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Code de la famille au Mali.

N’a-t-on pas mis la charrue avant les bœufs ?

Lundi 21 septembre 2009 // L’Afrique

Depuis qu’il est revenu aux affaires, en 2002, le président du Mali, Amadou Toumani Touré (ATT) n’a jamais été autant secoué qu’aujourd’hui. Ni la rébellion touarègue, ni les incursions du mouvement terroriste Al Qaïda pour le Maghreb, ne l’ont jamais vraiment effrayé, lui, le parachutiste baroudeur bon teint, général de son état qui, selon ses proches, en a vu d’autres. Pour la première fois, le président est rappelé à ses bons souvenirs, à savoir, que son cher pays, le Mali, est à 90% musulman, et où la fierté et la tradition, sont des valeurs profondément ancrées au sein de la société.

Adopté le 3 août 2009 par l’Assemblée nationale par 117 députés (5 ont voté contre et 4 se sont abstenus), ce nouveau code faisait l’objet de consultations mais aussi de tergiversations depuis une bonne douzaine d’années. Selon la constitution, il aurait dû être promulgué par le président de la République quinze jours après son adoption, ce qui n’est toujours pas le cas, ATT ayant proposé une voie de sortie honorable pour toutes les parties, en annonçant la création d’une commission de dialogue, d’explication, d’échange, sur ses articles les plus controversés. Car même s’il s’agit essentiellement d’une guéguerre entre les modernistes et les traditionalistes, les modernistes se recrutant visiblement chez les députés ; les membres du gouvernement et les associations de femmes à l’image de la puissante Fédération nationale des collectifs d’organisations féminines du Mali (FenacofMali) présidée par Dembélé Oulématou Sow qui affirme haut et fort que « Dans notre pays (le Mali), tout le monde est pour la promotion de la femme », il est tout à fait évident que le très influent Haut conseil islamique, n’en veut pas.

Que ce soit la Ligue malienne des imams et érudits pour la solidarité islamique (Limama), les familles fondatrices de Bamako, les ulémas de Nioro du Sahel, de Kati, de Koulikoro, et d’autres villes, le rejettent en bloc. D’où l’organisation d’autres manifestations semblables à celle qui a mobilisé plus de 50.000 personnes, samedi 22 août, au stade de Bamako, dans des villes de l’intérieur comme Kayes, Ségou, Koutiala, Tombouctou, Kati, Mopti, etc. En clair, le Haut conseil islamique du Mali par la voix de son secrétaire général, Dr Mamadou Diamouténé, indique que (négociation ou pas, dialogue ou pas), « Le code adopté par l’Assemblée nationale, le 3 août 2009, ne sera pas appliqué à nous, Maliens et Maliennes, attachés à nos valeurs et tenant à vivre pleinement notre religion ».

L’institution islamique relève d’ailleurs que les 117 députés qui ont voté ce code, ont trahi l’immense majorité du peuple malien, et de ce fait, ne pourront plus compter sur son soutien quand ils voudront se faire réélire à l’Assemblée nationale. On comprend donc que le président de la République cherche à tout prix à rapidement calmer le jeu. Un certain nombre de choses qu’on met sous le sceau de la modernité, heurtent considérablement les dignitaires religieux. Le code n’étant pas encore promulgué pour qu’on sache exactement de quoi il retourne, on cite généralement en vrac, « la reconnaissance du mariage religieux », ce qui diminue le pouvoir des imams dans ce pays musulman à 90% ; le fait de porter « l’âge du mariage à 18 ans » alors que, généralement, dans les zones rurales, les filles sont envoyées chez les maris dès l’âge de 13 ans, sans choquer personne.

Autre violation introduite par le nouveau code sous la pression des lobbys des femmes et des modernistes : « le partage de charges familiales entre l’homme et la femme » et la disparition de la notion de « puissance paternelle » au profit de « autorité parentale », sont autant d’avancées considérées comme une insulte pour l’homme musulman. Il en est de même de « la très grande place accordée aux femmes » et « la part (désormais importante) de l’enfant naturel dans l’héritage », ce qui encouragerait la débauche, selon les traditionalistes.

Bref, l’affaire est très sérieuse et ATT est soupçonné de vouloir plier l’échine sous la pression des bailleurs de fonds occidentaux pour quelques poignées d’euros : « Le Mali n’est pas à vendre » ; « Non à la trahison » ; « Non au code satanique », peut-on lire en guise d’avertissement sur les pancartes lors des manifestations. Pour l’heure, celles-ci sont pacifiques. Le dialogue est-il encore possible ? N’a-t-on pas mis la charrue avant les bœufs en lançant la concertation après l’adoption du texte ? La réaction des dignitaires religieux n’a-t-elle pas été manifestement sous-estimée ? ATT jouit d’une bonne image qui l’aidera sans doute à arrondir les angles auprès des uns et des autres. Mais pour l’heure, il est entre le marteau et l’enclume.

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