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Comment lutter contre la violence et la délinquance des jeunes ?

Mardi 10 août 2010 // La France

La délinquance des mineurs n’est plus une délinquance due à un parcours accidenté, mais elle est souvent une délinquance d’exclusion. À la tentation du répressif, nous pouvons et devons répondre par une alternative plus ambitieuse qui nécessite concertation et refonte des institutions et des attitudes sociétales.

Nous sommes à un moment où les sociétés européennes commencent à répondre à la violence des jeunes autrement que par la prison. L’augmentation des effectifs policiers, l’aggravation des sanctions et la multiplication des détentions ne donnent que des effets médiocres et peu durables. Si on n’a que cette réponse, surtout lorsque l’on sait que souvent les sanctions ne tombent qu’après 18 ans, et que le jeune auparavant peut se croire tout permis. Ces mesures du tout répressives, préconisées par certains, institutionnalisent un climat de violence, renforcent l’exclusion des délinquants et favorisent la récidive.

Dans nos villes, la violence juvénile nous désarçonne et désarçonne nos institutions. Nous assistons périodiquement et encore récemment à des flambées de violence.

Jusqu’à il y a peu, nous avons répondu confusément et dans l’urgence, mais nous nous sommes rapidement aperçus que nous ne répondions pas de façon positive et constructive.

Nous avons compris que la vraie priorité était d’édifier des institutions susceptibles de répondre à cette délinquance d’exclusion, alors entre autres sont apparus les contrats de ville, qui sont un outil parmi d’autres, mais, qui peuvent selon leur utilisation se révéler particulièrement efficaces.

Nous sommes, et c’est vrai, déroutés par les manifestations multiples de la violence de nos jeunes et trop souvent nos procédures ne répondent pas.

Exemple de ce désarroi : L’absence de réponse à la violence de nos enfants entre six et 13 ans, Ils sont trop jeunes pour être pénalement responsables, mais ils sont pourtant utilisés dans le trafic de drogues par leurs aînés. Un sentiment de toute puissance les atteint alors et, leur fausse le jugement, il faut savoir qu’ils se croient invulnérables.

Pour eux rapidement, le rapport à la drogue s’insère simplement dans un marché où toute la cité est imprégnée de ce marché et il constitue pour certaines familles une source importante de revenus. Le jeune croit qu’il est inutile de travailler à l’école ou de suivre un projet d’insertion alors que l’argent est facile. Nous devons prendre conscience que la délinquance d’exclusion est une forme désespérée de survie. Que peut alors faire la justice face à ces jeunes qui sont nés de l’échec scolaire et de l’exclusion sociale ? Souvent nous nous demandons comment nous en sommes arrivés là. Si celle violence et cette délinquance étaient spécifiques à notre pays, nous analyserions nos pratiques et nos politiques, nous ferions un travail de comparaison avec d’autres pays et nous trouverions peut-être la solution. Mais ce n’est pas vraiment le cas. Face à un monde politique qui n’inspire plus confiance, face à des responsables qui sont trop souvent perçus comme des démagogues, les jeunes ne croient plus personne (et en personne).

Partout en Europe, on a assisté à un redéploiement de l’intervention de l’État. En France et en Belgique, on a suscité une politique de la ville où les parquets jouent un rôle moteur, où ils ont leur place par les contrats locaux de sécurité par exemple. En Allemagne et en Grande-Bretagne, la prévention est organisée par les administrations locales sans que la justice y joue un rôle direct. Partout on peut constater que les politiques sécuritaires et les politiques sociales sont menés de front.

À l’inverse des États-Unis, nous avons fait le choix d’une politique de prévention, parallèlement à la répression nécessaire. À l’origine de cette nouvelle politique de prévention se trouve la reconquête politique des territoires. Nous agissons enfin et depuis peu sur les causes que sont l’insécurité scolaire et le défaut d’insertion. Nous devons continuer dans cette voie dont le but est d’aborder dans un même regard la prévention policière et l’action éducative. Mais il faut regretter que cette façon d’aborder les choses ne soit pas toujours bien comprise.

Il est difficile de faire comprendre par exemple aux établissements scolaires la nécessité du signalement à la justice alors qu’ils gèrent habituellement en interne leurs difficultés. Il est fondamental que nous cessions les actions « d’orthopédie » en matière de lutte contre la délinquance. Nous devons nous attaquer aux racines mêmes du mal, et aller au plus près des familles. Les pays européens ont pleinement conscience de l’enjeu de ces prochaines années puisqu’il est demandé aux États membres de Union d’adopter des mesures à caractère social susceptibles de contrecarrer l’effet de certains facteurs porteurs de criminalité comme l’exclusion sociale, le chômage des jeunes ou la pauvreté. Nous devons à ces jeunes, tout d’abord le respect, le respect à l’école, le respect dans la vie sociale. Ces jeunes qui n’ont jamais été respectés, même dans leur propre famille, comment pouvons-nous leur demander le respect des autres et des institutions. Et pourtant c’est une demande qu’ils nous font : « Ils veulent être respectés ». Nous pourrions exiger d’eux ce respect si nous sommes tous capables de donner l’exemple.

Celle reconnaissance, c’est bien le contraire de la spirale de l’exclusion et c’est bien pourquoi nous devons lutter contre la violence. Alors que chacun a son discours sur la violence des jeunes et que certains en font leurs choux gras avec des propositions de plus en plus démagogiques, il est enfin grand temps de regarder les choses en face et de trouver des solutions applicables, réalistes et véritablement efficaces. Il faut une réelle volonté politique pour faire face à la violence des jeunes qui n’est pas inéluctable, mais il faut traiter les maux à leurs sources et ne pas se contenter de traiter les symptômes. Il est bien plus efficace de se prémunir contre la maladie que de la soigner.

Le but des Démocrates est bien d’être plus à l’écoute de chacun afin que chacun soit reconnu. Alors que nous voyons le contexte socio-économique actuel évoluer de façon un peu plus favorable, notre impuissance à régler le problème de la violence nous oblige à inventer de nouvelles réponses, de nouvelles attitudes sociales, en tant que politique, professionnel ou simple citoyen afin que chacun soit acteur de son présent et de son avenir.

