Aidons les Handicapés !..

Vendredi 14 janvier 2005, par Paul Vaurs // Santé

La France est en retard de plusieurs décennies par rapport à la Suède et à de nombreux Pays du Nord ou du Centre de l’Europe. Economisons, en supprimant des pouvoirs superflus, comme les Conseils Généraux, le Sénat, et réduisons de moitié les 36 000 communes de France et de Navarre. Réduisons le train de vie de nos Ministres, et autres serviteurs de l’État, avant d’augmenter nos impôts. Il y a notamment, les maladies dites « Orphelines » comme le (Syndrome de William et j’en passe.)

Les prestations financières, que l’État verse aux différentes couches de la population, « ne sont, pas, contrairement, à une idée fixe », trop importantes, elles sont tout simplement, mal répartis. Comme j’ai eu maintes fois l’occasion de le signaler, la France de 2005, compte mille fois plus de profiteurs légaux, que sous la monarchie, après l’abolition des privilèges la nuit du 4 août 1789.

« J’ai une proposition à faire aux responsables politiques Français » Vu qu’un demandeur d’emploi revient à la collectivité, à une somme d’environ 1400 € par mois, nous sommes en mesure de mettre à la disposition des handicapés des voitures aménagés, qui seraient conduites par des femmes ou des hommes agréés par les caisses de sécurité sociale. Ces emplois, seraient répartis sur l’ensemble des cantons de notre Pays. Les grandes villes comme Paris, disposeraient dans chaque arrondissement des prestations citées en amont. Sur présentation d’une carte de la caisse de sécurité sociale dont dépend le ou la personne handicapé, une voiture viendrait à son domicile ou ailleurs, et serait à sa disposition le temps qu’il faille. » Si cette mesure était prise notre Pays, ferait un grand pas vers plus de justice, de solidarité de plus d’amour.

Voilà ci-dessous la « réaction » que Ariane a adressée
à Radio-France
.

Merci pour ce dossier très complet sur la Suède face au handicap.
La France devrait avoir honte car nous sommes encore à la « préhistoire » en
comparaison du Royaume de Suède sur la prise en charge du handicap.
Notre société est égoïste car elle laisse pour l’instant en marge et dans des situations
misérables les personnes handicapées au lieu de faire le choix naturel de
les intégrer. Le coût ? Tout a un coût lorsque l’on vise une société juste
dont la devise est « liberté, égalité, fraternité » (non respectée pour les
personnes handicapées.) Si ces personnes ne sont pas intégrées, c’est la voie libre à tout dérapage. Non, prise en charge des personnes au-delà d’un certain âge par exemple ou toute autre restriction terrible qui ne laisserait leur place, qu’aux personnes « rentables » pour la société. Cet article est d’ailleurs intéressant car il montre que la prise en charge
du handicap en Suède a permis de créer de nombreux emplois et de réduire
ainsi les coûts. Cette mesure permet par ailleurs à certaines personnes
handicapées de travailler. Gisèle a eu de la chance de pouvoir faire le choix de vivre dans un pays où la personne handicapée est respectée. Chance n’est pas le mot car il
fallait aussi un énorme courage et une volonté extraordinaire. C’était et
cela, reste toujours un déchirement pour elle d’avoir été obligée de quitter
son pays, sa famille et ses amis. Elle a été mise au pied du mur par
l’indifférence de notre société vis-à-vis des personnes handicapées.
J’admire son dynamisme, sa joie de vivre et son engagement qui permettent
de montrer qu’une vie épanouissante est possible même avec un lourd
handicap comme le sien. Il est urgent qu’une loi décente soit votée en France sur le modèle suédois, afin, que les personnes handicapées soient considérés comme des citoyens ont
Part entière. Ecrivez aussi le plus vite possible, dite ce que vous pensez. Je compte sur vous. Gisèle.

