Mais cela reste une chose fantastique de voir des femmes influentes qui brillent autant par leur style que par leur intelligence. Voilà une leçon que nous pourrions apprendre des Français.

 

Quelle Influence exerce la belle Caria Bruni sur son président de mari. ? Il suffit, pour la mesure,de regarder quel gauchiste il est soudain devenu !

Les partisans de Nicolas Sarkozy sont complètement déboussolés. Leur président dévie dangereusement à gauche. Fautil y voir une conséquence de la crise financière, ou bien l’influence de sa séduisante épouse. CarIa Bruni ? Pas un jour sans que Sarkozy montre les signes d’une conversion idéologique. Il s’en est pris aux nantis et à la « dictature du marché » il a déclaré que le temps du laisserfaire était révolu » et il a exigé un plafonnement des rémunérations des patrons et la disparition des parachutes dorés. Cette transformation est d’autant plus frappante que Sarkozy, qui s’était rendu célèbre pour sa politique de « tolérance zéro » quand il était ministre de l’Intérieur, était autre fois dépeint avec horreur par la gauche comme un homme politique à la droite de la droite. Actuellement, on peut trouver sur Internet une caricature qui le représente en Che Guevara. Martin Schulz, chef de file des socialistes au Parlement européen, l’a félicité (c’était du deuxième degré) pour avoir « parlé comme un vrai socialiste européen. » Pour ses proches, c’est tout simplement du pragmatisme, mais pour certains c’est du socialisme pur sucre : N’atil pas promis
par exemple, de créer 100 000 emplois « aidés » financés par I’Etat, le genre de mesure qu’il tournait en ridicule quand elle émanait de l’ancien gouvernement socialiste [de Lionel Jospin) ? Apparemment, Sarkozy n’est pas gêné à l’idée de changer d’étiquette politique. « Suisje devenu socialiste ? » se demandaitil récemment. Peutêtre atil répondu.

CarIa Bruni, qui se décrit souvent comme une femme de gauche, doit adorer cette évolution chez un homme qui fait de gros efforts pour s’attirer les bonnes grâces des amis de sa femme. Ses dernières incartades accentuent encore la touche d’originalité qu’elle apporte à ses fonctions officielles. Pensez une première dame chanteuse, qui jongle entre le protocole et la promotion de son dernier album. Bernadette Chirac, elle, cultivait ses rosiers et collectait des pièces jaunes. Carla Bruni, 40 ans, pratique un autre genre de militantisme : elle a décidé de lutter contre le racisme et de secouer les élites politiques blanches. Elle a été applaudie. En effet, la France, l’un des pays les plus métissés au monde, a beau prôner la liberté, l’égalité et la fraternité, la révolte gronde au sein des minorités ethniques dans les banlieues immigrées.

Dans ce pays où un seul des 577 députés un seul est noir,Nicolas Sarkozy avait promis que, puisque la France appliquait la discrimination positive aux femmes et aux handicapés, ses compatriotes de couleur devraient pouvoir en bénéficier. Mais cette promesse n’a pas encore été tenue.

Même si Carla Bruni exerce une indéniable influence sur lui tout le monde s’accorde à dire qu’elle a un effet apaisant sur son hyperactivité. Certaîns voient dans l’enthousiasme récent de Sarkozy pour l’interventionnisme d’Etat un retour de la France à une tradition paternaliste surannée. Joëlle GarriaudMaylam, sénatrice UMP n’est pas d’accord : Je ne crois pas une seconde qu’il soit devenu socialiste. Quant à Caria Bruni, elle a une excellente influence sur lui et je ne vois pas pourquoi elle devrait se taire simplement perce quelle est l’épouse du président.!

 

Aux EtatsUnis, l’adultère est une faute qui se paie cher. En France, c’est un aléa constitutif du mariage, qu’il vaut mieux gérer par le secret ou le pardon.

A en croire les stéréotypes américains, les Français ont une passion pour l’adultère. Dans les faits, les Français ordinaires sont aussi attachés à la fidélité que les Américains. D’après les sondages, la fidélité est la première qualité que les femmes françaises recherchent chez un compagnon, tandis que les hommes placent la tendresse légèrement avant. Les enquêtes nationales montrent que les Français sont plus fidèles que les Américains tant avant qu’après le mariage. En France, 3,8% des hommes et 2% des femmes déclarent avoir eu plus d’un partenaire au cours de l’année écoulée, alors qu’ils sont respectivement 3,9% et 3,1% aux EtatsUnis. Cependant, lorsque les Français trompent leur conjoint, ils gèrent la chose différemment des Américains. Les Français ont tendance à penser que l’infidélité est l’un des écueils prévisibles du mariage et ne partent pas du principe que le conjoint infidèle doit être chassé du domicile conjugal. J’ai constaté lors de plusieurs entretiens que ce qui choque le plus les Américains en cas d’adultère, ce n’est pas le sexe mais les mensonges. En revanche, les Français ne voient pas grand mal à dire quelques mensonges discrets pour protéger un conjoint d’une information déplaisante. La culpabilité est une composante importante de l’adultère américain et peut conduire un conjoint volage à des aveux spontanés. En France, ces conjoints infidèles ont moins de mal à penser qu’ils ont fait un choix malheureux mais pragmatique. Un Français s’est montré perplexe quand je lui ai demandé s’il avait commencé une thérapie pour maîtriser le stress provoqué par le fait de jongler entre sa femme et sa maîtresse. Au bout d’un an d’une relation extraconjugale, il venait précisément de laisser, tomber un thérapeute qu’il voyait depuis six ans. « J’ai réglé la question, m’expliquatil. Le problème, c’était le mariage et le sexe. »

