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GABON

Après son épouse le Président Bongo Chef de l’Etat Gabonais nous a quitté.

Lundi 22 juin 2009, par Paul Tedga. // L’Afrique

La nouvelle de la disparition du patriarche El Hadj Omar Bongo Ondimba est tombée, lundi 8 juin 2009, à 14h30, heure de Barcelone, alors que votre bimensuel était déjà entièrement bouclé et fabriqué, prêt à aller à l’impression. En attendant ses obsèques, nous lui rendons d’ores et déjà un vibrant hommage pour l’oeuvre immense, gigantesque, qu’il a réalisée à la tête du Gabon. Je connaissais bien le patriarche pour lui avoir consacré un ouvrage intitulé « Omar Bongo Ondimba tel que je le connais » paru chez AFRIQUEDUCATION en octobre 2005. Sa disparition laisse un grand vide.

J’ai suivi jour après jour, depuis Paris, l’évolution, à Barcelone, de la santé de l’illustre disparu. J’étais en contact permanent avec ses proches parents et notamment, son aide de camp, le capitaine Brice Oligui Nguema. Nous avons réellement pensé que Dieu ferait un miracle pour nous le ramener, au point d’envisager son retour au Gabon au courant de juillet prochain (Lire « Gabon : Le patriarche en colère » dans le numéro 277 du 1er au 15 juin 2009). Dimanche 7 juin, à 23h05, alors que je sortais de la fabrication, notre correspondant au Cameroun, André Fernand Bounougou Fouda, m’appelle en catastrophe sur mon portable pour m’indiquer qu’une amie à Yaoundé venait de l’appeler pour lui annoncer la mort du patriarche Ondimba. Franchement, cette nouvelle inattendue m’a surpris d’autant plus que dans l’après-midi de ce dimanche, j’avais un rendez-vous téléphonique avec le capitaine Brice Oligui Nguema et que tout avait l’air d’être normal. Malheureusement « surbooké », j’ai préféré remettre cette communication téléphonique au lundi 8 juin.

L’appel de notre correspondant à Yaoundé m’a alors poussé à creuser son information. D’autant plus qu’après avoir fini de parler avec lui, j’ai constaté qu’une lectrice du magazine m’avait laissé le même type de message sur le répondeur de mon téléphone. Puis j’ai reçu un troisième coup de fil, du journaliste centrafricain Adrien Poussou, qui me disait la même chose. Puis ce fut un quatrième coup de fil d’un autre lecteur. Bref, les appels s’enchaînaient. J’ai alors décidé vers 23h15 ou 23h20 de téléphoner à l’aide de camp du patriarche, à Barcelone, pour avoir les nouvelles à la source et puis m’excuser de ne l’avoir pas appelé dans la journée comme il était prévu. Ne l’ayant pas eu, je lui ai laissé un message par rapport aux nombreux coups de téléphone que je venais de recevoir à cette heure tardive de la nuit. Cinq minutes après, le capitaine m’a rappelé pour me rassurer que rien de grave n’était arrivé au patriarche. Je précise que c’était la nèm » fois que la presse française enterrait le patriarche vivant. Nous tous en avions marre de cette façon de faire d’une certaine presse. Dans quel état exact, se trouvait-il à ce moment précis ? Je ne le saurai que plus tard, les événements s’étant enchaînés avec sa mort dès le lendemain, ne m’ayant pas permis d’en savoir plus.

Cela dit, le refus du porte parole de la présidence de la République du Gabon, Robert Orango Berre, de rédiger un démenti comme « Barcelone » le lui demandait et de le lire à la première chaîne de télévision gabonaise, devait m’interpeller ; le Gabon étant une Maison de verre comme le soulignait régulièrement le patriarche, rien ne peut être durablement caché. Parfaitement au courant de ce que la situation du chef de l’Etat était peut‑être « irréversible », Robert Orango Berre a refusé de faire son travail ? Toujours est-il que le directeur du quotidien l’Union, Yangari, et le chef du groupe parlementaire, PDG au Sénat et ancien directeur de l’Union, Germain Ngoyo Moussavou, se sont portés volontaires pour rédiger ce démenti. Avec beaucoup de courage.

Le ministre haut représentant personnel du chef de l’Etat, Michel Essonghe, depuis Barcelone, leur a donné des précisions nécessaires qui leur ont permis de faire, dans les règles de l’art, un communiqué que Germain Ngoyo Moussavou a déposé vers 0h30 à la direction de la première chaîne de télévision gabonaise pour diffusion immédiate, et que le quotidien L’Union a publié le lendemain matin. Au même moment, le Premier ministre Jean Eyéghé Ndong, le président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, le chef de la diplomatie gabonaise, Paul Toungui, la ministre directrice de cabinet du président de la République, Pascaline Bongo Ondimba, qui avait dû s’absenter de Barcelone pour quelques heures, et quelques autres, étaient déjà dans l’avion en direction de Barcelone.

