Avenir des jésuites.

Mardi 22 janvier 2008, par Frédéric Aimard // La Religion

La réunion de la 35e congrégation générale de la Compagnie de Jésus, au cours de laquelle sera élu le successeur du Père Peter-Hans Kolvenbach, ne peut que susciter l’intérêt de tous ceux qui savent le rôle joué par les jésuites dans l’Église universelle. Issue du cœur et de la volonté d’un des génies du christianisme, Ignace de Loyola, au XVIe siècle, la Compagnie, depuis sa naissance, s’est toujours trouvée aux avant-gardes du combat spirituel, de l’ardeur apostolique et de la modernité intellectuelle et scientifique. De là, ses nombreuses tribulations qui ont été jusqu’à son interdiction, mais aussi ses réussites éclatantes que symbolisent toute une symphonie de grands noms et une pléiade de saints. Il ne faudrait pas oublier la multitude d’humbles ouvriers de l’Évangile qui, aujourd’hui encore, sont présents sur tous les continents et se dépensent sur tous les terrains de la formation des jeunes ou de la promotion des pauvres.

Que la Compagnie ait été prise de plein fouet dans les tempêtes qui ont secoué l’Église et le monde dans le cours du vingtième siècle et les suites de Vatican II ne saurait surprendre. Paul VI ou Jean-Paul II ne sont pas intervenus arbitrairement lorsqu’il s’agissait de corriger certains excès, donnant même de graves avertissements à propos de dérives qui mettaient en péril l’identité profonde des fils de saint Ignace. Des débats théologiques furent alors témoins des graves dissentiments qui opposèrent de grandes figures jésuites. Le quarantième anniversaire de mai 1968 rappelle également comment, en France, la jeune génération fut marquée par une contagion idéologique qui eut les effets les plus funestes, jusqu’à compromettre l’avenir des jésuites dans le pays où la compagnie était née. La baisse générale des effectifs (passés de quelque 30 000 membres en 1965 à moins de 20 000 aujourd’hui) est significative des dégâts de toute cette période. Elle affecte l’Europe principalement, alors que l’Asie (singulièrement l’Inde) et l’Afrique semblent incarner la jeunesse d’une famille religieuse dont le rôle est plus que jamais nécessaire.

Il faut rendre hommage au préposé général, le Père Kolvenbach, dont la sagesse et la hauteur de vue ont permis de surmonter les épreuves du quart de siècle où il dirigea ses frères jésuites, dans une communauté de conviction avec le pape Jean-Paul II. La Compagnie est liée au successeur de Pierre par un vœu qui contribue à son originalité et renforce sa mission universelle. L’élection de son successeur, qui interviendra au plus vite, sera interprétée à l’aune des services et des engagements requis dans la période nouvelle. Les débats qui mobilisaient les esprits sont devenus obsolètes. Le monde nouveau du XXIe siècle réclame que l’on s’engage à nouveaux frais pour son salut. Si la mission auprès des plus pauvres est un domaine où ils ont toujours excellé ad majorem gloriam Dei, on attend toujours des jésuites un renouveau de la pastorale de l’Intelligence.
INVITATION GRATUITE au salon Religion.

Par Frédéric Aimard

Mobilier, vêtements liturgiques, haute joaillerie, fondeurs de cloches, fabricants d’instruments de musique, artistes, artisans d’art, vignerons, maisons d’édition littéraires et musicales, associations, congrégations, etc…
Il y a aussi des débats de fond avec des professionnels (architectes, membres du clergé, journalistes, intellectuels…). Les grands groupes de médias chrétiens ne ménagent pas leur soutien (La Croix, La Vie, etc.). France Catholique y a eu son stand dans chacune des douze éditions. Pour la troisième fois consécutive ce salon aura lieu à l’Espace Champerret dans le XVIIe arrondissement, un endroit très bien desservi par le métro (Louise Michel ou Porte de Champerret) doté de nombreux parkings. Et nous y serons encore présents.

Bref c’est un rassemblement sociologique qui devrait intéresser tous les catholiques parisiens et même provinciaux. En pourtant le succès a rarement été au rendez-vous. Si, pour certains professionnels, peu importe le nombre de visiteurs qui viennent si LE bon contact a pu être établi avec un nouveau fournisseur ou client, il n’en est pas de même pour ceux qui viennent à ce salon pour se faire connaître. Ces derniers voudraient voir chaque année un public plus nombreux, plus chaleureux, plus intéressé. Or il est un peu décevant de constater que si nos amis catholiques sont intelligents individuellement, ils se comportent un peu stupidement collectivement.

Certains salons Religio ont en effet été des réussites d’affluence. Mais cela a été à chaque fois directement lié au fait que la télévision réagissait ou pas. Une énorme affluence l’année ou TF1 avait consacré un sujet au salon. Une affluence correcte une année ou France 3 en avait parlé à plusieurs reprises. Une bonne affluence encore l’année où M6 y avait consacré quelques minutes. Mais les années sans télévision ont été des années de vaches maigres… Est-ce bien acceptable ? Faut-il compter uniquement sur la télé pour que cette manifestation soit un succès ?

Ce n’est pourtant pas que nos amis ignorent que ce salon existe. Ils ne voudraient pour rien au monde sa disparition (par quoi serait-il remplacé ? combien cela coûterait de remonter un pareil événement à partir de rien ?) mais ils n’y pensent pas quand il le faut, ne comprennent pas que leur présence est aussi un soutien pour l’Eglise, un acte militant.

L’année prochaine, sans doute, grâce à un partenariat annoncé avec l’Enseignement catholique, le salon Religio prendra-t-il enfin toute l’ampleur qu’il mérite. Mais il faut passer le cap de janvier 2008.
Les organisateurs ont loué des salles plus belles et plus vastes que l’année dernière. Des entreprises ont, une fois encore, mis la main à la poche pour être présentes. Pensez-y : on ne peut pas toujours se plaindre que l’Église manque de visibilité, de dynamisme culturel voire commercial (ah ! l’éternel problème des cathos français avec le commerce et l’argent !), qu’il manque des lieux de rencontre, et puis ne pas venir à Religio sous prétexte que c’est les soldes, qu’il ne fait pas beau - ou trop beau - ou je ne sais quoi.

Rendre une petite visite amicale à ceux par qui le tissu ecclésial existe aussi, n’est peut-être pas un devoir absolu, mais c’est en tout cas une manière intelligente et peu coûteuse (invitation gratuite à télécharger ci-dessous) de soutenir les Églises chrétiennes. Et puis, quand même, on peut découvrir des expériences et des réalisations étonnantes à Religio quand on s’intéresse à la vie des paroisses et à beaucoup d’autres choses qui font le christianisme d’aujourd’hui. Un peu d’esprit de découverte ne fait pas de mal.

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