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Jeudi 17 novembre 2011 // Divers

LA NUIT A 37 000 € DE SARKOZY

En pleine crise économiqùe, et alors que le gouvernement racle les fonds de tiroirs à la recherche des milliards manquants le prix de la nuit d’hôtel de Nicolas Sarkozy à Cannes, la semaine dernière pour le sommet du G20, frise la provocation.

En dépensant un peu plus de 37 000 € pour une nuit dans une suite de l’hôtel Majestic de Cannes, le Président français se hisse sur la plus haute marche du podium des dirigeants peu regardants à la dépense. Il devance Barack Obama et Silvio Berlusconi, hébergés au Carlton voisin, pour respectivement 35 000 € et 29 000€ la suite. Le président chinois Hu Jintao, objet de toutes les attentions, a payé trois fois moins cher sa chambre au Gray d’Albion, soit 11 600 €. Sans pour autant dormir dans un Formule 1, le Premier ministre anglais David Cameron peut s’enorgueillir d’avoir été le plus économe des dirigeants présents à Cannes. Il n’aura déboursé « que » 1950 € pour une nuit au Marriott. C’est toujours 300 € de plus que le salaire mensuel médian en France. On est loin de la « République irréprochable » du candidat Sarkozy en 2007. Il ne suffira pas de geler le salaire du Président et des ministres pour y parvenir.

DICTIONNAIRES CHEZ LAROUSSE ET HACHETTE

Le souci que tout citoyen manifeste de mieux comprendre ce qu’il lit ou que tout scolaire exprime d’apprendre sa langue se trouve abondamment servi par l’habituel Petit Larousse illustré et les divers Dictionnaires Hachette qu’on peut se procurer dans leurs dernières éditions. De taille très comparable, ils se présentent tous avec un maniement facile, la principale différence reposant sur la volonté d’Hachette de ne pas distinguer les noms propres des noms communs, qui sont donc volontairement mélangés les uns aux autres. Le plus cher, Larousse, reste évidemment fidèle à ses pages roses divisées en « locutions latines, grecques et étrangères », « proverbes, sentences et maximes » et « mots historiques » qu’on pourra comparer au très intéressant Petit dictionnaire des vraies fausses citations (Paris, Albin Michel, 2011, 226 pages) de Paul Desalmand et Yves Stalloni et au Dictionnaire de citations francophones (Paris, Lattès, 2011, 212 pages) réalisé sous la direction de Jean-Michel Djian et destiné à illustrer la francophonie.

A côté des indications grammaticales, des parties encyclopédiques et des développements sur l’actualité, Hachette s’enorgueillit de quelque 450 mots nouveaux tels autoentreprise, berlusconisme, BMX, cross-over, cyberattaque, délégiférer, focus, fundraising, négativer, neurovasculaire ou ultragauche. Larousse revendique 3.000 nouveaux mots, sens ou expressions, parmi lesquels apparaissent enfin barnum, passe-muraille, prêt-à-penser ou télécrochet. En fait, c’est l’éternel problème de la modernisation plus ou moins à tout prix et du souci d’intégrer des personnalités comme le grand « indignateur » le mot ne figure nulle part Stéphane Hessel, chez Larousse, ou l’éphémère Premier ministre japonais Naoto Kan, chez Hachette.
Mettre systématiquement à jour se présente comme une tâche à la fois nécessaire et périlleuse. Il faudrait aussi passer en revue les disparus, tâche bien plus difficile. Mieux vaut féliciter les auteurs de toujours tenter de mettre à la disposition du plus grand nombre, y compris dans les dictionnaires pour les plus jeunes, un maximum d’informations.

LA TUNISIE SANS LA FRANCE

La France a manqué tous ses rendez-vous avec la Tunisie. Après les élections du 23 octobre, il sera difficile de renouer entre Paris et Tunis.