Pour que notre pays, ne souffre plus de ces interminables discussions, grèves ou autres prodigalités, il est impératif que le peuple dans sa totalité, sache de quoi il en retourne de ses impôts. Le peuple doit savoir où va, cet abondant florilège de taxes en tout genre qui sont censés normalisés notre économie et par là, remettre à flot notre dette extérieure, qui dépasse l’équivalent de nos impôts sur le revenu uniquement pour en payer les intérêts. L’État a les moyens pour communiquer aux citoyens la destination de ses impôts. Que ce soit par le biais de la télévision, de la radio, de la presse écrite. L’État et les gouvernements devraient donner l’exemple, ce qui est rarement le cas. Il n’y a aucune raison pour maintenir « des avantages sociaux » obtenus à une époque où ces derniers avaient une justification. 2005 n’est pas 1905, tout évolue, il faut savoir raison garder, se montrer philosophe et agir avec sagesse.

Les droits et attributions qui étaient valables pour favoriser les agents de la fonction publique il y a dix ou trente ans ne le sont plus aujourd’hui. Les agents d’EDF, de Gaz de France, de la RATP, de la SNCF, de l’éducation Nationale, des services de santé, en un mot tous ceux qui non seulement ont la garantie de l’emploi, mais qui en prime bénéficient du travail et de l’argent des autres catégories de Français. Le premier devoir d’un responsable politique, est de communiquer au peuple les tenants et les réclamations faites par une corporation de fonctionnaires, ou par d’autres « confréries ». Il s’ensuivrait des « tables rondes », autour desquelles des représentants des différentes mouvances de la société discuteraient du bien, fondé ou non des décisions prises et des réclamations demandées. Si un accord n’est pas trouvé, seul le peuple pourra par référendum, les accepter ou les refuser.

Nos élus à l’Assemblée Nationale ne sont pas toujours, des citoyens modèles, ils peuvent commettre des « bavures », cela, ne fait que justifier le recours au référendum dans des cas particuliers. Des modifications doivent, être apportées, à la conception de l’autorité qu’ont certains Ministres, ceux qui confondent pouvoir et vie privée. Si en Monarchie constitutionnelle, ou en République parlementaire, le Roi ou le Président peuvent mettre en devant de la scène leurs épouses, les ministres ou chefs de partis doivent laisser leurs « moitiés » à la maison et ne pas s’en servir à des fins « politicardes » comme c’est parfois le cas. De l’argent, la France en a, mais il est prélevé de façons injustes, et dépensé avec le même paradoxe. Si le peuple avait au demeurant, « le monopole de la parole », des décisions gouvernementales seraient prises, avec plus de justice, d’équité, le tout, dans un esprit d’équilibres et d’intégrité démocratique. Hélas, nous en sommes très loin.

Il y a un acquis social, auquel ont ne doit pas porter atteinte, c’est notre système de santé, la sécurité sociale créée par Charles de Gaulle en 1946. Seules des mesures appropriées pour en garantir la pérennité, doivent, êtres prises, avec l’accord du peuple et pas seulement avec celui du Parlement où celui d’un ministre fut-il médecin.

La recherche de la maîtrise des dépenses sociales et d’une meilleure articulation entre politique sociale et politique économique devient dans tous les pays, une des grandes priorités pour éviter la faillite des entreprises et l’aggravation du chômage. S’y ajoute le souci de mieux dominer les dépenses des activités médicales et hospitalières sans pour autant limiter les libertés du corps médical, et celles des malades, ni freiner les progrès des techniques médicales. Enfin, l’une des préoccupations principales des organismes internationaux et de certaines nations est de définir les moyens permettant de rationaliser les échanges et la croissance mondiale afin de ne pas aboutir à une aggravation de la guerre économique qui saperait les piliers d’une sécurité sociale toujours en chantier.

Un peu d’histoire.