La violence collective est celle qui se voit le plus, mais les violences quotidiennes, les femmes et les enfants battus, les problèmes de voisinage que l’on qualifie parfois de petites violences, les humiliations à l’école, sont un creuset de souffrances et c’est dans cette souffrance que naissent, que grandissent certains enfants aujourd’hui. Les réponses du corps social à travers ses institutions sont souvent tout aussi violentes. Le processus de socialisation s’acquiert d’abord à l’intérieur de la famille, la violence est indicatrice des problèmes sociaux à prendre en compte d’une manière urgente. Nous voulons privilégier des solutions de prévention et permettre « grâce à un contexte familial différent », qu’il y est moins de souffrances individuelles et sociales inutiles, et ainsi, nous pourrons pratiquer une véritable politique d’insertion et de socialisation dès la naissance, avec les familles.

Les actions que les Démocrates peuvent mettre en place :

  1. Nous devons absolument dans l’avenir être extrêmement vigilant dans notre lutte contre la délinquance et il est absolument nécessaire que toutes les subventions soient analysées et évaluées afin d’éviter cette démarche politique exécrable qui se borne à verser d’argent aux quartiers afin de réduire les tensions.
  2. Nous devrions aider la jeune mère dès la grossesse. Certaines, complètement dépassées, humiliées ou trop seules ne sont pas en mesure d’accueillir un enfant.
  3. Un suivi qui ne soit pas ressenti comme venant de l’institution doit être proposé. Cela suppose une écoute particulière, écoute du médecin, des travailleurs sociaux, et du quartier (en lien avec les lieux d’écoute et de paroles qu’il serait utile de mettre en place dans tous les quartiers).
  4. L’importance de la petite enfance n’est plus à démontrer. Les lieux d’accueil parents enfants sont extrêmement précieux, il faut les multiplier, les laisser ouverts toute la journée et éventuellement la nuit dans certains quartiers, mais il faut aussi aider les familles au plus près et aller au-devant d’elles. Il faut soutenir les jeunes mères qui sont dépassées et souvent dépressives face à leur enfant.
  5. Une aide psychologique et morale des nouveaux parents est souvent nécessaire. C’est pourquoi ces lieux d’écoute et de paroles seront ouverts avec des personnes disponibles et compétentes (la compétence n’étant pas obligatoirement liés au nombre de diplômes mais surtout à expérience et à la capacité d’écoute et d’analyse des situations), sont indispensables dans ces nouveaux lieux. Le but principal étant de ne jamais laisser la souffrance et la violence s’installer sans réactions, et sans proposition d’aide.
  6. Il est fondamental d’ouvrir l’école maternelle des deux ans avec une structure d’accueil spécifique pour les enfants de cet âge-là qui n’ont pas les mêmes besoins que les enfants plus âgés.
  7. On doit pouvoir donner de vrais moyens à la Protection Maternelle et Infantile, et ainsi permettre aux éducatrices de jeunes enfants, aux puéricultrices, aux médecins, aux psychologues de faire un travail efficace et salutaire. On doit pouvoir aider les parents afin qu’ils puissent surmonter leurs difficultés éducatives, car, contrairement à ce que l’on affirme, éduquer un enfant ce n’est pas facile, c’est le plus difficile des métiers.
  8. Il faut redonner confiance à ces parents, leur donner les moyens d’être de bons parents, car leur enfant a besoin d’eux. De nouveaux métiers sont nécessaires et à inventer : Assistant de quartier, éducatrice ou éducateur de jeunes enfants attaché au quartier... (en lien avec les services sociaux).
  9. Il s’agit enfin d’optimiser ce qui existe déjà et de développer entre les différents services un partenariat plus étroit et des concertations plus précises. Le coût social en serait réduit et l’efficacité augmentée.

Si la répression est nécessaire, car nous ne pouvons vivre dans un tel climat et laisser nos enfants se perdre eux-mêmes, nous nous devons de mettre en place une vraie prévention primaire, sinon nous serons éternellement condamnés à réparer nos erreurs et nous aurons condamné définitivement une partie de notre jeunesse et cela nous n’en avons pas le droit sauf à décider que notre société doit mourir.

Si nous accordons un peu de notre confiance à la jeunesse, cette dernière nous prouvera qu’elle est capable de nous « Épater ».

Au lieu de la prison, offrons aux « VOYOUS » plusieurs sorties.

  1. Acceptons-les, après une formation, à faire leur entrée aux côtés de « brigades de policiers ou de gendarmes ». Ce seront, j’en suis certains les « VIDOC » courageux et efficaces d’un ministre de l’intérieur.
  2. Acceptons-les, après une formation, à faire leur entrée aux côtés de « Sapeurs Pompiers ». Ce seront d’excellents soldats du feu.
  3. Acceptons-les, dans des centres qui pourraient êtres « des anciennes casernes » avec la mission de tout faire, pour qu’ils puissent à nouveau être inséré dans la société au lieu de les mettre en prison, d’où ils ressortent avec un diplôme de Caïd. Des psychologues, des surveillants, et des éducateurs seront capables de leur ouvrir un chemin de droiture et de dignité.
  4. Si après leur avoir donner des formations « d’hommes, » ils continuent à commettre des actes délictueux, alors ! ils devront rendre des comptes à la société, et dans ces conditions, les mesures devront êtres à la hauteur des conflits dont ils sont directement responsables. Des séjours sur des navires de guerre où les corvées ne sont pas des parties de plaisir, seront, entre autres leur punition pour de très longues années.

Notre vouloir, chez nous démocrates, est de leur faire comprendre que ce n’est pas ça, la réalité. Les parents sont-ils coupables ?

