Certains lui prétendent un ancêtre en Asie centrale…

Mardi 5 avril 2011, par René Cagnat // L’Histoire

Pendant des siècles, les grands de ce monde s’y adonnèrent. Des tournois étaient organisés à la cour d’Haroun al-Rachid…

Les stratèges persans et indiens y excellaient…

Jeux d’échecs ou « Grand Jeu », l’Asie centrale a toujours été un espace propice à de grandes manœuvres !

Avec René Cagnat nous explorons les enjeux et les particularités de ce qui est devenu le « Très Grand Jeu »…

Suite et fin de « Asie centrale, jouet des grandes puissances : le Très Grand Jeu »

Branle-bas en Asie centrale

« Au XIXe siècle les géopoliticiens allemands, suivis au XXe siècle par Mac Kinder, donnaient à l’Asie continentale une importance étonnante, la présentant comme une sorte « d’axe du monde ». Un fait, jusqu’ici inaperçu, semble aujourd’hui justifier cette vision stratégique : l’Asie centrale est de nos jours, dans le cadre d’une crise majeure la seule région où interviennent, de façon plus ou moins directe mais réelle, presque toutes les puissances nucléaires avérées : celles du Conseil de sécurité, mais aussi, par effet de proximité, l’Inde et le Pakistan, sans oublier un outsider comme l’Iran. » René Cagnat 2004


Liber de Moribus

« Asie centrale (1), jouet des grandes puissances : le Très Grand Jeu »

Suite…et fin.


« Jeune Persan jouant aux échecs avec deux prétendants » Illustration tirée de « Haft Awrang » de Jami.

3) Le Très Grand Jeu

Le Très Grand Jeu correspond à l’action de chacune des grandes puissances pour influencer, voire contrôler avec ses moyens spécifiques une Asie centrale plus que jamais bien placée sur l’échiquier mondial et devenue très riche en ressources énergétiques et métaux rares. « Le Très Grand Jeu dans l’étranger proche : l’exemple du Kyrgyzstan »

Prenons, tout d’abord, l’exemple du Kyrgyzstan pour expliciter le Très Grand Jeu russe, c’est-à-dire ce qu’a pu entreprendre, ces dernières années, la Russie pour maintenir ses positions en Asie centrale, notamment face aux empiètements américains.

Cette action spectaculaire de Moscou au Kyrgyzstan s’est appuyée à l’intérieur du territoire kirghize sur la présence d’une minorité influente de 600 000 Slaves (11% de la population).

  • Une nouvelle ambassade de Russie à Bichkek - la plus importante des ambassades en place assortie d’un consulat général à Och.
  • Une université slave réputée installée à Bichkek.
  • Le maintien de cinq petites garnisons russes dont l’effectif global doit être compris entre 400 et 600 hommes. Parmi elles, la base aérienne de Kant peut accueillir quasi-instantanément des renforts de troupes aéroportées : ce fut le cas lors de chacune des révolutions.

Face à ses rivaux Moscou utilise les leviers traditionnellement utilisés pour exercer une influence interne : recours aux activités souterraines, notamment en direction des partis ; aménagement du monopole énergétique de Gazprom(13) ; insertion des Kirghizes dans le réseau des alliances militaires et économiques : OTSC et EURASEC, formation des élites en Russie, acceptation sur le territoire russe d’une main d’oeuvre kirghize de 400 000 personnes, etc.

Fin 2003, les Russes répliquent à l’apparition, deux ans auparavant, d’une base américaine à Manas, au nord de Bichkek, en installant leur propre base sur un ancien aéroport soviétique à Kant, à l’est de la capitale kirghize.

L’intervalle a correspondu pour les Russes à un temps d’attente pour évaluer les intentions américaines suivi d’un temps de réaction.

La distance entre les 2 bases est inférieure à 30 km.

Elles coexistent depuis 8 ans sans friction apparente. Il faut dire que la base russe, pour laquelle Moscou ne paye pour l’instant aucun loyer, est de 8 à 10 fois inférieure à la base américaine.

