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Cinquantenaire de l’indépendance de la côte d’Ivoire.

De Felix Houuphouët-Boigny à Laurent Gbagbo : rupture ou continuité ?

Lundi 2 août 2010 // L’Afrique

Guillaume Soro, présenté comme l’allié de Gbagbo dans la crise actuelle, sera nouvellement enrichi par le vol d’État. Ce sont ces deux intérêts concomitants qui forment officieusement la « Françafrique », depuis 1960.

En réalité, la Françafrique, c’est la liberté du peuple africain qui est confisquée dans des complots d’Etat, liant le pouvoir français à celui de tout l’ensemble des 14 pays francophones d’Afrique (c’est ce que j’ai dénoncé dans mon livre, sorti en 1991, à Paris « Liberté Confisquée : le complot franco-africain ,). C’est une grosse nébuleuse d’intérêts croisés, qui a organisé en Côte-d’ivoire, la répression de l’aile nationaliste du PDCI-RDA dans le complot de 1963-1964. Elle a géré la liquidation de la revendication indépendantiste et intellectuelle des monarchistes du Sanwi en 1966, qui a fait 2.000 morts dans la forêt d’Aboisso, et elle a encore organisé, en octobre 1970, le génocide des insurgés de Gaba, avec 4.000 morts dans la région de Gagnoa.

Derrière la gestion de la nébuleuse Françafrique qui a semé la terreur contre les leaders de la contestation du parti unique colonial, en Afrique noire pendant 30 ans, il y a eu deux hommes très actifs : Jacques Foccart en France, et son Pygmalion nègre, Félix Houphouët-Boigny. Pour mieux comprendre l’horreur de la Françafrique, il faut lire, les nombreux livres sur la politique intérieure et extérieure de Félix Houphouët-Boigny, qui ont été écrits par Jacques Baulin aux éditions Eurofor à Paris. Ces livres expliquent très clairement avec illustration, la pensée et le destin tragique de certains leaders de l’Afrique noire.

Conseiller français du président de la Côte-d’Ivoire, Jacques Baulin, éclaire sur tout ce que le créateur du PDCIRDA a fait contre le peuple ivoirien et contre l’Afrique tout entière, et cela pendant les 47 années de son règne sans partage entre 1946 et 1993. Ce qui arrive, donc, à la Côte d’ivoire, de nos jours, était prévisible et n’est pas étonnant, sauf que nous avons une classe politique intellectuellement myope. Pour la Côte-d’Ivoire nouvelle, il ne faut pas croire au Père Noël. D’ailleurs, c’est à la veille de Noël 1999 que la Côte d’ivoire s’est inscrite dans le palmarès des pays à coups d’état ayant réussi.

Dans une récente interview, Michel Rocard (ancien premier ministre français) se désole de la démocratie et des élections libres en Afrique noire en affirmant ceci : « On pourrait bien avoir commis des erreurs, car la démocratie ne se parachute pas. (...) Au cours de l’histoire, de vastes zones du continent est resté stables parce qu’elles avaient confié le pouvoir à un homme rassurant qui organisait la paix civile et la maintenait par la palabre. Il est assez scandaleux de disqualifier ces structures pour un modèle que nous avons exporté. Nous nous sommes trompés dans « les conditionnalités » de l’aide. Nous l’avons liée à la tenue d’élections libres sans comprendre l’Afrique. 11 aurait fallu la lier à la liberté de la presse, à l’indépendance de la justice et au contrôle de la police ».
Mais je rappelle que le combat pour la démocratie moderne en Côte-d’Ivoire, contre l’idéal du parti unique, calqué sur la philosophie féodale des chefs coutumiers, que la France a installés au pouvoir en Afrique noire des La Côte d’Ivoire, a une classe politique intellectuellement myope.