Le grand problème des enfants en difficulté de ce pays aujourd’hui, c’est l’absence d’absence de référence, l’absence de père au sens très large du terme. Sur l’absence des pères, « Un certain nombre de jeunes sont dans un monde irréel :: Ils enfoncent un couteau dans le cour de quelqu’un, pour lui prendre sa montre et ils s’étonnent qu’il ne se réveille pas. Violences sexuelles contre et par les mineurs. Les statistiques du ministère de l’Intérieur montrent, hélas, une recrudescence sensible des agressions à caractère sexuel dont sont victimes des mineurs. Par contre, le taux d’élucidation (trouver le coupable) est en hausse, de 75 % en 1999, il est de 92 % en 2005. Pour les viols, dont le nombre reste stable, aux environs de 4 500 par an, le taux d’élucidation est de 86% en 2005. Bravo la justice, la police et la gendarmerie.

Les agressions sexuelles sont de plus en plus le fait de mineurs de 21 % en 1995 ; leur nombre est monté à 29 % en 2001. D’où une diminution des mises en détention, les magistrats hésitant à punir de cette façon les coupables mineurs. Il est vrai que quand on sait ce qu’est l’univers carcéral ! Et puis ! Que faire quand on s’est arrêté de travailler pendant 17 ans pour élever ses trois enfants ? Une ancienne élève de Normale Supérieure, philosophe, fait un choix qui décoiffe. À 43 ans, elle présente et réussit le concours d’inspecteur de police, puis de commissaire. Pourquoi ? « J’étais très curieuse de découvrir, de l’intérieur, une institution qui me semblait injustement décriée ». Quelques années après, début 2003, la voici nommée aux renseignements généraux (les RG) pour y monter une « toute petite » cellule consacrée aux violences urbaines. Son livre raconte les neuf années passées à monter ce service, à accumuler des données sur les quartiers sensibles, à les analyser, et à essayer de faire comprendre à ses supérieurs, aux autres branches de la police, aux cabinets ministériels et aux ministres les leçons pratiques que l’on peut tirer de ses investigations. Madame X a remporté plus de succès dans la première partie de sa mission que dans la seconde, ses rapports ont été, soient occultés, soit modifiés pour être rendus « politiquement corrects ».

Quelles sont ses découvertes : D’abord, que le noyau dur de la violence urbaine est constitué d’un nombre d’individus assez restreint, généralement bien connus de la police. Ensuite, qu’il y a passage par étapes de la petite délinquance à l’attaque des représentants de l’autorité et de la société (conducteurs de transports en commun, médecins, pompiers, etc.) puis à l’émeute. Une présence suffisante de la police « et un fonctionnement correct des tribunaux » dans les quartiers où le processus est encore peu avancé, permettraient d’éviter la majorité des passages aux stades ultérieurs.

Le niveau d’exigence est, en fait, d’autant plus élevé qu’il s’agit d’une société visant un idéal de respect et de protection des droits fondamentaux de l’individu, y compris dans l’espace privé. D’où le sentiment d’horreur absolue partagé par un pays tout entier, dans le cas de la Belgique, après les révélations sur les crimes pédophiles ces dernières années. Un mouvement d’indignation collectif qui a également touché la France, où ces affaires sont de plus en plus souvent portées à la connaissance du public.

Dans cette approche contemporaine, c’est, en réalité, la personne humaine dans toutes ses dimensions qui tend à être prise en compte et une conception élargie du droit à la sécurité qui est affirmée. Le champ de ce que l’on considère alors comme de la violence s’étend des violences urbaines aux violences au sein du couple ou de la famille, de la violence pédophile aux violences au travail, de la violence physique des individus à la violence symbolique des institutions ou du système économique. Qu’elle soit manifeste ou insidieuse, réprimée ou assurée de l’impunité, tolérée ou stigmatisée...Plusieurs ouvrages parus ces derniers mois dans les domaines de la psychologie, de la psychanalyse et des sciences sociales s’interrogent et réfléchissent sur ce phénomène, proposant un état des lieux et une analyse d’une des faces de la violence, dont la lecture permet de reconstituer le visage multiple mais aussi l’unité profonde. Entre autres mérites, ces ouvrages ont celui de rappeler, en préambule, combien la notion même de violence est délicate à cerner. Variable dans le temps et l’espace, elle est tributaire d’un système de représentation et de perception particulier. La peur et le sentiment d’insécurité dépendent autant de facteurs subjectifs qu’objectifs, et sont en partie conditionnés par les médias. C’est pourquoi, la violence en France croise les regards et les témoignages des divers acteurs concernés.

Cette perception relative de la violence en tant que telle, c’est-à-dire comme une expression illégitime, dépend notamment de qui y recourt. Racket des élèves à l’école, insultes et agressions des professeurs, conducteurs de bus attaqués et transports en commun dégradés, émeutes et rodéos dans les banlieues, incivilités et saccages, mais aussi montés de l’extrême droite et du racisme... Nous devons insister sur les interférences qui existent entre violence physique et violence symbolique, la première ayant toujours une signification symbolique, et la seconde pouvant entraîner des effets physiques. Mais, quel sens donnait à ces flambées de violence dans les banlieues, qui souvent se retournent même contre le peu d’équipements publics dont elles disposent ? Cette violence serait « la marque des dysfonctionnements sociaux et institutionnels », voire de « l’incapacité du système tout entier à fonctionner convenablement, dans un contexte de crise profonde, au sens de mutation, de nos sociétés ». : Fin de la civilisation industrielle, épuisement de l’Etat-nation, déstructuration de la formule d’intégration des valeurs républicaines. C’est pourquoi elle doit être vue comme la « réponse à une crise ». La violence étant à la fois « Idée et mère du changement ».

Avec la pérennité de la crise économique, l’exclusion et la précarité creusent les inégalités et touchent en priorité les classes populaires, qui étaient auparavant intégrées socialement par le travail. Les jeunes issus de l’immigration vivent souvent dans des familles où le chômage frappe plusieurs générations et connaissent des discriminations au quotidien tant à l’école que sur le marché du travail, les loisirs, ou dans leur environnement urbain. Cette exclusion géographique des cités, éloignées des centres-villes, s’ajoutent bien souvent pour ses habitants à l’exclusion sociale, économique et culturelle dont ils soufflent déjà, et que montrait très bien le documentaire réalisé en 1997, par Bertrand Tavernier sur un quartier défavorisé de la ville de Montreuil, située de l’autre côté du périphérique, ce boulevard qui sépare Paris de sa banlieue. Refusant de faire l’apologie de la violence ou de la considérer comme inévitable, un ouvrage énonce un certain nombre de recommandations politiques. Il insiste sur l’équilibre à trouver entre prévention et sanction, nécessairement complémentaires, pour redonner des repères aux jeunes.

