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Cette étrange affaire Neyret.

Samedi 15 octobre 2011 // La France

Cela ressemble au scénario convenu d’un très banal film de gangsters et de policiers « ripoux », avec intervention des « boeufs-carottes ». L’arrestation du commissaire Neyret, numéro 2 de la police judiciaire lyonnaise, et de certains de ses subordonnés, pourrait n’être qu’un fait-divers un peu plus sensationnel que d’autres en raison de la personnalité du policier mis en cause. Du reste, Claude Guéant, ministre de l’intérieur, lui-même rajouté à la dramatisation en parlant de « séisme » et d’« immense douleur pour la police ».

En ce qui concerne les faits eux-mêmes, il faut nous contenter de ce qui filtre de l’enquête en cours. Le commissaire Neyret est soupçonné d’avoir détourné de la drogue (du cannabis) et d’avoir reçu des cadeaux de la part de personnages du « milieu ». Selon les proches du commissaire, il s’agirait simplement de pratiques destinées à recueillir de l’information et à rétribuer des indicateurs.

Du reste, l’un des anciens supérieurs de Michel Neyret, Daniel Guichot, qui a lui-même dirigé la brigade anti-gang de Lyon, s’est déclaré persûadé que Neyret « avait fait ça à bon escient », et a rappelé que « on n’a pas d’informations auprès des anges gardiens ». En somme, un « super flic », aux états de service plus qu’honorables aurait franchi la ligne jaune, et peu visible, des pratiques illégales. L’histoire n’est pas sans rappeler celle du commissaire Jobic, accusé de faits semblables à la fin des années 1980 et emprisonné avant d’être totalement blanchi par la justice.

L’affaire Neyret est symptomatique. Nous exigeons beaucoup de notre police, trop peut-être. Nous lui demandons d’être efficace et de garder les mains nettes. Nous voudrions que les policiers de la vraie vie ressemblent à ceux de nos séries télévisées où des hommes et des femmes bien propres sur eux démasquent les pires crapules à l’aide de leur seule bonne volonté et de la force que leur donne la loi. Dans la vraie vie, heureusement pour les honnêtes citoyens, tous les policiers ne s’appellent pas Navarro ou Julie Lescaut, Lutter pour défendre la loi amène forcément à se battre aux frontières de cette même loi, mais aussi aux frontières de la morale.

L’affaire Neyret n’est sans doute pas le séisme que l’on veut nous faire croire. Elle ne mérite ni cet excès d’honneur ni cette indignité. Elle doit nous rappeler simplement que le travail policier est pénible et ingrat, et surtout qu’il mérite mieux que les caricatures ou les injonctions d’une vertu trop exigeante pour être honnête.

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