Un drame pour ce pays ! 1960 a commencé dans les années 80 et est loin d’être terminé. C’est un combat de longue haleine, et s’il dure, c’est parce qu’il est entravé par des hommes politiques qui ont puisé leur source idéologique référentielle dans l’houphouétisme, qui est le symbole du refus de la contestation politique et sociale. C’est une philosophie d’Etat, qui pratique dans la dictature, la gestion des affaires publiques par népotisme et tribalisme, en privilégiant les intérêts de la France pour rester longtemps à la magistrature suprême, sans servir les intérêts du peuple ivoirien.

L’houphouétisme a été abattu et est donc révolu depuis 1990. Ceux qui luttent à sa porte n’ont rien à apporter au destin démocratique de la Côte d’ivoire de demain. Car la république plurielle d’un état moderne (qu’il soit africain où pas) n’est pas une royauté traditionnelle, où siège un petit potentat avec sa cour d’adeptes, qui légifère par la palabre les questions sociales, politiques, économiques et culturelles ...Aujourd’hui, l’avancée de la démocratie régresse en Côte d’ivoire, non pas parce que le pays n’est pas mûr pour le débat démocratique, mais parce que l’élite nationale a été (et est) très traumatisée par la philosophie de la gestion des affaires publiques, sans contestation possible qui ont régné et cela très longtemps (30 ans), par le parti unique, et qui se perpétuent sans Houphouët. Et de surcroît avec Laurent Gbagbo.

Du président Henri Konan Bédié à Laurent Gbagbo (et son fils spirituel Guillaume Soro), en passant par le général Robert Gueï, sans oublier évidemment Alassane Dramane Ouattara, tous regrettent encore, aujourd’hui, Félix Houphouét-Boigny et, d’ailleurs, revendiquent son « héritage idéologique » et politique. En revendiquant l’héritage d’Houphouët, cette élite du pouvoir oublie la proclamation du multipartisme en avril 1990. Elle oublie que le pouvoir de Félix Houphouët-Boigny s’est étiolé lentement jusqu’à sa mort en décembre 1993. Elle oublie que la jeunesse ivoirienne a pris la rue pour le traiter de « voleur, assassin, dictateur, tribaliste à outrance, .... ». Cette classe politique d’aujourd’hui oublie, enfin, que le « roitelet de Yamoussoukro » tirait sa force dans le bâillonnement et la confiscation des libertés du peuple et qu’il faisait régner une dictature, cautionnée évidemment par la France pour la protection de ses intérêts.

Alors que la « France socialiste » de Michel Rocard, au lieu de regretter d’avoir parachuté la démocratie en Afrique, doit plutôt se poser des questions sur le pouvoir des chefs coutumiers que la France du général de Gaulle a imposés avec obstination à la Côte-d’Ivoire dès 1960 (ainsi qu’à d’autres pays africains) et qui à De Félix Houphouët-Boigny à Lauren Gbagbo : rupture ou continuité ?

Comme nombre de pays d’Afrique noire francophone, la Côte-d’Ivoire du socialiste, Laurent Gbagbo, se prépare à fêter en grande pompe l’anniversaire du 7 août 1960 qui marque la proclamation de son indépendance. En effet, il y a cinquante ans, en 1960, les colons français décrétaient le « néo-colonialisme » en Afrique noire. En offrant des « indépendances contrôlées » à leurs anciennes circonscriptions territoriales érigées en Micro-états, ils contournaient le colonialisme officiel à travers des souverainetés factices. Sous le diktat du général De Gaulle, Guy Nairay, dernier gouverneur franco-antillais de la colonie de Côte-d’Ivoire, cédait le pouvoir, pour raison « d’indépendance à contrôler » de notre pays, à un nègre local : Félix Houphouët-Boigny, ancien député, qui s’installait au pouvoir ivoirien pour défendre les intérêts de la France. Rappelons que l’homme à qui la France avait confié ses intérêts locaux en Côte-d’Ivoire et en Afrique, avait été, déjà, depuis 1956, un ancien ministre du gouvernement Guy Mollet, en France.

