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CÔTÉ CUISINE : Les effets secondaires des primaires.

Dimanche 20 novembre 2011 // La France

Le Parti socialiste a désigné son candidat pour l’élection présidentielle de 2012. Sans surprise, c’est François Hollande, favori des sondages depuis le retrait de DSK, qui défendra les couleurs du parti de Jaurès. Pour autant, ces primaires brandies comme un brevet de démocratie ne manquent pas de laisser de nombreuses questions sans réponse.

Selon Martine Aubry, redevenue Première secrétaire du PS, « la page est tournée ». François Hollande l’a emporté avec 56% des suffrages. Il aurait pu et dû faire mieux, compte tenu des reports de voix des quatre autres compétiteurs. Mais il est vrai qu’arithmétique et politique ne font pas forcément bon ménage. Surtout, cette primaire peut laisser le citoyen dubitatif.

Sur le plan institutionnel, les primaires telles qu’ont été organisées par le PS peuvent être considérées comme une anomalie au regard de l’esprit de la constitution de la Ve république. En effet, en se cantonnant dans le seul giron du parti, elles seraient restées des élections internes. C’est le mode de désignation utilisé par les Verts qui ont préféré Eva Joly à Nicolas Hulot, par le FN qui a choisi Marine Le Pen contre Bruno Gollnisch. C’est aussi celui retenu en 2007 par l’UMP qui avait choisi Nicolas Sarkozy après que ses différents compétiteurs (Nicolas Dupont-Aignan, Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin, Rachid Kaci) eurent fini par jeter l’éponge avant le grand débat final.

AMÉRICANISATION

L’élargissement de la base électorale pour désigner le candidat (et ce, quel que soit le parti) impacte l’esprit de la constitution. Ce mode de désignation met à mal « la rencontre entre un homme et son peuple » qui donnait une dimension quasi monarchique à cette élection. Faire appel aux sympathisants sape également les bases du premier tour au cours duquel les électeurs se positionnaient en fonction de leurs convictions, avant de se rassembler au second tour. Ce mode d’élection, qui se veut démocratique, prive une partie du corps électoral d’un choix plus large de candidats. Ainsi le PRG, en ayant présenté Jean-Michel Baylet, se prive-t-il d’une tribune plus nationale en avril prochain.

En somme, avec ces primaires élargies, le PS introduit une part d’américanisation dans la vie politique française. Si François Hollande devait devenir chef de l’État en 2012, ce système risquerait d’être pérennisé pour 2017. Ce qui nécessiterait de réformer une constitution qui n’est, aujourd’hui, plus adaptée, ni dans la forme, ni sur le fond à ce mode de désignation. A contrario, si le PS perdait les élections, qu’adviendrait-il de ces primaires à la « sauce US » ? Il ne sera plus possible d’élargir la base électorale au-delà de l’existant. Comment, en effet, élargir au-delà des sympathisants ? Le PS serait condamné, soit à conserver son système bancal, soit à revenir à une désignation par les seuls militants, avalisant ainsi le constat d’échec de ces primaires élargies.

DROITS DE REGARD

La conséquence de cette consultation est aussi importante sur le plan électoral. En effet, pas moins de 2,8 millions de personnes se sont déplacées au second tour. Est-ce là le score envisagé par le candidat PS ? A-t-il déjà fait le plein des voix ? Bien que le corps électoral ait changé depuis cinq ans, un score de François Hollande inférieur, au premier tour, à celui de Ségolène Royal qui avait recueilli plus de neuf millions de voix en 2007 (contre 4,6 millions à Lionel Jospin en 2002) serait perçu comme un échec de cette primaire qui vise.., à rassembler le plus grand nombre. Toujours sur le plan électoral, la rue de Solférino mise sur les 650 000 sympathisants qui, en plus des adhérents, ont bien voulu laisser leurs coordonnées. Ses dirigeants espèrent ainsi reproduire le modèle étrenné par Barak Obama. En 2008, sur les 35 millions d’Américains qui avaient participé à la primaire, deux millions s’étaient transformés en militants de terrain à même de propager les idées du candidat qui avait été élu dans un fauteuil...

En outre, ces élections des 9 et i6 octobre vont marquer durablement la vie du PS. C’est en effet la deuxième fois consécutive que le Premier secrétaire du PS n’est pas désigné candidat à la présidentielle. En 2007, François Hollande avait laissé la place à Ségolène Royal. Aujourd’hui c’est au tour de Martine Aubry de suivre la campagnde la rue de Solferino. C’est ce qui explique que, tout juste élu, François Hollande a tenu à (re)mettre la main sur son parti. Certes, il laisse Martine Aubry aux commandes. Mais pour combien de temps ? En effet, le président du conseil général et député de Corrèze ne souhaite pas reproduire l’erreur fatale de 2007. A cette époque, la candidate avait mené sa campagne et le parti socialiste la sienne ! Après quelques discussions, quelques-proches de Hollande se sont vu confier des « droits de,regard stratégiques » sur les négociations avec les partis amis, les questions programmatiques, l’organisation de la campagne (agenda, calendrier, séquençage, etc.).

INEXPÉRIENCE GOUVERNEMENTALE

Toute la difficulté du candidat PS est là : rassembler, « recoller les morceaux », comme l’a indiqué le député UMP Jacques Myard. Les tensions sont fortes au sein du PS qui ne parvient pas à transcender les courants qui l’animent. Plus que des questions de personnes, il existe des luttes idéologiques au sein du parti de Jaurès, sur des thèmes sensibles : la « démondialisation », la retraite à 60 ans, l’Éducatioi nationale, le nucléaire, la défense natio nale... S’il parvient à dégager une unit et une synthèse dans son propre parti, il lui faudra ensuite négocier avec ses « amis écologistes et de la gauche radicale pou espérer ratisser plus large s’il passe un premier tour. Pour ce faire, Françoi Hollande devra gommer l’image négative qu’il renvoie, son manque de charisme sa totale inexpérience gouvernemental et oublier les petites phrases assassine de son propre camp : Arnaud Montebour le surnommant « Flamby », Martine Auer l’accusant d’avoir « laissé le parti comm un cadavre à la renverse », Laurent Fabiu s’offusquant : « François Hollande, prési dent de la République ? On rêve ! »...

En attendant une victoire en aoiz qu tous croient à portée de main, le PS remporté lâ palme d’or de la communi cation politique pour 2011. Pendant plu d’un mois, avec des débats télévisés au. heures de grande écoute, deux soirée spéciales sur les grandes chaînes de télé vision pour les résultats du premier et di second tour, les milliers d’articles, émis sions, reportages, etc. consacrés à ce événement politique, le PS a « sur-occupé le champ médiatique ! Ne nous y trompon pas. Ce n’est pas le PS qui a vendu so : exercice démocratique mais les média qui se sont fait les intermédiaires-liges d ce hold-up médiatique, occultant au passag le véritable constat d’échec de ces primaires celui de la gauche à se trouver un vri leader. Ne pas faire confiance à ses part : sans pour se doter d’un candidat peut êti considéré, dans une république dite démc cratique, comme une faute politique.

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