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Comment lutter contre la violence et la délinquance des jeunes ?

Lundi 7 novembre 2005, par Paul Vaurs // La France

La délinquance des mineurs n’est plus une délinquance due à un parcours accidenté mais elle est souvent une délinquance d’exclusion. A la tentation du répressif, nous pouvons et devons répondre par une alternative plus ambitieuse qui nécessite concertation et refonte des institutions et des attitudes sociétales.

Nous sommes à un moment où les sociétés européennes commencent à répondre à la violence des jeunes autrement que par la prison. L’augmentation des effectifs policiers, l’aggravation des sanctions et la multiplication des détentions ne donnent que des effets médiocres et peu durables. Si on n’a que cette réponse, surtout lorsque l’on sait que souvent les sanctions ne tombent qu’après 18 ans, et que le jeune auparavant peut se croire tout permis. Ces mesures du tout répressives, préconisées par certains, institutionnalisent un climat de violence, renforcent l’exclusion des délinquants et favorisent la récidive.

Dans nos villes, la violence juvénile nous désarçonne et désarçonne nos institutions. Nous assistons périodiquement et encore récemment à des flambées de violence.

Jusqu’à il y a peu, nous avons répondu confusément et dans l’urgence, mais nous nous sommes rapidement aperçus que nous ne répondions pas de façon positive et constructive.

Nous avons compris que la vraie priorité était d’édifier des institutions susceptibles de répondre à cette délinquance d’exclusion, alors entre autres sont apparus les contrats de ville, qui sont un outil parmi d’autres, mais, qui peuvent selon leur utilisation se révéler particulièrement efficaces.

Nous sommes, et c’est vrai, déroutés par les manifestations multiples de la violence de nos jeunes et trop souvent nos procédures ne répondent pas.

Exemple de ce désarroi : L’absence de réponse à la violence de nos enfants entre 6 et 13 ans, Ils sont trop jeunes pour être pénalement responsables, mais ils sont pourtant utilisés dans le trafic de drogues par leurs aînés. Un sentiment de toute puissance les atteint alors et, leur fausse le jugement, il faut savoir qu’ils se croient invulnérables.

Pour eux rapidement, le rapport à la drogue s’insère simplement dans un marché où toute la cité est imprégnée de ce marché et il constitue pour certaines familles une source importante de revenus.

Le jeune croit qu’il est inutile de travailler à l’école ou de suivre un projet d’insertion alors que l’argent est facile.

Nous devons prendre conscience que la délinquance d’exclusion est une forme désespérée de survie. Que peut alors faire la justice face à ces jeunes qui sont nés de l’échec scolaire et de l’exclusion sociale ? Souvent nous nous demandons comment nous en sommes arrivés là. Si celle violence et cette délinquance étaient spécifique à notre pays, nous analyserions nos pratiques et nos politiques, nous ferions un travail de comparaison avec d’autres pays et nous trouverions peut-être la solution. Mais ce n’est pas vraiment le cas. Face à un monde politique qui n’inspire plus confiance, face à des responsables qui sont trop souvent perçus comme des démagogues, les jeunes ne croient plus personne (et en personne).

Partout en Europe on a assisté à un redéploiement de l’intervention de l’Etat. En France et en Belgique on a suscité une politique de la ville où les parquets jouent un rôle moteur, où ils ont leur place par les contrats locaux de sécurité par exemple. En Allemagne et en Grande-Bretagne, la prévention est organisée par les administrations locales sans que la justice y joue un rôle direct. Partout on peut constater que les politiques sécuritaires et les politiques sociaux sont menés de front.

À l’inverse des États-Unis nous avons fait le choix d’une politique de prévention, parallèlement à la répression nécessaire. À l’origine de cette nouvelle politique de prévention se trouve la reconquête politique des territoires. Nous agissons enfin et depuis peu sur les causes que sont l’insécurité scolaire et le défaut d’insertion. Nous devons continuer dans cette voie dont le but est d’aborder dans un même regard la prévention policière et l’action éducative. Mais il faut regretter que cette façon d’aborder les choses ne soit pas toujours bien comprise.

Il est difficile de faire comprendre par exemple aux établissements scolaires la nécessité du signalement à la justice alors qu’ils gèrent habituellement en interne leurs difficultés. Il est fondamental que nous cessions les actions « d’orthopédie » en matière de lutte contre la délinquance. Nous devons nous attaquer aux racines même du mal, et aller au plus près des familles. Les pays européens ont pleinement conscience de l’enjeu de ces prochaines années puisqu’il est demandé aux États membres de Union d’adopter des mesures à caractère social susceptibles de contrecarrer l’effet de certains facteurs porteurs de criminalité comme l’exclusion sociale, le chômage des jeunes ou la pauvreté. Nous devons à ces jeunes, tout d’abord le respect, le respect à l’école, le respect dans la vie sociale. Ces jeunes qui n’ont jamais été respectés, même dans leur propre famille, comment pouvons-nous leur demander le respect des autres et des institutions. Et pourtant c’est une demande qu’ils nous font : « Ils veulent être respectés ». Nous pourrons exiger d’eux ce respect si nous sommes tous capables de donner l’exemple.

Cette reconnaissance, c’est bien le contraire de la spirale de l’exclusion et c’est bien pourquoi nous devons lutter contre la violence. Alors que chacun a son discours sur la violence des jeunes et que certains en font leurs choux gras avec des propositions de plus en plus démagogiques, il est enfin grand temps de regarder les choses en face et de trouver des solutions applicables, réalistes et véritablement efficaces. Il faut une réelle volonté politique pour faire face à la violence des jeunes qui n’est pas inéluctable mais il faut traiter les maux à leurs sources et ne pas se contenter de traiter les symptômes. Il est bien plus efficace de se prémunir contre la maladie que de la soigner.

Le but des Démocrates est bien d’être plus à l’écoute de chacun afin que chacun soit reconnu. Alors que nous voyons le contexte socio-économique actuel évoluer de façon un peu plus favorable, notre impuissance à régler le problème de la violence nous oblige à inventer de nouvelles réponses, de nouvelles attitudes sociales, en tant que politique, professionnel ou simple citoyen afin que chacun soit acteur de son présent et de son avenir.

La violence collective est celle qui se voit le plus, mais les violences quotidiennes, les femmes et les enfants battus, les problèmes de voisinage que l’on qualifie parfois de petites violences, les humiliations à l’école, sont un creuset de souffrances et c’est dans cette souffrance que naissent, que grandissent certains enfants aujourd’hui. Les réponses du corps social à travers ses institutions sont souvent tout aussi violentes. Le processus de socialisation s’acquiert d’abord à l’intérieur de la famille, la violence est indicatrice des problèmes sociaux à prendre en compte d’une manière urgente. Nous voulons privilégier des solutions de prévention et permettre « grâce à un contexte familial différent », qu’il y est moins de souffrances individuelles et sociales inutiles, et ainsi, nous pourrons pratiquer une véritable politique d’insertion et de socialisation dès la naissance, avec les familles.

Les actions que les Démocrates peuvent mettre en place :

A) Nous devons absolument dans l’avenir être extrêmement vigilant dans notre lutte contre la délinquance et il est absolument nécessaire que toutes les subventions soient analysées et évaluées afin d’éviter cette démarche politique exécrable qui se borne à verser de argent aux quartiers afin de réduire les tensions.

B) Nous devrions aider la jeune mère dès la grossesse. Certaines, complètement dépassées, humiliées ou trop seules ne sont pas en mesure d’accueillir un enfant.

C) Un suivi qui ne soit pas ressenti comme venant de l’institution doit être proposé. Cela suppose une écoute particulière, écoute du médecin, des travailleurs sociaux, et du quartier (en lien avec les lieux d’écoute et de paroles qu’il serait utile de mettre en place dans tous les quartiers).

D) L’importance de la petite enfance n’est plus à démontrer. Les lieux d’accueil parents enfants sont extrêmement précieux, il faut les multiplier, les laisser ouverts toute la journée et éventuellement la nuit dans certains quartiers, mais il faut aussi aider les familles au plus près et aller au devant d’elles. Il faut soutenir les jeunes mères qui sont dépassées et souvent dépressives face à leur enfant.

E) Une aide psychologique et morale des nouveaux parents est souvent nécessaire. C’est pourquoi ces lieux d’écoute et de paroles, ouverts avec des personnes disponibles et compétentes (la compétence n’étant pas obligatoirement liée au nombre de diplômes mais surtout à expérience et à la capacité d’écoute et d’analyse des situations), sont indispensables. Ils remplacent le village ou la famille élargie d’autrefois.

F) Les Conseils Généraux pourraient prendre leur place à côté des services de l’Etat (liaison avec les écoles, les collèges..) dans ces nouveaux lieux. Le but principal étant de ne jamais laisser la souffrance et la violence s’installer sans réactions, sans proposition d’aide.

G) Il est fondamental d’ouvrir l’école maternelle dès deux ans avec une structure d’accueil spécifique pour les enfants de cet âge là qui n’ont pas les mêmes besoins que les enfants plus âgés.

H) On doit pouvoir donner de vrais moyens à la Protection Maternelle et Infantile, et ainsi permettre aux éducatrices de jeunes enfants, aux puéricultrices, aux médecins, aux psychologues de faire un travail efficace et salutaire. On doit pouvoir aider les parents afin qu’ils puissent surmonter leurs difficultés éducatives car, contrairement à ce que l’on affirme, éduquer un enfant ce n’est pas facile, c’est le plus difficile des métiers.

