Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Areva - Le nucléaire en ébullition.

Mardi 4 janvier 2011, par Ludovic Greiling // Le Monde

Areva est depuis plusieurs mois au centre des attentions des grands gestionnaires boursiers. Le spécialiste de l’énergie nucléaire, qui cherche à lever entre deux et trois milliards d’euros, va ouvrir son capital en Bourse, où ne sont logés pour le moment que des certificats d’investissement ne donnant pas droit au vote.

Dans un premier temps, Areva va augmenter son capital de 900 millions d’euros, l’État apportant 300 millions (il détient déjà 8,4% de la société, au côté du Commissariat à l’énergie atomique (78,9%) ) et le fonds du Koweït investissant 600 millions d’euros (soit 4,8%), devenant ainsi le principal investisseur privé et le premier étranger au` capital de cette société très stratégique. Le but de l’opération ? Financer des investissements pour des contrats déjà signés et dont les chantiers débuteront d’ici à deux ans. Au-delà des besoins de liquidités, l’affaire est révélatrice des préoccupations actuelles de la puissance publique au sujet de la filière nucléaire. En ouvrant le capital d’Areva, l’État souhaite faire bouger les lignes dans ce secteur très conservateur et faciliter le rapprochement des grands acteurs nationaux.

En effet, le constat général laisse une désagréable impression de gâchis. D’un côté, la France possède les meilleures entreprises mondiales, fruits d’une politique nationale d’indépendance énergétique lancée il y a une cinquantaine d’années. Le nucléaire civil nécessite de lourds investissements tant financiers qu’humains, et la France est sur ce point en avance sur les autres grandes nations. Pourtant, d’un autre côté, Areva et EDF ses deux spécialistes et dans une moindre mesure GDF Suez et Alstom, ne profitent pas du développement très important de la demande dans le monde, et perdent régulièrement d’importants contrats pour la construction de centrales ou la fourniture de services associés. L’événement qui a mis le feu aux poudres a été la fin de non-recevoir des Émirats Arabes Unis il y a deux ans pour un projet nucléaire d’envergure. C’est l’éclatement de l’offre française qui a été à l’origine de cet échec. Sous la houlette de sa présidente de longue date Anne Lauvergeon, qui devrait quitter son poste en juin prochain, Areva mène une stratégie de développement et de maîtrise de toute la filière nucléaire, de l’extraction de l’uranium à la construction de centrale en passant par la gestion des déchets. Trop ambitieux ? L’incapacité de la société à terminer dans les temps un chantier en Finlande et les difficultés éprouvées pour vendre ses unités de production d’électricité militent pour un changement de cap. Quant à EDF, elle reste tiraillée entre la volonté de gagner des parts de marché dans la distribution en Europe sous l’effet de la libéralisation forcée voulue par Bruxelles et celle de faire valoir son savoir dans la construction au niveau mondial.

Un temps évoqué, un recentrage d’Areva sur les activités minières (par le truchement de ses participations au Canada, au Kazakhstan ou en Mongolie, la société est le premier producteur mondial d’uranium, elle possède en outre 25% du producteur de nickel Eramet), et un rapprochement avec EDF dans la construction un scénario apparemment recherché par son nouveau président Henri Proglio, qui souhaite développer le producteur national - auraient permis de dégager la voie sur le chemin tortueux de la compétition nucléaire. Ce projet semble mis en sourdine.

Quoi qu’il en soit, le temps presse. Le prix du pétrole et la cherté des énergies renouvelables poussent plusieurs pays à relancer la production nucléaire (États. Unis, Grande-Bretagne), tandis que l’urbanisation rapide de zones très peuplée (Chine, Inde, Brésil etc...) provoque une forte hausse de la demande. Aujourd’hui. 436 réacteurs sont en activité dans le monde, 53 sont en cours de construction, 141 sons déjà planifiés et plus de 300 nouveaux projets sont à l’étude. Ce développement a récemment produit un déséquilibre soudain sur le marché de l’uranium, dont le prix a grimpé de 50% en six mois. Le secteur nucléaire atteint un tournant à ne pas manquer.

Conseil : nous sommes acheteur d’Areva vers 350 euros. L’activité est assurée pour les trois prochaines années, un recentrage serait bien perçu et la hausse du prix de l’uranium soutiendra les résultats du second semestre 2010.

Répondre à cet article