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Mécontents du Maroc au Yémen !

Bachar, c’est du déjà-vu.

Mardi 8 mars 2011 // L’Afrique

La presse a récemment rapporté une information extraordinaire : le président Bachar El-Assad promet des réformes politiques ! Cette promesse s’expliquerait par "les événements qui ont eu lieu en Tunisie, en Egypte et au Yémen, et qui ouvrent une nouvelle ère au Moyen-Orient", selon sa propre expression. Qu’en dit la rue,syrienne ? "Ah, Bachar, ne nous la fais pas. Tes belles paroles n’ont rien de neuf ! C’est en effet du déjà-entendu. Dès son serment d’investiture en juillet 2000, Bachar El-Assad avait philosophé sur l’urgente nécessité-d’une nouvelle pensée créatrice, sur la critique constructive, sur le besoin de transparence, sur la démocratie, sans oublier les droits de l’homme. Toutes sont restées au stade du marketing politique destiné à faciliter la transition du dictateur-père [1971-2000] au dictateur-fils [2000-].

La société civile dont on avait tant parlé s’est évaporée. Le "printemps de Damas" [2001] a été mis en hibernation, hibernation qui dure toujours. Et qu’en est-il des promesses faites à ses Kurdes après la révolte qui avait éclaté en mars 2004 à Hassakeh [nord-est de la Syrie] avant de s’étendre à toutes les zones à population kurde, avec un bilan de près de quarante morts ?

Depuis la mort d’Assad 1er, c’est une décennie de perdue. La Syrie est allée de mal en pis. L’état d’urgence est toujours en vigueur - depuis 1963 - et la répression, la terreur d’Etat, les restrictions des libertés et le combat contre toutes les opinions divergentes et contraires aux intérêts du régime n’ont fait qu’empirer. Les cachots sont pleins de la fine fleur du pays. Les prisonniers d’opinion se recrutent dans toutes les catégories et groupes ethniques et religieux de la population. Il suffit de réclamer une Syrie pour tous pour s’y retrouver à son tour.

Les organisations internationales des droits de l’homme considèrent la Syrie comme l’un des pays qui pratique le plus la torture. Certaines estiment à 17 000 le nombre cumulé des personnes disparues en trente années de dictature. Mais ces histoires de droits de l’homme sont évidemment le dernier des soucis du pouvoir. Réveille-toi, Bachar ! Tu as raté le train de la réforme, comme Zine El-Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak.

Tunis libre, Beyrouth confuse

Aujourd’hui, Tunis a chassé son dictateur, alors que Beyrouth s’incline devant Damas. Le Liban semble, comme la Tunisie, se trouver à un moment charnière de son histoire. Or il n’est guère possible de faire une analogie entre les situations, puisque d’énormes différences existent entre ces deux pays. En Tunisie, le peuple occupe la scène et les hommes politiques cherchent à satisfaire ses demandes. Les mots dominants à Tunis ces jours-ci sont : liberté, changement de régime, procès des personnes corrompues, vivre dans la dignité. On n’y parle pas de complots français ou américains et, au lieu de dénoncer des acteurs de l’extérieur, on demande des comptes à ceux de l’intérieur.

Qu’en est-il au Liban ? Là, ce n’est pas le savoir-faire politique mais la capacité à intimider qui détermine les rapports de forces. Ce sont les chefs des groupes confessionnels qui occupent la première place, en alliance avec leurs alliés étrangers. Contrairement à la Tunisie, les mots d’ordre à Beyrouth sont : résistance [à Israël], Tribunal international, projet israéloaméricain, complot, groupe confessionnel. L’Etat est plus faible que tous les autres acteurs et l’hypocrisie omniprésente rend difficile de demander des comptes aux responsables. Le mot conspiratiôn sert à tout expliquer et àjustifier n’importe quoi.