Pour l’Élysée, en devenant président de la « République de Côte d’ivoire », capitale par excellence du pré carré colonial, Félix Houphouët-Boigny inaugurait en fait, « la grande sous-préfecture africaine des intérêts français ». Dès lors, « l’indépendance » proclamée le 7 août 1960 était suivi d’un défilé grandiose, dans l’indifférence du peuple ivoirien, qui, pour avoir subi violemment les travaux forcés, comprenait très mal le sens de la transition pacifique du colonialisme à l’indépendance sans la liberté démocratique, d’ailleurs, confisquée par la métropole. D’autant plus que les partis politiques qui devaient être les symboles de cette « liberté » soi-disant retrouvée, ont été interdits dès 1956 par Félix Houphouët, lui-même, au lendemain d’un grand discours d’union nationale tenu, dans l’enceinte du stade Géo André, au profit du parti unique, qui devient violemment liberticide à partir de 1963.

Félix Houphouët-Boigny, qui est donc le président autoproclamé (parce qu’installé au pouvoir sans élection plurielle, encore moins sans référendum populaire) de la Côte-d’Ivoire, régnera en potentat par des méthodes issues de la chefferie tribale des Baoulé au nom des intérêts supérieurs de la France, et évidemment des siens.
Voilà pourquoi la date du 7 a 1960, loin d’être un « grand jour de liberté », est plutôt la date anniversaire de la confiscation officielle des droits démocratiques du petit peuple ivoirien au profit des intérêts étrangers.

C’est pour cela que les nationalistes de la Côte-d’Ivoire, qui ont pris le maquis pour mener le combat de dépendance véritable, ne sont pas très étonnés ni même surpris de voir Laurent Gbagbo, digne héritier Félix Houphouët-Boigny (qui avait abdiqué en juin 1950. De surcroît, c’est une parade qui vient au lendemain de la défaite de l’armée de Côte-d’Ivoire devant la rébellion du Nord, une défaite politico-militaire qui consacre la soumission du pouvoir d’Abidjan au diktat commerce colonial français. Car cette défaite permet, et a accéléré la cession du Port autonome d’Abidjan de l’homme d’affaires français, Vincent Bolloré, et l’octroi du marché pour la construction du troisième Pont d’Abidjan (qui va s’appeler « P Laurent Gbagbo ») à un autre hom d’affaires françaises, Martin Bouygue dans des contrats gré à gré, si appel d’offres public.

Aujourd’hui, dans les allées du Palais présidentiel d’Abidjan, c’est la grande mobilisation des partisans du président de la République, pour fêter les « 50 ans de la honte » infligée au brave peuple ivoirien, constamment, bafoué par ses dirigeants. Mais, « Gbagbo veut la réussite de sa fête du 7 août 2010 ». Et pour cela, il a fait appel à l’historien Pierre Kipré.

En effet, l’ambassadeur de Côte-d’Ivoire, en France, est propulsé au sommet du cérémonial, comme principal coordonnateur des festivités. Dès lors, reprenant la mode « patriote », il se croit obligé de tenir un langage antifrançais de circonstance pour plaire au camp présidentiel. Et pourtant, Pierre Kipré est connu depuis les années 80, pour avoir trahi la lutte de la gauche ivoirienne contre le parti unique, du pouvoir PDCI. En réalité, le professeur Pierre Kipré est un transfuge. Devenu maître dans l’art de la trahison politique, il est passé (contre le monde étudiant et enseignant, au soir du soulèvement de l’Université d’Abidjan, en février 1982,) à la télévision, en tant que secrétaire général du Syndicat national de recherche de l’enseignement supérieur (SYNARES), syndicat positionné à gauche, pour renier le mouvement de la contestation du régime PDCI. Pour le remercier, le pouvoir l’a adjoint directement au Palais présidentiel pour devenir conseiller de Félix Houphouët-Boigny. Nommé en 1994 ministre du président Henri Konan Bédié, en 2008, à la suite de la mort du président Houphouët-Boigny, il est parti du PDCI pour rejoindre le camp présidentiel où il a rejoint son « frère » Laurent Gbagbo.

