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Barack Obama pressé de toutes parts.

Dimanche 8 mars 2009 // Le Monde

Le moment est maintenant venu pour Barack Hussein, Obama, le président de tous les espoirs, de mettre en pratique certaines promesses faites pendant sa campagne victorieuse. Cependant, que peut le 44° président américain face aux nombreux défis qui l’attendent, tant au niveau intérieur (USA) qu’extérieur ( Proche et Moyen-orient, Amérique latine, Afrique) ? S’il lui arrive parfois de prendre seul et avec courage des décisions difficiles, Barack ne régnera pas en maître. Il travaille et gouverne pour un système. Le changement d’un président ne signifie pas forcément un changement en profondeur de vision politique. Par exemple, l’amitié qui lie l’Afro-Américain et l’Afrique et le monde arabe ne suffit pas. Seuls les intérêts qui régissent les nations, comptent. Bien que considéré comme un homme de dialogue, Obama sera prêt à assommer n’importe quel allié dès qu’il constatera que celui-ci menace les intérêts de son système et de son pays.

A titre de rappel, les assassinats sur instructions du gouvernement Bill Clinton du Congolais Laurent Désiré Kabila (arrivé au pouvoir avec l’aide de Madeleine Albright, du Rwanda et de l’Ouganda) et sous ordre de l’administration George W Bush, de l’Angolais Jonas Savimibi (ami de Ronald Reagan), ainsi que le renversement du pouvoir de Mobutu Sese Seko par les Etats-Unis, se situent justement dans le contexte des intérêts qui lient les nations et ceux relatifs aux bouleversements politiques et économiques intervenus en Afrique après la fin de la guerre froide et l’effondrement de l’empire soviétique dans les années 1990, ouvrant une voie royale aux Etats-Unis d’instaurer un nouvel ordre mondial, dans lequel les multinationales dictent tout, au gré de leurs intérêts et avantages.

Pendant que les Américains fêtaient, le 20 janvier dernier, l’accession de Barack Obama à la Maison Blanche, des ONG des droits de l’homme discutaient au Sénégal des réelles intentions de politique étrangère du nouveau président. Plusieurs questions sont restées sans réponse parce que les avis des intervenants sont partagés et, il semble qu’il soit trop tôt de juger Obama à peine installé au sommet de l’Amérique. Si certains voient d’un bon oeil et s’attendent à une nouvelle dynamique, d’autres parlent de changement d’homme et des méthodes et non de système en soi. « Obama a été élu président des Etats-Unis, par les Etatsuniens pour détendre l’intérêt national américain et marquer la prééminence de l’Amérique sur le reste du monde. Les visées impérialistes américaines initiées à la fin du 18° siècle ne vont pas s’arrêter. Si George W Bush utilisait un langage vigoureux et des méthodes brutales pour tisser la toile de domination ; Barack fera recours à la diplomatie sage pour poursuivre le même combat », pense Kaloso Romain, le chargé des questions humanitaires de l’association Lumière Internationale.

Enormes défit internes.

Arrivé à la Maison Blanche à un moment critique, Obama affronte d’énormes défis internes. La tâche est immense car George W. Bush a confié à la nouvelle administration démocrate une Amérique dans un état piteux, et ce ne sera pas facile au fils du musulamn de la sortir du gouffre. En même temps qu’il est appelé à redorer l’image de l’Amérique ternie à l’étranger et à réconcilier toutes les communautés américaines (musulmanes, chrétiennes, bouddhistes, juives, hindoues, animistes etc) qui se baissent depuis les sanglants attentats du 11 septembre 2001 de New York, Obama doit on priorité relancer l’économie des USA aujourd’hui en panne et handicapée par la crise financière, créer de l’emploi afin de combattre le chômage qui augmente chaque jour qui passe, reconstruire la Nouvelle Orléans ravagée en août 2005 par l’ouragan Katrina, concrétiser rapidement la fermeture (par décret présidentiel) de Guantanamo, etc. Au regard de la complexité des défis internes auxquels le nouveau locataire de la Maison Blanche devra apporter des solutions ; il est fort probable que Barack accorde peu d’importance aux problèmes de certains pays du tiers-monde qui connaissent injustement des guerres atroces à cause de la mauvaise gérance de la précédente administration et des conflits d’intérêts qui opposent les grandes puissances et les différents lobbys et industriels

Diplomatie sage : langage apaisé.

Pour Hillary Clinton, secrétaire d’État, autant que pour James Jones, ancien envoyé spécial de Condoleeza Rice pour la sécurité, devenu aujourd’hui conseiller à la sécurité nationale, l’objectif est toujours la défense de l’intérêt national. Les Etats-Unis occupent une place part dans l’arène internationale, Contrairement à l’administration Bush qui usait de langage musclé, la nouvelle équipe démocrate préconise le dialogue, dont l’un des objectifs consiste à redorer l’image de l’Amérique ternie. Dialoguer même avec les ennemis. Le discours prononcé le 20 janvier par Obama a épaté tout le monde. Très bouleversant, il est comparable à celui fait par le pape Jean Paul II lors de son investiture en 1978. Barack a promis aux citoyens US et au reste du monde d’être patient si on veut changer des choses dans la bonne direction. Pourquoi l’a-t-il dit ? Parce que les défis sont énormes et les luttes d’influence entre les lobbys ne lui faciliteront pas la tâche. Frustration, déceptions, faux départ, retour-en-arrière, le tout n’est pas exclu bien que l’urgence de la transparence s’impose dès maintenant lâchent les chroniqueurs internationaux.

