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Chirac aux ordres de Boutéflika.

Mercredi 9 mai 2007, par Paul Vaurs // La France

Un voleur ! Ainsi peut—on résumer la réaction de François Hollande, après les déclarations de M. Chirac au début de la nouvelle année. Le premier secrétaire du Parti socialiste a protesté contre le pillage du programme de son parti par le président de la République : inscription dans la Constitution de la suppression de la peine de mort, non-discrimination à l’embauche, parité hommes-femmes, abolition de l’article 4 de la loi du 23 février 2005, sur le rôle positif de la présence française outre-mer : tous les thèmes sur lesquels M.Hollande comptait pour faire l’unité des socialistes divisés par l’élection présidentielle sont récupérés par M. Chirac pour s’attirer les suffrages de la gauche. Aurait-il l’intention d’être candidat un troisième mandat en 2007 ? Après tout, il n’a jamais dit qu’il ne le serait pas.

Par son comportement, M. Chirac indispose une partie des parlementaires de I’U.M.P qui craignent de voir s’envoler leurs électeurs. Mais I’U.M.P., est désormais entre les mains de M. Sarkozy et l’hôte actuel de l’Élysée n’est pas fâché de mettre en difficulté son rival. Les haines entre politiciens sont inexpiables.

Reculade.

En chargeant Jean-Louis Debré de préparer une nouvelle rédaction— édulcorée —de la loi sur la présence Française outremer, M. Chirac fait davantage que choquer les pieds-noirs et les anciens harkis : il commet une mauvaise action contre la France. L’opération apparaîtra en effet comme un recul. Recul de M. Chirac face à l’offensive de la gauche, recul face au président algérien Bouteflika qui a protesté contre cette loi en termes insultants pour la France dénoncée pour ses « crimes » en Algérie. Le projet de « traité d’amitié » entre la France et l’Algérie est en panne et M Chirac entend le débloquer par des concessions à l’ancien dirigeant fellagha. Le FLN s’était promis naguère de « faire manger son chapeau » à De Gaulle et, l’amenant à capituler en 1962. Il en restait un morceau pour M. Chirac à qui aura été réservé le reniement de l’oeuvre accomplie par la France en Algérie. Précisons qu’il est tout à fait souhaitable d’améliorer et de développer nos relations avec l’Algérie, demeurée si proche de la France à tant de points de vue, mais ce ne doit pas être au prix d’une quelconque repentance de notre pays.

On ne pourrait envisager de toucher à la loi de février 2005 que si l’on en faisait autant pour les autres « lois mémorielles » dans lesquelles le législateur a défini une vérité qu’il impose aux historiens, aux enseignants et aux médias audiovisuels. La loi condamnant le « génocide » arménien par les Turcs et les Kurdes, la loi de 2001 qualifiant l’esclavage et la traite négrière pratiquée par les pays occidentaux (et seulement eux) de crimes contre l’humanité et surtout la loi Gayssot qui inflige des sanctions pénales à quiconque remet en cause par la parole ou par l’écrit les « crimes contre l’humanité » définis par le tribunal international de Nuremberg en 1946 ; Toutes ces lois portent atteinte à la liberté et à la sérénité des historiens et devraient être abolies. Il est cependant bien peu probable qu’on y touche car derrière elles se tiennent des « lobbies » communautaires très puissants...

La reculade de Jacques Chirac dans cette affaire ne lui vaudra pas la sympathie des jeunes immigrés que l’on prétend intégrer dans la société française. Ils seront confortés, au contraire, dans leur mépris d’un pays qui s’humilie aussi piteusement. Quant aux « pieds-noirs » et à leurs amis ils marqueront lors des prochains rendez-vous électoraux leur rejet des politiciens qui, une fois de plus, les auront trompés. !

La Babel européenne.

Un démocrate au pouvoir ne peut que proclamer son intention de respecter « la volonté du peuple » lorsque celle-ci s’est manifestée dans un scrutin. Mais lorsque le peuple a désavoué le pouvoir, le politicien démocrate cherche tous les moyens de tourner la volonté populaire pour, finalement, imposer ses vues. Tel est le comportement actuel de M. Chirac à propos de la « construction européenne ». Il annonce son désir de respecter le résultat du référendum du 29 mai, mais il veut proposer à nos partenaires européens un nouveau traité constitutionnel qui reprendrait certains éléments de la Constitution qui a été rejetée :Ainsi l’élection d’un président européen pour deux ans et demi, un ministre des Affaires étrangères commun, l’extension des votes à la majorité qualifiée, etc., toute référence au libéralisme étant écartée. Quand une nouvelle mouture du traité aurait été élaborée, elle serait soumise au Parlement, lequel serait évidemment plus souple que le peuple prétendument souverain et autoriserait la ratification.

Fort heureusement, nos partenaires ne partagent pas ce point de vue. Le chancelier autrichien Wolfgang Schtüssel, a proclamé, en prenant pour six mois la présidence de l’Union européenne « la Constitution n’est pas morte, simplement elle n’est pas en vigueur ». M. Schüssel considère qu’il faut de nouveau d’ici quelque temps faire voter les Français et les Néerlandais avec une préparation psychologique adéquate. Mme Merkel, le chancelier allemand, partage ce point de vue et se démarque de M. Chirac qui se rend bien compte que faire voter les Français de nouveau serait s’exposer à un « non » encore plus massif que celui du 29 mai dernier.

M. Chirac rencontre aussi des obstacles du côté des Britanniques lesquels n’acceptent pas un développement de la zone euro sous le signe d’une « coopération renforcée », car, bien sûr, ils n’ont nullement l’intention de laisser l’euro absorber la livre sterling.

On ne se lamentera pas et, constatant que la « construction européenne » tend à ressembler à la Tour de Babel, Chaque pays voit l’Europe à sa manière en fonction de ses traditions politiques et de ses intérêts. Des rapprochements ou des divergences se manifestent. Un équilibre européen nouveau remplace l’ancien... En bref, la politique traditionnelle reprend toute sa place. Il est important, dans ces conditions, que la France conserve son rang et déjoue les coalitions qui pourraient se former à son détriment.

Il serait temps que nos dirigeants se rendent compte que l’Europe doit être conçue autrement que comme une unité politique et qu’il faut d’abord s’occuper de résoudre les problèmes français. M. de Villepin s’en prend aux « déclinologues » et M. Chirac invite les Français à faire preuve de « patriotisme ». Fort bien. Mais après avoir laissé si longtemps le pays dériver vers une abdication nationale les hommes au pouvoir ont un fort courant à remonter, à supposer qu’ils consentent à changer de Cap.

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