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Cacophonie fiscale.

Jeudi 1er février 2007, par Paul Vaurs // La France

Nicolas Sarkozy s’escrime depuis plusieurs mois à réunir derrière lui et
derrière son discours l’ensemble des sensibilités dites « de droite ». Et,
hormis l’hypothèse Chirac, il y arrive à peu près. Ségolène Royal, bien qu’élue
par les militants de son parti, a, elle, beaucoup plus de mal. La dernière
passe d’armes sur les questions fiscales en est une brillante illustration.

François Hollande a ouvert le feu en déclarant que si la candidate
socialiste était élue, le PS ferait « payer les riches », à savoir les
200.000 Français qui gagneraient plus de 4.000 ? par mois. Réplique
immédiate du ministre du Budget, Jean-François Copé, qui estime à plus d’un
million les personnes visées. Les deux sont dans l’excès, mais c’est à
gauche que cela a le plus fait de bruit.

C’est en effet un sujet sensible et Ségolène Royal a confié à son ancien
adversaire, Dominique Strauss-Kahn, la réflexion sur la fiscalité. Et au
parti socialiste, ce dernier appartient au courant qui penche pour la
modération fiscale. N’ayant vraisemblablement pas digéré l’échec de sa
candidature, il n’a pas hésité à exprimer son désaccord avec les
propositions de son premier secrétaire. Pour clore l’épisode, la candidate a
déclaré qu’il « n’y aura pas de fiscalité nouvelle qui décourage le travail
ou l’effort ».

Le débat reste ouvert : La droite est incapable de démontrer que les
principaux bénéficiaires des réformes fiscales menées depuis cinq ans sont
les classes moyennes soumises à l’impôt, la gauche promet une fiscalité
re-distributrice ciblée sur les plus aisés, et qui touche en réalité les
classes moyennes supérieures.

Il y a en France plus de 30 millions de foyers fiscaux, et moins de la
moitié paye l’impôt sur le revenu. Les effets de manches des candidats et
de leurs entourages ne peuvent cacher qu’ils annoncent tous des lendemains
radieux, mais sans le sou. Le chiffrage des propositions connues donne le
tournis. Et les candidats semblent faire le pari d’un financement par la
croissance, qui, en France, est déjà étouffée par les prélèvements
obligatoires.

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