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Ce qu’il faut craindre en 2012.

Gloire à l’Afrique, le continent du futur.

Dimanche 22 janvier 2012 // Le Monde

L’interminable crise financière qui affecte les grands pays industrialisés, depuis 2008,
risque de s’aggraver en 2012. On est encore loin d’avoir vu le tunnel. Jusqu’à ce jour, les mesures prises pour y faire face ont brillé par leur inefficacité, et l’existence de la zone euro ne tient plus qu’à un fil. Cette situation gravissime qui peut rappeler la crise de 1929, est loin d’épargner les pays africains, même si leurs économies évoluent, dans la plupart des cas, à la périphérie du système monétaire et financier mondial. Il ne faut pas se voiler la face, et Christine Lagarde, la patronne du Fonds monétaire international (FMI), a bien déclaré, en décembre dernier, à Niamey, que toutes les économies du monde seront affectées. Sans exception.

A plusieurs reprises, les dirigeants politiques et économiques des pays membres de la zone franc, se sont succédé devant les micros de radio et de télévision pour livrer des démentis en cascade d’une prochaine dévaluation du franc cfa, jurant que les critères d’appréciation des économies africaines, de cette zone, en ce début 2012, étaient radicalement différents de ce qu’ils furent, en janvier 1994, quand le franc cfa perdit 50% de sa valeur par rapport au franc français de l’époque. C’est juste ! Cette décision cruelle (qui plomba, par exemple, la dette d’Air Afrique en la multipliant par deux, pour ne parler que de ce cas typique) du jour au lendemain, fut prise,par la France, sans concertation véritable avec ses partenaires africains, au lendemain de l’enterrement du président ivoirien, Félix Houphouët-Boigny, en décembre 1993, à Yamoussoukro. Janvier 1994 ne fut donc pas un hasard de calendrier. De son vivant, en effet, celui qu’on appelait affectueusement « le Vieux » n’admettait pas qu’on prononce le mot « dévaluation du f cfa » devant lui. Il était résolument contre une telle opération. C’est pourquoi, par respect pour ce qu’il avait représenté dans la relation franco-africaine, la France attendit de faire son deuil, aux côtés des dirigeants africains, en décembre 1993, avant de procéder à la dévaluation du franc cfa, quelques jours seulement après les funérailles.

Avant cette fameuse dévaluation, il y avait un débat contradictoire dont les populations africaines de cette zone monétaire, furent exclues. D’un côté, il y avait les institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale) qui la prônaient activement afin de permettre, disaient-elles, aux économies des pays concernés de redeAlpha Condé a le pouvoir qu’il cherche depuis 50 an, redevenir compétitives. Premier ministre français de l’époque, Edouard Balladur, en bon technocrate, ne voyait que du bien pour les pays africains. Mais pour son « ami de trente ans » Jacques Chirac, par contre, qui s’était volontairement mis en réserve de la République afin de mieux préparer l’élection présidentielle de mai 1995, les institutions de Bretton Woods soutenues par la technocratie parisienne emmenée par Matignon, faisaient fausse route en optant pour une dévaluation. Pour Jacques Chirac qui était un gaulliste très proche de Félix Houphouët-Boigny, la France devait jouer son rôle de « parapluie » à l’endroit des économies africaines chancelantes sans les pénaliser avec cette terrible dévaluation. Malheureusement, Chirac n’étant pas aux affaires, c’est du QG de son parti, le RPR (Rassemblement pour la République) qu’il constata les dégâts de cette dévaluation, en bon spectateur impuissant. La dévaluation de 1994 fut d’abord une opération politique avant d’être économique et financière.

Y en aura-t-il en 2012 au sein de la zone franc alors que l’euro sombre dans la crise et la France va de difficultés en difficultés, avec la perte probable de son triple A ? Techniquement, les pays africains membres de cette zone, mieux outillés cette fois-ci, affichent, presque tous, des agrégats économiques de bonne qualité qui permettraient de répondre par la négative. Pourtant, le débat sur la dévaluation ne cesse de s’amplifier. Les démentis aussi. Sauf qu’avant de dévaluer, on ne l’annonce pas de peur de nourrir des opérations de spéculation.