Du XVI° au XVIII° siècle, les charges de bienfaisance et de secours sont assumées, dans la limite de leur compétence et de leurs moyens, par des collectivités particulières, les communautés religieuses, les corporations, les confréries, les compagnonnages. L’intervention des pouvoirs publics a plus le caractère d’une défense de la société contre les miséreux que d’un devoir de charité. Elle mélange protection et répression, ségrégation et détention, asile et dépôt. Cette tendance se poursuit au XIX° siècle, lors de la création de « dépôts de mendicité » (1808) ou de la promulgation de la loi sur les aliénés (1838). Le pouvoir royal prend parfois des mesures pour récompenser des services ou pour aider les invalides de guerre, mais aussi pour faciliter le recrutement des militaires et marins ou même de travailleurs. Saint Louis fonde les Quinze-Vingts pour ceux qui sont revenus aveugles des croisades. Louis XIV crée les Invalides en 1670. Un édit de Colbert (1673) institue des demi-soldes en faveur des marins pour en assurer le recrutement. Un édit de Henri IV du16 mai 1604 « prescrit de prélever dans chaque mine une portion destinée à rémunérer un chirurgien et acheter des médicaments, afin que les pauvres blessés soient secourus gratuitement et, par cet exemple de charité, les autres plus encouragés au travail des, dites mines ». La période de 1919 à 1939 est marquée par un développement rapide des régimes d’assurances sociales dans la plupart des pays d’Europe et dans certains pays d’Amérique. Compte tenu de ce que des régimes de réparation des accidents du travail avaient été institués avant 1914 dans la plupart des pays européens, les assurances sociales avaient vocation de protéger les travailleurs salariés et leur famille en cas de maladie, de maternité, d’invalidité, de vieillesse, de décès. Au cours de la même période apparaissent les premiers régimes d’allocations familiales prenant la suite d’initiatives patronales.

La consécration des principes et des conceptions de sécurité sociale se retrouve dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans beaucoup de constitutions.

L’assurance contre les accidents du travail est le type de couverture le plus généralisé, intervenant souvent en priorité, lors de la mise en place d’un système de sécurité sociale. Néanmoins, dans de nombreux cas, la formule est encore celle du système dit de responsabilité de l’employeur. Celui-ci doit, selon ses choix, prendre une assurance pour indemniser le salarié accidenté. Pour garantir les populations contre les risques de la maladie, les politiques sociales tendent à assurer un revenu de remplacement en cas d’absences au travail et à rembourser totalement ou partiellement les frais médicaux, tout en organisant un service de prévention. Les formules adoptées sont très diverses selon que la responsabilité et la gestion de cette assurance sont confiées à l’État, aux employeurs, avec participation ou non des salariés, ou encore aux citoyens qui adhèrent à des compagnies privées ou à des mutualités. L’assurance-maladie obligatoire, est généralisée à toute la population dans les pays européens, elle est le plus souvent limitée aux salariés et même seulement à une partie d’entre eux dans le reste du monde, y compris aux Etats-Unis.

La fixation de l’âge de la retraite dépend de nombreux critères, des critères qui sont loin de faire l’unanimité, et qui sont aux antipodes de l’esprit démocratique de la France. Ils sont injustes, car la durée des services rendus (droits à pension, accordées très tôt à certains marins, et à certains militaires, n’ont plus lieu d’êtres.) La soi-disant pénibilité du travail (mineurs, cheminots, agents d’EDF, (la liste n’est pas exhaustive), est une immorale et fausse vision de la société Française en l’an 2005. Si certaines catégories de travailleurs avaient droits à des avantages sociaux au détriment de la majorité des autres couches de la société, tout cela est caduc. Aujourd’hui, les métiers les plus pénibles sont ceux qui ont un rapport avec le corps Médical, l’Enseignement, le Compagnonnage, c’est-à-dire le travail manuel, et, les responsabilités d’une Maman, c’est-à-dire, les devoirs et les implications de tout ce qui se rapporte à la famille. Une Maman, et un Papa, doivent percevoir un salaire de Mère ou de Père au foyer, et percevoir une retraite par répartition, correspondant aux salaires cumulés « travail pour les enfants et autres. »

