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Charles de Gaulle.

Lundi 26 février 2007, par Paul Vaurs // Homme d’honneur

Visionnaire et engagé, Charles de Gaulle fut l’un des premiers à penser l’Europe comme une entité destinée à créer une "solidarité de fait" sans porter atteinte aux souverainetés nationales.

Sa vie

Né à Lille le 22 novembre 1890, il sort diplômé de l’Ecole militaire de Saint-Cyr en 1912 et devient officier à la veille de la Première Guerre Mondiale, où il obtient la Légion d’honneur.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, c’est en tant que sous-secrétaire d’Etat à la Guerre qu’il s’oppose à l’Armistice et quitte la France pour l’Angleterre le 17 juin 1940.

L’appel du 18 juin 1940.

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle s’adresse aux Français sur les ondes de la BBC et lance son appel à la Résistance. Il dirige ensuite les Forces Françaises Libres et devient le symbole de la résistance à l’occupant allemand. Chef du gouvernement provisoire à partir d’octobre 1945, il démissionne en janvier 1946 par opposition à la Constitution de la IVème République qu’il juge incapable d’assurer la stabilité de l’Etat. Il fonde le Rassemblement pour la France (RPF) et rédige les trois tomes de ses Mémoires entre 1947 et 1959.

Pendant son absence politique appelée « traversée du désert », il critique, souvent et de façon véhémente, les modalités de la construction européenne.

Il rejette le caractère supranational de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) et désapprouve le projet d’une Communauté européenne de défense (CED), qu’il contribue à faire échouer à l’Assemblée Nationale en 1954. Le principe d’une armée européenne comprenant des contingents allemands, de plus placée sous commandement de l’OTAN (c’est-à-dire américain), lui paraît une remise en cause inacceptable de la souveraineté-nationale.

Il est rappelé en raison des développements en Algérie et fait approuver par référendum la constitution de la Vème République. Le 21 décembre 1958, Charles de Gaulle est élu Président de la République française au suffrage universel indirect.

1959-1968 : la France dans l’Europe.

Il se rallie à cette époque à l’idée de l’intégration européenne et assure l’entrée de la France dans la Communauté économique européenne (CEE) à la suite de la signature du traité de Rome en 1957. Celle-ci prévoit la coopération économique, l’abolition progressive des barrières douanières entre les pays membres et la mise en place de tarifs douaniers communs avec-l’extérieur.

Charles de Gaulle entreprend avant tout de consolider l’entente franco-allemande, car à ses yeux les deux peuples constituent le pivot de l’Europe. C’est en ce sens qu’il signe le 22 janvier 1963 avec Konrad Adenauer le Traité de l’Elysée qui marque le début d’une nouvelle ère des relations franco-allemandes, marquée par la coopération culturelle, les actions en faveur du rapprochement de la jeunesse des deux pays ou la concertation intergouvernementale.

Son attitude face à la communauté européenne et à ses élargissements demeure prudente. Il oppose à deux reprises le veto de la France à l’adhésion du Royaume-Uni au Marché Commun, en 1963 et en 1966-1967, parce qu’il juge les Britanniques trop proches stratégiquement des Etats-Unis.

S’il rejette avec force les idées fédéralistes dont s’est chargé le Traité de Rome, Charles de Gaulle adhère résolument à la perspective du libre-échange européen. Il propose le 5 septembre 1960 une coopération européenne à caractère politique et non plus seulement économique. Cette idée est reprise lors du Sommet européen de Bonn l’année suivante.

1962-1966 : la PAC et la politique de « la chaise vide ».

La mise en œuvre de la Politique agricole commune (PAC) illustre bien la façon dont le général de Gaulle envisage l’application du Traité de Rome. Selon lui, le marché commun agricole est en effet inséparable du marché commun industriel prévu par le traité. Le 14 janvier 1962 sont adoptés les premiers règlements sur la PAC.

A partir du 1er juillet 1965, il souhaite faire savoir de manière spectaculaire que la France n’entend pas laisser limiter ses choix et décisions par les instances communautaires.

Il pratique ainsi la politique dite de « la chaise vide » en suspendant la participation de la représentation française aux réunions du Conseil des Ministres de la CEE, afin d’exprimer tout à la fois son refus de l’application du principe de la majorité qualifiée dans les prises de décision communautaires et son opposition à l’insuffisance des propositions de la Commission au sujet du financement de la PAC.