Les Africains dont les pays sont membres de la zone franc, doivent, en ce début de 2012, porter leur regard sur la chancelière Angela Merkel. Certes, elle n’est pas la gestionnaire (en chef) du compte des opérations de la zone franc auprès du Trésor français et de la Banque de France, mais c’est elle qui, en fin de compte, dictera sa loi au président français, Nicolas Sarkozy, si elle estime nécessaire d’impliquer les Africains dans les réformes mises en oeuvre au sein de la zone euro. On note que dans cette tintamarre de démentis des dirigeants politiques et économiques des pays (africains) membres de la zone franc, les dirigeants français se sont royalement abstenus de toute déclaration allant dans un sens comme dans l’autre. Ni Bercy (citadelle des finances de France, ni le Quai d’Orsay managé par un très habile Alain Juppé) n’ont fait aucune déclaration sur cette question. Ils se taisent pour ne pas attirer l’attention des Allemands car un tel dossier serait explosif pour l’image de la France en Afrique francophone. Paris voudrait autant que faire se peut éloigner ses partenaires africains de cette bourrasque dont ils ne sont nullement responsables, et qu’ils peuvent avoir à aider à résoudre au nom d’une solidarité dont les contours leur échappent.

L’année 2012 est donc potentiellement dangereuse pour l’Afrique. Pas seulement sur le plan économique, mais aussi, sur le plan politique. On n’a pas besoin de lire sur une boule de cristal pour circonscrire rapidement les pays à problèmes.
Commençons par la Guinée du président Alpha Condé. Les élections législatives devraient s’y dérouler en décembre 2011. C’était trop risqué de les organiser alors que l’opposition (très puissante) avait crié sur tous les toits qu’elle n’en voulait pas, car il y avait des risques de truquage énormes. La Commission électorale les a décalées, mais il s’agit, en réalité, d’une fuite en avant. De deux choses l’une : ou le président Condé les perd et il se retrouve en cohabitation forcée, avec un gouvernement dirigé par une opposition particulièrement hostile, qui va purement et simplement classer son programme politique qui l’a fait élire président de la Guinée, ou il gagne ces législatives (comme il a gagné la présidentielle), c’est-à-dire, sans grande transparence, mais cette fois-ci, l’opposition ne se laissera pas faire. Il y aurait des contestations telles que la Guinée deviendrait rapidement ingouvernable. Celou Dalein Diallo et Sidya Touré à eux deux, dirigent deux partis politiques qui font, au bas mot, plus de 50% des électeurs guinéens. C’est connu de tous. Après leur échec inattendu à la présidentielle, ils restent particulièrement mobilisés et vigilants pour que personne ne puisse leur voler une victoire aux législatives. Lansana Conté est mort. La transition a pris fin. Une élection présidentielle a permis l’arrivée au pouvoir d’un homme politique qui a fait 50 ans d’opposition entre la France et la Guinée. On croyait que ce pays était en train de partir sur de bons rails. Ce n’est pas encore le cas. La Guinée n’est pas encore sortie de la zone de turbulence. C’est un pays à surveiller en 2012.

Juste à côté, la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara qui a obtenu la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Comme tout pays sortant d’un long conflit, les plaies peinent à se cicatriser. Alors que le président utilise l’aura et le savoir faire de Guillaume Soro pour mettre de l’ordre dans la nouvelle armée, une chose qui est loin d’être simple, le principal partenaire de la majorité, le PDCI, demande ouvertement l’application des accords qui permettent au parti cinquantenaire de désigner un premier ministre PDCI à la tête du gouvernement. Ce serait à ce dernier, pense-t-on, du côté de Henri Konan Bédié, de faire ce travail de restructuration des forces armées et de sécurité au sein desquelles il faut intégrer les Forces nouvelles et les milices ayant assuré la victoire militaire d’Alassane Ouattara. En filigrane de ce débat entre « frères politiques », il y a le positionnement des deux plus grands partis de Côte d’Ivoire, le RDR et le PDCI, qui, au lieu de fusionner pour constituer le parti de l’Houphouétisme que dirigerait, très doctement, Henri Konan Bédié, donnent plutôt l’impression de mieux se marquer, à la culotte, comme deux vrais rivaux. Se dirige-t-on, sans le savoir, vers une brouille entre Alassane Ouattara et son grand-frère Bédié ? Si oui, qu’ils épargnent cela à la Côte d’Ivoire car l’homme le plus heureux de cette situation, serait sans conteste, Laurent Gbagbo, de son trou, à la CPI. Il faudrait alors des journées de travail de 25 heures, sinon plus, à Alassane Ouattara pour pouvoir remplir les impératifs (économiques) de l’émergence* (qu’il annonce pour 2020) dans un contexte où son énergie serait essentiellement consacrée aux dossiers de politique politicienne. A cet égard, le FPI renaissant ne lui fera aucun cadeau, maintenant où il est requinqué, avec un leader, qui attend sagement le mois de juin, pour comparaître devant la Cour pénale internationale (CPI).