Plusieurs historiens ont exprimé l’idée que des trois pays du Maghreb, le plus naturellement, culturellement, proche de la France était la Tunisie. L’idée remonte à Saint Louis mort en 1270 devant Tunis. Or de rendez-vous raté en rendez-vous raté, de cette mort du roi croisé à l’affaire de Bizerte en 1960 (qui brouilla à jamais De Gaulle et Bourguiba à l’occasion de la reprise de cette base navale), de la querelle des télés entre France et ltalie pour le contrôle du ciel tunisien au soutien à Ben Ali contre son peuple, il semble que l’on soit allé de maladresse en maladresse jusqu’à la faute. Il ne s’agit bien entendu pas aujourd’hui de tomber dans les bras des nouveaux dirigeants élus, mais il faudrait quand même faire attention à ce qu’on dit et fait à Paris concernant la Tunisie.

Ces nouveaux dirigeants sont Rached Ghannouchi et son entourage. Le parti de la Renaissance (Ennanda) a en effet obtenu plus de 40% des sièges. Toujours incroyant, Paris lui en donnait généreusement entre 20 et 30. Rached Ghannouchi n’est certainement pas de nos amis. Il a passé son exil de 22 ans à Londres comme certaines personnalités du Fis algérien partis au même moment, en 1990. Américains et Britanniques ont avec eux quelque avance sur nous. L’islamisme de Rached Ghannouchi ne dérange en rien ces communautaristes qui ne trouvent rien à redire à l’islam sociétal chez eux comme chez soi.

Que le parti principal de Tunisie soit dirigé par ces hommes est très important pour le devenir de l’Algérie, puisqu’ils sont issus de la même mouvance historique que le Fis première manière. C’est déjà assez d’avoir perdu la Tunisie pour ne pas se retrouver devant un problème autrement plus gigantesque en Algérie.

Autrement dit, le problème n’est pas en soi le succès relatif d’un parti qui apparaît comme le plus représentatif de la société tunisienne dans ses profondeurs et qui naturellement se réfère à l’islam, mais de quel islam il s’agit et surtout de l’idéologie ou de la personnalité de ses dirigeants. Pour représenter effectivement le mouvement de jeunesse, tant hier en Algérie qu’aujourd’hui en Tunisie, le parti dit de l’islam doit satisfaire un certain nombre de revendications sociales et politiques. Le Fis avait détourné à son profit le mouvement de la jeunesse des années 90. Si Ennanda fait de même, il sera rejeté. Aussi bien en est-il conscient : Ghannouchi a mis autant d’eau qu’il fallait dans son vin. Il y a le problème de l’émancipation de la femme sur laquelle il a dit qu’il ne reviendrait pas. Mais il y a surtout le problème de l’emploi et de l’égalité des chances. Il se trouvera toujours quelqu’un pour rappeler le petit marchand des quatre-saisons de Sidi Bouzidi, dont l’immolation fut à l’origine du « printemps arabe ».

C’est là qu’on attend la France. Pourquoi changer tout à coup le fusil d’épaule ? Il serait pour le moins curieux que les droits de l’homme qui n’avaient jamais été notre préoccupation majeure sous Ben Ali soient notre ligne rouge sous Ghannouchi. On ne nous reproche pas dans la nouvelle équipe de les défendre, ou de ne pas les avoir défendus avant, mais d’en faire tout à coup la condition sine qua non de notre aide, quand on sait que l’enjeu en Tunisie et en France est l’intégration économique. Ne prenons donc pas l’islam comme référence, ce qui serait tomber dans le miroir que nous tendent les Ghannouchi, mais la situation sociale qui a’ fait son succès.

FRANCE UNIE

On peut toujours brocarder les hommes politiques donnant plus ou moins l’impression de vouloir exister même s’ils ne détiennent plus de mandat électif après en avoir exercé plusieurs. Il est effectivement facile de ne voir dans leur démarche que la volonté de s’assurer une certaine épaisseur politique pour qu’on pense toujours à eux et qu’ils puissent ainsi se servir d’une masse de sympathisants directement reliés à eux. On sait d’ailleurs que nombre de personnalités ont ainsi mis sur pied des clubs qui leur sont propres, bénéficiant ainsi des subsides du financement politique officiel.

