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Civilisation et développement durable.

Vendredi 4 avril 2008 // Divers

Le mardi 8 janvier, lors de sa conférence de presse à l’Élysée tout le monde a pu voir un chef de l’État plus pugnace que jamais lancer des répliques cinglantes aux journalistes qui prétendaient le houspiller Nul ne pouvait douter de la sincérité de ses réponses. Toutes ont été commentées.

Sauf une et qui pourtant dit tout de la situation institutionnelle du régime actuel il n’est même pas sûr que Nicolas Sarkozy, dans le feu de sa réponse, ait mesuré toute la portée de ce qu’il énonçait. Il voulait, disait-il, que son quinquennat sait utile il s’interdisait en conséquence « d’imaginer même la perspective d’un second quinquennat ». Et d’expliquer que ses prédécesseurs avaient voulu, eux, s’installer dans la durée et que, pour durer, ils avaient dû se réfugier dans l’inaction. C’était dit sur un mode ironique et sévère aujourd’hui, pour agir, il ne faut point songer à durer ; il faut faite et faire vite, car il y a urgence. Chercher à durer, c’est s’interdire d’agir il ne faut plus penser qu’à s’épargner les difficultés et contourner les obstacles. Voyez ce qui s’est passe avant moi, raillait le jeune et nouveau président de la République, et avec combien de raison, tout le monde en conviendra, les réformes sans cesse ajournées et la France en déclin.

Mais quelle fatalité contraint l’homme au pouvoir à ce terrible dilemme : la durée ou l’action ? Est-il donc impossible en France d’inscrire l’action dans la durée ? N’est-ce pas ce que voudrait au fond tout homme de gouvernement, pour peu qu’il soit sincère : améliorer durablement les choses ? Et pourquoi donc lui serait-il interdit de le souhaiter légitimement, surtout s’il donne sa vie et son temps à pareille affaire ? Eh bien, non, impossible ! L’aveu est de taille personne ne l’a signalé, personne ne l’a même remarqué, tant cela paraît une lapalissade. Et puis, il faut le reconnaître, cette question échappe tellement aux préoccupations du journaliste, du chroniqueur, du professeur, de l’homme politique ordinaire, de tout ce qui intervient sur la place publique et qui n’a souci que d’argumenter dans l’immédiat et de faire valoir son point de vue dans le système actuel, qu’aucun ne prend de hauteur suffisante pour véritablement l’examiner.

La durée ou l’action

Or, c’est la seule et vraie question. C’est pour user d’un terme qui plaît aux discoureurs d’aujourd’hui, la question « majeure », celle qui commande tout. Là est l’essentiel qui devrait rallier tous les esprits. Eh bien, ce point n’est même pas abordé. Dans aucune des innombrables commissions nommées, dans aucun rapport, dans aucune réflexion publique, politique, journalistique, professorale. Ce problème crucial qui est le vrai problème français dans la mesure ou dans notre pays l’État joue un rôle primordial, c’est comme s’il n’existait pas. On feint de ne pas le voir. Et pourtant il n’est pas une personne un tant soit peu cultivée qui ne sache qu’il est au coeur de notre histoire.

À la vérité il est tellement énorme et il incite une telle révision des conceptions courantes du système dans lequel on s’est enfermé, que personne ne veut même imaginer de prononcer des évidences qui forceraient à en sortir, sans casse aucune d’ailleurs, et régler enfin le problème français.
Celui qui aurait cette simple et franche audace et en posséderait les moyens, serait le sauveur de la France. Car, répétons-le, ce problème est historique et voilà pourquoi il est récurrent et il ne saurait donc se réduire de multiples petits détails d’administration et d’agencements institutionnels qui, pour importants qu’ils soient, ne sont que secondaires. Secondaires par rapport à cet essentiel et, par conséquent, dépendants pour leur réussite de ce règlement de fond.

N’est-ce pas clair ? Comment se fait-il qu’en France, dans la sphère publique, durée et action soient deux termes politiquement antinomiques.?
Voilà l’étude que l’on attend d’un politologue sérieux.! Alors pourquoi jamais pareille étude, s’il vous plaît ? Est-il interdit de penser ? Risqué Dangereux ? Il faut le croire. Certains s’en doutent, d’autres, pour s’être essayés à penser sur ce terrain, le savent par expérience. De l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par tous les centres, il est permis de s’agiter du moment que le pacte essentiel qui définit le jeu de ces agitations stériles, n’est pas atteint. Voilà la vérité. Tout est fait pour qu’il paraisse insensé d’en vouloir sortir.