A sa demande expresse, Alassane Ouattara était personnellement intervenu, lors de son arrestation, pour qu’il ne soit pas victime d’une balle perdue, comme il le craignait. Mais cet épisode du conflit est déjà oublié du côté des anciens refondateurs. Gbagbo reprend du verbe. De l’allant. Dans les semaines à venir, il constituera un véritable pôle d’attraction à la CPI, un véritable caillou dans la chaussure du président ivoirien, qu’il ne laissera pas en paix.

La chute du colonel Kadhafi - on ne cessera jamais de le dire - est une opération mal pensée. Cela se vérifiera en 2012 où chacun des quatre voisins de la Libye, à savoir, le Mali, le Niger, la Mauritanie et l’Algérie, vont, encore plus, se démener afin de limiter les risques de déstabilisation passés, accrus par la circulation incontrôlée des armes tout droit sorties des entrepôts militaires libyens, pendant le conflit, quand elles n’ont pas été parachutées par les avions de l’OTAN. Les Kalachnikov se négocient à 20.000 f cfa (31 euros) dans cette zone. On en trouve aussi, dans le désert quand surchargés, les trafiquants les abandonnent pour ne garder par devers eux, que ce qui est plus facilement vendable. Les pays comme le Mali et le Niger ne disposant pas énormément de moyens pour assurer efficacement le contrôle de tout leur territoire, il y a de fortes chances que les trafiquants puissent se constituer des « no man land ». Il y a aussi le risque de croisement entre eux et les terroristes d’AQMI (AI-Qaïda pour le Maghreb islamique), pour mieux organiser leur mafia. Les shebabs de Somalie peuvent aussi les rejoindre. Peu de touristes (de la nature) venant d’Europe osent encore s’aventurer dans cette partie du Sahel où les rapts d’Occidentaux deviennent monnaie courante.

Les quatre pays concernés, qui ont bâti une plateforme de coopération pour combattre le terrorisme, risquent de faire face très prochainement à un deuxième
front terroriste venant du Nigeria et qui est constitué par la secte islamiste Boko Haram. Si on assiste, encore, à une coopération tiède entre AQMI et la secte Boko Haram et peut-être d’autres, il y a de forts risques d’internationalisation du terrorisme à ne pas négliger. Celle-ci partirait du Nigeria où Boko Haram continue de dicter sa loi pour-atteindre toute la zone sahélo-saharienne, jusqu’aux confins du Tchad, du Nord Cameroun et du Nord de Centrafrique où les cellules dormantes d’AQMI ne demanderaient qu’à être activées. Certains analystes incluent la Côte d’Ivoire dans cette description géographique. Il y aurait aussi fort à craindre pour le peu de touristes (de la nature) venant d’Europe, osent encore s’aventurer dans cette partie du Sahel où les rapts d’Occidentaux deviennent monnaie courante « Burkina Faso et le Bénin », Etats frontaliers avec le Niger et le Nigeria.

« Comprenez bien que les principales cibles d’AQMI, ce ne sont pas les Occidentaux. Les Occidentaux pris en otage ne sont que des moyens pour se procurer des fonds. C’est vous qui êtes visés, votre mode de vie, votre islam modéré, vos traditions. La drogue n’est pas une affaire de LatinoAméricains et d’Européens, c’est autant votre affaire », indiquait l’ambassadeur de France au Mali, Christian Rouyer, lors d’une réunion tenue à Bamako, le 11 décembre 2011, sur les crises au Sahel. Une analyse biaisée, à la fois vraie et fausse, dans la mesure où, actuellement, les Occidentaux en otage, représentent leur forte valeur marchande, en plu : du fait que AQMI, à cause des rai sons d’ordre idéologique, religieu, et historique, en veuille particulièrement à la France.

AQMI et Boko Haram, même combat en 2012 ? Ce n’est plus impossible au regard des missions que s’assigne cette dernière. En effet, Boko Haram est un mouvement islamiste extrémiste armé, comme l’est AQMI. Sa zone d’action actuelle se trouve être le Nord-Est du Nigeria, principalement, dans les Etats de Borno, d’EYobe et de Bauchi. Le groupe, activement, combattu par les force armées nigérianes, s’est illustré par une série de violences à l’encontre du gouvernement, de chrétiens et de la population musulmane des régions où il es implanté. Prônant un islam radical et rigoriste, Boko Haram a une idéologie qui s’inspire des Talibans d’Afghanistan, rejetant la modernité et visant à instaurer la charia dans les provinces au Nord du Nigeria.

