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Aller à l’O.N.U. ou non ? Ce n’est plus la question.

Mardi 4 octobre 2011, par Samia Khoury // Le Monde

La décision palestinienne de s’adresser aux Nations unies suscite bien des débats, s’attire des critiques et récolte des encouragements. Mais l’heure n’est plus aux hésitations.

Le célèbre monologue de Hamlet m’a inspiré ces quelques lignes qui résument la requête palestinienne auprès des Nations unies. Y aller ou ne pas y aller telle est la question. Faut-il donc souffrir patiemment cette triste occupation. L’injure des check points et le mur de séparation ? Faut-il encore souffrir d’inutiles négociations ? Ou porter notre cas devant toutes les nations ? Y aller ou ne pas y aller, telle n’est plus la question.

Alors que le "printemps arabe" occupe encore une place de choix dans l’actualité avec le procès de Moubarak et les incertitudes sur le sort de Kadhafi, les Palestiniens ont été accaparés par leur requête auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU). Déclarations, débats, sondages, analyses et articles ont largement couvert le sujet sous tous les angles ; le pour et le contre, les dilemmes et les perspectives, l’espoir et le découragement, les déceptions et les futilités, tout a été passé au crible. La question d’y aller ou de ne pas y aller n’est pourtant plus d’actualité puisque l’Autorité palestinienne, acculée par l’échec du processus de paix et l’inutilité des négociations, qui durent depuis plus de dix-huit ans, a pris la décision d’y aller.

Pourtant, une chose est sûre, cette initiative est loin de faire l’unanimité chez les Palestiniens. Comment l’ONU, qui a créé le problème en procédant à une partition injuste de la Palestine en 1948 et qui s’est jusqu’à présent montrée incapable de contraindre Israël à appliquer la moindre résolution - émanant de ses propres instances - concernant les Palestiniens, pourrait-elle être crédible ? Comment les Palestiniens pourraient- ils lui faire confiance pour réaliser leur rêve de libération et d’indépendance ? Comment ne pas comprendre que de nombreux Palestiniens, notamment ceux de la diaspora et des camps de réfugiés, redoutent que leurs droits inaliénables et surtout leur droit au retour ne deviennent jamais une réalité ?

Mais pourquoi Israël est-il si hostile à cette initiative ? Rappelons qu’Israël n’a jamais voulu reconnaître qu’il occupait la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza, pourtant reconnus par la communauté internationale comme " territoires occupés " dès 1967. Au départ, Israël les considérait comme des "territoires administrés", et, plus tard, quand les. négociations ont commencé après les accords d’Oslo, en 1993, Israël y faisait référence commedés "territoires disputés", puisqu’ils n’avaient jamais été indépendants. Evidemment, Jérusalem-Est a été unilatéralement annexé et exclu des négociations. Israël se targue d’avoir acquis ces territoires à la loyale lors d’une guerre lancée par les pays arabes en 1967. Sans parler de ce droit divin qu’Israël a toujours invoqué pour revendiquer la totalité d’Eretz Israël [la Terre d’Israël]. Selon cette croyance, ces territoires sont des territoires libérés et c’est donc Israël qui fait les concessions les plus douloureuses en donnant aux Palestiniens une partie de ses terres. Avec ce genre de logique, et toutes les nouvelles réalités qu’Israël a créées sur le terrain par le biais de l’administration et des colonies de peuplement militarisées, il est devenu flagrant qu’il qu’il n’y a pas de place pour un Etat palestinien à côté de l’Etat d’Israël, contrairement à ce qu’on a voulu faire croire aux Palestiniens au moment des accords d’Oslo.

Ce qui est vraiment déroutant et décevant, c’est la réaction de l’administration américaine. Si elle était intéressée par la paix et la stabilité dans la région autant que par la sécurité d’Israël, ce que le président Obama, comme ses prédécesseurs, ne cesse de clamer, les Etats-Unis devraient être les premiers à approuver le principe d’un Etat palestinien. Il est d’ailleurs à ce titre fort intéressant de se souvenir des propos tenus par Obama lors de son discours devant les Nations unies en septembre 2010 : " Le monde est prêt à un accord qui conduira à la création d’un nouvel Etat palestinien l’année prochaine." Le président des Etats-Unis a apparemment la mémoire courte parce que, sans même avoir vu les détails de la demande palestinienne ou essayé de parvenir à cet accord dont il avait parlé, il a envoyé deux de ses émissaires, Dennis Ross et David Hale, pour convaincre le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de changer d’avis.

Pourquoi tant d’acharnement ? Abbas a déjà été suffisamment humilié au moment des négociations. Chaque fois il menaçait de ne pas retourner à la table des négociations et chaque fois l’administration américaine intervenait. Pour ne pas saboter les négociations, les Palestiniens ont fait plus de concessions que quiconque dans le conflit. Obama lui-même a goûté aux fruits amers de l’humiliation quand le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a catégoriquement refusé de cesser l’installation de colonies de peuplement [en mars 2010, alors que le vice-président américain Joe Biden était en visite officielle en Israël]. Non seulement Obama s’est incliné, mais il a en outre réagi en promettant des aides supplémentaires et une offre militaire très attirante pour Israël. Mais si l’Autorité palestinienne envisage simplement d’aller aux Nations unies, l’organisme le plus à même de résoudre les problèmes internationaux - mais aussi d’en créer-, l’administration américaine menace de lui couper les vivres. C’est une honte. Est-ce pour ce genre de démocratie que les Etats-Unis sont prêts à faire la guerre ? J’espère que ce grand pays continuera à être une terre d’asile pour les personnes opprimées qui y ont trouvé refuge ainsi qu’une chance de pouvoir mener une vie plus paisible. Mais peut-on encore y croire ?

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