I) Il faut redonner confiance à ces parents, leur donner les moyens d’être de bons parents, car leur enfant a besoin d’eux. De nouveaux métiers sont nécessaires et à inventer : Assistant de quartier, éducatrice ou éducateur de jeunes enfants attaché au quartier... (en lien avec les services sociaux).

J) Il s’agit enfin d’optimiser ce qui existe déjà et de développer entre les différents services un partenariat plus étroit et des concertations plus précises. Le coût social en serait réduit et l’efficacité augmentée.

Si la répression est nécessaire car nous ne pouvons vivre dans un tel climat et laisser nos enfants se perdre eux-mêmes, nous nous devons de mettre en place une vraie prévention primaire, sinon nous serons éternellement condamnés à réparer nos erreurs et nous aurons condamné définitivement une partie de notre jeunesse et cela nous n’en avons pas le droit sauf à décider que notre société doit mourir.

Si nous accordons un peu de notre confiance à la jeunesse, cette dernière nous prouvera qu’elle est capable de nous « Epater ».

Au lieu de la prison, offrons aux « VOYOUS » plusieurs sorties.

  • Acceptons-les, après une formation, à faire leur entrée aux côtés de « brigades de policiers ou de gendarmes ». Ce seront j’en suis certains les « VIDOC » courageux et efficaces de Nicolas Sarkozy.
  • Acceptons-les, après une formation, à faire leur entrée aux côtés de « Sapeurs Pompiers ». Ce seront des excellents soldats du feu.
  • Acceptons-les, au lieu de les mettre en prison, d’où ils ressortent avec un diplôme de Caïd.
  • Si après leur avoir donner des formations « d’homme » ils continuent à commettre des actes délictueux, alors ! ils devront rendre des comptes à la société, et dans ces conditions, les mesures devront êtres à la hauteur des conflits dont ils sont directement responsables. Des séjours sur des navires de guerres où les corvées ne sont pas des parties de plaisir, seront, entre-autre leur punition pour de très longues années.

Notre vouloir, chez nous, Démocrates est de leur faire comprendre que ce n’est pas ça, la réalité. Les parents sont-ils coupables ?

Le grand problème des enfants en difficulté de ce pays aujourd’hui, c’est l’absence de référence, l’absence de père au sens très large du terme. Sur l’absence des pères, un certain nombre de jeunes sont dans un monde irréel : Ils enfoncent un couteau dans le cœur de quelqu’un, pour lui prendre sa montre et ils s’étonnent qu’il ne se réveille pas.

Violences sexuelles contre et par les mineurs. Les statistiques du ministère de l’Intérieur montrent hélas une recrudescence sensible des agressions à caractère sexuel dont sont victimes des mineurs.

Par contre, le taux d’élucidation (trouver le coupable) est en hausse, de 75 % en 1995 il est de à 92 % en 2003. Pour les viols, dont le nombre reste stable, aux environs de 4 500 par an, le taux d’élucidation est de 86% en 2003. Bravo la justice, la police et la gendarmerie.

Les agressions sexuelles sont de plus en plus le fait de mineurs de 21 % en 1995 ; leur nombre est monté à 29 % en 2001. D’où une diminution des mises en détention, les magistrats hésitant à punir de cette façon les coupables mineurs. Il est vrai que quand on sait ce qu’est l’univers carcéral ! Et puis ! Que faire quand on s’est arrêté de travailler pendant 17 ans pour élever ses trois enfants ? Une ancienne élève de Normale Supérieure, philosophe, fait un choix qui décoiffe à 43 ans, elle présente et réussit le concours d’inspecteur de police, puis de commissaire. Pourquoi ? « J’étais très curieuse de découvrir, de l’intérieur, une institution qui me semblait injustement décriée ».

Quelques années après, début 1991, la voici nommée aux renseignements généraux (les RG) pour y monter une « toute petite » cellule consacrée aux violences urbaines. Son livre raconte les neuf années passées à monter ce service, à accumuler des données sur les quartiers sensibles, à les analyser, et à essayer de faire comprendre à ses supérieurs, aux autres branches de la police, aux cabinets ministériels et aux Ministres les leçons pratiques que l’on peut tirer de ses investigations. Madame X a remporté plus de succès dans la première partie de sa mission que dans la seconde, ses rapports ont été régulièrement, soit occultés, soit modifiés pour être rendus « politiquement corrects ».

Quelles sont ses découvertes : D’abord, que le noyau dur de la violence urbaine est constitué d’un nombre d’individus assez restreint, généralement bien connus de la police. Ensuite, qu’il y a passage par étapes de la petite délinquance à l’attaque des représentants de l’autorité et de la société (conducteurs de transports en commun, médecins, pompiers, etc.) puis à l’émeute. Une présence suffisante de la police « et un fonctionnement correct des tribunaux » dans les quartiers où le processus est encore peu avancé, permettraient d’éviter la majorité des passages aux stades ultérieurs.

Le niveau d’exigence est, en fait, d’autant plus élevé qu’il s’agit d’une société visant un idéal de respect et de protection des droits fondamentaux de l’individu, y compris dans l’espace privé. D’où le sentiment d’horreur absolue partagé par un pays tout entier, dans le cas de la Belgique, après les révélations sur les crimes pédophiles ces dernières années. Un mouvement d’indignation collective qui a également touché la France, où ces affaires sont de plus en plus souvent portées à la connaissance du public.

Dans cette approche contemporaine, c’est, en réalité, la personne humaine dans toutes ses dimensions qui tend à être prise en compte et une conception élargie du droit à la sécurité qui est affirmée. Le champ de ce que l’on considère alors comme de la violence s’étend des violences urbaines aux violences au sein du couple ou de la famille, de la violence pédophile aux violences au travail, de la violence physique des individus à la violence symbolique des institutions ou du système économique. Qu’elle soit manifeste ou insidieuse, réprimée ou assurée de l’impunité, tolérée ou stigmatisée...Plusieurs ouvrages parus ces derniers mois dans les domaines de la psychologie, de la psychanalyse et des sciences sociales s’interrogent et réfléchissent sur ce phénomène, proposant un état des lieux et une analyse d’une des faces de la violence, dont la lecture permet de reconstituer le visage multiple mais aussi l’unité profonde.

Entre autres mérites, ces ouvrages ont celui de rappeler, en préambule, combien la notion même de violence est délicate à cerner. Variable dans le temps et l’espace, elle est tributaire d’un système de représentation et de perception particulier. La peur et le sentiment d’insécurité dépendent autant de facteurs subjectifs qu’objectifs, et sont en partie conditionnés par les médias. C’est pourquoi, la violence en France croise les regards et les témoignages des divers acteurs concernés.

Cette perception relative de la violence en tant que telle, c’est-à-dire comme une expression illégitime, dépend notamment de qui y recourt. Racket des élèves à l’école, insultes et agressions des professeurs, conducteurs de bus attaqués et transports en commun dégradés, émeutes et rodéos dans les banlieues, incivilités et saccages, mais aussi montée de l’extrême droite et du racisme...

Nous devons insister sur les interférences qui existent entre violence physique et violence symbolique, la première ayant toujours une signification symbolique, et la seconde pouvant entraîner des effets physiques. Mais quel sens donner à ces flambées de violence dans les banlieues, qui souvent se retournent même contre le peu d’équipements publics dont elles disposent ? Cette violence serait « la marque des dysfonctionnements sociaux et institutionnels », voire de « l’incapacité du système tout entier à fonctionner convenablement, dans un contexte de crise profonde, au sens de mutation, de nos sociétés ». Fin de la civilisation industrielle, épuisement de l’Etat-nation, déstructuration de la formule d’intégration républicaine. C’est pourquoi elle doit être vue comme la « réponse à une crise ». La violence étant à la fois « Idée et mère du changement ».

Avec la pérennité de la crise économique, l’exclusion et la précarité creusent les inégalités et touchent en priorité les classes populaires, qui étaient auparavant intégrées socialement par le travail. Les jeunes issus de l’immigration vivent souvent dans des familles où le chômage frappe plusieurs générations et connaissent des discriminations au quotidien tant à l’école que sur le marché du travail, les loisirs, ou dans leur environnement urbain. Cette exclusion géographique des cités, éloignées des centres-villes, s’ajoute bien souvent pour ses habitants à l’exclusion sociale, économique et culturelle dont ils souffrent déjà, et que montrait très bien le documentaire réalisé en 1997 par Bertrand Tavernier sur un quartier défavorisé de la ville de Montreuil, située de l’autre côté du périphérique, ce boulevard qui sépare Paris de sa banlieue.

Refusant de faire l’apologie de la violence ou de la considérer comme inévitable, un ouvrage énonce un certain nombre de recommandations politiques. Il insiste sur l’équilibre à trouver entre prévention et sanction, nécessairement complémentaires, pour redonner des repères aux jeunes.

Prévention, sécurité et insertion.

La nécessité pour traiter les problèmes des violences urbaines, est d’inventer de nouvelles formes de participation et d’information, notamment des habitants des quartiers défavorisés, De redéfinir la vocation du service public, d’accroître la lutte contre les inégalités et de reconnaître les particularités culturelles qui ne remettent pas en cause les valeurs fondamentales de la République. Parmi les meilleures réponses à ce problème, la mobilisation des jeunes eux-mêmes paraît essentielle. A la suite de l’assassinat d’un jeune par un autre, un mouvement de jeunes, souvent issus de l’immigration et des quartiers difficiles de France, a lancé, au début de l’année 2002, un Manifeste baptisé « Stop la violence », qui est en train de constituer un réseau bénéficiant du soutien d’associations, de lycées, d’élus locaux et suscitant des débats dans la France entière. Une première.