Autre chose distingue la Tunisie du Liban, à savoir le rapport à son environnement géographique. La Tunisie, petit pays pauvre en ressources, est entourée des grands pays riches que sont l’Algérie et la Libye. Leurs relations sont restées au niveau de relations bilatérales normales. Ainsi, quand a éclaté la révolte, il n’était pas possible qu’un pays voisin intervienne sous quelque prétexte que ce soit. Quant au Liban, il est entouré de la Syrie, chantre du panarabisme d’un côté, d’Israël, Etat menaçant, de l’autre. Cela ne suffit pas à expliquer pourquoi les relations du Liban avec la Syrie ne ressemblent à aucune autre situation entre pays voisins. Entre ces deux "peuples frères", l’un [la Syrie] se considère non seulement comme l’aîné, mais estime en plus qu’il doit dominer le puîné pour assurer sa propre stabilité.

ARABIE SAOUDITE

La goutte d’eau de Djeddah

Les inondations qui ont ravagé la ville saoudienne ont soulevé une colère inconnue jusque-là dans le royaume. Djeddah a de nouveau été noyée sous les pluies saisonnières, un an après les inondations de l’an dernier [qui avaient fait plus de 120 morts]. Et personne ne peut garantir que cela ne se reproduira pas l’année prochaine. [Face à ce genre de catastrophe], les Arabes réagissaient habituellement en sortant dans la rue pour proférer des revendications démagogiques jusqu’à ce que les forces de l’ordre remettent à leur place ces maudits traîtres et que le chef d’Etat se montre à la télévision pour dire combien il compatissait avec son peuple chéri. Après l’intervention de Sa Majesté le roi, onde Son Altesse l’émir, onde Son Excellence le président, ou de n’importe quel autre, que Dieu lui prête longue vie et le protège, le bon peuple rentrait dans le rang et oubliait aussi bien la catastrophe que les promesses, qui avaient suivi.

Les Tunisiens ont rompu avec cette culture politique. Ce sont les premiers à avoir agi. En Arabie Saoudite aussi, la colère s’est accumulée. Certes, elle ne risque pas d’exploser prochainement, parce que les habitants de ce pays ont une étonnante capacité à refouler leurs émotions et parce que les manifestations y sont considérées comme des crimes, ou comme une faute à l’égard de Dieu. Toutefois, cette colère s’exprime de plus en plus sur les nouveaux moyens de communication tels que Facebook, Twitter et YouTube. On assiste à un développement de la conscience politique, à une liberté de ton de plus en plus grande et à l’évolution des mentalités chez les jeunes.

JORDANIE

Le casse-tête du Premier ministre

Pas facile de former un gouvernement d’union alors que les forces d’opposition sont absentes du Parlement...

Le nouveau Premier ministre de Jordanie, Maarouf Bakhit, a longuement consulté les forces politiques, les partis d’opposition et d’autres institutions du pays afin de fixer les priorités pour les années à venir. A cette mesure d’ouverture s’est ajouté l’engagement de changer les règles de la vie politique et d’alléger les restrictions sécuritaires qui pèsent sur les libertés publiques et sur les droits de l’homme. C’est de bon augure, mais cela risque de rester sans effet si la formation du futur gouvernement devait se solder par une déception.

Toutefois, on peut retenir des entretiens que Bakhit a eus jusqu’à présent qu’il souhaite faire émerger une nouvelle élite, celle de demain et qui doit être proche de la rue. De même essaie-t-il d’intégrer tout le spectre de la vie politique, des islamistes à la gauche, en passant par les nationalistes arabes, mais aussi les nouveaux acteurs indépendants.

Le problème est que la plupart de c*s forces ne sont pas représentées atl Parlement. Elles relèvent tantôt de mouvements qui s’appuient sur la rue - tels que les Frères musulmans et les partis nationalistes arabes ou de gauche -, tantôt de nouvelles tendances aux contours flous, telles que la gauche sociale, les enseignants ou les retraités. Evidemment, ces forces ne sont pas d’accord entre elles sur les détails du programme de réformes, ni sur les options du nouveau gouvernement concernant les dossiers chauds, tant ils entretiennent des doutes les unes vis-à-vis des autres.

Car tout le monde croit avoir contribué davantage que les autres à l’émergence d’une nouvelle situation politique et des pressions qui pèsent sur le gouvernement. Les choses se compliquent davantage pour Bakhit dans la mesure où il faudra également composer avec les forces représentées au Parlement.

TUNISIE

Combien faut-il de victimes pour qu’un chef s’en aille ?

