Tribune.

Après la crise.

Par Jean de France.

Lundi 12 décembre 2011 // La France

Prince Jean de France

Une heure de vérité approche. Pour la France d’abord. Pour l’Europe aussi et pour le monde. Indépendamment des hommes et de leurs disputes, ce sont âes modèles, des systèmes qui vont être jugés. Et, au fond, c’est ce qui compte. Car la leçon devra porter.

La politique, la vraie, celle qui vise au bien de la société et qui s’inscrit nécessairement dans le long terme, a été négligée. Y compris et surtout par les hommes politiques. Le système dans lequel nous vivons les oblige au court terme, à l’agitation immédiate qui n’a rien à voir avec l’action en profondeur. Depuis des décennies des décisions dans un sens et dans l’autre, soumises aux aléas du moment et aux considérations électorales, ont aggravé à chaque fois la situation. Un constat s’impose : l’homme politique qui voudrait faire le bien, dans un tel cadre, ne le pourrait pas. « Le volontarisme » n’y suffit pas. C’est aujourd’hui que se payent toutes ces inconséquences.

La société française dans sa réalité a disparu de la réflexion de ceux qui décident. Tout a été réduit à des considérations économiques. Leur importance qui n’est pas niable mais qui a seule prévalu, a entraîné progressivement l’effacement des autres considérations humaines et sociales. La cohésion française est maintenant gravement atteinte. La surenchère politicienne y ajoute son mal. La financiarisation de l’économie dont la mondialisation a accéléré les rythmes, a imposé son modèle et sa loi à la société à tous les niveaux ; les réalités sociales ont été broyées.

La finance a englobé l’économie qui a englobé la politique. Plus aucune conduite de sagesse politique n’a été possible. Il était si facile de croire que tous les problèmes se résoudraient à coups de milliards. Il suffisait de « vouloir » et les lignes de crédits s’allongeaient. Milliards des crédits d’État qui s’inscrivaient en déficits dans les budgets, milliards des crédits bancaires, garantis, permis, autorisés d’une manière ou d’une autre par l’État, pour répondre aux besoins, tous les besoins. Les milliards se sont ajoutés aux milliards pour faire des centaines de milliards, puis des milliers de milliards dont il faut payer les intérêts pour lesquels il faut encore emprunter. Les échafaudages de dettes se terminent toujours mal.

Le moment approche. Ce qui arrive à la Grèce est un triste prélude. Le renflouement indéfini n’est pas une solution d’avenir. Les crises se succèdent aux crises, chaque fois plus graves.

C’est un système de penser et d’agir qui est à revoir. La tourmente va causer de tels ravages qu’il faudra bien trouver une volonté pour reconstruire et cette fois-ci dans la durée, avec l’intelligence politique du long terme. Pour rétablir les finances publiques sur des bases saines, il conviendra de leur redonner leur finalité. La finance est au service de l’économie qui est au service de la politique, la vraie, la grande, qui est au service de la France. C’est cet ordre qu’il est nécessaire de retrouver.

J’ai parcouru mon pays suffisamment pour en connaître toutes les richesses et dans tous les domaines. Il ne demande qu’à vivre, à respirer, à prospérer sous une sage politique qui détermine des orientations et qui ne se décrète ni ne se décide à coups de milliers de milliards. C’est pourquoi la première étude que j’ai demandée au groupe d’experts que j’ai réunis, porte sur les PME : elle présente des propositions concrètes pour les revitaliser. Là est le tissu de fond de la France. Ce sont elles qui subissent de plein fouet et la crise financière et les politiques absurdes d’administrations irresponsables.

Ce sont nos territoires qu’il faut faire revivre et nos familles et nos villes et notre société tout entière, malade de démagogie et de gabegie. Les hommes politiques sérieux le savent bien. Il faut commencer par le commencement : pour nous tout commence avec la France.

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