Se voulant un outil d’ascension sociale, l’école publique en France peine à admettre qu’elle ne parvient plus à garantir à tous l’égalité des chances, pas seulement parce qu’elle ne se remettrait pas assez en question (des plans de réformes se succèdent depuis des années), mais parce qu’elle ne peut pas à elle seule corriger toutes les injustices et les inégalités sociales.

Cette situation de crise tragique d’aujourd’hui, montre le combat au quotidien des instituteurs, face chômage et la pauvreté qui sont le lot de beaucoup de familles, et où l’école fait figure de dernier rempart contre l’exclusion totale.

Cette montée de la violence à l’école, contre laquelle le Ministre de l’Intérieur « Nicolas Sarkozy » a pris une série de mesures importantes , ; est le symptôme de cette crise de confiance dans l’institution par excellence de la République, qui pouvait il y a encore une décennie bénéficier de l’adhésion des élèves, convaincus par ses vertus d’ascension sociale.

L’incapacité de l’école à lutter efficacement contre les inégalités, la perspective du chômage quasi inévitable ou de l’orientation vers des filières techniques dévalorisées expliquent sans doute aujourd’hui cette révolte violente de certains jeunes pour qui l’école n’est plus qu’un outil de discrimination et d’exclusion parmi d’autres. Des institutions qui ne remplissent plus leur rôle, une société qui ne tient plus ses promesses d’égalité, de liberté et de fraternité.

Ces « petits », sur lesquels nous portons un regard tendre et attentionné, sont encore tenus à l’écart des trafics les plus graves, mais livrés à eux-mêmes et sans grandes perspectives d’avenir, malgré leurs ressources de vitalité, d’énergie, de débrouillardise, de fraîcheur. Ne partageant pas la fascination pour la violence de leurs aînés, cette génération aspire à une vie calme, « normale ».

Leur rêve, c’est un appartement, une famille, des enfants, une voiture. Un espoir à ne pas décevoir.

Coluche un artiste, mais, un homme de CŒUR. Pour vivre un moment d’éternité, il faut se créer des bonheurs de temps en temps.

Les origines multiples du chômage. La pauvreté en France n’a pas reculé .

C’est ce que constate l’Observatoire de la pauvreté qui vient de publier son rapport annuel, ciblé sur les années 97-2001. Celles-ci ont pourtant été marquées par un recul du chômage de près d’un million de personnes et d’une croissance du PIB de 3 % en moyenne. Or on compte aujourd’hui 1,7 million de ménages pauvres, soit 4,2 millions de personnes (7 % de la population).

Ce sont aussi les difficultés de logement, droit fondamental fort malmené, qui sont épinglées par le rapport. Le logement social est en effet insuffisant et très inégalement réparti sur le territoire. Ainsi, alors que 54% des ménages pauvres vivent en HLM à Rouen, 20 % seulement peuvent en bénéficier à Montpellier, Paris détenant le triste record des logements sans confort et l’Ile de France celui du surpeuplement. L’accès aux soins des personnes pauvres, a progressé très sensiblement avec la CMU, mais cela ne peut suffire à lever les inégalités de santé, tant la précarité est source de fragilité.

Et s’il ne semble pas y avoir de pathologies spécifiques de la pauvreté, les risques de contracter les pathologies ordinaires sont beaucoup plus importants et les « pauvres », plus souvent malades, ont moins souvent et plus tardivement recours aux soins. L’observatoire s’interroge sur les rapports entre pauvreté et territoire, esquissant une carte de la pauvreté, mais soulignant aussitôt combien la variété des facteurs de pauvreté et leur combinaison rend difficile l’établissement d’un modèle territorial.

Enfin il constate une aggravation des situations de grande pauvreté et d’exclusion, personnes sans domicile et étrangers, plus souvent et plus gravement pauvres.

Pourquoi cette stagnation ?

D’abord parce que le taux de pauvreté étant relatif, il ne peut diminuer que si les revenus des ménages pauvres augmentent plus vite que les revenus du reste de la population. Cela n’a pas été le cas, car les revenus de solidarité comme le RMI, les allocations vieillesse ou celles des handicapés n’ont pas été revalorisées plus fortement que les autres revenus et ce sont eux qui constituent une part importante des revenus des ménages pauvres. D’autre part, la baisse du chômage, dont on pouvait penser qu’elle aurait des effets sur la pauvreté, n’a pas eu d’incidence pour plus de la moitié des personnes pauvres, soit parce qu’elles étaient inactives (petits retraités), soit parce qu’elles avaient déjà un emploi mais étaient à la tête d’une famille nombreuse, soit parce que trouver un emploi (temps partiel, certaines formes de contrat) ne permet pas de sortir des difficultés, voire même peut accentuer la pauvreté.

Le chômage ne constitue donc pas la cause unique de pauvreté. Si on a 3,5 fois plus de risque d’être pauvre lorsqu’on est chômeur, tous les chômeurs ne sont pas pauvres et les 4/5° des ménages comportant un chômeur sont au-dessus du seuil de pauvreté. Au-delà des chômeurs, les « pauvres » se recrutent parmi les personnes disposant d’emplois précaires, particulièrement les jeunes, les familles monoparentales et nombreuses, les retraités. Le développement de l’emploi précaire ou à temps partiel augmente la proportion de salariés, notamment de femmes, faiblement rémunéré (e) s et accentue le risque de pauvreté, même si la pauvreté s’apprécie au niveau du ménage (salaire + autres ressources éventuelles).

Les origines multiples du chômage. 

La plupart des discours sur le chômage sont imprécis et contradictoires. Il faut savoir de quoi on parle. D’abord, tout chômage résulte d’une surproduction puisque le travail n’est pas une richesse à partager mais une création de richesse. Le chômage, est plus précisément l’impossibilité de créer une richesse solvable, valorisée socialement. A partir de là, on peut distinguer 3 causes du chômage causé par les crises cycliques et la lutte contre l’inflation (rigueur budgétaire, Euro-fort). (C’est de loin le plus important mais ce chômage disparaît par disponibilité de liquidités. Le chômage frictionnel résulte des inadaptations structurelles de l’offre et de la demande (formation, passage à l’informatique). On ne peut le réduire que par des politiques à long terme, mais jamais l’éliminer totalement Le chômage classique est l’inadaptation du coût du travail et de sa productivité (charges sociales, mondialisation).

Le chômage keynésien.

« Il s’agit d’un modèle à un secteur de production (un seul bien) et à un seul pays. On peut étendre le modèle keynésien de base en y incluant la dynamique du capital (l’investissement) et l’emploi (la population active). On peut aussi s’interroger sur la capacité des économies capitalistes à réaliser une croissance qui respecte l’équilibre du marché du bien et de celui du travail simultanément. Il y a deux types de problèmes :: Un problème de court terme d’existence de l’équilibre, et un problème de long terme de stabilité de l’équilibre.

La période actuelle se caractérise par le cumul considérable de ces trois-facteurs qui ne se traitent pas de la même façon. Chômage frictionnel et chômage classiques dépendent de données structurelles mais c’est le chômage keynésien qui en détermine la masse finale. A un certain niveau le chômage est une menace pour la totalité de la société. Le chômage peut baisser, bien sûr, mais, tout est une question d’ordre de grandeur Il ne suffit plus de créer autant d’emploi qu’il y a de chômeurs, ce qui est déjà impossible, mais on sait qu’il faudrait en créer presque le double, ce qui est tout à fait hors d’atteinte d’une industrie en pleine automatisation, de aussi de services toujours plus informatisés, et de la délocalisation de nos entreprises.

L’Empire (mondialisation, déficits budgétaires)

Du Japon après 1945, au Plan Marshall contre le communisme assurant la prospérité européenne, puis le Vietnam produisant l’inflation et maintenant l’OMC assurant la mondialisation, nous vivons sous une hégémonie américaine sur-consommatrice et à son plus haut, rattrapée désormais par l’Europe en productivité et diplômes bien que les USA profitent encore à plein de leur avance dans l’informatique et de leur progression démographique.

Nous subissons encore la pression de la politique de relance de Reagan qui a réussit aux USA (baisse des impôts, augmentation des dépenses militaires, déficit budgétaire) mais qui devait attirer les capitaux étrangers, ce qui poussait en retour à l’amélioration de la rentabilité des investissements partout, c’est-à-dire une augmentation de la part du capital par rapport au travail. Cette pression n’est plus tempérée par le soutien des USA aux régimes étatistes considérés, au moment de la guerre froide comme des remparts contre le communisme.

Le besoin de financement externe, ainsi que la sur-consommation américaine ont donc été décisifs dans l’accélération de ce qu’on appelle « la mondialisation », mais aussi la domination américaine des secteurs de la communication. L’augmentation des échanges externes provoque inévitablement, selon un principe de l’économie, un accroissement des inégalités internes et une moindre solidarité sociale. L’exportation est d’abord une externalisation, une négation du global (nation ou planète).

Il se trouve qu’elle rencontre désormais rapidement sa limite planétaire, un marché saturé (qu’on ne peut plus inonder de produits en chaînes mais auquel on doit s’adapter en flux tendu) ; et la baisse généralisée des coûts salariaux finit par provoquer mécaniquement une récession mondiale, une surproduction qu’on peut déjà enregistrer dans les matières premières provoquant une crise probable d’effondrement des cours justement parce qu’ils sont au plus haut.

