CRISE ÉCONOMIQUE

Lundi 16 janvier 2012 // La France

Toujours exposé à la crise internationale et au risque d’explosion de la zone euro, Nicolas Sarkozy est confronté à une aggravation du chômage qui ne peut reculer avant avril.

Dans son programme de 2007, le candidat Sarkozy affirmait que « en cinq ans, nous pouvons atteindre le plein emploi, c’est-à-dire un chômage inférieur à 5% et un emploi stable à temps complet pour tous ». Devenu Président, il voyait apparaître à l’été 200e les premiers signes de la crise qui s’est déchaînée un an plus tard dans le monde occidental Dans une France exposée à la concurrence mondiale, il était difficile de « travailler plus pour gagner ,plus » et de produire plus en relançant l’activité industrielle en proie aux délocalisations. Ces objectifs devenaient inatteignables alors que le système capitaliste entrait dans des convulsions bien analysées par Nicolas Sarkozy et ses conseillers.

Il fallut battre en retraite et tenter de préserver ce qui pouvait l’être. Le gouvernement a renforcé le dispositif du chômage partiel et augmenté en 2009 les emplois aidés. Comme la politique industrielle annoncée n’a pas été mise en oeuvre, comme l’euro cher pénalise nos exportations, il a fallu constater à la fin de l’année 2011 que nous étions à nouveau sur une mauvaise pente.

De fait, le nombre de chômeurs a augmenté tout au long du dernier trimestre de 2011 et la France se retrouve avec 3.080.000 chômeurs de la première catégorie ceux qui n’exercent aucune activité. Si l’on ajoute les deux autres catégories, le total des inscrits à Pôle emploi se monte à 4.510.500 chômeurs.

Ministre du Travail, Xavier Bertrand a présenté à la presse une analyse qui exonère les actuels dirigeants d’une responsabilité particulière : en Europe, tous les pays sont touchés par le chômage à l’exception de l’Allemagne qui a réformé « en dix ans et pendant dix ans » son marché du travail alors que la France entreprend cet effort « depuis quelques années seulement ». Ce qui annonce un développement de la flexibilité et des salaires réduits après l’élection présidentielle, si Nicolas Sarkozy est réélu. En attendant, le ministre annonce des mesures sur l’activité partielle : il s’agira de simplifier et de raccourcir les délais pour avoir recours à ce type d’activité. Il propose aussi des « pactes compétitivité-emploi » : il. s’agirait, sur le modèle allemand, de réduire l’activité en maintenant l’emploi si les organisations syndicales, reçues avant la mi-janvier, sont d’accord.

Lors de son allocution télévisée du 31 décembre, Nicolas Sarkozy a appelé à la mobilisation pour l’emploi. Une réduction des charges sociales est envisagée, de même qu’une fiscalité permettant de résister à la désindustrialisation. On devine que le gouvernement s’oriente vers une taxe sur certaines importations et envisage une politique de réindustrialisation susceptible de relancer la croissance.

Ce pari est difficile à gagner : la France n’a pas la maîtrise de sa politique monétaire, ni de sa politique commerciale qui est décidée à Bruxelles et elle va inscrire sa politique budgétaire dans la « règle d’or » de l’équilibre. Le recours au crédit est difficile pour les entreprises et le fait que 10% de la population active soit au chômage limite la consommation et par conséquent l’activité des entreprises qui n’ont à satisfaire qu’une trop faible demande. Dans ces conditions générales et compte tenu de la forte concurrence de l’Allemagne et de la Chine, la récession dans laquelle la France est entrée devrait se poursuivre tout au long de l’année.

Candidat à sa réélection, Nicolas Sarkozy est confronté à une difficile tâche de propositions et de rapides réalisations.

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