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Berlusconi, cette caricature pathétique.

Jeudi 25 novembre 2010 // L’Europe

C’est nous tous qu’il salit désormais, ce vieillard à la langue pendante. Berlusconi est impliqué dans tous les genres de scandales possibles : économique, judiciaire, politique et moral, de la mauvaise administration aux soupçons de collusion avec la Mafia, de l’abus sexuel sur mineurs à la cession de morceaux de l’Etat contre des faveurs sexuelles. Et pourtant, il nous oblige à nouveau à le traiter comme l’un de ces vieux édentés chauves et pansus, entourés de gorilles et enveloppés dans leur veston croisé, qui fréquentent les clubs privés. Car que sont les lieux institutionnels dans lesquels il donne ses fêtes et ses orgies sinon des clubs privés ? Tel est son Parlement.

Berlusconi incarne et résume l’humanité sexuellement épuisée et déchue qui achète et collectionne les obsessions et, à la moindre remarque, réagit toujours de la même manière, comme le plus bête des chiens de Pavlov : Ça vaut toujours mieux que d’être pédé comme vous ! Mieux vaut aimer les jolies femmes que d’être gay a-t-il déclaré au lendemain du Rubygate, son dernier scandale sexuel en date. Ainsi, il croit se mettre au diapason de l’Italie tocarde, une Italie toujours plus minoritaire, l’Italie nostalgique des maisons closes, qui se croit valeureuse parce qu’elle exhibe des scalps féminins, celle dont Fellini se moquait déjà avec douleur et grâce : l’Italie qui fait honte à l’Italie. Jamais un antique mâle de bordel n’a eu besoin de répéter, jusqu’à l’épuisement, qu’il aimait les femmes et pas les gays. Cette sous culture faite de blagues, de proverbes et de mots d’esprit toujours vulgaires, toujours liés au sexe arboré et glorifié comme un étendard, était sûre d’elle, crâneuse, archaïque, primitive, agressive et grotesque, mais rarement malade. Ils étaient rudes et chassieux mais pas désespérés, nos mâles de lupanar.

C’est triste à dire, mais Silvio Berlusconi est aujourd’hui bien pire que l’Italie qu’il voudrait encore représenter et dont il invoque la complicité

Et il ne suffit plus de dire que le président du Conseil perd le contrôle, divague et dit des bêtises parce qu’il est malade. Depuis un moment, Berlusconi est constamment hors de contrôle, privé de toute dignité et de tout sérieux, irresponsable quand, comme un bandit roublard, il met à bas le pouvoir de la police ; le président du Conseil a fait pression sur la police, à Milan, pour que soit libérée Ruby, une jeune Marocaine accusée de vol et par ailleurs soupçonnée d’avoir participé à plusieurs de ses « fêtes », irresponsable quand il s’offre des bains de foule, pendant les conférences de presse, pendant les voyages à l’étranger, dans ses prises de position contre les juges, contre les journalistes, contre les institutions... Au point qu’on s’étonne uniquement désormais de ses moments de sobriété et jamais de ses expectorations.

Comme les blagues sur les Juifs, les insultes contre Rosy Bindi députée italienne qui font régulièrement l’objet des blagues sexistes du président du Conseil et les imprécations toujours plus incohérentes contre les juges et les journalistes ; les obscénités viriles du Cavalière ne sont pas des éructations qui lui reviennent en bouche, mais c’est la bave que lui a laissé le vice antique du bouc et du taureau de monte dont l’identité, fondée autrefois sur le priapisme, n’est plus aujourd’hui qu’un succédané pathétique. Berlusconi, somme toute, s’autoparodie, il se jette dans ses boutades comme on s’abîme dans l’alcool. Et tout devient grossier et dérisoire. C’est le règne des fesses rondes, des lèvres gonflées, des seins explosifs, d’une prétendue comparaison ridicule entre l’amour des femmes et l’amour des gays. Mais quel amour ? Berlusconi ne sait rien de l’amour, qui a d’autres codes et une autre luminosité. Berlusconi est la caricature de l’Italie excitée, le carburant de l’univers qui engorge Internet de plutôt gay que Berlusconi.

À nous, il ne reste que la nostalgie de la politique, d’un terrain de confrontation et de conflit dont on paie le prix. Et comment obéir à la police quand on sait que le président du Conseil l’escroque, l’humilie, la met à bas... ? La question qui nous hante la voici : Comment peut-il gouverner un pays, celui qui ne se gouverne pas lui-même ?

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