La mondialisation est dans quelques plusieurs secteurs un facteur de chômage classique (textile) mais la pression sur la rentabilité des capitaux est surtout producteur d’un chômage keynésien en dehors des États-Unis. En théorie, il suffit d’injecter des liquidités dans l’économie pour résorber ce chômage comme le fit Hitler, ou le New Deal. Ces mesures on fait la preuve par leurs grands travaux. Il y a pourtant une limite. On ne refait pas si facilement ce qu’on a défait, et l’UNIVERS ne VEUT plus d’HITLER, ni de GUERRE.

Les élites de l’Euro ( Rigueur budgétaire)

Cette ouverture du marché américain des capitaux a rencontré, chez nous, l’intérêt des possesseurs de capitaux (vieillissement de l’économie, les retraités vivent mieux que les salariés depuis 15 ans). En France l’économie est encore fortement étatisée, c’est-à-dire aux mains de hauts fonctionnaires qui ont démontré très souvent leur incapacité et n’ont fait qu’épouser encore la cause des rentiers sous couvert de garder notre rang international et de coller au Mark. Pour ne pas avoir de l’inflation, qui est leur véritable interdit, il faudrait tolérer, donc vouloir du chômage qui fait pression sur les salaires et permet en même temps d’obtenir les gains de productivité exigés des salariés, une HONTE.

La traduction politique de cette classe sociale est bien la rigueur budgétaire de l’Euro avec une inflation proche de zéro, donc en fait déjà une récession compte tenu du progrès technique, et dans un contexte de compression de la demande par l’arrivée des classes creuses après le baby boom de l’après-guerre. Les rigidités étatiques génèrent aussi un chômage classique qui n’est pas négligeable mais n’explique pas le niveau actuel de chômage. On peut ajouter à ce contexte concurrentiel le retard pris dans la réduction du temps de travail. L’essentiel reste que les politiques suivies après Mai 68 ont généré volontairement un fort chômage keynésien.

L’informatique n’est donc en rien responsable du chômage, la masse des chômeurs devant surtout peser sur l’inflation. Son rôle est pourtant essentiel de porter un potentiel de productivité immense disponible (donc un chômage classique pour ceux qui n’y ont pas recours) ainsi qu’une discrimination éducative plus forte qu’avant, c’est-à-dire un chômage frictionnel très important, impossible, lui, à résorber rapidement. Les possibilités de l’informatique n’ont pas été exploitées tout de suite. Elles ont été mises en oeuvre à grande échelle quand elles ont rencontré les intérêts des possesseurs de capitaux (mafias et investisseurs institutionnels réunis).

La rationalisation technique se serait faite de toutes façons mais la rapidité d’adaptation est exigée pour des profits à court terme (c’est la ruse de l’histoire). Une fois le processus enclenché pourtant, l’automation et la civilisation de l’information sont un changement fondamental, abolissant le travail non qualifié, passage de la force de travail à la résolution de problèmes. Le temps de travail n’est plus une mesure pertinente, les gains de productivité sont un enjeu de formation. La rapidité d’adaptation suffit à augmenter le nombre des exclus, mais c’est aussi la pression sur le producteur qui devient de plus en plus insupportable à mesure que la production se règle sur l’information obtenue du consommateur (flux tendus), condamnant ainsi le producteur à la précarité.

Cette accélération demande des adaptations urgentes, une redéfinition de la citoyenneté et de la place de l’économie dans une société informatisée, d’abondances et de misères mal partagées .

Le chômage a donc sans doute été voulu, du moins accepté, par les privilégiés du régime. Ce n’est pas l’effet de la seule technique mais bien de la volonté de certains, de la séparation des intérêts dans une société qui se défait. Les raisons macro-économiques de la crise pèsent surtout sur la croissance, mais, pour des raisons écologiques c’est-à-dire humaines, on ne peut plus soutenir la croissance dans les pays développés sur-consommateurs et, de toutes façons, cette croissance ne peut plus être à la hauteur du chômage actuel, il faut au contraire profiter de la crise : C’est la gestion d’un monde sans croissance, avec un travail limité donc, qu’il nous faut expérimenter dès maintenant. Et d’abord restaurer le global, l’intérêt général et la solidarité (qui ne se réduit pas à la nation).

C’est clairement pour des raisons humaines, la qualité de la vie et une nouvelle citoyenneté, que nous voulons la réduction du temps de travail et la fin du salariat, non pas à cause d’une raréfaction du travail ou d’une loi inéluctable de l’économie. La situation de chômage que nous connaissons et qui cumule les trois formes de chômage, montre paradoxalement que notre société riche peut réduire sa production et financer un revenu inconditionnel adapté à un monde de la formation permanente et de la complexité.

Il suffit de reconstruire sa solidarité au lieu de renforcer la concurrence de tous contre tous. Aucune autre solution n’est viable à court terme, personne ne peut inventer 5 millions d’emplois et il ne s’agit pas de redonner du travail à un million de chômeurs pour que le niveau de chômage devienne plus acceptable et qu’on puisse se désintéresser des millions de chômeurs restants Il ne s’agit pas d’accepter n’importe quel travail non plus, d’inventer des activités imaginaires ou de nouvelles contraintes Un retour à l’esclavage, tous les pauvres réduits à être domestiques. Il faut le répéter, il y a une mutation de civilisation que nous devons assurer, toutes les conditions sociales sont réunies. Il s’agit bien là d’un combat politique : Solidarité contre inégalités, mais aussi liberté contre autoritarisme. Aujourd’hui, la revendication ne peut plus être raisonnablement « un travail pour tous » mais seulement  « Un revenu pour tous » et donc d’abord l’augmentation des minima sociaux.

Certains veulent nous prédire maintenant le bonheur économique pour 30 ans en comparant notre situation à l’année 1937 (sur la base des cycles de Kondratieff).

Mais, outre qu’il n’y a aucune raison de se réjouir d’être en 1937 (même si c’est vrai, c’est souvent au moment de la reprise que la misère encore largement dominante apparaît le plus insupportable déclenchant toutes sortes de violences), on ne peut être certain que la nouvelle révolution de l’information pourra continuer le même modèle économique. D’ailleurs un économiste hésite à mettre cette révolution au même plan que les autres révolutions industrielles. Enfin les contraintes écologiques ne permettront plus une croissance mondiale aussi importante, c’est le modèle actuel de la croissance et du travail qu’il faut remettre en cause. Il est par contre intéressant d’expliquer les cycles économiques par l’équilibre générationnel. Pour comprendre une situation il faut la remettre dans son histoire mais aussi dans les différents cycles du moment (économie, saison, génération), les possibilités et les dangers qui s’annoncent, les rencontres symboliques, mais surtout il faut vouloir la transformer.

Le bon sens existe-il ? et peut-on raisonner en Français moyen ?

Il est aussi indispensable qu’urgent d’activer la réinsertion des chômeurs et des exclus, de plus en plus marginalisés et atteints dans leur dignité.

Aujourd’hui, sauf certains chômeurs professionnels qui profitent du système d’indemnisation, l’immense majorité aspire davantage à un retour à l’emploi qu’à une assistance pécuniaire.

Ainsi, la création d’emplois doit-elle devenir la première des priorités pour ceux qui sont en charge des affaires de l’Etat.

Il convient désormais que tous les secteurs de la société fassent preuve d’imagination, de responsabilité et de solidarité, pour enrayer un fléau qui menace d’une ampleur jamais connue. Tant en ce qui concerne le domaine privé que le domaine public, tout doit être mis en ouvre pour réduire rapidement une fracture sociale qui touche des millions de français.

La modernisation de l’outil de travail ne doit plus pénaliser l’emploi, mais au contraire, bénéficier à l’homme dans le cadre d’une productivité en harmonie avec les impératifs nouveaux de la société.

Face à l’exclusion et au chômage, il convient de recenser les gisements d’emplois, et de ne négliger aucune piste y compris la remise en question de certaines prestations de services qui ne répondent pas aux exigences de la communication, ni de sécurité attendue par les usagers.

C’est une réalité dans les services publics, mais c’est également une réalité dans bien d’autres activités du secteur privé.

Ainsi, la généralisation des stations automatiques de distribution de carburant est-elle réductrice d’emploi et va-t-elle à l’encontre de l’intérêt des consommateurs dans les zones rurales déjà très touchées par de nombreux handicap ; un prélèvement de quelques centimes sur les taxes permettrait la création immédiate de dizaines de milliers d’emplois.

D’autres gisements sont à explorer, que ce soit dans le domaine de la santé, des services à domicile, de l’environnement, de la sécurité (en augmentant le nombre de pompiers professionnels de façon très significative) de l’entretien et de la surveillance des immeubles et des résidences, en redonnant aussi ses titres de noblesse aux concierges en les rétablissant dans leurs fonctions irremplaçables.

IL faut revaloriser le travail manuel par une orientation accrue vers les formations d’apprentissage, et par une révision des salaires ouvriers.

Il faut livrer une chasse impitoyable au travail « au noir », au travail clandestin, aux fonctionnaires qui touchent déjà une retraite de l’Etat, notamment les anciens militaires, les agents des services de police ou de gendarmerie.

Il faut enfin revoir les procédures de licenciements collectifs, pour enrayer les abus de trop nombreux chefs d’entreprise.

Aussi à défaut de rétablir les autorisations préalables de licenciement, il serait opportun de confier à un collège dans lequel siègeraient un représentant des syndicats de salariés, un représentant des syndicats patronaux, un représentant des corps consulaires, un représentant du ministère du Travail et de l’Emploi, ainsi qu’un magistrat du tribunal d’instance, le soin d’examiner des licenciements collectifs et les cas litigieux.

