Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Austérité : Pas pour nous ?

Lundi 31 mai 2010 // La France

Pour réduire déficit budgétaire et poids de la dette, pas d’autre solution, dit-on, que l’application de la doctrine du Fonds monétaire international : en échange d’une aide financière, réduction des dépenses de consommation (pour dégager des surplus à l’exportation) et des investissements publics (pour faire des économies). Depuis peu, on ajoute des réductions de salaires et une réduction de la protection sociale.

L’Irlande, l’Espagne et le Portugal appliquent, avec des variantes, cette thérapie de choc. En Grèce, elle a été imposée par le FMI, la Banque centrale européenne et la Commission européenne avec une dureté qui voudrait être exemplaire : les pays qui ne se décideront pas à réduire leurs déficits ne seront mis sous tutelle des hauts fonctionnaires internationaux de la même manière que les Grecs. Ceux-ci ont appris le 2 mai, ce qui les attendait : gel des salaires jusqu’en 2014, réductions de primes et indemnités pour les fonctionnaires, « hausse de la TVA et autres très taxes, impôt exceptionnel sur les sociétés rentables, extension de l’autorisation de licenciement... »

La population grecque est soumise à une rigueur extrême. Les gouvernements irlandais, portugais et espagnol prennent des mesures de même nature. Les Français seront-ils épargnés ?

Le gouvernement français soutient ce plan que le gouvernement allemand a contribué à durcir au prix d’un quasi-chantage : en contrepartie de la thérapie de choc, des prêts à intérêt modéré mais tout de même rentables pour les États de la zone euro. Il était évident, que les parlementaires de la majorité approuveraient ce plan d’aide et la presse a considéré qu’il était tout naturel que les socialistes votent de la même manière. Dès le 28 mars, Martine Aubry déclarait que ce plan était un « acte de solidarité ». La dirigeante socialiste exprimait aussi un regret quant à la hauteur du taux d’intérêt (5%) mais la politique de déflation, à laquelle la gauche est traditionnellement hostile, n’était contestée ni dans son principe ni dans ses modalités. Il lui sera difficile de récuser la politique de rigueur qui sera prochainement imposée aux Français, en raison de l’ampleur de nos propres déficits.

Les dirigeants socialistes et les responsables des deux principaux syndicats (CGT et CFDT) semblent considérer que notre pays vit dans une oasis sans doute balayée par des vents de tempête, mais qui n’aura pas besoin d’en venir à de douloureuses opérations de sauvetage, qu’il s’agisse d’un plan de rigueur ou d’une sortie de l’euro préconisée par des économistes de droite et de gauche. Pourtant, les avertissements de personnalités influentes n’ont pas manqué. Conseiller très écouté à l’Élysée, Alain Minc prévoit une augmentation de la TVA dans toute l’Europe. Jean François Copé, président du groupe des députés de l’UMP, envisage un modèle à l’allemande qui donnerait la priorité aux exportations sur la consommation.

À I’UMP comme au Parti socialiste, à I’Elysée et dans les principaux syndicats, personne ne semble douter qu’un programme de rigueur ne provoquera pas de réactions violentes dans la population française, même si la réforme des retraites provoque un mouvement de mauvaise humeur. Comme la mobilisation a été faible le 1e, mai, cette analyse rassurante a été confortée et le succès de la réforme sera, dit-on, un « signal » envoyé aux milieux financiers : s’ils croient que la France est capable par elle-même de réduire ses déficits, la spéculation ne se déchaînera pas contre elle.

Telle est, la politique qui devrait maintenir la France, dans sa position privilégiée : moins frappée que ses voisins parla crise financière, elle échappera à une crise de la dette. Les fortes têtes (Jean-Marie Le Pen qui réclame une sortie groupée de la zone euro ; Jean-Luc Mélenchon qui dénonce la politique de déflation) ne parviennent pas à troubler la belle assurance (trop belle ?) de ceux qui sont à la manœuvre.

Répondre à cet article