Aujourd’hui, remplaçant le diplomate, Kouassi Hyacinthe, à Paris, il a fini sa course politique comme ambassadeur de la Côte-d’Ivoire en France grâce à l’entremise de son neveu Stéphane Kipré, jusque-là inconnu sur l’échiquier politique ivoirien, mais qui a saisi une opportunité dans le camp présidentiel en devenant beau-frère du chef de l’Etat dont il a épousé une des deux jumelles. Comme quoi, avoir une fille Gbagbo dans sa famille, peut aider.

C’est donc en grand chambellan que Pierre Kipré annonce de la moitié de la Côte-d’Ivoire appauvrie, le budget prévisionnel de la cérémonie : « Pour célébrer le 7 août 2010, date anniversaire de l’indépendance néocoloniale du pays. C’est 20 milliards de Francs Cfa, au bas mot, que l’Etat ivoirien décaisse ». Dans une Côte-d’Ivoire de la misère affichée (où 48,98% des Ivoiriens sont en dessous du seuil de pauvreté à cause de la guerre et de la mauvaise gouvernance), où une rébellion d’origine étrangère financée par des multinationales françaises, règne en « partenariat de mauvaise fraternité » avec des « refondateurs corrompus », que va apporter à la démocratie et au bien-être du peuple ivoirien l’organisation d’un cinquantenaire handicapé ? Si ce n’est, pour renforcer et consolider l’équipe présidentielle par des « apparats mondains », et faire croire à la communauté internationale que tout va très bien en Côte-d’Ivoire.

Quant à la rébellion ivoirienne, elle est hautement politique, c’est une réalité tangible à ne pas nier. Ses chefs de guerre commandités par la France et le Burkina Faso, pillent inexorablement l’économie du pays au quotidien, au profit de leurs « sponsors » et ce, depuis huit ans, avec l’accord et l’apport des « refondateurs ». À cet égard, la lecture du dernier rapport des Nations-Unies daté du 12 avril 2010, est édifiante. Organiser, donc, dans ces conditions désastreuses, avec faste, la fête du « cinquantenaire » de « l’indépendance du 7 août 1960, pour 20 milliards de Francs Cfa, est un crime d’Etat contre le peuple ivoirien affamé ».

Parlons encore, de l’occupation officielle du Nord de la Côte-d’Ivoire par les rebelles depuis 2002. Cette occupation est encadrée, depuis 2003, par des troupes d’interposition choisies par la communauté internationale pour leur neutralité, et pourtant, ces troupes ont tiré sur le peuple ivoirien, en novembre 2004, pour défendre les intérêts étrangers menacés. Ce sont, donc, des troupes impérialistes dont le rôle est de soumettre définitivement (sous l’égide de la France qui s’active en faveur de « l’implantation » d’un nouveau et docile sous-préfet locale le peuple ivoirien, pour la mise en place de la dictature des roitelets.

Il faut encore s’interroger, en se posant des questions, pour tenter de comprendre les motivations réelles de la France, qui ont conduit à la proclamation des « indépendances » des Etats de l’Afrique noire francophone et, en particulier, celle de la Côte-d’Ivoire le 7 août 1960.

Au commencement était la Conférence de Brazzaville. En 1940, la France est vaincue. À Paris, l’armée allemande célèbre sa victoire en défilant sur les Champs-Elysées aux ordres d’Adolf de Hitler. Devenus Maître de la ville lumière, les officiers de la Wehrmacht s’installent et campent dans le palais présidentiel de l’Élysée. Dérouté et liquidé dans la défaite déshonorable et honteuse, le « pouvoir d’État français » est vassalisé et le vainqueur allemand l’attribut (pour mieux le contrôler) au Maréchal Pétain, ce dernier étant un officier supérieur qui, dans la défaite, a trahi son pays, en se mettant au service et à la solde du vainqueur. Dès lors, le centre du « pouvoir d’État français » quitte Paris pour la province et Vichy devient la capitale française de la capitulation.

