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CRISE : DIRE LA VÉRITÉ.

Lundi 10 octobre 2011 // La France

Les dirigeants doivent-ils toujours dire toute la vérité sur les prochaines phases de la crise, dès l’instant où ils pensent la connaître ? La réponse est difficile.

Plusieurs commentateurs ont souligné sévèrement de récentes déclarations de Christine Lagarde et de Dominique Strauss-Kahn. Au ministère des Finances, la première assurait que les banques françaises se portaient bien mais, à la direction du Fonds morétaire international, elle affirme que celles-ci doivent être recapitalisées. Dominique Strauss-Kahn était au FMI l’artisan des plans permettant à la Grèce de ne pas faire défaut sur sa dette, mais revenu à Paris, et hors de toutes fonctions, il a déclaré qu’il fallait assumer le défaut de la Grèce.

Le ministre des Finances et le directeur du FMI, ou encore le président de la République doivent la vérité aux citoyens, mais dire cette vérité qui n’est pas nécessairement complète risque de déclencher un processus auto-réalisateur. Si le ministre des Finances déclare que les banques ont les caisses pleines de produits financiers toxiques, la spéculation se déclenchera et ses effets seront plus rapides et plus ravageurs qu’en cas de simples rumeurs. Si, par hypothèse, le ministre parvient à sauver les banques en difficulté, la vérité d’un instant n’aurait pas été bonne à dire...

La crise financière occidentale se manifeste par des vérités successives, des aveux tardifs qui ressemblent aux communiqués d’un état-major en pleine bataille. Avec le souci de cacher les reculs pour ne pas décupler l’énergie de l’adversaire et dans l’espoir d’un retournement de situation. Mais la crise économique et financière s’inscrit dans une situation politique caractérisée notamment par la liberté de parole.

Ce que les dirigeants politiques ne peuvent pas dire pour ne pas provoquer l’irrémédiable, les journalistes et les représentants de l’opposition peuvent le révéler car l’opinion publique a droit à l’information droit à une autre vérité que celle qui est officiellement exprimée.

Si ces remarques avaient été faites au cours de la Grande dépression des années trente, elles auraient été parfaitement inutiles car la presse d’opinion était très développée et les opposants de gauche et de droite cultivaient l’outrance polémique d’une manière qui nous laisse pantois. Nous sommes tombés d’un excès dans l’autre. La presse d’opinion est peu lue et beaucoup de journalistes de la presse d’information s’en tiennent à la vérité du jour : la bourse qui monte ou qui descend, le dernier discours de Barack Obama sur la dette américaine... On ne raisonne pas sur les tendances profondes, soit parce qu’on suppose que le lecteur n’est intéressé que par les événements spectaculaires, soit parce que telle tendance nouvelle dérange l’idée qu’on se fait du cours des choses. Il faut ajouter les connivences entre milieux de la presse, monde des affaires et cercles dirigeants, qui poussent certains éditorialistes à se montrer aussi « responsables » que des dirigeants politiques.

Du coup, la presse écrite quotidienne, la radio et la télévision sont le plus souvent à la remorque des événements et donnent la parole aux analystes hétérodoxes lorsque la dynamique des événements prévisibles et prévus est depuis longtemps enclenchée. Depuis avril dernier, l’Elysée et Matignon estiment que le défaut de la Grèce est inévitable mais c’est seulement en septembre que la presse commence à évoquer cette éventualité. La perspective d’une explosion de la zone euro est également envisagée depuis plusieurs mois en haut lieu, mais il a fallu attendre longtemps avant que le débat sur ce point vienne à la connaissance du grand public.

Il est vrai que la plupart des ténors de l’opposition ne tiennent pas à commenter la crise ; d’un système monétaire et financier qu’ils ont contribué à mettre en place au temps de Pierre Bérégovoy et de Lionel Jospin. On comprend que Martine Aubry et François Hollande ne tiennent pas à entrer dans le vif du sujet.

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