Plus que jamais la France ne doit admettre que des patrons licencient de jeunes et anciens collaborateurs par le biais d’un haut parleur, avec en prime un taxi qui les attend afin de les reconduire à leur domicile ; cette manière de procéder relève de lourdes sanctions pénales pour ces cyniques chefs d’entreprise.

 Jamais la modernisation due aux nouvelles techniques ne pourra remplacer l’homme. La rentabilité à outrance est un choix de société. Les machines robots, détruisent l’harmonie que seul l’être humain peut apporter à la collectivité qui s’efforcera de servir avec courtoisie et efficacité.

Notre civilisation est déjà atteinte par la gangrène de l’indifférence, l’être humain est seul au milieu d’une foule qui l’ignore.

Ce n’est pas en supprimant des emplois que l’on retrouvera l’esprit de solidarité indispensable à l’équilibre moral de notre environnement. Nos dirigeants, quelques que soient leurs affinités politiques ou autres, parlent de « Service public ». La rhétorique est facile, plus facile encore est la démagogie outrancière, démagogie qui un jour verra le peuple de France se lever et hurler sa colère.

Quelques exemples .

Dans l’Ile de France le réseau autonome des transports parisiens pourrait créer 10 000 emplois. En calculant les allocations chômage et en additionnant le manque à gagner de la R.A.T.P du fait de l’insécurité, du vandalisme, des voyageurs qui fraudent en ayant aucun ticket de transport, non seulement on rétablit l’équilibre financier, mais on améliore les diverses prestations dignes d’un service public ; on redonne dignité et espoir à des femmes et des hommes qui, cotisant aux caisses de sécurité sociales, en amélioreront les finances.

Dans les transports routiers, les 38 000 entreprises qui font circuler 2 000 véhicules ne peuvent faire l’objet d’un contrôle efficace du matériel, la fonction publique ne dispose que de 200 agents charges de vérifier l’état des camions, ce qui représente seulement 1% de véhicules contrôlés. C’est inacceptable.

Il serait souhaitable, et cela malgré les accords de Maastrïcht, que les routiers qui ne font que traverser notre territoire, empruntent notre réseau ferroviaire. Cette complémentarité modale, éviterait l’engorgement de certaines autoroutes, notamment celles reliant le nord de la France aux pays limitrophes.

Les services des postes et télécommunications manquent de personnel et l’on continue à refuser de renouveler les postes vacants en les remplaçant par de nouvelles techniques. Cette façon de procéder est inhumaine et de surcroît, peu efficace dans le domaine financier et encore moins dans le domaine moral, puisque les nouveaux chômeurs, ou les emplois non créés, sont une atteinte à la liberté, car le chômage est anti fraternel, anti égalitaire, et qu’il coûte à l’ensemble des contribuables la somme de 22 867 € par an et par personne ; c’est une honte pour les vertus que représentent la Patrie des droits de l’homme.

Il serait nécessaire que les services des P.T.T., ou autres laissent à des organismes privés le soin de distribuer toute correspondance non affranchie. D’une manière générale, le secteur public doit mettre un terme à toutes formes de para commerce.

À quelques exceptions prêt, l’ensemble des entreprises d’Etat manque de personnel. Les suppressions de postes ont porté atteinte au bon fonctionnement du service public. Cela peut se vérifier en plus des P T.T, dans les services des hôpitaux de l’assistance publique et de l’enseignement.

Un « Grenelle » reprenant les revendications du personnel des services de la fonction publique devrait rapidement être mis en place. Y participeraient les intéressés, ainsi qu’une représentation des contribuables et de diverses associations de consommateurs. Dans le cadre de ce « Grenelle », il me paraîtrait nécessaire de trouver un accord sur l’interdiction à d’anciens fonctionnaires touchant une retraite, de se substituer à un demandeur d’emploi ; tout travail non bénévole leur serait interdit, les militaires de carrière étant considérés comme fonctionnaires seraient contraints de se plier à cette règle.

Il-semblerait logique que les agents de la fonction publique puissent bénéficier de primes à l’économie en maîtrisant efficacement les gaspillages ; Emprunt de matériel et matériau non rendu, emprunt d’un véhicule de fonction publique à des fins personnelles... Peut-être aussi, serait-il bon de revoir les avantages « en nature » dont bénéficient certains agents de la fonction publique. L’Egalité et la Fraternité, c’est aussi privilégier un certain équilibre.

 Les augmentations de salaires ne sauraient être décrétées de façon unilatérale, ni négocié tranche par tranche. Dans l’un comme dans l’autre cas ce serait nier la situation particulière de chaque entreprise. Plus juste serait un élargissent de la participation des salariés à la vie des entreprises.

Participation sous trois formes, participation aux choix stratégiques et à la gestion, participation aux dividendes, participation à la productivité.

La participation aux choix stratégiques et à la gestion de l’entreprise doit s’organiser à partir des bilans et offrir au salarié la possibilité d’émettre des suggestions, de manifester son accord ou son désaccord avec la politique préconisée par l’appareil de direction.

En cas de conflit important entre les salariés et, le ou les responsables de l’entreprise, Il serait fait appel à un arbitrage extérieur. Selon la nature du conflit, ces arbitrages pourraient être confiés aux tribunaux prud’hom maux, aux tribunaux de commerce, à la direction du travail et de l’emploi ou à un tribunal des référés.

C’est dans le cadre de ces choix stratégiques et en possession de tous les éléments d’information que seraient négociées les évolutions des salaires. Evolution, mais pas obligatoirement augmentation. Seuls les résultats de l’entreprise conduiraient à une revalorisation, à une stagnation ou à une diminution des rémunérations, tant du ou des dirigeants de la société, que de ses salariés. De la même manière, seuls les impératifs de gestion particuliers à l’entreprise guideraient la durée du travail et de l’embauche dans cette dernière.

La participation aux dividendes de l’entreprise doit procéder de la même responsabilité du salarié. En connaissance des investissements, des amortissements, des provisions de trésorerie, et des prévisions fritures. De ce fait, il doit participer à la répartition du fruit de son travail en intégrant dans sa démarche, le retour sur les investissements et les rétributions qui sont ceux des actionnaires ou des porteurs de parts.

La participation à la productivité engage directement et résolument la responsabilité du salarié dans l’exploitation de son outil de travail ; elle l’associe plus étroitement aux résultats de l’entreprise et lui permet en contrepartie de toucher la juste rémunération de son investissement dans les gains de productivité, les améliorations des méthodes, les économies de matériels, matériaux et fournitures. Une prime identique pour tous les salariés est distribuée chaque année en fonction des marges dégagées par les économies et les gains de productivité.

 »Rendre l’ouvrier copropriétaire de l’engin industriel et participant au bénéficie au lieu de l’y enchaîner comme un esclave, qui oserait dire que telle ne soit pas la tendance du siècle ? »

Pierre Joseph Proudhon.

PS Une des meilleures solutions pour répondre à la violence qui règne dans certaines villes serait de rétablir un service civique d’une durée de neuf mois, où les privilèges dont bénéficiaient certains seraient interdits. Cette mesure permettrait à l’ensemble de la jeunesse Français « filles et garçons » de mieux se connaître, d’apprendre à vivre ensemble que l’on soit riche ou pauvre.

Depuis les années 1970, en France, l’égalité entre hommes et femmes est reconnue par tous, du moins sur le plan des principes. C’est une avancée considérable par rapport à une époque encore proche durant laquelle la tradition, comme le droit, s’accordait au contraire sur l’infériorité, considérée comme naturelle, des femmes. À l’aube du XXIe siècle, au terme de trois décennies de bouleversements très importants, la situation des femmes dans la société française reste cependant contradictoire et apparaît ouverte sur des possibles multiples et opposés.

Les acquis sont importants, mais demeurent limités et fragiles. À l’école, au travail, au sein du couple ou de la famille ou encore dans l’espace public, les femmes occupent une position qui reste encore, le plus souvent, subalterne. Cette infériorité sociale des femmes peut se vérifier à différents niveaux, même si, pour l’essentiel depuis les années 1960, les rapports entre hommes et femmes se sont assez largement modifiés. Cette transformation des rapports sociaux de sexe dans le sens d’une plus grande égalité entre hommes et femmes est en effet bien loin d’être achevée. L’examen détaillé de l’évolution récente permet précisément de nuancer l’ampleur de ces transformations.

En premier lieu, on peut observer des transformations au sein des rapports inégalitaires traditionnels entre hommes et femmes, au niveau des pratiques et des structures qui les engendrent et les maintiennent. Ces transformations ont souvent réduit sensiblement les écarts entre hommes et femmes et ont donc permis à ces dernières d’effectuer des pas sur la voie de leur émancipation comme sujets à la fois personnel et collectif. Je pense en particulier à l’accès des femmes aux études et à une activité professionnelle salariée.

En deuxième lieu, et c’est un fait massif malgré les apparences, ces rapports inégalitaires, quelquefois simplement déplacés ou transformés, perdurent. Si le phénomène a été largement souligné pour ce qui est de la vie publique, et plus particulièrement de la vie politique, il est tout aussi marqué dans l’espace domestique. Enfin, de nouvelles formes d’inégalités sont apparues, nées de la collision entre les inégalités traditionnelles maintenues et les transformations a priori positives survenues au sein des rapports entre hommes et femmes, autant d’effets pervers de ces transformations par ailleurs libératrices.