Prévention, sécurité et insertion.

La nécessité pour traiter ces questions des violences urbaines, est d’inventer de nouvelles formes de participation et d’information, notamment des habitants des quartiers défavorisés, de redéfinir la vocation du service public, d’accroître la lutte contre les inégalités et de reconnaître les particularités culturelles qui ne remettent pas en cause les valeurs fondamentales de la Démocratie. Parmi les meilleures réponses à ce problème, la mobilisation des jeunes eux-mêmes paraît essentielle. À la suite de l’assassinat d’un jeune par un autre, un mouvement de jeunes, souvent issus de l’immigration et des quartiers difficiles de France, a lancé, au début de l’année 2002, un Manifeste baptisé « Stop la violence », qui est en train de constituer un réseau bénéficiant du soutien d’associations, de lycées, d’élus locaux et suscitant des débats dans la France entière. Une première. Se voulant un outil d’ascension sociale, l’école publique en France peine à admettre qu’elle ne parvient plus à garantir à tous l’égalité des chances, pas seulement parce qu’elle ne se remettrait pas assez en question (des plans de réformes se succèdent depuis des années), mais parce qu’elle ne peut pas à elle seule corriger toutes les injustices et les inégalités sociales.

Cette situation de crise tragique d’aujourd’hui, montre le combat au quotidien des instituteurs, face chômage et la pauvreté qui sont le lot de beaucoup de familles, et où l’école fait figure de dernier rempart contre l’exclusion totale. Cette montée de la violence à l’école, contre laquelle le ministre de l’Intérieur « Nicolas Sarkozy » a pris une série de mesures importantes, est le symptôme de cette crise de confiance dans l’institution par excellence de notre démocratie, qui pouvait, il y a encore une décennie bénéficier de l’adhésion des élèves, convaincus par ses vertus d’ascension sociale.

L’incapacité de l’école à lutter efficacement contre les inégalités, la perspective du chômage quasi inévitable ou de l’orientation vers des filières techniques dévalorisées explique sans doute aujourd’hui cette révolte violente de certains jeunes pour qui l’école n’est plus qu’un outil de discrimination et d’exclusion parmi d’autres. Des institutions qui ne remplissent plus leur rôle, une société qui ne tient plus ses promesses d’égalité, de liberté et de fraternité. Ces « petits », sur lesquels nous portons un regard tendre et attentionné, sont encore tenus à l’écart des trafics les plus graves, mais livrés à eux-mêmes et sans grandes perspectives d’avenir, malgré leurs ressources de vitalité, d’énergie, de débrouillardise, de fraîcheur. Ne partageant pas la fascination pour la violence de leurs aînés, cette génération aspire à une vie calme, « normale ».

Leur rêve, c’est un appartement, une famille, des enfants, une voiture. Un espoir à ne pas décevoir.

Les origines multiples du chômage. La pauvreté en France n’a pas reculé.

C’est ce que constate l’Observatoire de la pauvreté qui vient de publier son rapport annuel, ciblé sur les années 97-2001. Celles-ci ont pourtant été marquées par un recul du chômage de près d’un million de personnes et d’une croissance du PIB de 3 % en moyenne. Or on compte aujourd’hui 1,7 million de ménages pauvres, soit 4,2 millions de personnes (7 % de la population). Ce sont aussi les difficultés de logement, droit fondamental fort malmené, qui est épinglées par le rapport. Le logement social est en effet insuffisant et très inégalement réparti sur le territoire. Ainsi, alors que 54%% des ménages pauvres vivent en HLM à Rouen, 20 % seulement peuvent en profiter à Montpellier, Paris détenant le triste record des logements sans confort et l’Île-de-France celui du surpeuplement. L’accès aux soins des personnes pauvres a progressé très sensiblement avec la CMU, mais cela ne peut suffire à lever les inégalités de santé, tant la précarité est source de fragilité. Et s’il ne semble pas y avoir des pathologies spécifiques de la pauvreté, les risques de contracter les pathologies ordinaires sont beaucoup plus importants et les « pauvres », plus souvent malades, ont moins souvent et plus tardivement recours aux soins. L’observatoire s’interroge sur les rapports entre pauvreté et territoire, esquissant une carte de la pauvreté, mais soulignant aussitôt combien la variété des facteurs de pauvreté et leur combinaison rendent difficile l’établissement d’un modèle territorial. Enfin il constate une aggravation des situations de grande pauvreté et d’exclusion, personnes sans domicile et étrangers, plus souvent et plus gravement pauvre.

Pourquoi cette stagnation ?

D’abord parce que le taux de pauvreté étant relatif, il ne peut diminuer que si les revenus des ménages pauvres augmentent plus vite que les revenus du reste de la population. Cela n’a pas été le cas, car les revenus de solidarité comme le RMI, les allocations vieillesse ou celles des handicapés n’ont pas été revalorisées plus fortement que les autres revenus et ce sont eux qui constituent une part importante des revenus des ménages pauvres. D’autre part, la baisse du chômage dont on pouvait penser qu’elle aurait des effets sur la pauvreté, n’a pas eu d’incidence pour plus de la moitié des personnes pauvres ; soit parce qu’elles étaient inactives (petits retraités), soit parce qu’elles avaient déjà un emploi, mais étaient à la tête d’une famille nombreuse, soit parce que trouver un emploi (temps partiel, certaines formes de contrats) ne permet pas de sortir des difficultés, voire peut accentuer la pauvreté.

