Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

MEDEF

Bras de fer au Patronat.

Mardi 22 avril 2008, par Christian Wagner // La France

On se souvient que Laurence Parisot, alors présidente de l’IfOP, fut élue présidente du Medef en 2005 contre le candidat de l’union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM), Yvon Jacob, ce qui créa un véritable séisme dans l’histoire du patronat fiançais. Femme de communication, professionnelle des sondages, la nouvelle patronne des patrons n’aime rien tant que louer l’anticonformisme avec jubilation et dextérité et « faire bouger les lignes ». Par ailleurs, depuis le début de son mandat, elle a fait de la défense des questions d’éthique entrepreneuriale et de « transparence », son grand cheval de bataille. Il s’agissait pour elle de redorer le blason d’un certain patronat français englué dans des scandales chroniques notamment en ce qui concerne les bonus, stock-options et autres parachutes dorés des patrons du CAC 40. Des faits insupportables à l’heure où les prix des produits alimentaires explosent, où de nombreuses familles voient leur précarité s’accroître, sans oublier les ouvriers jetés sur le pavé lors des fermetures d’usines.

Au-delà de certaines déclarations chocs, Laurence Parisot a agi et renouvelé le conseil exécutif du Medef en le féminisant et en le rajeunissant. Qui plus est, elle a fait voter une réforme statutaire obligeant les structures adhérentes de l’organisation patronale à publier des comptes certifiés.

Toujours ce souci de transparence et d’honorabilité pour mieux réconcilier les Français avec le monde de l’entreprise. Il faut dire que l’image de ce qui se passe à l’UIMM, l’ensemble des organisations syndicales, régies par la loi Waldeck-Rousseau de 1884, n’est aucunement tenu de procéder à la certification de ses comptes, pratique en usage toutefois depuis 2000 à la CGPME.

Une fédération toute puissante.

La suprématie de l’UIMM ne date pas d’aujourd’hui car c’est autour de cette « aile marchante du patronat » que s’est forgé depuis plus d’un siècle le mouvement social, intellectuel et politique du monde entrepreneurial français. Créé en 1901, héritière du fameux Comité des Forges né en 1864 de la volonté de deux industriels de la métallurgie, Eugène Schneider et Charles Wendel, l’UIMM, très largement représentative des entreprises de l’époque et à la tête d’importants moyens financiers, s’est toujours efforcée de défendre les intérêts et prérogatives des grands chefs d’entreprises contre les empiètements de l’État.

Aujourd’hui avec ses 130 syndicats de branche représentant 43 000 entreprises, l’UIMM c’est 1,8 million de salariés, un chiffre d’affaires de 376 milliards d’euros et un budget annuel d’environ 15 millions d’euros. Monument regroupant l’automobile, la sidérurgie, l’aéronautique, l’électronique, l’UIMM est toujours le premier contributeur du Medef avec 11,1% des cotisations versées, devant les banques (7,7% ), le bâtiment (5,3%) les assurances (5,3%) et la distribution (4,3%) Au regard, le Medef c’est 85 fédérations ou branches professionnelles fédérant 600 syndicats représentant 700 000 entreprises qui emploient 15 millions de salariés.

Quant au budget de fonctionnement, il est de l’ordre de 35 millions d’euros.

Fédération puissante et frondeuse l’UIMM est, depuis son élection à la tête du Medef, une écharde dans le pied de Laurence Parisot. Ainsi, ce que l’on a appelé l’affaire Gautier-Sauvagnac (près de 20 millions d’euros d’enveloppes en liquides distribuées entre 2000 et 2007 « pour fluidifier les relations sociales » notamment) est devenue pain bénit si l’on peut dire pour notre parangon de la transparence désireuse de reprendre la main sur la métallurgie qui n’avait pas appuyé sa candidature.

L’occasion fait le larron.

Il n’est évidemment pas question de sous-estimer, voire de nier l’indignation de la patronne des patrons face certaines pratiques pour le moins discutables. Et l’on peut légitimement se poser la question de savoir qui a profité de ces enveloppes Des syndicalistes ? Des politiques ? Des patrons ? Des publications ? Reste que l’offensive de Laurence Parisot ne vise pas seulement un homme Denis Gautier-Sauvagnac mais l’institution dont Frédéric Saint-Geours vient de prendre les rênes. Et la dame n’y va pas par quatre chemins en exigeant purement et simplement ce qui ne s’est jamais vu, que l’UIMM renonce tous les mandats de gestion des organismes paritaires qu’elle exerce au nom du Medef (Unedic, Conseil économique et social, Afpa, Acoss.)

Une image brouillée.

Une véritable déclaration de guerre à l’avenue de Wagram, laquelle a accepté de réorganiser sa direction, mais refusé de se retirer de la vie sociale. Certes, L’UIMM est en position de faiblesse mais quand on dispose d’un trésor de guerre de quelque 600 millions d’euros, on se sent quand même plus fort. D’autant que l’UIMM, qui a pensé depuis sa création la politique sociale du patronat, est au coeur de tous ses grands chantiers. Pas évident de trouver des hommes aussi compétents que ceux qui ont été écartés. Il le faudra bien pourtant car les nouveaux venus vont devoir enchaîner les négociations (assurance-chômage, formation professionnelle, refonte des retraites, financement et représentativité des syndicats). Et c’est seulement l’UIMM qui dispose des hommes capables de mener à bien ces négociations.

Pour l’heure, l’image du patronat français est un peu plus brouillée et souffre d’un manque de visibilité. D’autant qu’au-delà des trois organisations officiellement représentatives, à savoir le Medef, la CGPME et l’UPA, toute une série d’organisations essaient leur façon de faire entendre la voix des entreprises, qu’il s’agisse de l’Afep qui regroupe de grandes entreprises privées (président :Jean-Martin Folz, ancien patron de Peugeot), de l’Institut Montaigne de Claude Bébear, de l’institut de l’entreprise (Président : Michel Pébéreau), de l’Ethic (entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance de Sophie de Menton), de Croissance Plus de Geoffroy Roux de Bézieux, du CJD (les jeunes entrepreneurs de Thomas Chaudron), sans oublier Entreprise et Progrès, le patronat chrétien (CFPC) et l’IJsgeres des employeurs de l’économie sociale. À l’évidence toutes ces organisations sont concernées par l’affaire.

Quant à la classe politique toutes tendances confondues, elle n’a pas eu de mots trop sévères pour stigmatiser celle-ci. Souhaitons que cette défense des vertus de la morale et de la transparence se fasse aussi ardente quand il s’agira des égarements dans le monde artistique, sportif ou cinématographique.

Répondre à cet article