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Chine : La face cachée.

Mardi 26 octobre 2010 // Le Monde

Le prix Nobel de la paix du dissident Liu Xiaobo, condamné à une longue peine de prison, rappelle utilement que la Chine, « atelier du monde », est une implacable dictature.

Lors de la répression sur la place Tien An Men en 1989, de nombreux dirigeants européens et américains plaidèrent contre les sanctions au nom du réalisme économique et commercial. En peu d’années, les succès économiques de la Chine et la ruée des investisseurs occidentaux firent oublier la véritable nature du régime chinois.

Il y eut bien des protestations quasi-rituelles sur le non-respect des droits de l’homme en Chine, mais les autorités de Pékin savaient parfaitement que les Occidentaux feraient passer le « réalisme » avant tout autre considération. La Chine étant censée « tirer l’économie mondiale » depuis le début de la crise financière en 2008, le sort des opposants chinois se situe au dernier rang des préoccupations. En décembre 2009, lorsque François Fillon se trouve en Chine pour une visite officielle, un certain Liu Xiaobo est condamné à onze ans de prison pour avoir participé à la rédaction de la Charte 08. C’est ce prisonnier qui vient de recevoir le prix Nobel de la paix en raison de « ses efforts durables et non violents en faveur des droits de l’homme en Chine ».

Désormais célèbre, le captif mérite amplement cette distinction : âgé de 54 ans, cet intellectuel, ancien professeur à l’Université Normale de Pékin, est une des principales figures de l’opposition démocratique. En 1989, il était en grève de la faim sur la place Tien An Men par solidarité envers les étudiants. En 1996, il fut condamné à trois ans de camp de travail pour avoir critiqué le Parti communiste. En mars 2008, il s’est joint aux intellectuels chinois qui appelaient leur gouvernement à changer de politique au Tibet. Puis il rédige la première ébauche de la Charte 08, en référence à la Charte 77 signée par deux cents intellectuels tchécoslovaques.

Dans l’introduction de la Charte, il est écrit que « Le peuple chinois, qui endure un désastre en matière de droits de l’homme et a mené d’innombrables luttes au fil de ces années, voit clairement que la liberté, l’égalité, et les droits de l’homme, sont des valeurs universelles de l’humanité, et que la démocratie et un gouvernement constitutionnel constituent un cadre fondamental pour préserver ces valeurs. En s’éloignant de tes valeurs, l’approche du gouvernement chinois vis-à-vis de la "modernisation" s’est révélée désastreuse. Elle a privé le peuple de ses droits, détruit sa dignité et corrompu le cours normal des relations humaines ».

Les signataires réclamaient en conséquence « la liberté, l’égalité, la séparation républicaine des pouvoirs et la démocratie ». Le 8 décembre 2008, Liu Xiaobo est incarcéré et condamné un an plus tard à onze ans de prison pour « subversion ». Le gouvernement chinois a violemment réagi à l’hommage rendu au dissident : un choix « obscène », telle est la position officielle, soulignée par l’arrestation d’une vingtaine de militants démocrates. Ainsi se révèle, pour ceux qui sont distraits par la « compétitivité » chinoise, la face cachée du régime : les entrepreneurs dynamiques convertis au capitalisme sont souvent aussi les dirigeants d’un appareil qui encadre le pays et d’une armée qui fait régner l’ordre (au Tibet, en pays ouïghour) avec brutalité. S’il est vrai que le programme maoïste a été abandonné, l’économie du pays reste dirigée par une organisation hiérarchique (le Parti communiste chinois) qui évite par le massacre, l’emprisonnement et la menace que l’essor de l’économie nationale ne soit entravé par des oppositions politiques qui pourraient s’ajouter aux nombreuses révoltes sociales.

L’efficacité financière, monétaire et "commerciale de la Chine s’explique en partie par cette organisation pyramidale. C’est une des raisons pour lesquelles la direction communiste conservera ses moyens de contrainte et d’intimidation.

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