À l’instar de certains dirigeants africains (francophones surtout) au début des années 60, le pouvoir français de la collaboration va ériger l’occupation allemande en concept. En effet, au cours de ses nombreux discours, le Maréchal « collabo », va tenter de « vendre » auprès des masses populaires, la capitulation comme une « révolution pour la liberté du peuple français ». C’est contre cette capitulation déshonorable et honteuse incarnée par un officier de son armée nationale, que va s’organiser la résistance du peuple français galvanisée par le rusé maquisard Jean Moulin, un chef de réseau qui entretenait des relations avec un certain colonel à l’étranger, Charles-de-Gaulle.

En 1941, de Londres, un officier de droite, le colonel, devenu général, Charles de Gaulle, jusque-là inconnu du grand public français, lance un appel à la résistance nationale, avec le soutien financier des chefs d’entreprise en exil. La plupart des hommes valides ayant été déportés en Allemagne dans les camps des travaux forcés, le général De Gaulle hissé en, leader de la résistance, part à la recherche des troupes dans l’empire colonial. C’est ainsi qu’il débarque à Brazzaville pour tendre la main et proposer un nouveau « PACTE » aux indigènes d’Afrique.

La philosophie de ce « PACTE GAULLIEN » que la France ne respectera pas, est libellée en deux points principaux : « Vous m’aidez à libérer mon pays de l’occupation allemande, et en contrepartie, la France vous accordera la « liberté » en vous aidant à gérer vos propres affaires. Ces deux points (accorder la liberté contrôlée et gérer vos propres affaires) seront les véritables sources des malheurs des peuples africains.

L’exhumation, aujourd’hui, de certains documents confidentiels français de l’époque de la résistance, donne, et confirment des informations jusque-là contradictoires sur les héros de la victoire des alliés (surtout africains) contre les Allemands. Contrairement à la thèse officielle de la France, qui attribue la victoire aux forces alliées européennes et, principalement, au débarquement des soldats américains en Normandie, ce sont, en réalité, des soldats africains, surnommés « les tirailleurs sénégalais » par le régime colonial, qui furent les principaux et véritables acteurs de la défaite allemande. Placés en tête des troupes françaises par l’état-major contre les avancées de l’armée allemande dans les Ardennes (pour les combats corps-à-corps), étaient plus nombreux à l’annoncée de la victoire que les soldats blancs français. La situation (de la survie des soldats africains, pourtant mis en avant comme chair à canon) devenant si gênante (victoire des Noirs sur les Allemands), cela va contraindre le général De Gaulle (pour ne pas être officiellement redevable aux combattants africains) à donner l’ordre de mobiliser de nouveaux soldats français blancs pour assurer « dignement » le défilé de cette victoire sur l’avenue des Champs-Elysées en 1944.

Pire encore ! La France va éviter le témoignage public des soldats africains. Alors, sur le chemin de retour dans leur pays d’origine, par vagues successives dans des bateaux affrétés, l’état-major va mettre au point un plan criminel. La France profite d’une escale au Sénégal où les soldats africains sont parqués dans le camp de Thiaroye, pour donner l’ordre de leur tirer, nuitamment, dessus.

Le film du réalisateur sénégalais Sembene Ousmane Thiaroye 1944 qui parle de cette tragédie sauvage des soldats africains venus du combat de la libération et tués en chemin par la France officielle a été longtemps interdit de projection à Paris. C’est donc, au lendemain de cette libération de la France de l’occupation allemande en 1945, que des nationalistes indochinois et algériens projettent contre l’empire colonial français le combat de la liberté que l’humanité retiendra à jamais. Ce combat de la libération de leur pays, est perçu comme un processus inéluctable, surtout, au lendemain du partage de Yalta (dépeçage du monde où chaque puissance choisit ses « morceaux d’États » qui lui sont rattachés) qui va accentuer la division du monde en deux blocs idéologiques antagonistes : le bloc de l’Est et celui de l’Ouest.