L’une des raisons pour lesquelles les Américains ne comprennent pas les règles françaises en la matière, c’est que le premier des Français fonctionne selon des normes différentes. En France, la qualité de séducteur fait en effet partie du profil présidentiel. Les électeurs français souvent ne savent pas ce que font leurs dirigeants derrière des portes closes. Avec une législation qui protège strictement la vie privée et la relation consanguine qu’entretiennent les médias et les personnalités politiques, la presse n’ose pas dire grandchose de la vie privée de ces dernières. Peutêtre les Français sontils plus tolérants que les Américains on matière d’infidélité présidentielle parce qu’ils ont eu pendant des siècles des monarques adultères. Quoi qu’il en soit lorsqu’ils parlent des conquêtes de leurs personnalités politiques, ce n’est pas pour faire la morale, mais pour montrer qu’ils sont dans la confidence.

Fin octobre, dans le métro parisien, une campagne d’affichage montrait une femme mince, la cinquantaine, en robe de cocktail, allongée sur un canapé en cuir. Les cheveux naturels, elle était très peu maquillée et arborait un sourire satisfait. Au premier plan, un homme torse nu glissait deux billets de 100 euros dans la poche de son jean. Ces affiches étaient celles du film Cliente, une comédie qui explore les clichés sur la prostitution et les gigolos en France. Le rôle de Judith, la cliente, est joué par Nathalie Baye, l’une des actrices françaises les mieux payées. Le personnage n’a rien d’une femme riche d’un certain âge, pathétique, liftée et oisive. Bien au contraire, Judith est une battante de 51 ans, présentatrice et directrice d’une chaîne de téléachat. Après son divorce, elle veut vivre une vie sexuelle épanouie, libre de toute attache, et elle est prête à y mettre le prix. La comédienne Josiane Balasko, 58 ans,
avait deux objectifs en réalisant ce film : faire voler en éclats un vieux tabou français et adresser un message positif aux femmes mûres esseulées, en mal d’assouvissement sexuel.

Ce qui peut étonner quand on sait qu’historiquement les Français font bien moins de manières que les Américains en matière de sexe. Après tout, la France n’est-elle pas ce pays où la très sérieuse Bibliothèque nationale a récemment organisé une exposition interdite aux moins de 16 ans où elle montrait des pièces tirées de son « enfer », notamment un film de six minutes tourné en 1921 où l’on voit deux femmes s’ébattre joyeusement, d’abord ensemble, ensuite avec un homme ? Mais, même ici, il se produit une révolution subtile qui traduit la fois une volonté d’être plus ouvert sur le sexe et de cultiver le secret dans ce domaine, d’être à la fois plus et moins enclin juger.

Le président Nicolas Sarkozy n’est pas étranger à cette nouvelle donne. Pour la première fois dans une V° République vieille d’un demisiècle le président et sa troisième épouse, Carla Bruni Sarkozy, ont résolument fait passer leurs vies personnelles dans la sphère publique. Ils ont tous les deux posé dans les appartements privés de l’Elysée, et même assis côte à côte dans le lit présidentiel. Madame BruniSarkozy, 40 ans, a déclaré aux journalistes qu’elle adorerait avoir des enfants de M. Sarkozy. Entretemps, dans le gouvernement Sarkozy, la ministre de la justice, Rachida Dati, une célibataire de 42 ans issue de l’immigration, annonçait qu’elle était enceinte, Sans préciser qui était le père. « Une révolution se produit dès lors que ce qui était tabou se banalise » explique Pascal Bruckncr, un intellectuel et romancier qui a beaucoup écrit sur la sexualité.

Une révolution dont témoigne avec éclat un nouveau livre sur les désirs des femmes, du gynécologue Sylvain Mimoun, intitulé : Ce que les femmes préfèrent. Le Dr Mimoun a travaillé sur un échantillon de 1 542 femmes, lien ressort notamment que 96% des Françaises ont des fantasmes, ce qui n’a peutêtre rien d’extraordinaire en soi. Ce qui est étonnant, en revanche, c’est qu’elles acceptent d’en parler si ouvertement. Contrairement à l’image de bêtes de sexe qu’ont souvent les femmes françaises, les auteurs d’une étude sur les pratiques sexuelles publiée au début de l’année concluent que dans ce domaine les Français sont prévisibles. « La manière dont les Françaises vivent leur vie est très dufférent de ce qu’on voit dans les médias » explique Nathalie Bajos, directrice de recherche â l’institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), auteur du rapport. « Certes, les femmes ont des fantasmes mais en réalité leur vie sexuelle est bien moins libre que celles des hommes. Ce qui crée des tensions : Les femmes sont censées être libérées, mais les inégalités n’ont pas disparu. »

Même s’il y a des publicités pour des escort boys sur Internet, l’idée même qu’une femme puisse payer pour son plaisir reste taboue. M. Bruckner est bien placé pour le savoir. Il y a quatre ans, il a écrit un roman sur un diplomate marié qui menait une double vie de gigolo, Le protagoniste finit par perdre sa femme, ses enfants et son travail. M. Bruckner n’a pas trouvé preneur pour le scénario. Cliente est plus léger. Mais le sujet reste si délicat, même pour M. Bruckner, que, quand sa fille de 11 ans l’a interrogé â propos de l’affiche, il n’a pas pu lui dire la vérité. « Je lui ai dit qu’elle payait le plombier, avouetil. Si je lui avais dit la vérité, elle aurait trouvé ça dégoûtant. »

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