Le chômage ne constitue donc pas la cause unique de pauvreté. Si on a 3,5 fois plus de risque d’être pauvre lorsqu’on est chômeur, tous les chômeurs ne sont pas pauvres et les 4/5° des ménages comportant un chômeur sont au-dessus du seuil de pauvreté. Au-delà des chômeurs, les « pauvres » se recrutent parmi les personnes disposant d’emplois précaires, particulièrement les jeunes, les familles monoparentales et nombreuses, les retraités. Le développement de l’emploi précaire ou à temps partiel augmente la proportion de salariés, notamment de femmes, faiblement rémunéré (e)s et accentue le risque de pauvreté, même si la pauvreté s’apprécie au niveau du ménage (salaire + autres ressources éventuelles).

Les origines multiples du chômage.

Pendant longtemps, la théorie économique dominante, appelée marginaliste ou néoclassique, a été un mélange de relations de comportements individuels, ou microéconomiques, transposées à la société tout entière. Mais la crise des années 1930, caractérisée par l’apparition du chômage de masse et par une situation de surproduction, donne naissance à un important mouvement de contestation de ce courant économique dominant. Un certain nombre d’analyses et de concepts sont alors proposés, dans le but de montrer l’incapacité du capitalisme à réaliser le plein emploi de façon permanente. Ce sont ces concepts et ces analyses, inventés et développés par John Maynard Keynes, qui ont donné naissance à la macroéconomie, analyse globale de l’économie d’un pays, en tant que discipline autonome.
John Maynard Keynes (1883 - 1946), universitaire, haut fonctionnaire et financier, publie en 1936 la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, dans laquelle il expose notamment ce qu’on appelle le modèle keynésien simplifié. Ces travaux opèrent une triple rupture avec la pensée classique. On parle d’ailleurs de révolution keynésienne.

À long terme, nous serons tous morts : cette apparente vérité de s’avérer riche de sens et d’implications, puisque, comme le souligne Joan Robinson, l’approche keynésienne consiste d’abord à raisonner en courte période. Or, à court terme, les agents ne peuvent plus compter sur la parfaite flexibilité des prix pour équilibrer instantanément tous les marchés : le postulat de départ des néoclassiques est donc inversé. Dans le modèle keynésien, les prix ne sont plus parfaitement flexibles, mais rigides à court terme. Cela implique que l’on substitue à l’hypothèse d’univers certain des néoclassiques, pour lesquels on atteint instantanément l’équilibre grâce à l’ajustement des prix, l’hypothèse d’incertitude radicale : c’est la deuxième rupture caractéristique de la théorie keynésienne. Enfin, la troisième rupture opérée consiste à remplacer l’individualisme méthodologique le tout vu comme la somme des parties__ par une démarche holiste, qui prend comme point de départ le comportement des différents groupes d’agents au travers des agrégats de la comptabilité nationale.

Dans le modèle keynésien, il n’y a donc pas d’équilibre automatique sur les marchés : Les décisions des agents sont prises en fonction des prévisions qu’ils établissent. Par exemple, les ménages règlent leur niveau de consommation en fonction de la demande de travail des entreprises qu’ils prévoient. C’est donc la demande effective à laquelle les agents s’attendent à être confrontés qui déterminent l’offre. Ainsi, le fonctionnement des différents marchés découle de la demande de biens et services. La demande globale, c’est-à-dire la valeur de tous les biens et de tous les services joue un rôle extrêmement important dans le modèle keynésien simplifié.

Dès lors, on peut se demander, dans le modèle keynésien simplifié, quelle est la nature de la demande globale, et quels sont ses facteurs déterminants ? Comment la demande globale détermine-t-elle l’équilibre sur le marché des biens et services ? Quelles en sont les implications pour les pouvoirs publics ?

Exposés similaires en économie générale.

La plupart des discours sur le chômage sont imprécis et contradictoires. Il faut savoir de quoi on parle. D’abord, tout chômage résulte d’une surproduction puisque le travail n’est pas une richesse à partager mais une création de richesses. Le chômage est plus précisément l’impossibilité de créer une richesse solvable, valorisée socialement. À partir de là, on peut distinguer trois causes du chômage causé par les crises cycliques et la lutte contre l’inflation (rigueur budgétaire, Euro-fort). (C’est de loin le plus important, mais ce chômage disparaît par disponibilité de liquidités. Le chômage frictionnel résulte des inadaptations structurelles de l’offre et de la demande (formation, passage à l’informatique). On ne peut le réduire, que par des politiques à long terme, mais jamais l’éliminer totalement Le chômage classique est l’inadaptation du coût du travail et de sa productivité (charges sociales, mondialisation). « Il s’agit d’un modèle à un secteur de production ( un seul bien ) et à un seul pays. On peut étendre le modèle keynésien de base en y incluant la dynamique du capital (l’investissement) et l’emploi ( la population active). On peut aussi s’interroger sur la capacité des économies capitalistes à réaliser une croissance qui respecte l’équilibre du marché du bien et de celui du travail simultanément. Il y a deux types de problèmes :: Un problème de court terme d’existence de l’équilibre, et un problème de long terme de stabilité de l’équilibre.

La période actuelle se caractérise par le cumul considérable de ces trois facteurs qui ne se traitent pas de la même façon. Chômage frictionnel et chômage classiques dépendent de données structurelles, mais c’est le chômage keynésien qui en détermine la masse finale. A un certain niveau le chômage est une menace pour la totalité de la société. Le chômage peut baisser, bien sûr, mais, tout est une question d’ordre de grandeur ; Il ne suffit plus de créer autant d’emploi qu’il y a de chômeurs, ce qui est déjà impossible, mais on sait qu’il faudrait en créer presque le double, ce qui est tout à fait hors d’atteinte d’une industrie en pleine automatisation, de aussi de services toujours plus informatisés, et de la délocalisation de nos entreprises.

L’Empire (mondialisation, déficits budgétaires)

Du Japon après 1945, au Plan Marshall contre le communisme assurant la prospérité européenne, puis le Vietnam produisant l’inflation et maintenant l’OMC assurant la mondialisation, nous vivons sous une hégémonie des USA sur consommatrice et à son plus haut, rattrapée désormais par l’Europe en productivité et diplômes bien que les USA profitent encore à plein de leur avance dans l’informatique et de leur progression démographique. Nous subissons encore la pression de la politique de relance de Reagan qui a réussi aux USA (baisse des impôts, augmentation des dépenses militaires, déficit budgétaire) mais qui devait attirer les capitaux étrangers, ce qui poussait en retour à l’amélioration de la rentabilité des investissements partout, c’est-à-dire une augmentation de la part du capital par rapport au travail. Cette pression n’est plus tempérée par le soutien des USA aux régimes étatistes considérés, au moment de la guerre froide comme des remparts contre le communisme.