Ce reproche pourrait être adressé à l’ancien député et ancien vice-président de Conseil régional Marc Fraysse. On l’a vu proche de Jacques Chirac, de Charles Millon ou de Charles Pasqua, ce qui ne l’empêche pas de soutenir le maire socialiste de Lyon. Homme de réseaux et efficace organisateur, on le sait introduit dans de nombreux milieux, ycompris professionnels car il connaît de l’intérieur le monde de l’entreprise. Mais le mouvement France unie qu’il a fondé mérite de retenir l’attention pour autre chose que des ambitions personnelles, car il exprime ce que pensent beaucoup d’électeurs plus ou moins désabulés par les inconsistances de l’action politique.

Se présentant volontiers comme gaulliste car à l’étroit dans le simple clivage gauche-droite et cultivant une certaine idée et un amour certain de la France, il veut revenir au bon sens en ne se cachant pas derrière les grands mots ou la langue de bois. Lorsqu’il dit vouloir passer « de la réflexion à l’action », il entend s’appuyer sur les constats de ses contemporains pour proposer des solutions « à l’écart des extrêmes » et, surtout, les mettre en oeuvre. En clair, il est prêt à transformer son mouvement en véritable parti politique, perspective qui demeure loin d’enchanter ceux qui ont déjà pignon sur rue et veulent s’appuyer sur les formations déjà existantes.

Etabli en diverses régions et revendiquant 12.000 adhérents, Marc Fraysse entend contribuer au réveil d’une France qui a perdu le sens du devoir et d’un régime qui se retrouve en danger. Adepte du politiquement incorrect, il regrette que ne soient pas pris à bras le corps les problèmes qui risquent de rendre de plus en plus misérables les Français, et pas seulement en ce qui concerne leurs revenus. La question du désendettement du pays lui semble primordiale, mais il n’oublie pas que « le vecteur du développement reste l’éducation », où familles et enseignants doivent retrouver leur rôle. A partir de là, n’hésitant pas à donner l’Allemagne en exemple, il prône une reprise de la production pour que les ateliers du monde ne se trouvent pas qu’à l’extérieur, chez les pays émergents. Enfin, en la distinguant de l’assistanat, il milite pour la protection de ses concitoyens, par exemple en faisant évoluer le modèle social afin qu’il ne disparaisse pas.

11 NOVEMBRE

Dans trois ans, nous célébrerons le centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale. L’éloignement dans le temps nous a rendu étrange cette formidable déflagration, où l’Europe s’est trouvée saignée à blanc, avec le massacre de ses garçons de vingt ans. Nous comprenons difficilement, dans l’Europe pacifiée d’aujourd’hui, comment les peuples ont pu se jeter sauvagement les uns contre les autres. Cela paraît si invraisemblable que certains tentent d’opposer les populations à leurs dirigeants, comme si ceux-ci avaient conduit les nations au massacre sans le consentement des citoyens. C’est une pure légende, comme le montre Jean Sévillia dans son dernier ouvrage, en dépit des mouvement de révolte de 1917, motivés par l’échec de l’offensive Nivelle. C’est le patriotisme unanime de l’armée française qui a permis l’offensive finalement victorieuse de 1918.

Certes, on peut déplorer cette « guerre civile européenne », en déduire les conséquences désastreuses dont la plus grave est l’invention et l’essor des totalitarisme qui conduiront au second conflit mondial.On accuse les « nationalismes » à juste raison, mais il faut comprendre la genèse de leur éclosion. C’est la disparition de l’Europe ancienne, sous les coups de la Révolution française et de l’Empire napoléonien, qui a conduit à l’instabilité du continent, avec la montée en puissance des idéologies et l’apparition de ce qu’Alphonse Séché (1876-1964) appelait « les guerres d’enfer ». En d’autres termes, l’histoire avançait dans le sens prévu par le stratège prussien Cari von Clausewitz (1780-1831), jusqu’à la montée aux extrêmes ; heureusement, les nations européennes ont désormais établi entre elles un pacte de paix durable, ayant enfin compris que tout conflit interne à leur continent est suicidaire. Le monde n’est pas pour autant en paix. Nous vivons sous la menace d’autres conflits et notre propre armée est toujours engagée sur des terrains extérieurs, en Afghanistan par exemple. La paix universelle constitue la plus difficile des conquêtes.

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