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Agences de notation et « Triple A »

Vendredi 13 janvier 2012 // La France

La crise s’amplifie et obscurcit l’avenir des pays occidentaux, de la zone euro, notamment. Toutes ces dettes de montants inimaginables et ce branle-bas des milliards de dollars et d’euros vagabondant entre pays fragiles interpellent et inquiètent les citoyens européens.

Comme pour se protéger des secousses des marchés endiablés tout en assurant leur survie, les gouvernants indécis font appel à des institutions supposées incorruptibles appelées « agences de notation ». En ces temps perturbés, tout à la fois elles effraient les chefs d’État des pays en crise, tout en les rassurant. En effet, elles ont acquis une telle notoriété que les gouvernements en viennent à penser qu’ils sont incapables d’assurer seuls la direction de leurs pays. Une grave question se pose : les chefs d’États gouvernent-ils encore ou bien ont-ils confié l’exercice du pouvoir aux agences de notation dont la rigueur fait peur et qu’il ne faut surtout pas vexer car, comme les instituteurs d’antan, elles peuvent distribuer des bons points à de « grands élèves » transformés en responsables nationaux désemparés. C’est ainsi qu’un Président peut décrocher la mention du « Triple A » pour une gestion financière exemplaire. Hélas, le AAA français : pâlit et risque de voir s’envoler, au moins, une des lettres majuscules ! Cela, un chef d’État ne saurait l’admettre. Il est probable qu’il préférerait sacrifier les derniers acquis sociaux du pays pour conserver sa distinction internationale !

Ces agences sont des institutions anciennes (vers 1850) créés à la suite d’une crise financière (déjà !). Indépendantes vis-à-vis des États, elles sont très liées à la finance dont elles constituent l’un des rouages. Leur nombre (environ 150), leur longévité, leur prospérité, témoignent de leur adaptation au système financier spéculatif actuel. Par ailleurs, elles sont rémunérées par les acteurs financiers qui ont recours à leurs services. Leur apparente légitimité repose sur la confiance accordée parleurs clients. Elles sont écoutées et redoutées comme le démontre la crise actuelle. Leur puissance croît en fonction de leur degré d’indépendance par rapport au pouvoir politique. Elles ignorent (ou veulent ignorer) la misère et l’inquiétude des peuples asservis par les politiques inféodées à un système économique démolisseur du bien-être des hommes.

L’Europe libérale s’écroule en Grèce, se fissure en Italie et en Espagne, se décrépit en France et ailleurs. Nombre des citoyens de ces pays expriment avec force leur indignation voire leur colère d’autant plus que les gouvernants tentent de leur faire endosser la responsabilité de la crise.

Et si demain les États avaient l’audace de condamner le monde corrompu de la finance ? S’ils exigeaient la transformation des agences de notation, vulgaires « machines à compter les sous », en organismes vertueux qui, outre la finance, prendraient en compte des critères nobles et justes pour attribuer leurs « bons points » ou leurs punitions ; citons les spécificités sociales, géographiques, géologiques, les capacités économiques : agriculture, industrie, tourisme... de chaque État de l’Union. Et si demain ces agences revisitées reversaient dans les caisses des États les milliers de milliards trouvés dans des coffres-forts dorés des paradis fiscaux et des niches fiscales.

Ainsi on peut espérer que dans une Europe enfin libérée du joug vermoulu de la finance, les agences de notation pourraient contribuer au développement des échanges entre pays partageant des objectifs communs afin de parvenir à une solide homogénéité sociale, économique, sanitaire, environnementale.

Une « Europe autrement » n’est certainement pas une utopie, puisque bâtie sur le socle solide des aspirations des peuples, loin des bassesses d’un système qu’on sait obsolète et inadapté à notre temps.

Pourquoi l’heure du changement radical ne sonnerait-elle pas en même temps que celle annonçant la fin de la crise et l’ensevelissement d’un système destructeur des bonheurs simples des hommes ?

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