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Bismarck : Grand homme d’État mais pas un grand homme.

Vendredi 22 juillet 2011 // L’Histoire

Il se trouve des sujets et des personnages historiques dont on n’aime pas trop parler. N’étant pas historien de profession, on peut choisir ses sujets, ses favoris et ses haines. Alors traiter de Bismarck n’a rien qui puisse m’enchanter.

Cet homme nous a haïs autant qu’on puisse le faire, nous a méprisés et a profité d’un régime à l’agonie pour nous écraser. Alors ? Qu’est-ce qui peut pousser un historien de la valeur de Jean-Paul Bled, austrophile connu, à consacrer à un tel personnage une biographie ?

Otto von Bismarck. Né pendant les Cent-Jours et mort à la toute fin du XIX°siècle qu’il aura traversé et pour partie dominé. Bismarck est un junker, c’est-à-dire membre de cette classe de petite noblesse prussienne, fort ancienne pour ce qui le concerne, et parangon de la féodalité et du conservatisme. Il n’est rien que son nom pour donner une image assez exacte du personnage ; Bis-Marck. Littéralement jusqu’à la marche (frontière), jusqu’au bout en quelque sorte, cela nous apprendrait-il déjà quelque chose sur l’homme ?

Le futur chancelier appartient à une noblesse médiévale de service, chargée par son suzerain de tenir fief juste à la limite des frontières des États allemands, tout près de la Pologne. Les junkers sont propriétaires terriens, généralement non titrés. Ce ne sont pas des aristocrates, au sens allemand du terme, c’est-à-dire qu’ils ne touchent à aucune Maison souveraine dans un pays qui en compta jusqu’à trois cents. Il restera toute sa vie défenseur de leurs intérêts, même en s’opposant parfoisfrontalement à eux. En voyant plus haut et plus loin.

Bismarck n’a rien d’un génie. Enfant peu choyé d’une mère qu’il déteste et d’un père qu’il chérit dans la même mesure. Le père est junker, la mère issue d’une famille de serviteurs de la monarchie. Étudiant peu brillant, tout jeune déjà, il aura deux maîtres mots, deux idées forces : le conservatisme et la grandeur de la Prusse. Dans une certaine mesure, c’est l’archétype même du Prussien d’après 1809, l’année de la défaite totale à Iéna et du commencement d’un redressement qu’il allait parfaire et conduire à sa plus grande expression. Bismarck croit à la féodalité et sera d’une fidélité adamantine envers les Hohenzollern.

Dans l’Allemagne, la Prusse et ses habitants ont de tout temps tenu une place très à part. Il n’est pour s’en convaincre qu’à tenir compte des poncifs véhiculés dans le reste du pays, et encore de nos jours, par les Bavarois, Saxons, et autres Thuringiens. Bismarck est une caricature de Prussien. Haïssant tout ce qui peut rappeler, de près ou de loin, un changement, un bouleversement, une révolution. Son mépris des Français est à cet égard sans borne. Une formule résume ce qu’il pensait de nous. Durant la guerre de 1870, il s’opposait à l’héritier du trône, sur le fait de bombarder ou non la population civile parisienne. Peu enclin à en passer par les volontés de son maître, il répondit à celui-ci qui ne voulait pas entendre parler de terreur sur la population : « Paris, c’est Sodome et Gomorrhe, ce n’est pas Vienne. »

Conservateur ultra, il est dès son plus jeune âge attaché au maintien des structures de l’État prussien, notamment en matière sociale. Pourtant, à la différence de ses congénères, il sait parfaitement que maintenir un ordre des choses passe nécessairement par des réformes.

En premier lieu, il lui faut, dès qu’il en aura le pouvoir, en 1863, affirmer l’unité de son pays. Pour cela, il va promouvoir le Kulturkampf, destiné à lutter contre les catholiques et leur influence marquante tant sociale que politique. Même si ce combat a pour une part échoué, la trace qu’il a laissée, y compris de nos jours, n’est pas à dédaigner.

De même sur le plan politique, il abhorre tout ce qui ressemble de près ou de loin à un libéral, alors à un socialiste, pensez donc ! Pour autant, il comprend que pour lutter contre ces derniers, des avancées sociales sont nécessaires et il va se faire le promoteur de ce qu’il nommera : « le socialisme d’État » en étant le premier au monde à créer un système visant à couvrir les besoins sociaux, santé et retraite. L’État, c’est son maître-chien, doit conduire, mener, lancer, veiller,pourvoir. En cela nous i sommes guère loin de lui.

Sa place dans l’Histoire se aussi, et surtout, le fruit de sc projet d’empire allemand. ( sera long, difficile. Il faud convaincre les États pour certains forts récalcitrants, expulser l’Autriche du dispositif via la guerre de 1866 et la victli de Sadowa qui aurait du faire réfléchir de notre côté Rhin. Sans les Français, surtout sans le terne et imbécile Napoléon III, rien n’eut été possible. C’est dans le fer et dans le sang, expressif qu’il affectionnait, que les choses se sont faites. La victoire de 1871 amena l’élément qui manquait.

Pourtant, au pouvoir jusqu’en 1890, Bismarck verra de son vivant son oeuvre être à détricotée par Guillaume II qui le congédia comme on ne traite même pas un domestique. Il se trouva à ce moment bien peu de gens pour le regretter et sa sortie ne s’est pas faite dans les meilleures conditions, tenté qu’il a été, et ce n’était pas la première fois par un coup d’État. Des générations d’Allemands lui voueront pourtant un culte allant, comme Hitler, jusqu’à l’utiliser et faire de lui tout qu’il n’était pas.

Au final, bonne biograph de Jean-Paul Bled, très éclairante, très bien écrite. Le sujet ne ravit pas mais c’est une lecture nécessaire pour comprendre ce XIX° siècle et pour partie l’Allemagi d’aujourd’hui.

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