Les facteurs de réduction des inégalités entre hommes et femme.

Certaines inégalités traditionnelles entre hommes et femmes ont été réduites et la situation relative des femmes dans la société française contemporaine s’est incontestablement améliorée. Cette évolution positive s’est produite, pour l’essentiel, sous l’action conjointe de trois facteurs : le développement de la scolarisation des filles, l’entrée massive des femmes dans le monde du travail et la maîtrise de la fécondité.Dans les dernières décennies du XXe siècle, les filles ont rattrapé puis dépassé les garçons sur le plan scolaire : Durée moyenne des études, niveau moyen de diplômes, taux de redoublement ou de retard scolaire, taux de réussite aux examens, niveau moyen aux épreuves de contrôle des acquis scolaires, etc. Cela se vérifie au niveau de l’enseignement primaire et secondaire, de même que dans les deux premiers cycles du supérieur. Il faut attendre le troisième cycle du supérieur (et encore, dans certaines filières seulement) pour observer le maintien de la traditionnelle supériorité masculine.

Ces transformations des années 1960-1990 avaient été précédées par un lent rattrapage des filles dans la période précédente. Dans les années 1950, les filles rattrapent d’abord leur retard dans les catégories supérieures et moyennes, plus tard le phénomène s’étend aux autres catégories. Au milieu des années 1960, la suppression de l’examen d’entrée en classe de sixième a permis d’ouvrir plus largement l’enseignement secondaire aux enfants des milieux populaires. Dès lors, les écarts entre sexes se creusent, mais cette fois au détriment des garçons. Ces écarts sont d’autant plus importants que l’on descend les degrés de l’échelle sociale. C’est parmi les enfants des catégories favorisées, qui très majoritairement poursuivent leurs études, que l’écart entre sexes est le plus réduit.

« Accès en terminale des cohortes entrées en sixième en 1973 et 1980. Sexe : G = garçons ; F = filles. Catégories socioprofessionnelles favorisées = industriels, gros commerçants, cadres supérieurs,... Le résultat de la progression de la scolarisation féminine est spectaculaire : En 1993, 37% des femmes de nationalité française âgées de vingt-cinq à trente-neuf ans étaient titulaires du baccalauréat ou d’un diplôme supérieur, contre seulement 30% des hommes ; dans la génération précédente, celle des cinquante à cinquante-neuf ans, les hommes dépassaient encore les femmes (21% contre 19%). Globalement, toutes filières et tous niveaux confondus, en 1994, 48% des filles âgées de seize à vingt-cinq ans étaient scolarisées, contre 43% des garçons.

Quelles que soient les classes d’âge retenues, les filles sont aujourd’hui plus scolarisées que les garçons, mais l’écart tend à se réduire avec l’avancée en âge et la prolongation des études. Quel que soit l’âge d’entrée en sixième, les filles passent plus souvent en classe de seconde, puis en terminale, que les garçons. De plus, leur taux de réussite est supérieur, aussi bien pour les baccalauréats généraux que pour les baccalauréats technologiques. Les écarts entre les sexes sont cependant moins importants en haut de l’échelle sociale.

Les sociologues et les spécialistes des sciences de l’éducation ont tenté de donner des explications cohérentes à cette progression de la scolarisation féminine depuis le début des années 1960. Les explications centrées sur la mobilisation des principales intéressées et de leurs familles, notamment des mères, semblent les plus convaincantes. Elles ne nient pas la réalité de la domination qui pèse sur les femmes, mais elles soulignent qu’elle n’est pas une fatalité et qu’elle peut être combattue. Par exemple, Jean-Pierre Terrail met l’accent sur l’investissement plus actif dans l’appropriation du savoir qui permet aux jeunes filles, et en particulier à celles d’origine populaire, d’échapper aux déterminants ordinaires de l’échec scolaire. Il insiste sur le rôle joué dans cette dynamique émancipatrice par la mobilisation familiale, en premier lieu celle des mères, apportant à la fois un encouragement quotidien et une caution symbolique à la réussite scolaire des filles.

Plus encore que le rapport des mères à l’emploi, c’est leur rapport à l’école et au savoir qui jouerait un rôle déterminant dans leur implication dans la scolarité de leurs enfants. Les relations mère-fille particulièrement étroites, faites de dialogue et de complicité, renforceraient la confiance en la capacité de réussir des filles. Les mères des milieux populaires seraient ainsi amenées à encourager chez leurs filles l’ambition de ce qu’elles n’ont pas pu réaliser pleinement elles-mêmes. Bernard Lahire souligne aussi, à partir d’une enquête approfondie menée dans la banlieue de Lyon, le rôle essentiel que jouent pour les filles des milieux populaires le modèle des mères (voire des grands-mères, des sœurs, des tantes ou des voisines) qui entretiennent un rapport régulier et étroit avec l’écrit. Ces dernières, en effet, non seulement tiennent l’écriture domestique, mais elles se chargent aussi de la plupart des démarches de caractère administratif vis-à-vis de l’extérieur. Une profonde dynamique d’émancipation serait ainsi à l’œuvre résultant de l’activité ordinaire des individus et plus particulièrement de celle des femmes qui ont contribué pour une part essentielle à ce qui a changé en France depuis 1968.

Le développement de l’activité professionnelle des femmes.

Ces dernières décennies ont également vu se réduire considérablement les différences de taux d’activité entre hommes et femmes. On a assisté à une entrée massive des femmes dans le salariat : depuis le début des années 1960, elles ont investi le monde du travail. Le nombre d’hommes actifs est resté relativement stable, autour de 14 millions, mais le nombre de femmes actives est passé de 7 millions à plus de 12 millions. Même si on tient compte des seuls actifs occupant un emploi, les chiffres sont tout aussi parlants : de 1962 à 1999, le nombre des hommes a légèrement reculé, tandis que le nombre de femmes progresse de près de 4 millions. Le mouvement ne s’est pas ralenti depuis le milieu des années 1970, en dépit de la difficulté grandissante à trouver un emploi. En 1999, plus de 80% des femmes âgées de vingt-cinq à quarante-neuf ans sont désormais actives, contre à peine 50% d’entre elles au début des années 1970. Dans les jeunes générations (de vingt-cinq à trente-neuf ans), les femmes sont actives à plus de 90% quand elles sont sans enfant, à plus de 80% encore avec deux enfants, et même à près de 55% pour les mères de trois enfants et plus.

Population active par sexe de 1962 à 1994, en milliers (sources : d’après I.N.S.E.E., « Données sociales » ; (I.N.S.E.E. Première), « n° 389, juin 1995, et n° 658, juin 1999). »

Toutes ces transformations s’effectuent dans un contexte de forte augmentation de la part des salariés dans la population active : En 1997, 83,5% des hommes et 89% des femmes occupant un emploi sont des salariés. Parmi les salariés, la part des femmes est passée d’environ 41% en 1982 à 47% à la fin des années 1990.

Les professions indépendantes, et notamment les agriculteurs exploitants, ne représentent plus qu’une part très faible des actives et des actifs. Globalement, environ un tiers seulement des non-salariés sont des femmes. Cependant, près de 95% des hommes non salariés sont réellement des indépendants, avec ou sans salariés, alors que ce n’est le cas que de 60% des femmes, les 40% restant étant en fait des « aides-familiales » qui participent au travail de l’entreprise agricole, artisanale ou commerciale de leur conjoint sans pour autant être associées à sa direction. L’indépendance de ces indépendantes est donc limitée.

Le modèle de la femme au foyer a été délaissé par la très grande majorité des femmes. Le travail féminin est devenu un phénomène social massif. Il est maintenant inscrit fortement dans la réalité sociale et tout semble indiquer qu’il est devenu un phénomène irréversible. Le travail des femmes participe désormais à la construction de l’identité féminine : les filles, à l’école, se préparent à un métier comme les garçons, et très rares sont celles qui ne cherchent pas d’emploi à l’issue de leur scolarité. La perspective d’occuper un emploi, avec ce qu’il signifie d’autonomie personnelle, a été une puissante motivation d’investissement scolaire. Inversement, l’obtention de diplômes aura permis aux femmes d’accéder à l’emploi salarié qualifié, y compris dans les postes d’encadrement. Cependant, hommes et femmes sont encore loin d’occuper les mêmes types d’emplois et d’entretenir le même rapport à l’emploi.

Plus de trente ans après la loi Neuwirth (1967), plus de deux femmes sur trois entre vingt et quarante-quatre ans emploient une méthode contraceptive, et parmi ces dernières près des deux tiers utilisent la pilule et un quart le stérilet. Il n’y a plus aujourd’hui qu’une petite minorité de femmes (3%) qui encourent le risque d’une grossesse non désirée. Cette maîtrise par les femmes de leur fécondité leur aura permis de limiter les naissances (en fait, le mouvement en ce sens est amorcé depuis plus de deux siècles) et surtout de maîtriser le calendrier de celles-ci. Ces conditions sont essentielles pour l’entrée comme pour le maintien des femmes dans le salariat.

L’ensemble des mouvements précédents - meilleure formation et qualification professionnelle, entrée massive dans le salariat, maîtrise de leur fécondité - a permis aux femmes de conquérir une plus grande autonomie dans les rapports conjugaux, notamment quant à leur entrée et à leur maintien dans une relation conjugale. Les femmes ont ainsi été pleinement actrices des transformations qui ont touché les relations conjugales au cours de ces toutes dernières années : développement de la cohabitation hors mariage, développement du divorce aussi, développement du célibat surtout parmi les femmes les plus diplômées et les plus formées.