Développement durable sans durée ?

Cependant tout le monde parle de développement durable. Par définition pareil développement suppose la durée. Il ne peut être que compromis par des politiques de l’éphémère. En revanche, il paraît logique que des institutions inscrites dans la durée puissent porter des projets de cette envergure qui concernent les générations à venir et qui sont orientés par le souci des enfants naître et par la transmission d’un capital spirituel aussi bien que matériel attaché à des ressources patrimoniales et naturelles. C’est adapté. Est-ce si difficile à comprendre.? Les termes du problème sont clairement posés comment ne pas diriger sa réflexion vers une solution qui s’impose ?

Le chef de l’État, un certain nombre de politiques et de ceux qui sont appelés des « décideurs » ont vraisemblablement conscience des enjeux considérables que recouvrent des mots trop facilement employés et qui, malheureusement servent d’arguments dans des discours démagogiques de piètre politicaillerie. Va-t-on par exemple, remettre en cause nos recherches et nos industries sous un vain prétexte de fausse écologie. ? L’écologie est un terme suffisamment beau, qui nous vient du Grec et qui inclut une préoccupation d’harmonie domestique et de respect de l’ordre naturel, pour qu’elle ne devienne pas une machine de guerre entre les mains d’aboyeurs irresponsables.

N’a-t-on pas pris déjà dans le passé propos du nucléaire et encore tout récemment à propos des OGM des décisions, toutes dépendantes des passions du moment sans souci de durée, et qui portent précisément atteinte à la recherche, à l’agriculture et à l’industrie françaises. Bon nombre de scientifiques et non des moindres, même parmi ceux qui faisaient partie de la commission, ont protesté contre la déformation de leurs avis. Si le Grenelle de l’environnement devait aboutir à des résultats de ce genre, autant dire que ce ne serait plus qu’une sinistre farce et qui coûterait à la France un prix exorbitant et destructeur. Il faut dire haut et clair que ce n’est pas cela le développement durable ce n’est que de la régression chaotique.

Civilisation sans continuité.

Lors de sa conférence de presse, le chef dc l’État a tambouriné le mot « politique de civilisation ». Certains ont cru devoir en sourire, surtout les intellectuels de gauche : évidemment ils ne connaissent que l’idéologie qui est le contraire de la politique et à l’opposé de la civilisation. Peu importe que ces mots « politique de civilisation » soient prise à Edgar Morin. L’important est de savoir - et c’est la seule véritable idée à retenir - que voilà deux cents ans que les politiques promettent le bonheur sur terre et que ces promesses ont abouti en résultat d’une société désespérée. IL est évident qu’un tel constat ne peut que faire réfléchir.

En tous cas, Nicolas Sarkozy sur cette question du sens de la vie, si capitale pour l’homme d’hier et encore plus d’aujourd’hui, s’est exprimé -et apparemment fort librement - lors de sont, installation le 20 décembre dernier comme chanoine honoraire de Saint-Jean de Latran, la cathédrale du Souverain Pontife, entant que chef de l’État français, successeur d’Henri IV Il a tenu à cette occasion des propos inouïs au sens étymologique du terme, c’est-à-dire jamais entendus de la bouche d’un président de la République ou d’un chef de gouvernement français. Il a dit les origines chrétiennes de la France depuis le Baptême de Clovis, il n’a pas tu son rang de Fille aînée de l’Église ; il a parlé de liens particuliers qui unissaient la France et le Siège de Pierre ; il a évoqué les légions de saints français qui sont la gloire de la France. Il est allé plus loin encore ; il a reconnu que la République en 1905 n’avait point du tout des intentions droites et qu’elle a lésé gravement la liberté chrétienne en France ; Il est allé plus loin encore ; il a défini son projet de laïcité positive qui laisse toute sa place à la religion dont il reconnaît qu’elle seule peut donner un sens à la vie et insuffler l’espérance aux hommes et aux peuples. Et plus loin plus loin encore : il a osé exprimer sa reconnaissance - et en quels termes -pour les vocations chrétiennes, encourageant les catholiques de France et leurs prêtres et leurs pasteurs à être plus catholiques que jamais, et, dans une sorte de complicité, il n’a pas hésité à parler de sa propre vocation : J’ai fait, a-t-il dit, je n’ai pas attendu de faire.

