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Budget : Vers la rigueur.

Mardi 19 janvier 2010 // La France

Dette publique forte, croissance économique faible, effets modestes du grand emprunt : en 2010, il va falloir combiner le dynamisme économique et la rigueur financière alors que les tensions sociales ne faibliront pas. À l’Élysée tous les choix ne sont pas faits, mais des logiques contradictoires indiquent que nous serons confrontés à des épreuves sociales en 2010.

Il y a la logique du grand emprunt. Présenté par Nicolas Sarkozy le 14 décembre, il a été accueilli sans enthousiasme par les milieux financiers et par ceux qui, à droite, souhaitaient un très grand emprunt de 100 milliards. En définitive, le Président a sagement repris les recommandations de la commission Juppé-Rocard, soit 35 milliards à répartir sur cinq secteurs : l’enseignement supérieur et la formation (11 milliards d’euros), la recherche (huit milliards), l’industrie et les PME (6,5 milliards), le développement durable (cinq milliards), le numérique (4,5 milliards).

Nicolas Sarkozy a souligné que ces investissements ont été choisis « pour que le pays puisse profiter pleinement de la reprise, pour qu’il soit plus fort, plus compétitif, pour qu’il crée davantage d’emplois ». Il a aussi insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un second plan de relance mais d’un effort sur le long terme. Cet effort sera d’ailleurs plus modeste qu’annoncé puisque 22 milliards seront empruntés (sur les marchés financiers, non pas aux particuliers), les 15 autres milliards provenant des sommes remboursées par les banques.

Il y a la logique de l’endettement public. Le gouvernement ne veut pas trop alourdir la charge de la dette, car la Banque centrale européenne et l’euro l’empêchent de financer cette dette par les moyens classiques : la création monétaire (autrement dit la « planche à billets ») et l’inflation qui profite aux débiteurs publics et privés. Aussi faut-il envisager le retour à un meilleur équilibre des comptes.

Il y a la logique de la reprise économique, qui devrait permettre d’améliorer la situation financière, car les impôts rentreront mieux. Annoncé depuis quelques mois, le redressement a lieu. Mais l’Institut national de la statistique annonce une faible croissance l’an prochain, pour une cause depuis longtemps repérée : comme le chômage va continuer d’augmenter, la consommation des Français restera faible. De plus, plusieurs de nos voisins vont plus mal que nous (l’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne) ce qui réduit nos exportations.

Il y a enfin la logique sociale. Les grèves et les manifestations ont été nombreuses en 2009, et rien n’annonce une détente dans les prochains mois. La croissance du chômage et le mécontentement de l’ensemble des salariés quant à leur pouvoir d’achat, il risque au contraire d’alourdir le climat. Pour calmer le jeu social, par exemple lorsqu’une profession comme celle des routiers menace de bloquer le pays, le gouvernement pousse à l’augmentation des salaires compensée par l’allègement des charges sociales, ce qui grève les finances publiques.

Le gouvernement peut donc se trouver dans un cercle vicieux. Pour y échapper, deux solutions se présentent, qui sont dangereuses :

  1. Le financement d’un peu plus de croissance et de tranquillité sociale par voie d’endettement. Dans ce cas, il y aura confrontation avec les marchés financiers.
  2. Le rééquilibrage des comptes publics, donc, une rigueur accrue pour les fonctionnaires, les assurés sociaux et les retraités, ce qui peut provoquer de gros mouvements de colère.

C’est cette seconde voie qui a été choisie. Nicolas Sarkozy rejette le mot « rigueur » parce qu’il n’envisage pas d’augmenter les impôts, mais il a annoncé pour janvier une « conférence sur les déficits de la France qui réunira des représentants de l’État, de la Sécurité sociale et des collectivités locales ». Plus précisément, le président de la République a proclamé qu’il ne « reculerait pas » sur la réforme des retraites. Sans même attendre le résultat des élections régionales, il se voit déjà vainqueur d’une éventuelle confrontation avec les syndicats.

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