Des hommes politiques et certains économistes soulignent les bienfaits économiques de la protection sociale. La mise en place de systèmes d’assurances sociales, accordant des garanties de revenus et de soins, permet de maintenir, ou, de conforter ce qu’on appelle la « demande solvable ». Au-delà d’une action de justice sociale, au-delà d’une réduction des inégalités et d’un rétrécissement de l’éventail des revenus par les transferts sociaux que réalise la sécurité sociale, par le jeu des recettes et des dépenses, la protection sociale permet d’atténuer les cycles économiques, elle adoucit les variations de revenu en période de récession. Elle apparaît comme un régulateur de l’économie. La protection sociale est aussi un facteur d’investissement. Elle est tout d’abord un investissement humain, dans la mesure où elle permet d’améliorer la santé des citoyens. Elle sauvegarde le « capital » le plus précieux qui est l’homme.

En contribuant à la baisse de la mortalité, notamment infantile, en accroissant l’espérance de vie, en réduisant les absences pour maladie, le nombre de handicaps, les protections sociales, surtout lorsqu’elles mettent l’accent sur la prévention, permettent à l’homme, d’être plus apte à produire et à participer à la vie économique et politique. Elle contribue, à terme, à réduire le coût du travailleur pour l’entreprise et pour la société. La protection sociale a aussi un effet direct sur les investissements industriels et sur l’emploi. Garantissant la « demande solvable » en biens de santé, elle permet le développement de l’offre de soins ou de biens de santé : » constructions d’hôpitaux, développement de l’industrie pharmaceutique et d’appareils médicaux, accroissement du personnel de santé » (infirmiers, médecins...). En outre, dans certains pays, la création d’un fond de prévoyance, alimenté par les actifs en prévision de leurs vieux jours selon un système garanti de capitalisation, stimule l’épargne et permet d’utiliser celle-ci pour des investissements économiques (industrie) et sociaux (logements, dispensaires), comme c’est le cas dans de nombreux pays en voie de développement.

Une généralisation sous le signe de la diversité.

C’est en 1945, par une ordonnance du 4 octobre, qu’a été créée la « Sécurité sociale », « destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptible de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent ». L’objectif, confirmé par la loi du 9 avril 1946, était d’instituer un régime général et unique couvrant les risques maladie, famille, vieillesse pour toute la population. Mais l’attachement des salariés déjà couverts à leurs régimes particuliers (mineurs, marins, fonctionnaires...), l’opposition des agriculteurs, des artisans, des commerçants, et les réticences des cadres n’ont pas permis d’atteindre cet objectif. La loi du 22 mai 1946 limite le « régime général » aux salariés de l’industrie et du commerce.

Au fil du temps viendront s’ajouter aux régimes particuliers, « ce qui en l’an 2005, est proprement scandaleux et contraire aux idéaux démocratiques ». La loi du 17 janvier 1948 créait (l’Organisation autonome nationale de l’industrie et du commerce) et la (Caisse nationale de compensation de l’assurance vieillesse artisanale), puis, en 1961, avec l’institution d’une assurance autonome pour les agriculteurs, ensuite pour la maladie (1961 pour les exploitants agricoles, 1966 pour les artisans et commerçants, 1978 pour les prêtres et, par le biais d’une assurance dite personnelle, pour les derniers Français non encore couverts).