À l’opposé du mouvement que je viens d’évoquer, on a assisté au maintien d’inégalités traditionnelles entre hommes et femmes, entraînant par là même une stagnation de la situation des femmes. On peut repérer deux points forts de résistance de la domination masculine. D’abord au sein de l’espace public, où les hommes continuent à monopoliser l’essentiel des positions de pouvoir. Les débats autour de la parité politique ont permis de souligner l’inégale place des femmes et des hommes dans l’espace politique. Mais les inégalités traditionnelles subsistent aussi largement au sein de l’espace domestique, dont les tâches continuent à être assurées prioritairement par les femmes. Nous insisterons davantage sur ce second aspect, dans la mesure où le débat public sur la « parité domestique » est à peine esquissé contrairement à celui qui a porté sur la parité politique.

L’antique monopolisation par les hommes de l’espace public s’est pour l’essentiel maintenue jusqu’à présent. Pour s’en tenir à deux chiffres, l’Assemblée nationale élue en 1997 comptait à peine 10% de femmes, et au Sénat, il y avait moins de 6% de femmes à la même époque. Le Parlement français au seuil du XXIe siècle fait ainsi à peine mieux que celui de la république islamique d’Iran. L’essentiel se jouera à l’avenir dans la mise en œuvre effective de la parité désormais encouragée par la Constitution (loi constitutionnelle du 8 juillet 1999). Mais cette domination masculine se vérifie plus largement dans la monopolisation du pouvoir dans d’autres lieux : au sommet des grandes entreprises, dans les organisations syndicales ou les administrations publiques, dont les fonctions de responsabilité restent accaparées, dans leur immense majorité, par des hommes. En outre, l’espace public ne se réduit pas à la seule scène du pouvoir. Il comprend aussi ce qu’on pourrait appeler la scène mondaine : cet espace où les corps des hommes et des femmes se donnent à voir les uns aux autres. Or l’analyse des discours publicitaires, de la mode, des magazines masculins et féminins, de certaines pratiques (comme les seins nus sur la plage) montre que cette scène mondaine demeure dominée par les hommes : Le corps féminin y reste pour l’essentiel un objet de contemplation et de convoitise, pour l’œil masculin.

En dépit des évolutions indiquées plus haut, notamment la poursuite des études et la montée de l’activité professionnelle, les femmes assurent toujours l’essentiel du travail domestique. Celui-ci inclut diverses activités : « tâches ménagères proprement dites, gestion des revenus et du patrimoine de la famille, éducation des enfants ou organisation de l’espace-temps familial. » Ces activités représentent une somme de travail énorme, qui dépasse en importance celle qui est mesurée annuellement par le P.I.B. Elle est pourtant longtemps restée invisible.

Les tâches ménagères désignent les tâches d’entretien matériel des membres de la famille, du logement et de son équipement. Elles constituent l’aspect le plus visible parce que le plus massif du travail domestique. La mécanisation et la socialisation partielle de ces tâches en ont fait disparaître les plus astreignantes, les plus sales et les plus dangereuses. En ce sens, la charge quotidienne de travail domestique, dont les femmes ont supporté le poids des siècles durant et jusque dans les années 1950, s’est incontestablement allégée. Le raccordement des foyers sur les réseaux d’eau courante et d’eaux usées, de gaz et d’électricité, les appareils électroménagers comme le lave-linge hier, le lave-vaisselle aujourd’hui, dispensent les femmes de longues et pénibles tâches quotidiennes, de surcroît peu gratifiantes, ou les réduisent fortement. Le recul de l’autoproduction alimentaire et vestimentaire, comme le développement de la restauration hors domicile (sur les lieux de travail ou d’enseignement) a produit des effets analogues de réduction de la charge domestique. Mais, en dépit de ces progrès, c’est aux femmes qu’incombe l’essentiel de ces tâches ménagères d’entretien, malgré leur entrée massive dans le salariat.

Les tâches ménagères sont aussi inégalement réparties quant à leur nature. Bernard Zarca a pu ainsi distinguer trois grandes catégories de tâches. Les « tâches féminines », prises en charge « quasi exclusivement par les femmes », comprennent notamment tout ce qui concerne le linge (lavage, repassage, raccommodage) mais aussi le nettoyage des sanitaires ; les hommes ne les assurent que dans moins de 5% des cas, même s’ils peuvent y participer à titre secondaire dans 10 à 20% des cas. Les « tâches masculines », prises en charge « très majoritairement par les hommes », comprennent essentiellement le portage du combustible (bois, charbon, mazout), l’entretien de l’automobile (lavage, réparation) et le bricolage ; les femmes prennent cependant plus souvent ces tâches « masculines » en charge (dans 10 à 20% des cas) que les hommes ne prennent en charge les tâches « féminines ». Quant aux « tâches négociables », qui « continuent d’être prises en charge par une majorité de femmes, mais [auxquelles] plus d’un tiers des hommes, et parfois même plus des deux tiers [...] participent », elles regroupent notamment les courses, la cuisine, la vaisselle, le ménage, etc. ; « ces tâches peuvent être effectuées à égalité dans une proportion non négligeable de cas : jusqu’à 10,6% pour les courses », alors que ce n’est le cas que dans une infime minorité (2 à 3%) en ce qui concerne les tâches « masculines » ou « féminines ». Seules certaines tâches « négociables » (la vaisselle, les courses, la cuisine) semblent avoir été un peu plus assumées par les hommes depuis les années 1970.

Cette division repose sur des oppositions qui véhiculent une image conventionnelle des attributs et vertus censés être spécifiquement masculins ou féminins. Aux femmes, les travaux « légers », supposant la maîtrise de savoir-faire traditionnels et/ou liés à la propreté (du lieu, des vêtements) ; aux hommes, les travaux de force ou supposant la maîtrise d’objets et d’instruments techniques modernes, et plutôt tournés vers l’extérieur. Tandis que les tâches féminines sont plutôt de l’ordre de la reproduction, impliquant la répétition périodique (quotidienne, hebdomadaire, mensuelle, saisonnière) des mêmes gestes et des mêmes opérations, avec ce que cela implique de routine, de sentiment d’ennui et même de vacuité, les tâches masculines sont davantage de l’ordre de la production, voire de la création, suscitant la fierté de soi et la reconnaissance d’autrui : le résultat d’un bricolage réussi est plus « visible » qu’un tas de linge repassé ou même un ménage bien fait. C’est au contraire lorsqu’il n’est pas fait ou mal fait qu’un « ménage » se voit... Évidemment, selon les milieux socioculturels, la division des tâches ménagères est plus ou moins accentuée. L’intensité de cette division varie aussi en fonction du niveau de formation des conjoints : plus celui-ci est élevé, plus les hommes acceptent de participer aux tâches « féminines » ou « négociables ».

En étudiant la gestion du linge par de jeunes couples partageant l’idéologie égalitaire, Jean-Claude Kaufmann est parvenu à mettre en évidence le processus de reproduction, en leur sein, de la division traditionnelle des tâches ménagères. Dans un premier temps, sous l’emprise de l’exigence égalitaire, ces tâches sont accomplies à tour de rôle par les deux conjoints. Rapidement, cependant, un autre partage intervient, chacun des conjoints délimitant un « territoire personnel », un ensemble de tâches ménagères dont il prend la charge : À l’un la cuisine, à l’autre le ménage, etc. Le passage d’un partage à l’autre s’accomplit sous la pression de l’inégale disponibilité des conjoints selon les différents moments de la journée ou de la semaine. Mais aussi et surtout selon des inégalités de compétence et plus encore d’exigence de chacun en matière de tâches ménagères, héritées de leur histoire réciproque.

Or ces héritages ne sont pas les mêmes pour un homme ou une femme : Par son éducation, une femme est généralement plus apte à accomplir la plupart des tâches ménagères qu’un homme, tandis que l’accomplissement de ces tâches lui paraît simultanément plus important ou plus urgent qu’à son conjoint. En conséquence, elle aura plus tendance à se charger de ces tâches, aussi bien parce qu’il lui en coûte moins de les accomplir que parce qu’elle les jugera plus nécessaires mais aussi mieux accomplies par elle. Et l’homme s’en déchargera pour des raisons inverses des précédentes. Ainsi s’insinue progressivement une division inégalitaire des tâches domestiques.

La prise en charge des enfants.

Elle recouvre les soins donnés aux nourrissons, la garde des enfants, la surveillance de leurs devoirs et leçons quand ils sont scolarisés, la participation à leurs jeux intérieurs et extérieurs, les promenades et sorties avec eux, etc. Les pères consacrent en moyenne à peine une vingtaine de minutes par jour à leurs enfants, les mères actives s’en occupent pendant près d’une heure et les mères inactives plus de deux heures. Cette inégalité se confirme lorsqu’on détaille les différentes tâches qu’implique cette prise en charge. La garde des enfants en bas âge non scolarisés, quand elle n’est pas prise en charge par une structure collective ou un tiers, incombe encore quasi exclusivement aux femmes. De même, ce sont le plus souvent elles qui les gardent lorsqu’ils sont malades. Cette situation les conduit fréquemment à rogner sur leurs jours de congé. Comme si, une fois de plus, l’activité professionnelle de la femme et les enjeux qu’elle représente, restaient en définitive secondaires au regard de sa mission maternelle. Ce sont également les mères qui se chargent essentiellement de l’aide au travail scolaire de leurs enfants. Elles y consacrent en moyenne deux fois plus de temps que les pères. C’est aussi la mère qui, beaucoup plus fréquemment que le père, prend contact avec les enseignants. Là encore cependant, il existe d’importantes différences entre les milieux sociaux : C’est chez les ouvriers et les agriculteurs que le père rencontre le moins souvent les enseignants.