Le communiqué de Libreville, rédigée tardivement, n’est arrivé dans les rédactions que lundi 8 juin au matin alors que tous les quotidiens de la sous-région avaient déjà titré sur le décès du président du Gabon. Une information fausse à ce moment précis car comme l’avait bien affirmé plus tard le Premier ministre Jean Eyéghé Ndong, à Barcelone, en cette matinée du 8 juin, « nous avons constaté que le président de la République Omar Bongo Ondimba est bien en vie », après lui avoir « rendu visite dans la matinée ». Il a précisé ensuite qu’il s’était entretenu avec l’équipe médicale de la clinique Quiron où était hospitalisé le président, en présence notamment du ministre gabonais des Affaires étrangères, du président de l’Assemblée nationale et de « quelques membres de la famille ». Les journalistes présents ont cependant noté que le Premier ministre s’est borné à lire son texte sans commenter l’état de santé du patriarche, et surtout, il s’est refusé à répondre aux questions des journalistes. « Le président Omar Bongo n’est pas mort », ont ensuite confirmé les services du ministre espagnol des Affaires étrangères Moratinos. Le Gabon est même allé jusqu’à protester officiellement auprès de la France pour dénoncer les « dérives répétées de la presse française » sur l’état de santé du président de la République. L’ambassadeur de France à Libreville, Jean-Didier Roisin, a été convoqué au ministère gabonais des Affaires étrangères qui lui a transmis une protestation verbale.

L’information qui a mis le chef du gouvernement gabonais dans tous ses états, avait été publiée dimanche 7 juin 2009, à 22h36, heure de Paris, (20h36 GMT), sur le site de l’hebdomadaire français, Le Point. Rédacteur en chef France chargé des enquêtes, Hervé Gattegno avait écrit : « Après 41 années passées à la tête du Gabon, Omar Bongo est mort dimanche (7 juin 2009, ndlr), à 73 ans, des suites d’un cancer, a indiqué au Point, une source proche de son entourage. Après avoir suspendu ses pouvoirs à Libreville le 6 mai, le plus ancien chef d’Etat africain avait été admis dans une clinique de Barcelone. Nicolas Sarkozy a été immédiatement informé de son décès. Son épouse, Edith Lucie Bongo, est décédée le 14 mars des suites d’une longue maladie, à Rabat, au Maroc ». Voilà la bombe lancée par ce journal, qui a été confirmée par son président-directeur de la publication, Franz-Olivier Giesbert, lors de son arrivée sur le plateau de France 2 où les politiques commentaient les résultats des élections européennes. A partir de ce moment, la nouvelle passait en boucle sur toutes les chaînes d’information continue, à savoir, 1-Télévision, LCI, BFMTV et France 24. Seul Euronews faisait de la résistance.

Pourtant, les choses sont allées très vite. Après son communiqué du matin, le Premier ministre remettait, en début d’après-midi, un message écrit aux journalistes : « C’est à 14h30 (12h30 GMT) que l’équipe médicale m’a informé, ainsi que les officiels et membres de la famille présents, que le président de la République, chef de l’Etat, Omar Bongo Ondimba, venait de rendre l’âme des suites d’un arrêt cardiaque ». Désormais, la messe était dite. Il n’y avait plus qu’à pleurer le patriarche.

Selon la constitution gabonaise, la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombé, doit assurer la transition jusqu’à un scrutin à programmer au plus tard 45 jours après le constat de la vacance du pouvoir. Il reste à espérer que la succession se fasse dans de bonnes conditions et que la paix soit préservée. La dernière fois que j’avais longuement rencontré le patriarche, pendant plus de trois heures de temps, c’était à sa résidence du Palais du Bord de Mer. Ce beau samedi après-midi de juillet 2008, dans nos causeries qui embrassaient souvent mille choses, il m’avait astucieusement demandé de lui dire qui pouvait lui succéder valablement à la tête du Gabon ? Une question à 1 million d’euros ! Astucieusement, moi aussi, je ne lui donnai aucun nom, préférant tourner autour du pot. En réalité, s’il m’avait indiqué (même à voie basse) le nom de quelqu’un, j’aurais pu commencer à travailler avec lui. Je sais qu’un certain nombre de noms reviennent régulièrement dans les discussions quand on évoque le problème de la succession au Gabon, mais jamais, le patriarche ne m’en a cité un seul.

Pendant cette rencontre (la dernière car à cause de l’état préoccupant de la première dame, puis son décès et son propre état de santé à lui, je ne l’ai plus revu), il m’a dit qu’il avait les noms de quelques personnes en tête. Mais à la vérité, avait-il poursuivi, aucune d’elles ne réunissait l’ensemble des critères requis.

Le patriarche m’avait demandé de rédiger un ouvrage qui accompagnerait sa candidature à l’élection présidentielle de décembre 2012 à laquelle il était déjà candidat. Cette demande remonte à 2006, au lendemain de sa victoire en novembre 2005. A chacune de nos rencontres, il n’oubliait jamais de me demander où j’en étais au niveau de la rédaction de ce livre. Lors de notre dernière rencontre, en juillet 2008, pour le rassurer, je lui ai indiqué que j’avais beaucoup avancé mais que je souhaitais que ce livre contribue à son entrée dans l’Histoire par la grande porte, et que c’est l’objectif que j’entendais lui assigner. Il m’a écouté (vraiment) avec intérêt et n’a fait aucun commentaire. Voilà que le destin en a décidé autrement. Il ne sera plus là pour me faire pression.

Le gouvernement a décrété un deuil national de 30 jours, avec mise en berne des drapeaux.

Le journal AFRIQUEDOCATION, journal de chevet du patriarche - mon très cher patriarche ainsi que l’équipe de fabrication, d’impression, de distribution et de diffusion, s’associent à moi pour présenter nos condoléances les plus attristées au gouvernement du Gabon et à la famille de l’illustre disparu. Le patriarche a été pour nous, pour moi, une référence dans sa façon d’être. Il le restera. Et tant que je pourrai, je défendrai sa mémoire envers et contre tous.

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