À cette mosaïque de régimes dits de base vont se superposer progressivement, pour la vieillesse, des systèmes de retraites complémentaires. Le 14 mars 1947, nous assistons à la création de l’Association générale des institutions de retraites des cadres. En 1961, nous assistons, à la mise en place de l’Association des régimes de retraites complémentaires. Cette formule devient obligatoire pour les salariés en vertu de la loi du 29 décembre 1972. De tels systèmes sont ensuite institués sous forme de volontariat. En 1977, chez les commerçants et sous forme obligatoire, en 1979, chez les artisans. Le « régime général » est de loin le système le plus important tant par la population cotisante et assurée que par la masse des prestations versées. La répartition de ces prestations selon le risque couvert montre que la vieillesse vient largement en tête (42,7 % au début des années 1980), devant la maladie (36 %) puis, loin derrière, la famille (15 p. cent). Lors de la création de la Sécurité sociale, il existait pour les trois régimes (maladie, famille, vieillesse) une caisse nationale unique tandis qu’avaient été mises en place à l’échelon local ou départemental, d’une part, des caisses d’allocations familiales, d’autre part, des caisses régionales et des caisses primaires d’assurances sociales gérant à la fois la maladie et la vieillesse.

Les conseils d’administration de 16 à 36 membres (48 à Paris) étaient composés de représentants élus, dont les trois quarts l’étaient par les salariés. Les ordonnances de 1967 ont modifié cette organisation : chaque régime (maladie, vieillesse, famille) est séparé et géré par une caisse nationale : la C.N.A.M. pour la maladie, la C.N.A.V. pour la vieillesse, la C.N.A.F. pour la famille. Les conseils d’administration de 18 membres sont paritaires (moitié employeurs, moitié salariés), les représentants étant désignés par les syndicats les plus représentatifs sur le plan national. Dans le domaine local, la même distinction est maintenue : « Caisses départementales d’allocations familiales et, pour la maladie et la vieillesse, caisses régionales et caisses primaires. » Cependant, sur le plan financier, un organisme unique l’A.C.O.S.S. (Agence centrale des organismes de sécurité sociale) assure la gestion de la trésorerie des trois régimes et exécute des transferts entre caisses, en contradiction avec le principe de l’autonomie.

En 1982, une loi du 17 décembre redonne, comme les syndicats le demandaient et la gauche le proposait, la majorité au profit des assurés, qui sont représentés par les syndicats et surtout rétablissent les élections qui ont eu lieu en octobre 1983 et donné la victoire aux syndicats dits réformistes (F.O., C.G.C. et C.F.T.C.). Depuis la loi du 1er janvier 1978 les prestations familiales ont un régime qui est le seul vraiment général et unifié ; elles sont destinées à aider les personnes et les ménages, chargés de la famille, dans un dessein à la fois nataliste et social. Les allocations familiales, versées chaque mois, en fonction du nombre et de l’âge des enfants (à partir du deuxième), constituent le poste principal. Diverses prestations plus spécifiques doivent être citées. « Complément familial » qui, depuis 1978, s’ajoute aux allocations familiales en fonction du nombre et de l’âge des enfants lorsque les ressources du ménage sont inférieures à un certain plafond.

Il existe les allocations pré et postnatale, allocation de rentrée scolaire, allocation de logement. D’autres prestations sont accordées pour les parents isolés, les orphelins. Pour leshandicapés, la France a 30 ans de retard. Les caisses peuvent, en outre, verser, au titre de l’aide sociale, des compléments, notamment pour les vacances, et financer des établissements tels que crèches, colonies, foyers, etc. En ce qui concerne les crèches, notre pays a là aussi prisun retard considérable. Les diverses prestations, qui, à l’origine, évoluaient chaque année en fonction des salaires des ouvriers, ont augmenté à un rythme moins rapide, se traduisant même pour certaines familles par une baisse du pouvoir d’achat. À partir de 1970, deux séries de mesures ont corrigé cette tendance : les allocations familiales ont progressé un peu plus vite que les prix et certaines prestations, versées sous condition de ressources, ont été fortement majorées. De nouveaux coups de pouce ont été donnés en 1981 et 1982, mais les années 1983 et 1984 ont été marquées par la rigueur et même par une dégradation du pouvoir d’achat.