Le nom de « Boko Haram » signifie « l’éducation occidentale est un péché ». Boko (de l’anglais « book ») est un alphabet latin créé par les Européens pour transcrire la langue haoussa et par dérivation, il désigne l’école laïque. « Haram » est un mot arabe signifiant « interdit » ou « illicite » dans l’islam. Dénonçant la corruption des politiques et les privilèges des nantis, Boko Haram souhaite instaurer la charia et un Etat islamique au Nigéria. Ni plus ni moins. Face à ce danger qui guette, pas seulement le Nigeria, mais tous les pays qui l’entourent (Cameroun, Tchad et Bénin), on peut légitimement se demander si le président Goodluck Jonathan pourra y faire face comme l’aurait pu son prédécesseur Olusegun Obasanjo ?

Au Nigeria, ce qu’on appelle encore « secte » Boko Haram a déjà fait preuve de sa maturité d’organisme terroriste, en pulvérisant, en août, en plein centre d’Abuja, les très hyper sécurisées installations du siège des Nations-Unies. Bilan de cet attentat : 24 morts et des dizaines de blessés. Pendant les fêtes de Noël, elle a fait plus fort : 100 morts, fruit de ses attaques, les 23 et 24 décembre 2011, dans le Nord-Ouest du Nigeria, et des affrontement consécutifs avec les forces de l’ordre. 40 morts, dans 5 lieux de cultes chrétiens le 25 décembre. Faut-il un brevet de criminalité pour montrer son savoir faire en la matière qui n’a rien à envier à celui d’AQMI ? Que non ! Attention à la coopération entre AQMI et Boko Haram. Leur fusion en 2012 pourrait considérablement renforcer leur force de frappe et contraindre les dirigeants africains à investir de fortes sommes d’argent dans la lutte contre le terrorisme, après les avoir détournés des programmes de développement, pénalisant ainsi les populations civiles.

« Je jure solennellement de respecter la constitution et les lois de la République et de défendre son unité nationale et l’intégrité de son territoire », a énoncé Etienne Tshisekedi, vendredi 23 décembre 2011. Portant une chemise blanche, un costume et une cravate sombre ainsi que son éternelle casquette, le leader de l’UDPS avait la main droite levée et la gauche sur une bible. Un tapis rouge avait été déroulé jusqu’à l’endroit où il se tenait debout. L’opposant Etienne Tshisekedi, qui a rejeté la réélection de Joseph Kabila, s’est autoproclamé président « élu » de la République démocratique du Congo (RDC), chez lui, dans sa maison, à Kinshasa. Tôt ce matin, les autorités avaient déclaré interdite cette manifestation qui était prévue au stade des Martyrs à partir de 10h00 GMT lors de laquelle il devait, à 79 ans, « prêter serment » devant « le peuple congolais », comme il l’avait annoncé à plusieurs reprises. Le pouvoir de Kabila ne l’a pas entendu de cette oreille. Très tôt, ce vendredi 23 décembre, les forces de l’ordre ont rapidement bouclé le quartier Limete où cette « investiture » devait avoir lieu : « Il n’y a pas de manifestation, elle est interdite. Il y a déjà un président élu qui a prêté serment. On ne peut pas prêter serment à nouveau. C’est un acte de subversion. On doit empêcher de poser cet acte contraire à la constitution », a déclaré un gradé de la police. Raté car Tshisekedi a prêté finalement serment. Non pas au stade des martyrs, mais chez lui, à la maison. Pour lui, « Ce jour du 23 décembre 2011 représente pour le peuple congolais l’aboutissement de 30 ans de lutte pour la démocratie et l’état de droit », a-t-il indiqué devant ses partisans entassés dans sa petite maison. Et d’ajouter : « Votre confiance ne sera pas déçue. Nous allons construire un pays, notre pays, plus beau qu’avant ».

On aurait pu rire si c’était une pièce de théâtre. Malheureusement, il n’en est rien. Il s’agit bien de la RDC dont l’avenir paraît incertain. Depuis la proclamation des résultats par la Commission électorale et confirmés par la Cour suprême, qui donnaient vainqueur le président sortant avec 48,95% contre 32,33% pour le candidat de l’opposition Etienne Tshisekedi, tout le monde retient son souffle à Kinshasa qui est la seule capitale au monde à abriter deux présidents de la République.