En avril 2005, la Révolution des tulipes est organisée en bonne part par la CIA dans la ligne des révolutions de couleur – à Bichkek où Freedom House finance l’imprimerie des journaux d’opposition comme à Djallalabad où l’insurrection est suivie à partir d’un club de jeunesse financé par une ONG américaine. De 2005 à 2009, Bakiev louvoie entre Etats-Unis et Russie appliquant la diplomatie dite pluri-vectorielle qui permet de profiter des rivalités des grandes puissances en grappillant quelques avantages. Ainsi, en mai 2009, alors que l’OTAN vient d’organiser à Astana, pour la première fois hors de son territoire, le forum du Conseil de partenariat euro-atlantique, le président kirghize accepte de favoriser la réplique russe à cette nouvelle intrusion : l’installation dans le sud-kirghize d’un bataillon russe et d’un centre de lutte contre la drogue. Mais en novembre cette installation est reportée et, même, l’agence kirghize de lutte contre la drogue est dissoute… Le Kremlin est d’autant plus irrité par les atermoiements de Bakiev qu’il se sent trahi par le président kirghize : alors que la Russie lui a accordé un don et des crédits très avantageux en échange d’un départ des Américains de Manas, il accepte, contre argent comptant, que les Américains restent en définitive. Poutine, ulcéré, procure un soutien à la révolution du 7 avril au point de donner l’impression qu’elle est une machination russe. En juin, pourtant, alors que la présidente kirghize a demandé instamment l’intervention à Och de l’OTSC, cette dernière, tout comme l’armée russe, se révèle incapable d’agir : le « syndrome afghan » a peut-être empêché le président Medvedev de lancer ses troupes dans un piège qui pouvait se refermer sur elles. Pour autant, l’appui matériel et financier de Moscou ne semble pas se démentir alors même que les Kirghizes, en choisissant une république parlementaire, s’opposent aux options politiques de la direction russe (14).

Actuellement, ces développements se poursuivent puisque la négociation concernant l’installation près d’Och du bataillon russe (400 hommes) a repris.

Cette installation doublerait la présence militaire russe au Kyrgyzstan et, intervenant dans une zone névralgique, permettrait au Kremlin de peser sur les événements à venir autrement mieux que Washington. Pour cette raison, sans doute, les Etats-Unis envisagent à nouveau l’installation d’un centre d’entraînement dans le Sud kirghize…La préparation des élections législatives kirghizes du 10 octobre comme leur suite ont en tout cas montré qui tire les ficelles à Bichkek : les chefs de file des partis n’ont cessé de faire antichambre à Moscou et de l’annoncer pour en tirer avantage…

Le Très Grand Jeu en Asie centrale

L’affirmation de la présence russe est poursuivie dans tout pays d’Asie centrale ex-soviétique malgré des moyens limités. Elle privilégie partout le facteur énergétique. Si elle est relativement aisée au Kyrgyzstan, au Kazakhstan comme au Tadjikistan, elle est en revanche plus difficile au Turkménistan comme en Ouzbékistan.

Au Kazakhstan, l’action russe appuyée sur une minorité agissante de 4 500 000 Slaves (30% de la population) et sur la base militaro-spatiale de Baïkonour, intervient autour du personnage clé de Nazarbaev.

Ce dernier, fin manoeuvrier, sait qu’il ne peut s’opposer aux Russes sans risquer une partition de son pays (c’est d’ailleurs dans cette perspective qu’il a installé sa capitale à Astana afin d’ancrer au Kazakhstan le nord kazakh peuplé de Russes).
Même si Astana flirte avec Pékin en se préparant à fournir massivement aux Chinois pétrole et gaz, même si, aujourd’hui, 50% du pétrole livré par le BTC est d’origine kazakhe, les livraisons actuelles à la Russie d’hydrocarbures kazakhs atteindraient la moitié de la production nationale de pétrole et de gaz. Notons que l’apparition de l’Espace économique uni (EEU) a certainement pour visée partielle le freinage de l’accaparement par la Chine des ressources kazakhstanaises.

Moscou, de toute façon, sait que, dans 10 ou 20 ans, lorsque le besoin d’eau deviendra critique, le détournement vers l’Asie centrale du surplus des fleuves sibériens pourrait rétablir, notamment pour le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, une dépendance considérable à l’égard de la Russie.

