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Cambriolage au musée d’art moderne de la Ville de Paris.

Dimanche 26 septembre 2010, par Doreen Carvajal // La France

Le spectaculaire cambriolage dont a été victime le musée d’art moderne de la Ville de Paris, dans la nuit du 19 au 20 mai, ainsi que le procès à venir de trois hommes liés à un audacieux fric-frac dans l’appartement de la petite-fille de Picasso révèle la vulnérabilité des propriétaires d’œuvres d’art face aux agissements de cambrioleurs particulièrement méticuleux. Pour subtiliser cinq tableaux d’une valeur totale de 100 millions d’euros dans trois salles du musée d’art moderne - dont des œuvres de. Picasso, Matisse et Modigliani - les cambrioleurs ont su repérer la seule fenêtre non sécurisée de l’édifice.

Ils connaissaient aussi le rythme des rondes de nuit des gardiens et la foule d’œuvres mineures à éviter. De même, en 2007,pour dérober deux toiles de Picasso dans l’appartement de la petite fille du peintre, les voleurs ont utilisé une clé soigneusement moulée et ont travaillé assez discrètement pour ne pas réveiller la victime, découpant les toiles et partant sans ne laisser ni empreinte ni trace d’ADN.

Des voleurs très organisés.

Dans les deux cas, l’identité des malfaiteurs reste un mystère et le monde de l’art se perd en spéculations : qui se cache derrière les vols constatés en France chaque année ? Comment les voleurs peuvent espérer écouler des pièces signées par de grands artistes, aisément identifiables ? Et, plus important, les institutions artistiques du pays, si réputées, ont-elles les moyens de déjouer les projets de voleurs professionnels très organisés ? Il faut dire que, pour le marché noir international des œuvres d’art volées, les musées français constituent un terrain de chasse de premier choix. Une moyenne de trente-cinq cambriolages y a été dénombrée au cours des quinze dernières années, qui ont donné lieu à une profusion de théories contradictoires pointant généralement du doigt une pègre mouvante, composée de criminels de tous bords, opérant dans des cellules en recomposition perpétuelle, et qui échangent des informations sur les acquéreurs potentiels et les œuvres à la vente, étudiant méticuleusement leurs cibles avant d’agir.

Karl Heinz Kind, le coordinateur du service d’Interpol chargé des œuvres d’art, raille le poncif entretenu par le film l’Affaire Thomas Crown (1968), qui voudrait que de riches collectionneurs se cachent derrière ces vols. Pure fiction ; tranche-t-il. Les malfrats semblent plutôt mettre leur fierté à édifier une organisation sans faille, avance Robert Wittman, ancien chef de l’Art Crime Team, la branche du FBI spécialisée dans la chasse aux trafiquants d’art. Celui-ci a infiltré une bande criminelle du sud de la France en se faisant passer pour un riche expert de Philadelphie, aidant ainsi la police à retrouver un Monet et d’autres tableaux volés à Nice en 2007. Alors qu’il négociait la vente de ces œuvres volées, l’un des cambrioleurs s’est vanté d’avoir passé sept mois en reconnaissance. Ils étaient très fiers d’eux, parce qu’ils disaient avoir travaillé très durs pour voler ces peintures, se souvient Robert Wittman. Il ne suppose que les criminels sont meilleurs voleurs qu’hommes d’affaires, certains voleurs ont des liens avec le gang de la Brise de mer - une organisation criminelle corse décimée par une vague d’assassinats -, mais, en règle générale, il s’agit de voleurs de tous horizons qui cherchent simplement de la marchandise à revendre. « Ils sont organisés en nébuleuses », explique Robert Wittman, auteur du livre Priceless, dans lequel il raconte ses exploits d’agent infiltré.

Ils possèdent des cellules partout et chaque cellule sait ce que font les autres. Si le groupe de Marseille trouve un acheteur, ils en avertissent l’autre cellule. Personne n’est spécialisé. Ce sont des voleurs, point ajoute-t-il.

Ce type de bande est-il responsable du vol perpétré au musée d’art moderne de Paris ? Bien qu’extrêmement peu loquaces au sujet des investigations en cours, la police française et le juge chargé de l’enquête contestent l’idée d’une implication du gang de la Brise de mer. « Citer le nom de Brise de mer fait son effet, mais rien ne permet de relier l’organisation aux vols commis », explique Pierre Tabel, l’ancien chef de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC). « Cela n’entre pas dans leurs activités. Que ferait la Brise de mer d’un tableau de maître ? »

Olivier Baratelli, l’avocat de la famille Picasso, explique qu’aucune rançon n’a été réclamée pour les deux tableaux dérobés chez l’héritière du peintre et qui ont depuis été retrouvés. « Franchement, nous ne savons que penser, et toute cette affaire reste pour nous un mystère » déclare-t-il. Finalement, trois hommes d’âge moyen - tous liés aux circuits des Puces et des ventes d’antiquités - ont été arrêtés tandis qu’ils essayaient de vendre les tableaux à un mystérieux expert coiffé d’un panama. L’un de ces suspects s’appelle Abdelatif Redjil.

Il avait déjà eu son moment de gloire, lorsqu’il avait raconté avoir été la première personne à parvenir aux côtés de la princesse Diana mourante après son accident de voiture, non loin du musée d’art moderne de la ville de Paris. Le procès, plusieurs fois reporté, à cause de problèmes cardiaques évoqués par l’un des suspects, doit commencer le 21 septembre. Il offrira, un rare regard sur les procédés du vol d’œuvres-d’art.

Musées sous le choc.

A en croire les experts, subtiliser une ouvre d’art est relativement facile. Il est plus difficile de l’écouler, car cela requiert de l’organisation et un circuit de distribution. En règle générale, c’est lors de la vente que les voleurs commettent un faux pas, précise Robert Wittman, pour qui les criminels sont souvent meilleurs voleurs qu’hommes d’affaires. Le musée d’Art moderne de Paris qui a rouvert ses portes en juin, tente, quant à lui de reprendre le cours de ses activités. Mais les vols continuent de hanter les 80 salariés de l’institution, à commencer par le directeur, Fabrice Hergott. Quelques semaines après le casse, celui-ci se déclarait incapable de regarder l’extrait de dix secondés de vidéo où apparaît l’un des voleurs cagoulés. Bernard Aland, le délégué syndical des gardiens du musée, raconte que la police a interrogé chacun des membres du personnel, pour savoir s’ils étaient au courant des failles du système de sécurité et comment ils avaient été informés du vol. Selon lui, au moins 100 personnes savaient que le système de sécurité était défectueux. « J’ai même un collègue, dans un autre musée, qui en avait entendu parler », affirme-t-il. La Ville a depuis renforcé ses dispositifs de sécurité, mais il est une chose qui n’a pas bougé en France. Les voleurs condamnés - quelle que soit la valeur de leur butin - ne peuvent pas écoper d’une peine supérieure à cinq ans d’emprisonnement. De fait, si des condamnations tombent lors du procès de septembre, explique Me Baratelli, les suspects ne prendront probablement pas plus de deux ans.

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