Le besoin de financement externe, ainsi que la sur consommation US ont donc été décisifs dans l’accélération de ce qu’on appelle « la mondialisation », mais aussi la domination US des secteurs de la communication. L’augmentation des échanges externes provoque inévitablement, selon un principe de l’économie, un accroissement des inégalités internes et une moindre solidarité sociale. L’exportation est d’abord une externalisation, une négation du global (nation ou planète). Il se trouve qu’elle rencontre rapidement sa limite planétaire ; un marché saturé (qu’on ne peut plus inonder de produits en chaînes, mais auquel on doit s’adapter en flux tendu ) ; Et la baisse généralisée des coûts salariaux finit par provoquer mécaniquement une récession mondiale, une surproduction que l’on peut déjà enregistrer dans les matières premières provoquant une crise probable d’effondrement des cours justement parce qu’ils sont au plus hauts.

La mondialisation est dans plusieurs secteurs un facteur de chômage classique (textile) mais la pression sur la rentabilité des capitaux est surtout productrice d’un chômage keynésien en dehors des États-Unis. En théorie, il suffit d’injecter des liquidités dans l’économie pour résorber ce chômage comme le fit Hitler, ou le New Deal. Ces mesures, on fait la preuve par leurs grands travaux. Il y a pourtant une limite. On ne refait pas si facilement ce que l’on a défait, et l’UNIVERS ne VEUT plus d’HITLER, ni de GUERRE.

Les élites de l’Euro ultra libérale = Rigueur budgétaire.

Cette ouverture du marché américain des capitaux a rencontré, chez nous, l’intérêt des possesseurs de capitaux (vieillissement de l’économie, les retraités vivent mieux que les salariés depuis 15 ans). En France l’économie est encore fortement étatisée, c’est-à-dire aux mains de hauts fonctionnaires qui ont démontré très souvent leur incapacité et n’ont fait qu’épouser encore la cause des rentiers sous couvert de garder notre rang international et de coller au Mark. Pour ne pas avoir de l’inflation, qui est leur véritable interdit, il faudrait tolérer, donc, vouloir du chômage qui fait pression sur les salaires et permet en même temps d’obtenir les gains de productivité exigés des salariés ; C’est une HONTE. La traduction politique de cette classe sociale est bien la rigueur budgétaire de l’Euro avec une inflation proche de zéro, donc en fait déjà une récession compte tenu du progrès technique, et dans un contexte de compression de la demande par l’arrivée des classes creuses après le baby boom de l’après-guerre. Les rigidités étatiques génèrent aussi un chômage classique qui n’est pas négligeable, mais n’explique pas le niveau actuel de chômage. On peut ajouter à ce contexte concurrentiel le retard pris dans la réduction du temps de travail. L’essentiel reste que les politiques suivies après Mai 68 ont généré volontairement un fort chômage keynésien.

L’informatique n’est donc en rien responsable du chômage, la masse des chômeurs devant surtout peser sur l’inflation. Son rôle est pourtant essentiel de porter un potentiel de productivité immense disponible (donc, un chômage classique pour ceux qui n’y ont pas recours) ainsi qu’une discrimination éducative plus forte qu’avant, c’est-à-dire un chômage frictionnel très important, impossible, lui, à résorber rapidement. Les possibilités de l’informatique n’ont pas été exploitées tout de suite. Elles ont été mises en ouvre à grande échelle quand elles ont rencontré les intérêts des possesseurs de capitaux (mafias et investisseurs institutionnels réunis).

La rationalisation technique se serait faite de toute façon, mais la rapidité d’adaptation est exigée pour des profits à court terme (c’est la ruse de l’histoire). Une fois le processus enclenché pourtant, l’automation et la civilisation de l’information sont un changement fondamental, abolissant le travail non qualifié, passage de la force de travail à la résolution de problèmes. Le temps de travail n’est plus une mesure pertinente, les gains de productivité sont un enjeu de formation. La rapidité d’adaptation suffit à augmenter le nombre des exclus, mais c’est aussi la pression sur le producteur qui devient de plus en plus insupportable à mesure que la production se règle sur l’information obtenue du consommateur (flux tendus), condamnant ainsi le producteur à la précarité. Cette accélération demande des adaptations urgentes, une redéfinition de la citoyenneté et de la place de l’économie dans une société informatisée, d’abondances et de misères mal partagées.

Le chômage a été voulu, du moins accepté, par les privilégiés du régime républicain. Ce n’est pas l’effet de la seule technique mais bien de la volonté de certains, de la séparation des intérêts dans une société qui se défait. Les raisons macro-économiques de la crise pèsent surtout sur la croissance, mais, pour des raisons écologiques c’est-à-dire humaines, on ne peut plus soutenir la croissance dans les pays développés sur consommateurs et, de toute façon, cette croissance ne peut plus être à la hauteur du chômage actuel, il faut au contraire profiter de la crise :: C’est la gestion d’un monde sans croissance, avec un travail limité qu’il nous faut expérimenter dès maintenant. Et d’abord restaurer le global, l’intérêt général et la solidarité (qui ne se réduit pas à la nation). C’est clairement pour des raisons humaines, la qualité de la vie et une nouvelle citoyenneté, que nous voulons la réduction du temps de travail et la fin du salariat, non pas à cause d’une raréfaction du travail ou d’une loi inéluctable de l’économie. La situation de chômage que nous connaissons et qui cumule les trois formes de chômage, montre paradoxalement que notre société riche peut réduire sa production et financer un revenu inconditionnel adapté d’un monde de la formation permanente et de la complexité.

