Chambardement planétaire

Samedi 20 septembre 2008, par Politique Magazine // Le Monde

Les nuages persistent sur l’économie mondiale avec une crise qui n’en finit pas et redistribue les cartes sur le globe. La situation mondiale est plus préoccupante que d’aucuns l’avaient imaginée. Pour la première fois, sont venus se conjuguer une crise du crédit, un choc pétrolier et une forte déflation des actifs immobiliers et boursiers. De fait, l’éclatement de la bulle immobilière américaine a dégénéré en crise financière. Et celle-ci est devenue économique sous l’influence de trois chocs : un choc pétrolier frappant toutes les économies développées ou non, et chacun dans son quotidien, toutes les matières premières épousant cette courbe ascendante, d’où une inflation généralisée ; Un second choc manifesté par une crise sans précédent du crédit un choc boursier, enfin, avec des marchés mondiaux qui ont perdu en un an environ un sixième de leur valeur.

L’économie mondiale de surcroît ne tourne plus autour du seul axe constitué par les pays développés. Un second pôle de puissance a vu le jour autour des grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil...) dont le produit intérieur brut (+ 7,3% l’an en moyenne depuis 2003, selon le FMI) totalise pratiquement le même poids. Si bien qu’après cinq années de croissance mondiale à 5%, environ 10% la population mondiale sont sortis de la pauvreté.

Plus que jamais le rythme des changements s’accélère sur la planète et il y a forcément des gagnants et des perdants. Chaque nation, chaque entreprise, chaque famille, est concernée et voit sa situation relative s’améliorer ou se dégrader. À tous il incombe de s’adapter un monde où l’énergie et les matières premières rares et chères, bouleversent sinécures et droits acquis, notamment dans les grands pays développés qui vont devoir s’adapter à une conjoncture mouvante et dure.

En fait, on assiste à une nouvelle répartition des richesses dans le monde avec l’essor sans précédent des fonds souverains, la dévaluation persistante du dollar, avec pour corollaire le passage de l’euro au statut de monnaie mondiale côté du billet vert, la réhabilitation de l’énergie nucléaire, sans oublier la décrue des prix de l’immobilier et une sensible revalorisation des terres agricoles.

Pas facile dans ces conditions d’adopter les meilleures stratégies pour s’en sortir. On sait toutefois que plus un pays rogne ses dépenses publiques et réduit le poids de sa dette, et plus il renoue avec la croissance. Il convient donc de réformer alors même que la tempête fait rage. C’est le choix du gouvernement français avec le budget 2009.

Alors que l’endettement public dépasse les 1 200 milliards d’euros et que la chute de la Bourse aura un impact négatif sur le rendement de l’impôt sur le revenu et sur l’1SF. Sans compter que le ralentissement économique fragilise les finances publiques en creusant « naturellement » leurs déficits. Il n’était d’autre choix que la rigueur budgétaire et l’accent mis sur l’accélération des réformes structurelles. Avec en particulier, le « non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux », un signe fort de la volonté politique de réforme du gouvernement. Comment pourrait-il en être autrement alors qu’au sein de la zone euro, la France connaît depuis vingt ans la plus forte hausse des dépenses publiques, la plus vertigineuse envolée de la dette et les prélèvements obligatoires les plus lourds.

La seule réalité, c’est la réalité nationale. Il faut sauver la nation France il faut le faire bien et vite. Pour lui donner les moyens de repartir et de prospérer. Il y a, au-delà des réformes tous azimuts, la question des institutions, du projet, de la continuité.

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