On peut penser ce que l’on veut, par ailleurs ces paroles étonnantes, totalement nouvelles, ont été prononcées. Les salles de rédaction en ont frémi ; les loges maçonniques ont fait connaître leur réprobation et mis Nicolas Sarkozy sous surveillance. Ainsi marche la France républicaine. Le lundi 14 janvier, dans un tout autre cadre, à Riyad, devant le Conseil consultatif le président reparlait de religion comme fondement de la vie sociale et morale.

C’est pourquoi il est permis de rester sceptique quand, dans l’introduction de son discours à l’Elysée sur cette fameuse politique de civilisation, il s’est contenté de ressasser ses propos convenus servis à toutes les occasions dans le monde officiel depuis les classes de philosophie jusqu’aux concours supérieurs et qui font partie de la vulgate républicaine laïque et obligatoire. Rien de plus plat. Un humanisme de pacotille qui ne sauvera pas l’homme.

Et l’on est légitimement en droit de s’inquiéter de cette commission présidée par Madame Veil et qui sera chargée de compléter le préambule de la Constitution. Mon Dieu, et pour quoi faire.? « Pour garantir l’égalité de l’homme et de la femme, pour assurer le respect de la diversité et ses moyens pour rendre possible de véritables politiques d’intégration, « pour répondre aux défis de la bioéthique ». Ce dernier point, plus que les autres encore, laisse pantois. Encore des paquets de textes hyper-constitutionnalisés, comme si les principes généraux du droit ne suffisaient pas à traiter ces questions. Alors des quotas de femmes ? des quotas d’embryons ? des quotas d’hommes à prendre ou à ne pas prendre ? Le juriste Sarkozy ne se rend-t-il pas compte qu’il n’y en a assez de ces potions juridiques versées à jets continus dans le corps de sociétés malades comme des cocktails finalement mortifères. ?

Non, la civilisation n’est pas là. Elle se trouve dans la continuité d’un héritage maintenu et agrandi, d’un patrimoine spirituel dont quelques principes suffisent à garantir la pérennité et pourquoi pas ? -l’éternité.
Nous sommes des héritiers. La France ne date pas d’aujourd’hui. Il faut assurer son avenir. C’est cette France qui doit servir de critère d’action pour le chef de l’État. Le reste est de l’idéologie.

Le président a annoncé d’innombrables chantiers de réformes. Beaucoup sont déjà commencés. Il est incontestable qu’il fallait agir. Cette énergie dans l’action ne peut qu’être approuvée. Mais, répétons-le, sous peine de se perdre dans les sables dune inaction finale qui stérilisera toutes les intentions de réforme ; il convient de ramener tant de rapports de commission, tant de projets de lois portant réformes constitutionnelles, sociales, économiques, politiques, aux vraies normes d’une civilisation française authentique. Car, franchement, pour revenir à l’essentiel, que serait une réforme institutionnelle qui se contenterait d’augmenter théoriquement les pouvoirs d’un parlement dont le fonctionnement ne serait pas changé dans les principes, pour qu’il puisse enfin trouver sa véritable destination de représentation réelle. ? Édouard Balladur a pourtant bien laissé entendre que la France n’avait pas trouvé son équilibre, depuis deux cents ans d’expériences constitutionnelles, entre tantôt un exécutif trop fort et tantôt un régime d’assemblées sans responsabilité, et - il faut l’ajouter -avec une administration toujours jacobine.

Quand la France se décidera-t-elle enfin à se doter d’institutions simples qui garantissent à la fois l’action et la durée dans un juste équilibre entre les fonctions de direction et d’arbitrage d’une part, et de représentation réelle d’autre part. Il est de plus en plus de bons esprits qui regrettent que Louis XVI, grand roi par ailleurs, comme les historiens l’ont maintenant montré, n’ait pas eu cette vigueur, toujours nécessaire dans les grands tournants de l’histoire, pour opérer la seule vraie réforme qui s’imposait.

La France en paye le prix encore aujourd’hui. Sa politique de civilisation serait inscrite dans la durée..

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