Il suffit de reconstruire sa solidarité au lieu de renforcer la concurrence de tous contre tous. Aucune autre solution n’est viable à court terme, personne ne peut inventer cinq millions d’emplois et il ne s’agit pas de redonner du travail à un million de chômeurs pour que le niveau de chômage devienne plus acceptable et que l’on puisse se désintéresser des millions de chômeurs restants ; Il ne s’agit pas d’accepter n’importe quel travail non plus, d’inventer des activités imaginaires ou de nouvelles contraintes ; JAMAIS, un retour à « l’esclavage » qui verrait tous les pauvres réduits à être domestiques. Il faut le répéter, il y a une mutation de civilisation que nous devons assurer, toutes les conditions sociales sont réunies. Il s’agit bien d’un combat politique : Solidarité contre inégalités, mais aussi liberté contre autoritarisme. Aujourd’hui, la revendication ne peut plus être raisonnablement « un travail pour tous » mais aussi « Un revenu de 1500 ? net pour tous » et donc, d’abord l’augmentation des minima sociaux. Certains veulent nous prédire maintenant le bonheur économique pour 30 ans en comparant notre situation à l’année 1937 (sur la base des cycles de Kondratieff).

Mais, outre qu’il n’y a aucune raison de se réjouir d’être en 1937 (même si c’est vrai, c’est souvent au moment de la reprise que la misèr, encore largement dominante apparaît le plus insupportable déclenchant toute sorte de violences), on ne peut être certain que la nouvelle révolution de l’information pourra continuer le même modèle économique. D’ailleurs, un économiste hésite à mettre cette révolution au même plan que les autres révolutions industrielles. Enfin les contraintes écologiques ne permettront plus une croissance mondiale si importante, c’est le modèle actuel de la croissance et du travail qu’il faut remettre en cause. Il est par contre intéressant d’expliquer les cycles économiques par l’équilibre générationnel. Pour comprendre une situation, il faut la remettre dans son histoire mais aussi dans les différents cycles du moment (économie, saison, génération), les possibilités et les dangers qui s’annoncent, les rencontres symboliques, mais surtout il faut vouloir la transformer.

Le bon sens existe-il, peut-on raisonner en Français moyen ?

Il est aussi indispensable qu’urgent d’activer la réinsertion des chômeurs et des exclus, de plus en plus marginalisés et atteints dans leur dignité. Aujourd’hui, sauf certains chômeurs professionnels qui profitent du système d’indemnisation, l’immense majorité aspire davantage à un retour à l’emploi qu’à une assistance pécuniaire. Ainsi, la création d’emplois doit-elle devenir la première des priorités pour ceux qui sont en charge des affaires de l’état. Il convient désormais que tous les secteurs de la société fassent preuve d’imagination, de responsabilité et de solidarité, pour enrayer un fléau qui ne menace d’une ampleur jamais connue. Tant en ce qui concerne, le domaine privé que le domaine public, tout doit être mis en ouvre pour réduire rapidement une fracture sociale qui touche des millions de français. La modernisation de l’outil de travail ne doit plus pénaliser l’emploi, mais au contraire, profiter à l’homme dans le cadre d’une productivité en harmonie avec les impératifs nouveaux de la société. Face à l’exclusion et au chômage, il convient de recenser les gisements d’emplois, et de ne négliger aucune piste y compris la remise en question de certaines prestations de services qui ne répondent pas aux exigences de la communication, ni de sécurité attendue par les usagers.

C’est une réalité dans les services publics, mais c’est également une réalité dans bien d’autres activités du secteur privé. Ainsi, la généralisation des stations automatiques de distribution de carburant est-elle réductrice d’emploi et va-t-elle à l’encontre de l’intérêt des consommateurs dans les zones rurales déjà très touchées par de nombreux handicap ; un prélèvement de quelques centimes sur les taxes permettrait la création immédiate de dizaines de milliers d’emplois. D’autres gisements sont à explorer, que ce soit dans le domaine de la santé, des services à domicile, de l’environnement, de la sécurité ( en augmentant le nombre de pompiers professionnels de façon très significative) de l’entretien, de la surveillance des immeubles et des résidences, en redonnant aussi ses titres de noblesse aux concierges en les rétablissant dans leurs fonctions irremplaçables.

IL faut revaloriser le travail manuel par une orientation accrue vers les formations d’apprentissage, et par une révision des salaires ouvriers. Il faut livrer une chasse impitoyable au travail « au noir », au travail clandestin, aux fonctionnaires qui touchent déjà une retraite de l’État, notamment les anciens militaires, les agents des services de police ou de gendarmerie. Il faut enfin revoir les procédures de licenciements collectifs, pour enrayer les abus de trop nombreux chefs d’entreprise.

Aussi, à défaut de rétablir les « autorisations de licenciement », il serait opportun de confier à un collège dans lequel siégerait un représentant des syndicats de salariés, un représentant des syndicats patronaux, un représentant des corps consulaires, un représentant du ministère du Travail et de l’Emploi, ainsi qu’un magistrat du tribunal d’instance, le soin d’examiner des licenciements collectifs et les cas litigieux. Plus que jamais la France ne doit admettre que des patrons licencient de jeunes et anciens collaborateurs par le biais d’un haut-parleur, avec en prime un taxi qui les attend afin de les reconduire à leur domicile ; cette manière de procéder relève de lourdes sanctions pénales pour ces cyniques chefs d’entreprise. Jamais la modernisation due aux nouvelles techniques ne pourra remplacer l’homme. La rentabilité à outrance est un choix de société. Les machines robots, détruisent l’harmonie que seul, l’être humain peut apporter à la collectivité qui s’efforcera de servir avec courtoisie et efficacité. Notre civilisation est déjà atteinte par la gangrène de l’indifférence, l’être humain est seul au milieu d’une foule qui l’ignore.

Ce n’est pas en supprimant des emplois dont l’on retrouvera l’esprit de solidarité indispensable à l’équilibre moral de notre environnement. Nos dirigeants, quelques que soient leurs affinités politiques ou autres, parlent de « Service public. » La rhétorique est facile, plus facile encore est la démagogie outrancière, démagogie qui un jour verra le peuple de France se lever et hurler sa colère.

Quelques exemples.