Si les dirigeants sont décidés à retarder les échéances et à éviter un tsunami du changement dans la région, de leur côté les peuples n’acceptent plus de mourir en silence mais aspirent à vivre dans la dignité. Cela ouvre toutes les hypothèses pour l’avenir. De nombreux chefs d’Etat ont d’ores et déjà annoncé des réformes économiques et politiques qui semblaient quasiment impensables jusqu’à tout récemment et appelé au dialogue avec une opposition qu’ils considéraient jusqu’alors comme l’incarnation du Mal. De la Jordanie à la Syrie en passant par le Soudan, les annonces se suivent sur le soutien aux prix des produits de première nécessité, la lutte contre le chômage, le combat de la corruption et l’ouverture aux différentes catégories sociales. Toutes ces promesses auraient pu trouver un écho avant que ne se lève le vent du changement. Mais ces régimes ont perdu trop de temps. Les millions de jeunes qui sont descendus dans les rues du Caire et de Tunis pour protester contre la tyrannie et l’injustice n’avaient souvenrconnu que leurs dirigeants en place.

En trente années, le président égyptien a connu six homologues américains, à commencer par Jimmy Carter, en passant par Ronald Reagan, George Bush père, Bill Clinton, George Bush fils et jusqu’au titulaire actuel. De son côté, Ben Ali en a connu cinq en vingt-trois années de règne. Et rien n’indiquait que ces deux-là, ou n’importe lequel de. leurs homologues, avaient prévu de se retirer.

Reste qu’ils n’ont pas été les seuls à ne pas avoir compris ce qui se passait. Leurs alliés en Occident ont eux aussi mis du temps, et ce ne sont pas leurs services de renseignement qui leur ont permis d’anticiper le réveil des peuples.

MAROC

Le roi du Maroc soupçonné de bénalisation.

Le royaume a jusqu’ici été moins touché par la contestation mais la mainmise du monarque sur l’économie pourrait finir par susciter la révolte.

L’exemple tunisien a été un électrochoc pour le Maroc, dont les problèmes sociaux sont encore plus graves que ceux de son voisin de l’est. En dépit d’une croissance économique relativement rapide au cours des dix dernières années et d’investissements très importants dans les infrastructures, la pauvreté et l’inégalité sont toujours criantes au Maroc. Des émeutes ont même éclaté régulièrement au cours des quatre dernières années, et une ville entière, Sidi Ifni, s’est soulevée en juin 2008.

Bien qu’il soit difficile de démêler les causes de la chute du régime de Ben Ali, on peut dire sans trop s’avancer qu’en Tunisie il n’y avait pas suffisamment de partis politiques indépendants, de syndicats, de médias ou d’ONG pour canaliser la colère du peuple tunisien. Si le Maroc, contrairement à la Tunisie, n’a pas connu de révolution populaire, c’est en partie parçequ’en dépit de ses problèmes sociaux le pays a toujours disposé de soupapes de sécurité. Le mot clé, ici, est "toujours". Le Maroc est considéré comme plus libre que la plupart des autres pays arabes. Mais les forces politiques et sociales indépendantes du royaume, qui garantissent un minimum de libertés politiques et civiles aux Marocains, sont de plus en plus affaiblies par l’attitude d’une monarchie hégémonique, illustrées par deux changements : l’avènement du parti Authenticité et modernité (A & M, créé en 2008) et les pratiques économiques abusives de la monarchie. L’un des documents publiés par WikiLeaks a révélé que le palais avait ordonné au ministère de l’Intérieur d’intervenir en faveur des candidats de ce parti.

Par ailleurs, Siger, la holding du roi Mohammed VI, contrôle les plus grandes banques, les plus grandes compagnies d’assurances et l’un des trois opérateurs de télécommunications. Plus inquiétant encore, les affaires commerciales du roi ébranlent parfois la légitimité de la monarchie. Rappelons que le roi tire l’essentiel de cette légitimité de son statut de commandeur de tous les croyants. C’est ce qui unit le Maroc sous la même autorité religieuse et permet de tenir en respect les islamistes. Il a pourtant été récemment révélé que le roi avait investi dans des casinos à Macao et même au Maroc. Il a également investi dans l’entreprise Brasseries du Maroc. Et il est très peu probable que cela lui gagne les faveurs des musulmans conservateurs.

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