La structure du pouvoir aujourd’hui majoritaire au sein des couples apparaît peu égalitaire. L’homme y reste en position dominante. Certes, il partage le plus souvent la fonction de direction avec sa conjointe. Cependant, il continue à soustraire du champ de compétence de cette « direction collégiale » les décisions concernant son activité professionnelle propre, alors qu’à l’inverse, dans la majorité des cas, il continue à prendre part aux décisions concernant l’activité professionnelle de son épouse. Les dépenses importantes seraient engagées après discussion collective, les arguments du mari l’emportant le plus souvent. L’épouse gérerait plutôt les petites dépenses au quotidien (nourriture, services, vêtements, loisirs, etc.). Surtout, l’homme parvient visiblement à se décharger sur son épouse d’une bonne partie des activités d’intendance et d’entretien. Autrement dit, si la direction est désormais le plus souvent collégiale, l’intendance et la « production » restent encore essentiellement l’affaire des femmes. Et c’est bien en cela qu’elles continuent à être dominées.

Différents facteurs sont susceptibles de favoriser un rééquilibrage du pouvoir domestique en faveur des femmes : l’entrée dans le salariat, un bon diplôme, une position favorable dans la hiérarchie socioprofessionnelle. Inversement, la présence d’enfants semble favoriser le maintien ou l’introduction d’un partage inégal du pouvoir. On comprend aussi à partir de là la défiance de plus en plus grande de certaines jeunes femmes à l’égard de l’entrée prématurée et sans condition dans les rapports conjugaux et familiaux.

L’enjeu d’un rééquilibrage total dans la division du travail domestique est plus fondamental encore. Il y va en effet de l’identité même des hommes comme des femmes, identité qui s’est précisément définie dans et par des modèles familiaux fondés sur cette division traditionnelle. Les acteurs du couple contemporain sont traversés par la contradiction entre leur exigence d’égalité, qui plaide en faveur de l’abolition de la division sexuelle du travail domestique, et leur identité personnelle, reposant en partie sur cette division.

Quoi qu’il en soit, la division sexuelle du travail domestique est bien le nœud de toutes les inégalités entre hommes et femmes. Couplée avec la maternité dont elle renforce le poids, elle fait obstacle sinon à l’entrée et au maintien des femmes dans le salariat, du moins à un investissement professionnel des femmes équivalent de celui des hommes, et, partant, à des carrières professionnelles aussi prestigieuses ou continues que celles des hommes. Plus fondamentalement encore, en maintenant des rapports inégalitaires au sein de l’espace familial dans lequel se façonne très tôt l’identité sexuelle des individus, cette division renforce des modèles inégalement valorisés et valorisants de l’homme et de la femme, conduisant non seulement les jeunes filles à intégrer très tôt l’idée que, en dépit de tout, l’essentiel des tâches domestiques leur reviendra en lot conjugal, mais encore à adapter en conséquence leurs ambitions scolaires et professionnelles. C’est bien en définitive dans les rapports conjugaux et familiaux, sous couvert de l’amour, que continue à se reproduire, aujourd’hui comme hier, l’inégalité fondamentale entre hommes et femmes.

Dégradation des conditions de l’emploi.

Si le taux d’activité des femmes n’a cessé d’augmenter depuis les années 1970, dans un contexte de dégradation générale de la situation de l’emploi, c’est aussi au prix d’un taux de chômage et de précarité des femmes bien supérieur à celui des hommes ; et cela malgré leur insertion plus réduite dans le secteur industriel, lequel a perdu beaucoup d’emplois depuis 1975. L’augmentation de leur activité est due en très grande partie à la progression de « formes particulières d’emplois » (c’est-à-dire les différentes formes de travail précaire et de sous-emploi) : contrats à durée déterminée, « emplois aidés » de diverses natures, travail à domicile, travail au noir, travail intérimaire, sans compter le travail à temps partiel qui s’adresse massivement aux femmes. L’ensemble de ces « formes particulières d’emplois », y compris le temps partiel, représente aujourd’hui plus de 5 millions d’emplois contre 2 millions en 1982. Autrement dit, les femmes plus que les hommes ont été les victimes de la déréglementation néo-libérale du rapport salarial.

La montée rapide du travail à temps partiel est le signe avant-coureur d’une remise en cause de la dynamique de l’emploi des femmes. En effet, depuis 1980, la progression de l’emploi féminin correspond pour 80% à une augmentation du recours au travail à temps partiel. Tous les emplois nouveaux créés dans le secteur tertiaire destinés aux employés, qui sont très majoritairement des femmes, sont, des emplois à temps partiel. Le travail à temps partiel doit donc être considéré, comme l’ont souligné à juste titre les sociologues Margaret Maruani et Chantal Nicole, comme « l’ennemi principal de l’égalité devant l’emploi ».

Ce développement du travail à temps partiel résulte avant tout des politiques de gestion de la main-d’œuvre des entreprises et des incitations gouvernementales. Pour justifier ces dernières, on invoque souvent une « demande sociale des femmes » pour concilier travail et famille. Le temps partiel concerne pourtant d’abord les femmes de moins de vingt-cinq ans, qui ne sont pas celles qui sont les plus écrasées par les charges domestiques, et les plus de cinquante ans, qui en sont pour l’essentiel dégagées. Sans vouloir dénier toute réalité à cette fameuse « demande sociale des femmes », il convient surtout de souligner combien elle est contrainte, du fait de leur prise en charge du travail domestique et en raison des évolutions du marché du travail déjà évoquées. Le temps partiel contribue en fin de compte, et cela de manière décisive, à une redéfinition du statut du travail et de l’emploi, sur la base d’un critère de sexe. L’insertion professionnelle des jeunes femmes est de plus en plus difficile et contraste avec leur meilleure réussite scolaire.

Mentionnons encore parmi les mesures publiques dont les effets sont très problématiques pour les femmes la mise en place en 1985 de l’allocation parentale d’éducation, suivie en 1994 de son extension au deuxième enfant. Cette prestation constitue de facto une mesure de politique de l’emploi bien que présentée comme une mesure de politique familiale. Elle contribue avant tout à retirer du marché du travail un nombre non négligeable de femmes pour qui la reprise d’activité ne sera pas aisée.

Dégradation des relations conjugales.

Les femmes ont pris une part active au processus de « libéralisation » des relations conjugales. Elles en sont aussi les principales victimes. Cela apparaît notamment quand on envisage les conséquences inégales de la séparation, toujours plus lourdes pour les femmes que pour les hommes. Dans ce cas, en effet, la garde des enfants leur est confiée neuf fois sur dix, ce qui entraîne une dégradation de leur situation matérielle et financière, mais aussi de leur situation relationnelle (notamment quant à la possibilité de reformer un couple). On voit là comment une avancée sur un plan (une plus grande autonomie dans les relations conjugales), couplée avec le maintien des relations inégalitaires (l’assignation des femmes à l’ordre domestique, en l’occurrence à la garde des enfants), se traduit en définitive par une dégradation ou, du moins, une fragilisation de la situation des femmes.

La dialectique d’invariance et de changement dont nous avons tenté de rendre compte résulte en premier lieu de la dynamique générale de la société, qui traduit selon nous la profonde emprise des rapports capitalistes de production sur l’ensemble des structures, et des pratiques sociales. Mais nous avons aussi reconnu, dans les changements de la situation des femmes, l’œuvre, elle aussi contradictoire, d’un nombre grandissant d’entre elles. En contribuant à l’ébranlement des rapports patriarcaux, elles ont su revendiquer et conquérir une autonomie nouvelle, sans pouvoir ni vouloir toujours s’émanciper totalement de ces rapports et maîtriser les contraintes nouvelles nées des transformations induites par leurs propres revendications et mouvements. Assujettissement maintenue ou renouvelée dans ses formes, mais aussi autonomie et recherche d’autonomie grandissantes, tels sont bien les deux pôles conflictuels entre lesquels s’inscrit désormais et provisoirement l’existence des femmes dans la société française, avec tout le dégradé des nuances et des transitions entre les deux.

Les progrès accomplis sur la voie d’une égalité entre hommes et femmes ont donc un caractère limité et les incertitudes quant à l’avenir des acquis récents en ce domaine restent importantes. On constate, par exemple, que le mouvement de réduction des écarts de salaires entre hommes et femmes observé entre le début des années 1960 et le milieu des années 1980 s’est ensuite trouvé bloqué et que, parallèlement, les pressions cantonnant les femmes au temps partiel s’accentuent de plus en plus. L’émancipation féminine reste donc une œuvre inachevée, à poursuivre, en prenant appui sur les acquis qui ont permis aux femmes de devenir, partiellement au moins, actrices de leur propre destin comme de celui de la société entière. Sur cette voie, le principal obstacle demeure la perpétuation de la division inégalitaire des tâches et des fonctions au sein du couple et de la famille, qui assigne encore en priorité les femmes à l’univers domestique. De quelque côté que l’on se tourne, c’est toujours à cet obstacle que l’on se heurte dès lors que l’on cherche les raisons de la perpétuation du statut d’infériorité de la femme. C’est, avec la mixité de la représentation politique, l’aspect des rapports hommes/femmes qui a le moins bougé au cours des trois dernières décennies. Là se situe bien le noyau dur de la domination masculine contemporaine.

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