Dans l’Île-de-France le réseau autonome des transports parisiens pourrait créer 15 000 emplois. En calculant les allocations chômage et en additionnant le manque à gagner de la R.A.T.P du fait de l’insécurité, du vandalisme, des voyageurs qui fraudent en ayant aucun ticket de transport ; non seulement on rétablit l’équilibre financier, mais on améliore les diverses prestations dignes d’un service public ; on redonne dignité et espoir à des femmes et des hommes qui, cotisant aux caisses de sécurité sociales, en amélioreront les finances.

Dans les transports routiers, les 38 000 entreprises qui font circuler 2 000 véhicules ne peuvent faire l’objet d’un contrôle efficace du matériel, la fonction publique ne dispose que de 400 agents chargés de vérifier l’état des camions, ce qui représente seulement 1%% de véhicules contrôlés. C’est inacceptable.

Il serait souhaitable, et cela malgré les accords de Maastricht, que les routiers qui ne font que traverser notre territoire, payent une forte taxe, de même ils doivent emprunter notre réseau ferroviaire. Cette complémentarité modale éviterait l’engorgement de certaines autoroutes, notamment celles qui relient le nord de la France aux pays limitrophes.

Les services des postes et télécommunications manquent de personnel et l’on continue à refuser de renouveler les postes vacants en les remplaçant par de nouvelles techniques. Cette façon de procéder est inhumaine et de surcroît, peu efficace dans le domaine financier et encore moins dans le domaine moral, puisque les nouveaux chômeurs, ou les emplois non créés, est une atteinte à la liberté, car le chômage est anti fraternel, anti égalitaire, et qu’il coûte à l’ensemble des contribuables la somme de 22 867 ? par an et par personne ; c’est une honte pour les vertus que représente la Patrie des droits de l’homme.

Il serait nécessaire que les services des P.T.T., ou autres laissent à des organismes privés le soin de distribuer toute correspondance non affranchie. D’une manière générale, le secteur public doit mettre un terme à toutes formes de para commerce.

À quelques exceptions près, l’ensemble des entreprises d’État manque de personnel. Les suppressions de postes ont porté atteinte au bon fonctionnement du service public. Cela peut se vérifier en plus des P T.T, dans les services des hôpitaux de l’assistance publique et de l’enseignement.

Un « Grenelle » reprenant les revendications du personnel des services de la fonction publique devrait rapidement être mis en place. Y participeraient, les intéressés, ainsi qu’une représentation des contribuables et de diverses associations de consommateurs. Dans le cadre de ce « Grenelle », il me paraîtrait nécessaire de trouver un accord sur l’interdiction à d’anciens fonctionnaires touchant une retraite, de se substituer à un demandeur d’emploi ; tout travail non bénévole leur serait interdit, les militaires de carrière étant considérés comme fonctionnaires seraient contraints de se plier à cette règle.

Il semblerait logique que les agents de la fonction publique puissent bénéficier de primes à l’économie en maîtrisant efficacement les gaspillages ; Emprunt de matériel et matériau non rendu, emprunt d’un véhicule de fonction publique à des fins personnelles... Peut-être aussi, serait-il bon de revoir les avantages « en nature » dont bénéficient certains agents de la fonction publique. L’Égalité et la Fraternité, c’est aussi privilégier un certain équilibre.

 Les augmentations de salaire ne sauraient être décrétées de façon unilatérale, ni négocié tranche par tranches. Dans l’un comme dans l’autre cas, ce serait nier la situation particulière de chaque entreprise. Plus juste serait un élargissent de la participation des salariés à la vie des entreprises.

Participation sous trois formes, participation aux choix stratégiques et à la gestion, participation aux dividendes, participation à la productivité.

La participation aux choix stratégiques et à la gestion de l’entreprise doit s’organiser à partir des bilans et offrir au salarié la possibilité d’émettre des suggestions, de manifester son accord ou son désaccord avec la politique préconisée par l’appareil de direction.

En cas de conflit important entre les salariés et, le ou les responsables de l’entreprise, Il serait fait appel à un arbitrage extérieur. Selon la nature du conflit, ces arbitrages pourraient être confiés aux tribunaux prud’hommaux, aux tribunaux de commerce, à la direction du travail et de l’emploi ou à un tribunal des référés.

C’est dans le cadre de ces choix stratégiques et en possession de tous les éléments d’information que seraient négociées les évolutions des salaires. Evolution, mais pas obligatoirement augmentation. Seuls les résultats de l’entreprise conduiraient à une revalorisation, à une stagnation ou à une diminution des rémunérations, tant du ou des dirigeants de la société, que de ses salariés. De la même manière, seuls les impératifs de gestion particuliers à l’entreprise guideraient la durée du travail et de l’embauche dans cette dernière.

La participation aux dividendes de l’entreprise doit procéder de la même responsabilité du salarié, ayant connaissance des investissements, des amortissements, des provisions de trésorerie, et des prévisions fritures. De ce fait, il doit participer à la répartition du fruit de son travail en intégrant dans sa démarche, le retour sur les investissements et les rétributions qui sont ceux des actionnaires ou des porteurs de parts.

La participation à la productivité engage directement et résolument la responsabilité du salarié dans l’exploitation de son outil de travail ; elle l’associe plus étroitement aux résultats de l’entreprise et lui permet en contrepartie de toucher la juste rémunération de son investissement dans les gains de productivité, les améliorations des méthodes, les économies de matériels, matériaux et fournitures. Une prime identique pour tous les salariés est distribuée chaque année en fonction des marges dégagées par les économies et les gains de productivité.

« Rendre l’ouvrier copropriétaire de l’engin industriel et participant au bénéficie au lieu de l’y enchaîner comme un esclave, qui oserait dire que telle ne soit pas la tendance du siècle ? »

Pierre Joseph Proudhon.

PS Une des meilleures solutions pour répondre à la violence qui règne dans certaines villes serait de rétablir un service civique d’une durée de neuf mois, où les privilèges dont bénéficiaient certains seraient interdits. Cette mesure permettrait à l’ensemble de la jeunesse Français « filles et garçons » de mieux se connaître, d’apprendre à vivre ensemble que l’on soit riche ou pauvre.

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