En Ouzbékistan, beaucoup dépend de l’humeur du président Karimov :

aux périodes d’hostilité, illustrées par une lutte systématique contre la langue russe, succèdent des rémissions savamment négociées par la diplomatie moscovite.

Mais l’évolution des relations russo-ouzbèkes dépend aussi de l’évolution des relations americano-ouzbèkes.

Ainsi, en 2005, la critique acerbe par l’Occident de la répression d’Andijan s’est traduite par la fermeture de la base américaine de Karchi-Khanabad mais également par le retour de Tachkent dans l’EURASEC et l’OTSC.

La tendance actuelle est au rapprochement des Ouzbeks avec les Occidentaux car la création, via Termez, du réseau logistique nord pour approvisionner l’Afghanistan est extrêmement lucrative pour Tachkent.
Pour l’instant – fait significatif -, le gaz représente 90% des exportations ouzbèkes vers la Russie : le montant est assez considérable puisqu’il atteint 15,5 milliards de m3 par an.

Au Turkménistan où, du fait de l’amélioration de la situation économique la minorité russe se renforce un peu mais où la langue russe est en grand recul, l’action de Moscou porte surtout sur le secteur énergétique. Il s’agit de préserver la capacité d’exportation par oléoducs ou gazoducs mise à mal aussi bien par le vieillissement des installations que par la concurrence étrangère, occidentale (BTC) ou chinoise.

Si jusqu’à sa mort, en 2006, le Turkmenbachi se satisfaisait du monopole d’exportation de Gazprom par les gazoducs laissés par l’Union soviétique (de 40 à 50 milliards de m3 par an), son successeur n’a pas tardé à réorienter une part de l’exportation en direction de l’Iran et surtout de la Chine (6 milliards de m3 en 2010, de 30 à 40 dans 3 ans). Compromises en mai 2009 par une explosion suspecte sur un gazoduc russe dans le désert du Karakoum, les exportations russes de gaz plafonnent aujourd’hui à 10 milliards. En fait, la lutte autour des ressources de « l’émirat gazier turkmène » s’effectue presque à couteaux tirés et s’envenimera si les gisements sont moins abondants que prévu.

S’agissant du pétrole, Achkhabad a commencé en 2010 des livraisons par pétroliers à Bakou. L’or noir kazakh représente aujourd’hui la moitié des livraisons assurées par le BTC en Méditerranée. Dans le cadre du jeu triangulaire c’est une importante victoire pour « l’angle » américain (et l’Occident) que compense, en face, la percée chinoise pour le gaz turkmène. Mais, dans les deux cas, la Russie, en situation difficile au Turkménistan, est perdante.

Au Tadjikistan, malgré la quasi absence d’une minorité slave chassée par la guerre civile, l’action russe bénéficie encore de la présence des 6 000 hommes de la 201ème base, legs aussi bien de l’intervention en Afghanistan que de la guerre civile tadjike.
La station optoélectronique de Nourek, elle aussi héritée de la période soviétique, est devenue propriété de l’Etat russe en 2004. Elle constitue un centre de première importance pour le repérage et l’évaluation d’objets dans l’espace. Par ailleurs, l’inauguration récente du barrage de Sangtuda confirme que la Russie donne toujours la priorité au secteur stratégique de l’énergie.

Enfin, si les garde-frontières russes ne sont plus en charge des frontières tadjikes (et c’est bien dommage...), en revanche leurs conseillers sont restés en place. Ils aideraient (15) les Tadjiks à étouffer dans l’oeuf le soulèvement de l’opposition islamiste observé à partir d’août 2010 (attentat à Khodjent, évasion d’une prison de Douchanbé, embuscade dans la vallée de Garm, etc).

Le 19 septembre dernier, une embuscade entre-temps revendiquée par un groupe se réclamant d’Al Qaeda entraînait la mort de 28 soldats tadjiks (selon les chiffres officiels) dans la gorge de Kamarob.

