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Chassons les impérialistes de l’Afrique.

Jeudi 18 janvier 2007, par Paul Tedga. // L’Afrique

L’Année 2006 se termine très mal on Afrique : la Somalie, le Darfour, le
Tchad et le Centrafrique, sont en plein conflit. Les solutions que l’Union
Africaine (UA) propose pour y faire face, sont loin d’être adaptées aux
différentes situations. Rien ne pourra marcher en Afrique si les
organisations qui sont supposées accompagner notre continent dans sa quête
d’indépendance et du mieux-être, sont sous une totale influence extérieure.
C’est le cas de (l’U A), que les Occidentaux ont réussi à prostituer au
point qu’elle est devenue pire que ne l’était, hier, la défunte Organisation
de l’Unité Africaine (OUA).

Je me souviens du chaud débat, au Sommet de Lomé, en juillet 2000, quand il
avait fallu enterrer « OUA » au profit de l’U A. J’avais écrit des
éditoriaux dans lesquels je m’étais montré contre la création de l’U A car j’ai
toujours pensé que ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on peut guérir
du paludisme. OUA ou UA. pour moi, c’est bonnet blanc - blanc bonnet. Tant
que les Africains ne se donneront pas les moyens de la maîtrise de leur
destin, notre continent tournera toujours en rond.

Je pense sincèrement que Thabo Mbekl, malgré parfois son incohérence, avait
eu une bonne idée en prônant la Renaissance Africaine. Nous aurions dû le
conforter dans cette idée dont il est le concepteur. Certains chefs d’Etat l’ont
au contraire combattu sans réel fondement. Partie de la Renaissance
africaine qui avait pour ambition d’aboutir à une demande collective
africaine de l’effacement de la dette du continent, l’Afrique a eu droit au
NEPAD qui est le contraire de ce qui était pensé avant. Lancé à très grand
renfort de publicité depuis cinq ans, ce concept mort-né n’a finalement
servi à rien. Pourtant la Renaissance Africaine avait un contenu où l’Africain
était l’alpha et l’omega de tout le processus contrairement au NEPAD qui se
définit, d’abord, à partir du bon vouloir de nos « bienfaiteurs » du Nord.

Je comprends qu’Alpha Oumar Konaré ne soit pas candidat à sa propre
succession à la tête de l’UA qui, en réalité, est une coquille vide. Il
avait pourtant remué ciel et terre pour en chasser Amara Essy qui y avait
trouvé un excellent point de chute, sa Côte d’ivoire natale n’étant plus un
pays très fréquentable. Mais à force d’avaler les couleuvres, il a fini par
jeter ses propres principes éthiques dans le fleuve Niger. Ne pouvant plus
continuer de présider la Commission d’une organisation continentale qui
prend l’essentiel de ses ordres et de ses financements à l’extérieur, il est
normal qu’il plaque tout, pour retourner à Bamako sinon l’échec de l’UA se
confondra à sa propre image.

Si le président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, recevait
certains ordres de Washington ou de Moscou, que diraient les Européens ?
Pourtant, ce sont les Français, par exemple, qui décident de ce qu’il y a
lieu de faire en Centrafrique, au Tchad, deux pays où la politique qu’ils
prônent en Afrique est radicalement contraire de ce qu’ils imposent en Côte
d’ivoire, au grand dam des chefs d’Etat de l’UA qui ne font qu’avaliser de
telles positions avant de les soumettre aux Nations-Unies, sans se soucier
des qu’en dira-t-on au sein de leurs opinions publiques. La défunte OUA
proposait au moins un semblant de débat avant de s’enliser dans des luttes
idéologiques. Avec l’UA, il n’y a plus rien. Quand on annonce une
discussion au sein de ses différentes instances, c’est toujours pour adopter
les positions que la rumeur a déjà fait courir dans certaines capitales
occidentales.

Quand un chef d’Etat africain (à quelques très rares exceptions près) veut
procéder à un remaniement ministériel, il soumet sa liste qui à Paris, qui à
Londres, qui à Washington, qui à Bruxelles, qui au FMI et à la Banque
mondiale, doit préalablement obtenir l’adhésion de cette communauté des
bailleurs de fonds. Quand nos opposants bien aimés veulent briguer la
magistrature suprême, ils font, aussi, le tour des mêmes capitales et des
mêmes institutions, comme s’ils ne pouvaient pas être élus sans recevoir l’onction
de ces dernières.

L’Africain peut-il se faire respecter avec de tels comportements ? A-t-on
déjà vu Bush, Blair, Merkel ou même Chirac qui croit profondément en son for
intérieur que « l’Afrique n’est pas encore mûre pour la démocratie », se
pavaner dans certaines grandes capitales africaines sous le prétexte de
chercher des soutiens en vue de leur élection ou réélection ? A quand
alors la maturité des Africains ?

J’ai commencé cet éditorial en indiquant que l’année 2006, en Afrique, se
termine très mal. Ce qui veut dire que le début de l’année 2007 sinon une
bonne partie ou la totalité de l’année 2007 sera aussi mauvaise. Ce qui veut
encore dire que tout dépend de nous. Si nous devenons des acteurs engagés,
les Occidentaux où qu’ils soient, quels qu’ils soient, réfléchiront à deux
fois avant de s’ingérer dans nos affaires pour y foutre du désordre comme
ils le font aujourd’hui impunément. Mais si nous restons passifs, muets et
amorphes, comme en 2006, nous n’aurons que nos yeux, pour pleurer fin
décembre 2007.

Chers frères et soeurs d’Afrique et de la diaspora, levons-nous ensemble
pour chasser, à partir de ce janvier 2007, l’impérialisme de l’Afrique. C’est
la seule façon de faire si nous voulons regarder les autres dans les yeux,
fiers d’appartenir à un continent qui dispose de tous les atouts pour
devenir une puissance mondiale. Tels sont mes voeux pour l’année qui
commence.

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