Le financement des caisses, assuré par des cotisations patronales, assises sur un salaire plafonné, a pâti de cette évolution générale. Le freinage relatif des prestations et la dénatalité ont amené les gouvernements successifs à utiliser les excédents de ces caisses pour les transférer aux régimes maladie et vieillesse ainsi qu’à réduire progressivement les taux de cotisation. La solidarité en faveur des familles devenue nationale ne devait pas être financée par des cotisations mais par l’impôt, afin d’alléger les charges des entreprises notamment de main-d’œuvre. Une réforme a été amorcée en 1982-1983 pour fiscaliser les ressources de ces caisses, mais ce n’est pas suffisant, c’est la totalité des taxes qui pèsent sur les entreprises qui doivent êtres fiscalisés. Ainsi, c’est toute la Nation, qui serait solidaire en fonction des revenus de chacun. Outre le système de protection en cas d’accident du travail, l’assurance-maladie, comporte deux sortes de prestations : la première dite « prestation en espèces », ou indemnité journalière, garantit un revenu de remplacement égal à 50 % du précédent traitement dans la limite d’un plafond ; la deuxième, qualifiée de « prestation en nature » accorde aux malades un remboursement total ou partiel des soins (75 % pour les honoraires médicaux ; 40, 70 ou 100 % pour les médicaments ; de 70 à 100 % pour les frais d’hospitalisation).

La participation financière de l’assuré, le billet modérateur, varie donc selon les soins ; elle disparaît en cas de maladie longue et coûteuse. L’extension du nombre de cas considérés comme tels a provoqué une intervention croissante des caisses d’assurance-maladie : les frais qu’elles supportent, au titre des soins gratuits, représentaient au début des années 1980 les trois quarts des prestations en nature au lieu du tiers au début des années 1950. Autre évolution significative ; en 1980, 70% des dépenses médicales étaient couverts par l’assurance maladie au lieu de 48% vingt ans plus tôt. Encore faut-il ajouter à ces remboursements ceux des mutuelles qui complètent jusqu’à 95 ou 100 % la prise en charge des frais de santé. La très nette augmentation des prestations ou dépenses est due à l’accroissement du nombre des visites et des consultations médicales par habitant, mais surtout à l’hospitalisation qui représente plus de la moitié des frais de santé.

Cette inflation des dépenses médicales explique en partie la forte réduction du taux de mortalité infantile et l’accroissement de l’espérance de vie. Pour équilibrer dépenses et recettes, des mesures de redressement ont fréquemment été adoptées. Les caisses sont essentiellement alimentées par des cotisations dont le taux et la méthode de calcul ont été revus en hausse : les cotisations patronales et salariales qui, en 1967, étaient de 12% plafonnés et de 3% sur la totalité de la rémunération (soit 15%) ont été progressivement puis complètement déplafonnées en 1984, le taux étant réduit à 12,6% pour les employeurs au lieu de 5,45% plafonnés et 8% déplafonnés, le taux étant de 5,50% déplafonnés pour les salariés, soit 18,1% au total. Se sont ajoutées à ces recettes des cotisations sur les retraites, sur les assurances auto, des taxes sur l’alcool et le tabac, etc.

La loi du 31 décembre 1971 a permis de calculer le montant des retraites sur 37,5 années au lieu de 30 ans, ce qui, a porté la retraite dite au taux plein à 50 % du salaire plafonné au lieu de 40 % à 65 ans, 25% au lieu de 20 % à 60 ans. Avec les ordonnances de 1982, la retraite au taux plein de 50% a été avancée en 1983 à 60 ans au lieu de 65 ans. En fait, le montant de la pension dépend à la fois de la durée de cotisation et du montant des salaires. A 60 ans, si le travailleur a cotisé durant 37,5 ans, soit 150 trimestres, sa pension est égale à 50% du salaire plafonné sur la base de son traitement des dix meilleures années. Si son activité professionnelle a été moins longue, sa pension à 60 ans est réduite de 1/150 pour tout trimestre manquant. S’il prolonge son activité, la pension est majorée dans la même proportion ; elle l’est aussi lorsque le bénéficiaire a eu au moins trois enfants qu’il a élevés. En cas de décès, sa veuve reçoit une pension de réversion de 52% au lieu de 50% avant 1983.