Localisée dans le centre du pays, cette zone fut pendant la guerre civile qui secoua le pays entre 1992 et 1997 un bastion de la guérilla islamiste. D’après des sources officielles, des combattants étrangers auraient pris part à l’embuscade. Cet accrochage meurtrier succède à plusieurs évènements inquiétants, signes d’une situation sécuritaire détériorée dans le pays, et est pris très au sérieux par les autorités du pays. En réaction, les forces de sécurité tadjikes ont lancé une opération de ratissage afin de retrouver les auteurs de l’attaque, tandis qu’une déclaration antérieure (2 août) du chef des forces parachutistes russes laisse entendre que Moscou suit avec attention l’évolution de la situation dans le pays.

Le Tadjikistan de nouveau en guerre ?

La détérioration de la situation sécuritaire au Tadjikistan n’est ni nouvelle, ni surprenante. Déjà, lors des offensives de l’armée pakistanaise contre les Taliban en 2009, on craignait qu’une partie des combattants islamistes chassés de leurs sanctuaires ne remontent vers le Nord de l’Afghanistan. En particulier, des éléments du Mouvement Islamique d’Ouzbékistan (MIO) ayant combattu la Coalition aux côtés des Taliban afghans s’étaient rapprochés du sud du Tadjikistan, qu’ils avaient par le passé utilisé comme sanctuaire pour lancer des opérations en Ouzbékistan voisin.

“Violent clashes between government forces and Islamist militants go on in Rasht Region, some 30 kilometers east of Dushanbe, Asia-Plus news agency said on October 2.
On September 22 a special operation to hunt down militant leaders Abdullo Rakhimov, Mirzokhudzha Akhmadov and Alovuddin Davlatov, kicked off in eastern Tajikistan. The militants are blamed for September 19 attack on a military convoy in Kamarob Gorge in which at least 28 servicemen were killed.”

http://en.rian.ru/world/20101003/160810449.html

Le Très Grand Jeu externe : l’exemple iranien

La Russie à l’extérieur s’est appuyée sur l’alliance avec la Chine, notamment par le biais de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS). Non sans sacrifices de sa part car, alors que la fourmilière et le savoir-faire chinois font peser une menace indubitable sur les déserts sibérien ou centre-asiatique, Moscou, dans le jeu triangulaire en cours, a choisi depuis longtemps comme partenaire Pékin et ferme les yeux sur les avancées menaçantes, en particulier logistiques, des Han sur son propre territoire comme dans son étranger proche.

Le Kremlin et Pékin se sont appuyés de concert sur l’Iran, devenu observateur de l’OCS, le premier en favorisant - au moins au début - la construction de la centrale nucléaire de Bousher, le deuxième en achetant la production iranienne de pétrole. On a même parlé, en 2007, d’une entrée de l’Iran dans l’OTSC. Mais c’était surtout une menace à l’encontre de Washington tout comme, en définitive, la livraison de missiles russes S 300 aux Iraniens qui vient d’être annulée.

Conclusion

Le risque de réapparition d’une guérilla au Tadjikistan (à 70 km seulement de la base aérienne française de Douchanbé…) a constitué le débordement majeur du chaudron centre-asiatique cet été. Il a été précédé par un autre débordement : le pogrom d’Och en juin.

Voyons-nous ainsi apparaître, du Pakistan au Kyrgyzstan via l’Afghanistan et le Tadjikistan un nouvel arc de crise  ? Il est encore trop tôt pour le dire, bien que l’attentat de Khodjent, le 3 septembre, organisé et réussi par un kamikaze, indique une extension à l’Asie centrale de méthodes afghano-pakistanaises.

Un tel phénomène aurait la signification suivante : il correspondrait à la survenance, auprès du chaudron et en lui, d’un nouvel acteur majeur, l’islamisme maffieux. De triangulaire le jeu deviendrait quadrangulaire, à moins que les islamistes « terroristes » ne fassent l’unanimité contre eux…

On observe justement, en ce moment, un rapprochement entre le Kremlin et la Maison Blanche  : alors même que la Chine surprend par une arrogance inusitée, Russes et Américains parlent « d’une nouvelle atmosphère de la coopération russo-américaine » (16), spectaculairement illustrée par la présence à Lisbonne, le 20 novembre, du président Medvedev qui a rencontré Barack Obama pendant deux heures en marge du sommet de l’OTAN.

