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L’ALLIANCE.

Clé de recomposition politique.

Jeudi 29 octobre 2009 // La France

Est-ce la fin des droites en France comme l’ont suggéré quelques caciques
du MoDem déçus de voir Nicolas Sarkozy phagocyter une à une ses « proches » familles
politiques ? Le parti de François Bayrou va-t-il se laisser séduire par les pas de danse de Ségolène Royal ? La frange gauchiste du PS va-t-elle rejoindre l’extrême gauche ?
C’est un subtil jeu d’alliances qui dessine aujourd’hui le paysage politique français.

L’ALLIANCE.
Clé de recomposition politique.

L’IMAGE est plus que symbolique. Vincent Peillon, bras droit de Ségolène Royal dont il fut le porte-parole pendant la campagne présidentielle de 2007, a créé la surprise fin août, quelques jours avant l’ouverture des Universités d’été du Parti socialiste à La Rochelle. En effet, il a réussi le tour de force (au moins médiatique) de réunir à Marseille, sur un même plateau, des ténors aussi connus et différents que Daniel Cohn-Bendit (Verts), Robert Hue (PCF), Marielle de Sarnez (Modem), Jean-Luc Benhamias (Modem, ex Verts) ou Christiane Taubira (PRG). Son objectif ? Permettre au Parti socialiste de rassembler au-delà de son électorat traditionnel et d’épouser un large spectre de l’extrême gauche au centrisme. « Nous sommes différents les uns et des autres, mais au fond, ce que nous avons en commun est beaucoup plus fort que ce qui nous sépare », a estimé sur BFM TV Marielle de Sarnez peu après la rencontre. « Je ne vois pas ce que nous aurions à faire avec l’UMP », a-t-elle ajouté. Stratégie gagnante pour clan Royal ? Voire.

BISBILLES INTERNES.

Le galop d’essai initié par l’animateur du courant « L’espoir à gauche » a été diversement apprécié. Tout d’abord au sein du PS où Martine Aubry a esquissé un rapprochement avec la secrétaire générale du Parti communiste français (PCF), Marie-Georges Buffet... qui ne parle plus à Robert Hue depuis très longtemps. L’initiative a ensuite déplu au Front de gauche (FG) de Jean-Luc Mélenchon qui espère toujours faire main basse sur un PCF moribond, et ce, avant d’aller gonfler les rangs du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d’Olivier Besancenot. Le désir d’union NPA-PCFPG est moins sensible pour les sympathisants du NPA et Lutte ouvrière (LO), avec 62 %, qu’avec ceux du Parti de gauche, 88 %. Et ce n’est pas le moindre des paradoxes : les sympathisants socialistes y sont aussi favorables à 54 % ! (sondage IFOP pour Le Monde, 11 septembre 2009). Ce qui expliquerait le rapprochement entre Mmes Aubry et Buffet ? Cette alliance PCF-PS gênerait considérablement Ségolène Royal qui lorgne plutôt du côté de François Bayrou et du MoDem pour éviter un isolement dans lequel elle semble s’être laissée enfermer depuis la fin août. L’alliance avec le MoDem ? « Ce n’est plus un tabou », a-t-elle déclaré à nos confrères du Figaro, à la mi-septembre, rêvant tout haut de terminer le travail entrepris par Vincent Peillon dans la perspective des présidentielles de 2012.

Que ce soit avec le PCF ou le MoDem, la rue de Solferino ne pourra se passer dénouer, même temporairement, son destin avec une autre formation pour rebondir sur l’échiquier politique. Ses bisbilles internes (accusations de fraude, illisibilité du programme politique...) ; entament sa crédibilité et son audience, laissant le champ libre à une droite qui s’est recomposée (pour combien de temps ?) autour du chef de l’État.

