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Cap sur les Nations-Unies à New York.

Jeudi 5 février 2009 // Le Monde

La future ambassadrice auprès des Nations-Unies, Susan Rice, une proche de Barack Obama, et une farouche partisane du multilatéralisme.

Hormis la couleur de sa peau et son appartenance à la même génération, Susan Rice a deux autres points communs avec Barack Obama : jeune, elle passait comme lui son temps sous les paniers de basket. Surtout, elle est parmi ceux, peu nombreux aux Etats-Unis, à s’être opposés dès la première heure à l’invasion de l’Irak, une guerre qui, à ses yeux, n’était pas seulement mal conçue, mais aussi inutile et contre-productive pour les intérêts de l’Amérique « stupide », résume Obama.

En devenant très tôt l’une des principales conseillères - non payée - du candidat Barack Obama, Susan Rice rêvait sans doute d’un poste plus central dans la future administration. On évoquait son nom comme possible « numéro deux » du Département d’Etat ou à la tête du Conseil national de sécurité (là où « l’autre Rice », Condoleezza, a fait ses armes). Pourtant, le fait que cette proche du président élu ait été nommée comme représentante des Etats-Unis à l’ONU, un poste jugé bien moins visible et prestigieux, semble au contraire signifier un changement d’optique : désormais intégrée au gouvernement, cette fonction fait partie du « cabinet de guerre » formé par le nouveau président.

En 2005, aux côtés d’autres jeunes talents en devenir de la diplomatie internationale, Susan Rice fonde ce qui deviendra l’initiative de Phoenix. A l’époque, les premiers manifestes qu’ils commencent à publier passeront pratiquement inaperçus. Mais progressivement, c’est une nouvelle vision des rapports entre l’Amérique et le monde qu’établiront ces professeurs et chercheurs. En l’an 2000, il y avait eu le désormais Project for a New American Century, formulé par les néoconservateurs et qui allait devenir le fondement de la politique étrangère de George Bush. Les membres de l’Initiative de Phoenix lui auront répondu par un essai d’une trentaine de pages, qui est à peu près son exact contraire. Le contre-terrorisme, la prolifération nucléaire, le réchauffement climatique ? Autant de questions à propos desquelles ils insistent sur « les limites du pouvoir de l’Amérique ». Le monde du 21° siècle est celui de « l’inter-connexion », notent-ils. Le pouvoir est diffus, émietté entre les différents Etats aussi bien que les acteurs non étatiques. C’est le monde de l’après hégémonie américaine que dessinaient Susan Rice et ses collègues. Un monde dans lequel le pouvoir militaire ne suffit plus, même accompagné par une vigoureuse diplomatie unilatérale.

Susan Rice sera-t-elle chargée d’appliquer aux Nations-Unies cette nouvelle vision du monde ? Prise sous son aile par l’ancien secrétaire d’Etat Madeleine Albright, la jeune femme s’est surtout consacrée pendant des années, selon ses propres termes, à « intégrer l’Afrique dans l’économie globale ». Considérée aussi bien par ses amis que par ses détracteurs comme une femme « jeune, brillante et ambitieuse », c’est sur le Rwanda ou sur le Darfour qu’elle s’est montrée la plus combative. En 1994, elle décrivait dans une revue d’étudiants un voyage qu’elle avait effectué au Rwanda après le génocide, et la vision de centaines de corps en décomposition : « C’était la chose la plus horrible que j’aie jamais vue. Cela te rend fou. Cela te rend déterminé ».

Susan Rice, par la suite, s’est fait le défenseur de « la responsabilité de protéger » proclamée par le Conseil de sécurité de l’ONU en cas de génocide ou de crimes massifs contre l’humanité. « L’administration Bush a passé cinq ans à se plaindre à propos du génocide au Darfour, disait-elle l’été passé. Or nous n’avons imposé que des sanctions minimales et défendu du bout des lèvres la création d’une force conjointe ONU-Union Africaine. L’impératif doit être de faire pression sur le régime (soudanais) pour qu’il arrête les massacres et de permettre à une force internationale de se déployer efficacement ».

Dans la tour de verre de New York, on attend avec une certaine impatience l’arrivée de cette femme déterminée. « L’actuel ambassadeur américain Zalmay Khalilzad fait du bon travail. Mais il est empreint de la philosophie de l’administration actuelle, pour laquelle il travaille », pense un diplomate occidental. En rappelant ce fait : « N’oubliez pas que les deux tiers des débats du Conseil de sécurité sont consacrés à l’Afrique ». Au-delà du message politique, c’est surtout de la compétence sur ces questions dont les Nations-Unies ont besoin.

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