Pour autant, cela ne devrait pas remettre en cause l’étroitesse des liens créés par l’OCS entre Pékin et Moscou. Il n’en reste pas moins que la Russie se rend compte, enfin, que l’intervention américaine en terre afghane lui est profitable. La création au travers de son territoire de corridors aériens et terrestres pour approvisionner les troupes de l’OTAN commence, en particulier, à lui rapporter une manne considérable. Le Kremlin attend des Etats-Unis, en compensation de cette ouverture, une lutte plus accentuée en Afghanistan contre la drogue (17), c’est-à-dire, en bonne partie, contre l’islamisme maffieux… Les Chinois inquiétés au Xinjiang par l’apparition de la drogue afghane importée par des extrémistes et trafiquants ouighours, ne sont pas loin de partager cette attente.

Ce rapprochement général signifierait-t-il, comme le prétend en substance Tatiana Gfoeller, charmante ambassadrice des Etats-Unis au Kyrgyzstan, « que la thèse du Grand Jeu ne convient que pour le XIXème siècle » ?


Juin 2010 – L’ambassadeur des Etats-Unis Tatiana Gfoeller et l’ambassadeur de Russie Valentin Vlasov… à Och

Voire… Tant que les Américains seront à Manas, les Russes à Kant et les commerçants chinois entre les deux au bazar de Dordoï, il y aura encore de belles perspectives pour les manœuvres du Très Grand Jeu !


Bazar de Dordoï

Le bazar Dordoï à Bichkek montre l’importance du commerce avec la Chine. Des dizaines de camions journaliers viennent ravitailler le plus grand bazar d’Asie Centrale, plus de 16 000 containers maritimes vendent aux pays de la CEI, toute la production venant de l’Empire du Milieu.

En deçà de ces péripéties, l’extension d’un islamisme maffieux signifiera que l’alliance de la drogue, de l’islam et de la mafia est en train de surgir au premier rang du Très Grand Jeu. Cette coalition d’intérêts est d’autant plus dangereuse qu’elle fait figure, aux yeux de certains « Centre-asiatiques », de réaction locale, nationale aux menées étrangères… Comme en Afghanistan, l’islamisme maffieux jouera sur place de « l’hostilité aux influences extérieures », afin de s’assurer la mobilisation populaire et religieuse dont il a besoin pour vaincre. Une convergence entre les Etats‐Unis et la Russie, assortie d’une neutralité bienveillante de la Chine, ne sera pas de trop pour faire face.

René Cagnat

(1) L’Asie centrale ici considérée concerne les cinq républiques du Turkestan ex-soviétique, mais aussi le Xinjiang ou Turkestan chinois, partie intégrante du monde centre-asiatique.
L’Afghanistan, pour sa partie Nord et surtout pour son trafic d’héroïne via l’Asie centrale, sera parfois adjoint au Turkestan, « pays des Turks », terme générique pour
désigner l’Asie centrale au même titre que Touran.
(2) Le « Très Grand Jeu » a été décrit pour la première fois dans la revue Défense nationale de mars 2002, puis, dans le même mensuel, en mars 2004, en avril, mai et juin 2005, en mai et juin 2007, et, enfin, en décembre 2009.

Asie centrale : le Très Grand Jeu
René CAGNAT
http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/eh/f/cause/lectures/Cagnat_le_tres_grand_jeu.htm