Après six mois de blocage, en janvier 1966, le compromis de Luxembourg sur le fonctionnement des institutions, permet à un Etat de demander le changement de mode de vote lorsqu’un projet de décision communautaire risque de porter atteinte à un intérêt national jugé-vital.

Sa conception de l’Europe.

Charles de Gaulle reste très attaché à une certaine idée de l’Europe, celle d’une libre association d’Etats souverains. C’est en ce sens qu’il propose le plan Fouchet, qui prévoit un Conseil réunissant les chefs de gouvernement, une Assemblée parlementaire européenne et une Commission politique européenne. Mais, le 17 avril 1962, les gouvernements belge et hollandais opposent leur veto au plan français.

Un mois plus tard, le 15 mai 1962, dans une conférence de presse devant tous ses ministres, le général de Gaulle s’oppose catégoriquement à la supranationalité : « Dante, Goethe, Chateaubriand […] n’auraient pas beaucoup servi s’ils avaient été des apatrides et s’ils avaient pensé, écrit en quelque esperanto ou volapük intégrés ». Cinq ministres, dont Pierre Pflimlin, quittent alors le gouvernement, outrés du traitement injurieux infligé à l’idée européenne.

Charles de Gaulle conçoit l’Europe comme un espace d’entraide et de solidarité, où aucun membre n’abdique ni son identité nationale si les prérogatives de sa souveraineté. Une pensée certes fondée sur la nation, mais qui reconnaît dans l’Europe pacifiée et prospère le seul avenir possible des nations d’Europe, face aux dramatiques guerres du passé et aux enjeux internationaux du présent.

L’Europe qu’il envisage doit s’affirmer face aux Etats-Unis et refuser toute subordination à leur égard. Si la diplomatie et la défense demeurent des compétences nationales, il souhaite lui voir jouer un rôle dans l’aide au développement, comme il l’affirme à Washington en 1960. Cette mission est plus spécifiquement dévolue à un Fond Européen de Développement qu’il a fortement promu auprès des autorités communautaires.

Après avoir dominé la vie politique française pendant plus de 30 ans, il abandonna le pouvoir en 1969, au lendemain de l’échec du référendum.

Il meurt peu après, le 9 novembre 1970, dans sa maison de Colombey-les-deux-églises.

 

Propos choisis

Le destin européen

"L’Europe existe, consciente de ce qu’elle vaut dans l’ensemble de l’humanité, certaine d’émerger de l’océan de ses douleurs, de reparaître mieux éclairée par ses épreuves et susceptible d’entreprendre pour l’organisation du monde le travail constructif - matériel, intellectuel, moral - dont elle est éminemment capable, lorsque aura été arrachée de son sein la cause capitale de ses malheurs et de ses divisions, c’est-à-dire la puissance frénétique du germanisme prussianisé. C’est alors que l’action, l’influence et, pour tout dire la valeur de la France, seront, comme le veulent l’Histoire, la géographie et le bon sens, essentielles à l’Europe pour s’orienter et renouer avec le monde. L’attitude et la politique du gouvernement s’efforcent de ménager, tout en combattant, ce rôle d’Européen que, demain, saura jouer la France pour l’avantage de tous."
Discours prononcé devant l’Assemblée consultative provisoire à Alger, le 18 mars 1944, in Discours et Messages, t. 1, pp. 387-388.

"Nul plus que moi n’est convaincu de la nécessité de construire l’Europe… Entre une Europe que sollicite le Commonwealth et une Allemagne qui se cherche, j’ai toujours pensé que la France était destinée par sa géographie même à promouvoir l’Union européenne".
Lettre au Comte Richard N. de Coudenhove-Kalergi, fervent défenseur d’une union politique européenne, en 1948.

L’Europe des nations librement associées

"J’entends une Europe formée d’hommes libres et d’Etats indépendants, organisée en un tout susceptible de contenir toute prétention éventuelle à l’hégémonie et d’établir entre les deux masses rivales l’élément d’équilibre dont la paix ne se passera pas."   
Discours prononcé à Lille le 29 juin 1947, in Discours et Messages, t. 2, pp. 87-88.

Sélection d’ouvrages de Charles de Gaulle

Lettres, notes et carnets, Plon, Paris, 1986.

Discours et messages (1940-1969)

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