C’est dans la peur d’une « contagion indépendantiste » qui risquerait d’embraser l’ensemble de ses colonies, que la France s’est précipitée pour donner des « indépendances factices ». Ceci devait s’appliquer rapidement pour contrer en Afrique noire la propagation de la volonté du nationaliste guinéen, Sékou Touré, qui avait déjà parlé de référendum pour choisir entre l’indépendance (dans la dignité) ou la collaboration (dans le déshonneur) avec la France, dès le Congrès de Conakry en 1956.

Ces « présidents africains », installés au pouvoir politique dès 1960, ne sont que des pupilles de la nation française. Majoritairement issus de la chefferie traditionnelle africaine, ils ont été formés à la gestion des intérêts français depuis l’école coloniale de William Ponty à Dakar pour la plupart d’entre eux. Le chef de file, pour gérer les « indépendances africaines ,, en association maçonnique avec la France, c’est Félix Houphouët-Boigny, l’ex-rebelle du Syndicat agricole africain de Côte d’ivoire, vaincu au combat, en juin 1950. Dès la proclamation des indépendances factices, la dictature du parti unique, pour le développement des intérêts de la France sans Ia liberté d’expression des peuples africains, sera gérée depuis des officines françaises. Ces « indépendances » étaient mises sous surveillance par le clan du commerce colonial, que Félix Houphouët-Boigny lui-même a appelé en 1956 (au Congrès de Conakry) la Françafrique. Un lobby colonial, qui va gérer l’intérêt africain de la France, combinés, aux intérêts de la bourgeoisie africaine du pouvoir politique, qui produit une élite nourrie à la dictature. Une élite africaine néfaste, qui se succède au pouvoir depuis 1990, toujours au détriment des intérêts des peuples. Parce qu’elle a conservé de grandes séquelles de la violence organisée contre l’opposition politique pendant les années sombres du parti unique (30 ans) et qu’elle fait payer aux manifestantes d’aujourd’hui.

Une preuve. La mise à feu de la Côte-d’Ivoire commence en 1994, lorsque, sans consulter le peuple ivoirien par référendum (c’est une méthode qui ne relève pas de sa culture politique), le président Henri Konan Bédié (HKB), l’enfant chéri de la dictature, taille une loi électorale à sa mesure. Un texte inique, qui vient de l’apartheid, où il est écrit, que : « Pour être candidat aux élections présidentielles, il faut être ivoirien de père et de mère elle-même ivoiriens de naissance ». Dans un pays d’immigration comme la Côte-d’Ivoire, où le patronat du syndicat agricole européen et africain a déporté les travailleurs du nord ivoirien depuis 1930, HKB barre le chemin à Alassane Ouattara, pour se frayer une voie vers le pouvoir à vie.

Dans mon dernier livre, Liberté confisquée 2 : le temps de la révolution africaine (dont la publication est gênée depuis novembre 2009 par les interférences des avocats de Laurent Gbagbo), j’ai écrit avec documents à l’appui. J’ai publié, après recherche, qu’en 1949, à l’époque où le gouverneur Béchart dirigeait le territoire ivoirien, que la population d’origine voltaïque (le Burkina faso) déportée en basse cote, comme ouvriers du travail, à il seul, s’élevait à deux millions de personnes en Côte-d’Ivoire, j’y ai également donné les chiffres par vagues d’arriver de 1952 à 1975.

Au vu de ce peuplement voulu par la classe politique ivoirienne dans les années 1950, écrire une loi d’État en juin 1994, dont le seul but réel est de barrer le chemin de la candidature d’un homme d’origine voltaïque, c’est cultiver volontairement sans prévention (dans une démarche politicienne) les germes de la guerre, celle que la Côte-d’Ivoire connaît depuis 2002.