« J’ARBITRERAI. »

Nicolas Sarkozy, lui, a pris un temps d’avance en rassemblant une grande partie de la droite et en copiant le modèle instauré quelques années auparavant par François Mitterrand : la gauche plurielle est simplement devenue la droite plurielle, selon la théorie des vases communicants et de l’alternance. Les alliances majeures se sont réalisées en 2007, pendant l’entre-deux tours des élections présidentielles. L’UDF de François Bayrou a vu la majeure partie de ses troupes déserter et rejoindre, sous l’étiquette Nouveau Centre, le gros bataillon de l’UMP qui lui a ouvert les portes du gouvernement (en particulier le ministère de la Défense) et des circonscriptions gagnantes pour les législatives à venir. Dernièrement, le chef de file du Mouvement pour la France, Philippe de Villiers, et Frédéric Nihous, leader de Chasse Pêche Nature et Traditions (CPNT), ont rejoint le comité de liaison de la majorité présidentielle. Une belle « prise » pour l’hôte de l’Élysée. « j’ai fait l’ouverture à gauche, je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas l’ouverture à droite », insiste le chef de l’État. « Il faut travailler sur un socle de valeurs communes. Et s’il y a un débat à trancher, j’arbitrerai », a justifié le président de la République (Le Parisien, 3 septembre 2009). C’est d’ailleurs ce qui s’est passé quand Nicolas Sarkozy a donné raison à Éric Besson, transfuge du camp Royal, qui refusait d’appliquer les tests ADN pour le regroupement familial...

Car les alliances restent, quoi qu’on en dise, le pendant incontestable, indissociable et inévitable d’une certaine ouverture. Il en fut ainsi de la main tendue du Parti socialiste de François Mitterrand au PSU de Michel Rocard, au CERES de Jean-Pierre Chevènement, au PCF de Georges Marchais et à quelques têtes d’affiche de l’UDF (Jean-Pierre Soisson, Jean-Marie Rausch, Michel Durafour...), mais aussi de l’UDF de Valéry Giscard d’Estaing au RPR de Jacques Chirac. Plus récemment, Lutte Ouvrière et la Ligue communiste révolutionnaire (avant qu’elle ne se transforme en NPA) ont fait cause commune pour les élections européennes de 1999, L’UMP et le Nouveau Centre pour les élections européennes et les prochaines élections régionales...

VISÉES ÉLECTORALISTES.

Ce jeu des alliances ne serait pas aussi prégnant s’il ne se nourrissait pas de visées purement électoralistes. Il est vrai que ces coalitions sont aux partis ce que l’union est à la force : un facteur déterminant dans la conquête du pouvoir. VGE aurait-il gagné en 1974 sans le soutien du Parti radical valoisien de Jean-Jacques Servan-Schreiber, du Centre national des Indépendants et Paysans (CNIP) d’Antoine Pinay ? Mitterrand aurait-il gagné en 1981 sans le ralliement (secret il est vrai) de Jacques Chirac ? Ségolène Royal aurait-elle gagné en 2004 la Région Poitou-Charentes sans les Verts et le PC, et certains UDF l’auraient-ils emporté en 1998, sans le Front national ? L’alliance a besoin d’être « franche » mais pas forcément massive. Le symbole est important et une poignée de convaincus peut faire basculer une élection.

La raison majeure pour laquelle les partis sont contraints de rassembler dans leur propre camp et au-delà, tient à la bipolarisation de la vie politique qui rythme l’histoire de notre pays depuis la Révolution. Cette bipolarisation se trouve aujourd’hui moins tranchée que dans les années 70 ou 80, car elle a connu quelques dérèglements qui ont fini par donner naissance à un multipartisme à deux partis dominants. Mais la règle électorale, imposant le scrutin à deux tours dans la majorité des élections, est restée la même : la compétition finale se joue presque toujours à deux. Souvent opportunistes, ces alliances demeurent enfin éphémères. Un jour ou l’autre, les problèmes de fond, c’est-à-dire l’idéologie politique, les convictions fortement ancrées, les projets finissent toujours par resurgir... Ce qui nous rassemble est-il toujours plus fort que ce qui nous divise ?

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