L’heure est à la prudence car le monde politique est fait de surprises. Ce qui est sûr, la politique étrangère des Etats-Unis va favoriser l’Europe, l’OTAN et l’Asie, où les Etats-Unis ont d’importants intérêts commerciaux. Tout comme elle va renforcer sa puissance face à l’Iran, à la Corée du Nord, aux puissances montantes comme la Chine, l’Inde, etc. Quant au monde arabe. Obama sera essentiellement jugé sur la façon dont il va gérer le délicat dossier israélo-palestinien, poumon du conflit et de colère au Moyen-Orient. Une fois que l’Africain-Américain aura réussi ce dossier, il bénéficiera d’une grande crédibilité partout au monde, particulièrement, en Iran, au Liban, en Syrie, en Egypte, en Jordanie, en Arabie-saoudite, dans les Emirats, au Koweit, etc. Or, avec Rahm Emmanuel, un juif, comme directeur de cabinet du nouveau président, les capitales arabes redoutent un changement dans la politique orientale, à moins que le fils du musulman prenne le courage de s’imposer et de dénoncer l’hypocrisie américaine qui traite le Hamas de groupe terroriste et fait la politique de deux poids deux mesures.

En refusant de dialoguer avec le Hamas, qui est pourtant le gouvernement légitime palestinien parce qu’élu par son peuple, Hillary Clinton et Obama commettront une erreur politique grave, qui donnera des arguments aux autres groupes extrémistes arabes comme le Hezbollah, par exemple, d’en vouloir davantage à l’État hébreu et d’intensifier des opérations suicides. Tant que le conflit israélo-palestinien ne sera pas résolu, le Proche et Moyen-orient ne connaîtra pas la paix et, par conséquent, les terroristes et les kamikazes auront le champ libre. Au regard des événements en cours à Gaza, plutôt que de ranimer les tendances isolationnistes qui taraudent les esprits de Hillary Clinton et de Rahm Emmanuel, Barack Obama est appelé à bien lire les signes des temps et à revisiter la politique américaine du Proche et Moyen-Orient. S’il s’en tient à la formule classique (maintien de la relation unique entre les Etats-Unis et l’État hébreu, réaffirmation de l’impératif que constitue la sécurité de l’État juif, constat de la nécessité d’un État palestinien dans le cadre d’un accord négocié), il y a un risque de faire du surplace et l’échec sera inévitable. Le contexte joue incontestablement en faveur de l’hypothèse d’un engagement rapide, qui doit faire pression sur tous les différents groupes palestiniens à se réconcilier afin de travailler ensemble et enfin, de dialoguer avec Israël.

Dans la même logique, la réussite de l’administration de Barack Obama sur le conflit israëlo-palestinien a un grand impact dans le dialogue que l’Africain-Américain souhaite engager avec la Syrie et l’Iran, l’Irak où il veut mettre fin à la guerre en retirant les soldats américains d’ici mars 2010, à moins que le gouvernement irakien n’atteigne pas les critères militaires, politiques et économiques qu’il s’est fixé et, enfin, l’Afghanistan et le Pakistan où il prône le renforcement des troupes américaines pour neutraliser les terroristes.

Pour le reste du monde avec l’Afrique, par exemple, ou avec l’Amérique latine, la diplomatie-business et le développement de certains pays, confiés aux vertus naturelles du capitalisme, ne seront pas remis en cause. Quant à la probable rencontre Raul Castro et Obama, les prochains jours fixeront l’opinion. Au sujet du continent noir, précisément, les violences en Afrique ont un reflet négatif sur l’image des Noirs-Américains. C’est pourquoi ils tiennent à voir dans ce continent un élément de leur fierté. Mais, entouré de beaucoup d’anciens collaborateurs de Bill Clinton, le gouvernement planificateur de la balkanisation de la République démocratique du Congo-RDC, Obama n’aura pas le contrôle sur toutes Les institutions et certains détails de nombreux dossiers jugés non prioritaires, pourtant importants lui échapperont ; une véritable épine lourde de conséquences pour des pays d’Afrique centrale, qui favorisera l’émergence omniprésente du Rwanda et de I’Ouganda. Vue sous cet angle, la politique africaine de l’administration Obama sera dictée par les intérêts américains. Par exemple, les experts qui ont étudié le phénomène du pillage en cours en RDC ont évalué à six millions de dollars américains par jour, les tonnes de cobalt qui sortent de la RDC au profit des multinationales américano-britanno-israéliennes éparpillées en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, au Kenya, enTanzanie et dans le monde, et qui utilisent ce minerai dans l’industrie nucléaire, chimique, ou encore dans l’aéronautique et la défense.

« Le jour où Barack mettra en cause les intérêts des industriels qui pillent et tiennent à conquérir l’Afrique centrale, il mettra fin à sa carrière » prédisent les Congolais. Obama est devant un dilemme : soit, il va essayer de prouver qu’être Noir ne l’empêche pas d’être Américain, soit il va se dire que ce n’est pas pour rien qu’il est Noir. Attendu de tous bord, le 44° président sera jugé au travers de ses actes, mais il faudra de la patience car la tâche est immense.