(3) Qui aurait pris maintenant l’appellation « Mouvement islamique du Turkestan » (MIT).
(4) Le Xinjiang, à lui seul, représente près d’un tiers de l’Asie centrale et un quart de sa population.
(5) À l’origine, l’appellation concernait l’héroïne liquide.
(6) Selon M. Victor Ivanov, Directeur du Service fédéral russe pour le contrôle des stupéfiants.
(7) Rappelons que « la route des Balkans », via l’Iran et la Turquie, revêt une importance primordiale pour l’approvisionnement de l’Europe occidentale en héroïne (40%).
30% passent par l’Asie centrale vers la Russie. (selon Iouri Fedotov, chef de la direction
anti-drogue de l’Onu, « Sobytiya », Douchanbé, 14/10/2010).
(8) Il y a même un début d’apparition d’une voie de l’est par le Wakhan afghan à destination du Xinjiang et, à travers lui, de la Chine.
(9) Du fait de l’installation massive des Chinois hans au Xinjiang, les 9 à 10 millions d’ Ouighours, turcophones et de race touranienne, ne sont plus aujourd’hui dans leur pays que très faiblement majoritaires avec, peut-être, 47% de la population devant les Hans et d’autres minorités turcophones.
(10) Seul en Asie centrale ex-soviétique, le Turkménistan, qui a choisi le statut de neutralité, ne fait pas partie de l’OTSC.
(11) La Russie, selon l’expression de Jean Radvanyi, demeure une « puissance pauvre » et à problèmes (alcoolisme, drogue, dénatalité, corruption, etc.).
(12) L’appartenance de la Chine comme du Kyrgyzstan à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a bien facilité les choses.
(13) Gazprom contrôle aujourd’hui plus de la moitié des stations-essence du Kyrgyzstan… et ne manque pas d’y hisser souvent le drapeau russe !
(14) S’il devait apparaître que les Etats-Unis soutiennent à Bichkek la république parlementaire et la Russie les tentatives pour une république présidentielle, les développements qui s’ensuivraient seraient autant de péripéties du Très Grand Jeu.
(15) Ainsi, d’ailleurs que les Américains…
http://www.iris-france.org/docs/kfm_docs/docs/2010-12-asie-centrale-fr.pdf

Vous ne manquerez pas de lire ou relire les grandes leçons de notre « Maître d’Ecole » le général Pierre Marie Gallois

Temps long, temps difficiles…

Quand tout peut être rappelé en quelques pages. C’est une fois encore l’exercice auquel se livre notre Maître d’Ecole, le général Pierre Marie Gallois : « De Saladin au Djihad »…
Poursuite de la série « Les Revanches »…
Une « Revanche » qui dresse un constat à méditer de toute urgence et que nous vous invitons à prendre en compte sans trop tarder…

Choisir son camp ?

Politique Etranger - Le 2 septembre 2007

Il fut un temps où la France avait l’ambition de porter haut sa parole… Les pays dits « non-alignés » tendaient une oreille attentive. La parole de la France pouvait être entendue quand la France était et incarnait une souveraineté effective…
Aujourd’hui une nouvelle carte du monde se dessine. Puisse la France savoir où sont nos intérêts nationaux. Et le général Pierre-Marie Gallois de nous aider encore une fois à lire les cartes !

EURASEC

La Communauté économique eurasiatique (ou Communauté économique eurasienne) (CEEA), mais plus connue sous l’acronyme anglais Eurasec (ou EurAsEC ou le sigle anglais EAEC de Eurasian Economic Community ; en russe : Евразийское

Lire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_%C3%A9conomique_eurasiatique

L’OTSC

L’Organisation du traité de sécurité collective (russe : Организация Договора о коллективной безопасности (ОДКБ)) est une organisation à vocation politico-militaire regroupant la Russie, la Biélorussie, l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan.

Lire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_du_trait%C3%A9_de_s%C3%A9curit%C3%A9_collective

L’Organisation de coopération de Shanghai (O.C.S.) regroupe six pays euro-asiatiques : Russie, Chine, Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan. Antithèse absolue de l’O.T.A.N., cette structure intergouvernementale favorise l’émergence d’une géopolitique multipolaire dans l’Eurasie continentale. Outre la consolidation des relations diplomatiques entre ses États membres, l’O.C.S. vise à sauvegarder la paix et la stabilité géopolitique en Asie centrale, afin d’éviter toute ingérence militariste et impérialiste des atlanto-mondialistes. Grâce à une étroite coopération géostratégique, l’O.C.S. se concentre sur la lutte contre « les trois fléaux » (terrorisme, séparatisme, extrémisme) et le narcotrafic sur les zones frontalières. L’O.C.S. favorise la coopération entre tous ses membres dans de multiples domaines : politique, économie, commerce, sciences, technologies, infrastructures, énergie, environnement, tourisme, éducation et culture.
Lire : http://www.nationspresse.info/?p=101466

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