En RDC, le conflit est déjà là, sous nos yeux. Il n’a même pas attendu 2012 pour se manifester. Il risque d’être dévastateur et proportion Jacob Zuma n’est pas sûr d’être reconduit comme président de 1 ANC en décembre. Son opposition à l’intérieur du parti se renforce.

net à la taille du pays. Il ne faut pas se voiler la face : le risque de guerre civile est là, ou tout au moins, la RDC est entrée dans une zone de très fortes turbulences. L’Afrique du Sud, en 2012, risque, aussi, de connaître la tourmente au sein du parti au pouvoir, l’ANC. En décembre, aura lieu l’élection en vue du contrôle du parti : président de l’ANC, Jacob Zuma sera candidat à sa propre succession alors qu’une bonne partie de l’opposition interne entend le renverser.

Or celui qui contrôle l’ANC, largement majoritaire au parlement, est de facto, le président de l’Afrique du Sud. Il y a de fortes chances que Jacob y perde des plumes. Son souhait de placer son ex-épouse Nkosazana à la Commission de l’Union africaine, n’est pas neutre. En 2007, Nkosazana s’inscrit comme candidate à l’un des 5 postes du Conseil exécutif de l’ANC, lors du congrès du parti, à Polokwane. Elle est battue de justesse par un proche de Jacob Zuma qui est finalement élu président de l’ANC avec 60% des voix contre 40% à Thabo Mbeki, le président sortant de l’Afrique du Sud qui voulait conserver la présidence du parti, après avoir effectué ses deux mandats à la tête du pays. Étant devenu président de l’ANC, Jacob n’a aucun mal à devenir le successeur de Thabo à la tête de l’Afrique du Sud, le président étant élu par les députés à l’Assemblée nationale.

Mais tout laisse penser que cet échec du duo Mbeki-Nkosazana n’est que partie remise. Car selon des indiscrétions, Thabo Mbeki qui est resté très proche de Nkosazana DIamini-Zuma voudrait en faire la prochaine présidente de la République. On ne sait pas si c’est par calcul politicien ou pour déstabiliser Jacob Zuma qui sait qu’une telle hypothèse qui n’est plus d’école, est en train de prendre forme. Actuelle ’ ministre de l’Intérieur, Nkosazana a été pendant dix ans ministre des Affaires étrangères de Thabo Mbeki, une femme avec une forte tête, très capable de devenir la « Ellen Johnson Sirleaf » de l’Afrique du Sud. Qu’en serait-il de Jacob si son ex-femme (dont la rancune envers lui reste tenace selon certains membres de l’ANC) arrivait à briguer la magistrature suprême ?

Un véritable tremblement de terre, pensent certains analystes car elle ne manquerait pas de le faire souffrir comme les femmes savent se venger des hommes qu’elles ont aimés et qui les ont abandonnées. Ce serait d’ailleurs la raison qui aurait poussé Jacob à présenter, contre toute attente, sa candidature à la présidence de la Commission de l’Union africaine. C’était pour lui un bon débaras. Un éloignement pendant huit ans (Jacob aurait calculé deux mandats) qui lui aurait donné ur certaine paix et permis de l’affaiblir sur le plan intérieur à cause de son éloignement. Certains observateurs africains qui ignorent certaines réalités sud africaines n’ont pas perçu cette pirouette de Jacob Zuma en prenant au premier degré la candidature de la Sud-Africaine contre Gabonais Jean Ping dont le deuxième mandat, selon les usages de l’organisation panafricaine, ne devrait souffrir d’aucune contestation.

La manoeuvre de Jacob Zum consistant à caser son ex-épous à la Commission de l’Union africaine, étant en train d’échouer sauf surprise de dernière minute Jean Ping devrait avoir son deuxième mandat du 28 au 3 janvier 2012 à Addis Abeba, Jacob Zuma devra affronter Thabo Mbeki et Dlamini Zuma au prochain congrès de l’ANC à Bloemfontein, dans le Cententre du pays. Ces élections au sein de l’ANC coïncideront avec la fin du centenaire de l’ANC qu’on commencea à fêter du 6 au 8 janvier 2012, à Bloemfontein, par des activité diverses, en présence d’invité étrangers.

Ahmed Cissé, Idrissa Fofana et Aristide Koné.

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