Le vrai problème, depuis 1990, est que tous les prétendants à la magistrature suprême craignent de n’avoir des chances de gagner les élections, dans une campagne qui demanderait un discours politique de conviction nationale, et un programme sérieux pour sortir le peuple de la pauvreté. Alors, ils prennent successivement la Côte-d’Ivoire et le peuple en otages, en utilisant des discours d’exclusion, tout en faisant croire à l’Ivoirien moyen, qu’ils sont les garants de sa souveraineté. Ce mépris de la capacité du peuple, à se choisir son dirigeant en toute indépendance, vient du parti unique. Et c’est ce mépris que l’on aperçoit à travers la gestion et l’amnistie automatique des cadres dirigeants corrompus au fil des gouvernements successifs (du PDCI au FPI), par toutes les générations du pouvoir, depuis 1960.

Venue, pour la plupart de milieu appauvri, la priorité de cette élite reste (en découvrant les richesses des caisses de l’État) l’enrichissement dans le détournement de deniers publics et la spéculation pour échapper à la pauvreté contre la défense des intérêts du peuple. C’est dans ces conditions, qui « procurent la joie du profit », que survit à la permanence du vol d’État organisé par tous les camps présidentiels, qui s’est succédé au pouvoir en Côte d’Ivoire, depuis 1960. C’est pour cela que, les dirigeants politiques qui ont créé la crise de l’ivoirité constituent une véritable société de connivence criminelle avec les rebelles du Nord, tissée sur la souffrance du peuple, qui est devenu une victime expiatoire d’un désordre organisé.

Dans un tel système à caractère mafieux, où le pays est coupé en deux depuis huit ans par deux armées ivoiriennes antagoniques et le pouvoir politique partagé entre les belligérants, que peuvent faire valoir des élections organisées ? Le président élu peut-il avoir la puissance nécessaire et les moyens politiques suffisants pour juger tous les criminels des deux camps qui ont pillé les biens et exterminé des vies humaines afin que la véritable paix puisse revenir sur le territoire ivoirien ?

Alors incapable de répondre, à ces différents problèmes, le régime criminel de cri— tiquent des intellectuels de droite (Venance Konan) comme de gauche (Bernard Doza), un danger permanent. Parce que ces intellectuels ne lui sont pas favorables (et qu’ils ont accès aux médias français et directement à la jeunesse ivoirienne en mal de vivre).
Pour caricaturer les visions de la chose politique ivoirienne des deux écrivains, les médias et les griots : Gbagbo avancent que « les discours de Bernard Doza et de Venanance Konan ne sont pas ceux des intellectuels, mais des agents et des barbouzes payés par la France. Je demande aux Ivoiriens : qu’en est-il du président Laurent Gbagbo qui devenu le nouveau sous-préfet local de la France, pour avoir vendu la Côte d’Ivoire à Bolloré et à Bouygues sans contrepartie ?

Le conseiller en communication A.T est encore en vie pour témoigner sur les sommes d’argent énormes que Laurent Gbagbo lui a remis pour corrompre Nathalie D, du ministère français des Affaires étrangères et Dominique de Villepin, l’ancien premier ministre français, afin de les pousser à changer leurs positions sur Gbagbo. Je pourrai m’étendre, mais le moment n’est pas encore venu juger Laurent Gbagbo, le faux patriote qui avait envoyé les enfants du peuple à la mort à Abidjan, pendant qu’il négociait dans son palais, avec le général Poncet, son propre maintien au pouvoir d’État.

Aujourd’hui, Laurent Gbagbo montre et avoue (ce que nous savions d’août 2002). La connivence qu’il a tissée, avec les rebelles de Guilla Soro (qui avait requis sa sécurité avant l’attaque du 19 septembre 2002) dans le partage et l’exploitation des ressources minières de la Côte-d’Ivoire pour rester, le plus temps, au pouvoir sans élection, accusant, en permanence, le refus du désarmement des rebelles.

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