La revalorisation des pensions, en fonction des salaires jusqu’en 1982 et pratiquement en fonction des prix prévisionnels à partir de 1983, a lieu deux fois par an. En raison du nombre d’années cotisées, 25 en moyenne, le montant des pensions est en France encore assez faible, ce qui a justifié l’institution, à partir de 1956, de la garantie d’une allocation minimale que recevaient plus de 2 millions de personnes au début des années 1980. L’amélioration des règles d’assurances vieillesse, qui a permis une progression des pensions plus rapide que celle des salaires moyens jusqu’en 1982 mais aussi l’augmentation du nombre de retraités, ainsi que l’aide financière apportée par ce régime, aux régimes spéciaux et autonomes, a nécessité une augmentation des cotisations. Elles représentaient 5,3% en 1958, 8,5% en 1967 et 14% en 1984. La réforme de la retraite à 60 ans et l’arrivée des classes âgées plus nombreuses devraient se traduire, dans les années à venir, par de nouvelles majorations.

Pour les salariés s’ajoute à la pension du régime général (50%) une retraite complémentaire (20% pour 37,5 années de cotisation et une carrière régulière). En fait, le montant de cette retraite est calculé à partir de points acquis pendant l’activité professionnelle, et, comme les points acquis dépendent du niveau des traitements, de nombreux retraités ne reçoivent pas 70% de leur salaire (c’est-à-dire 50 + 20) mais le plus souvent 55 à 65% de leur dernier salaire. Certains cadres ont cependant des pensions plus élevées lorsqu’ils bénéficient, par le biais de leur entreprise, d’une retraite supplémentaire. Enfin, certains salariés ont bénéficié de préretraite avant 65 ou 60 ans, selon la période, leur garantissant un revenu égal à 70% de leur dernier salaire, puis 55 à 65% après les restrictions imposées par la crise économique.

Le régime général, qui a été longtemps financé par les seules cotisations patronales et salariales, a connu dans le domaine financier une vie agitée, sous le signe d’incessants replâtrages. En raison de l’amélioration des prestations, du vieillissement de la population et du fort accroissement de la consommation médicale, les plans de redressement se sont succédé et se sont traduits par de fréquentes majorations des cotisations. Depuis 1974, deux autres facteurs ont pesé sur l’équilibre financier du régime : la création d’une compensation dite démographique imposant aux régimes dont le rapport actif retraité était favorable de verser des contributions aux régimes dont le même rapport était défavorable, l’aggravation de la crise économique qui, avec l’augmentation des chômeurs, réduisait d’autant le nombre des cotisants. De nombreuses études et simulations ont alors été organisées pour mesurer l’impact des réformes, et de nouvelles recettes ont été progressivement créées, exigeant un effort contributif fondé non plus seulement sur les salaires, mais aussi sur les retraites, les autres revenus, proviennent des taxes sur la consommation d’alcool, de tabac, mais aussi des divers carburants etc.

La liberté consiste, non pas seulement dans le droit accordé, mais dans le pouvoir donné à l’homme d’exercer, de développer ses Facultés, sous l’empire de la justice et sous la sauvegarde d’une loi qui garantit l’égalité de tous, face à la maladie, aux retraites, et aux avatars de la vie. Une nation dans laquelle une classe est opprimée ressemble à un homme qui a une blessure à la jambe. La jambe malade interdit tout exercice à la jambe saine. Le malentendu fondamental, permanent, inévitable autour de la souffrance physique, c’est que le bien portant invite toujours le malade à la transcender, et qu’elle est essentiellement ce qui, en deçà de la sainteté, ne peut pas être transcendé. Peut-être faudrait-il dire, en deux mots  : la santé bouge, la maladie ne bouge pas.

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