Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

Afrique - Décolonisation et paupérisation.

Lundi 30 août 2010 // L’Afrique

Afrique - Décolonisation et paupérisation.

On vient de fêter en grande pompe le cinquantenaire de l’indépendance des territoires de l’Afrique subsaharienne. Bilan de la décolonisation.

C’était il y a cinquante ans : la plupart des territoires de l’Afrique subsaharienne devenaient indépendants. Dans le cas des territoires français d’Outre-mer pour des États membres de la communauté cela se fit pacifiquement et de manière plus qu’honorable pour l’État colonisateur. Que l’on fête cette indépendance ainsi acquise est tout à fait naturel. Cela, a été célébré solennellement à Nice au cours de la rencontre Afrique-France et cela a conduit les médias à consacrer de nombreuses pages à un continent généralement ignoré. Cela nous a valu des discours dithyrambiques à la gloire de la coopération et à l’avenir brillant et glorieux de l’Afrique de demain. Ce que l’on n’a pas dit c’est qu’au fond la décolonisation a été pour l’Afrique une catastrophe économique et sociale. il suffit pour s’en rendre compte de se reporter aux travaux et rapports de l’OCDE. On s’aperçoit que l’Africain aujourd’hui vit moins bien qu’il y a cinquante ans. C’est le cas dans des États comme la Côte d’Ivoire, la Guinée, la Tanzanie, le Tchad, la Zambie. Ne parlons pas de Madagascar, du Congo (ex Zaïre) ou du Zimbabwe dont la situation est catastrophique. Comment l’expliquer ?

« L’AFRIQUE EST MAL PARTIE »

Il y a d’abord l’inflation bureaucratique. Elle est caricaturale dans l’ancienne Afrique française. Pierre Messmer qui fut administrateur des colonies de 1946 à son entrée au gouvernement en 1960, racontait volontiers qu’il devait être un surhomme pour administrer le cercle dont il était responsable en 1950, il y avait, en 2000, cinq fois plus de personnel. Les nouveaux États ont copié l’ancienne métropole sans en avoir les moyens humains. Certains États, par ailleurs, adoptèrent le système marxiste dont les dégâts se firent sentir de la Guinée à Madagascar en passant parle Congo-Brazza ou l’Angola et le Mozambique. La prégnance des Soviétiques et de leurs satellites fut considérable et dramatique, comme le disait René Dumont en 1960, « l’Afrique est mal partie ». De surcroît, l’indépendance a favorisé les conflits ethniques. En même temps, un certain nombre de régions étaient le lieu de combats liés à des oppositions religieuses, catholiques contre protestants à Madagascar, chrétiens contre musulmans un peu partout dans la zone sahélienne.

Personne n’a parlé des millions de morts, victimes de luttes fratricides, victimes aussi de la disparition de l’aide médicale qu’apportait le colonisateur. N’oublions pas que l’Afrique compte les deux tiers au monde des malades du Sida et que renaît le paludisme qui avait été quasiment éradiqué entre 1950 et 1970.

UN NÉO-COLONIALISME, TECHNIQUEMENT EFFICACE MAIS FÉROCE POUR LA POPULATION.

On met toujours en cause la Françafrique. En réalité, un de ses plus grands torts a été, pour ne pas faire de peine aux bonnes âmes, d’éviter les grands investissements : routes, voies ferrées, aménagement de l’hydraulique etc, qui ont été négligés au profit de moyennes entreprises aux visions à court terme. Aussi ce sont aujourd’hui les Chinois qui s’installent dans l’Afrique subsaharienne en la recolonisant Ils se désintéressent totalement des régimes politiques mais investissent intelligemment et avec des moyens considérables dans les infrastructures et les mines. De même Coréens et Indiens achètent des milliers d’hectares de terres arables pour les mettre en valeur, ce que les États africains avides d’industrialisation avaient négligé. On assiste à un néo-colonialisme, techniquement efficace mais féroce pour la population.

On le voit, l’échec du développement économique africain amène une recolonisation beaucoup plus dure que celle des Européens. Ajoutons que, quels que soient ses défauts, la Françafrique a limité les pertes humaines à la différence des Afriques « belgophone », anglophone, lusophone.

Reconnaissons enfin que, à bien des égards, l’Afrique a souffert d’absence de politique éducative sérieuse, aussi bien du côté francophone que dans les territoires anglophones. C’est seulement aujourd’hui que commence à naître une classe moyenne africaine, mais demeure un grand problème : la génération qui suit demeurera-t-elle en Afrique ? Or, il n’y a de vie démocratique et pacifique que lorsque les classes moyennes jouent un rôle déterminant.

Répondre à cet article