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Affaire Cassez : Drôle de raison d’État.

Lundi 21 février 2011 // La France

A l’heure où, dans notre pays, poser des questions au président Felipe Calderon frise le crime de lèse-majesté, il faut tout de même s’interroger sur le soutien sans réserve que le chef de l’État accorde à Genaro Garcia Luna - une caution qui relève de la dépendance. Le chef de l’exécutif est tellement solidaire de son ministre de l’Intérieur qu’il est prêt à payer le prix d’un grave différend avec la France pour préserver l’autorité de celui qui apparaît désormais comme son supérieur.

En France, Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères, et Martine Aubry ont réagi avec virulence, et sans arguments juridiques, à une décision de la justice mexicaine entièrement étrangère à la présidence qui confirme la condamnation de Florence Cassez à soixante ans de réclusion pour enlèvement. L’une et l’autre ont eu des mots très durs contre le gouvernement mexicain, Martine Aubry n’hésitant pas à annuler une exposition à Lille de José Guadalupe Posada [graveur et illustrateur mexicain invité dans le cadre de l’Année du Mexique à Paris].

Au Mexique, la première réaction face à une telle attitude, a été celle de la défense de la tribu, de son indépendance, le refus de toute ingérence, surtout venant d’une république qui a envoyé à plusieurs reprises ses troupes envahir la nôtre, allant jusqu’à instaurer un régime impérial bâtard sur notre territoire. Mais de même que la chancellerie mexicaine a demandé à Paris de ne pas exagérer l’affaire Cassez, ce qui risquerait notamment de remettre en cause l’Année du Mexique en France, nous devons nous aussi modérer notre hypersensibilité [le gouvernement mexicain a finalement annoncé, le 14 février, son retrait de l’organisation de l’Année du Mexique en France, après la décision de Nicolas Sarkozy de dédier cet événement à Florence Cassez].
La France n’a certes pas son mot à dire sur la justice mexicaine. Mais l’indulgence dont bénéficie l’actuel ministre de l’Intérieur éveille les soupçons de la France, des parents et de la défense de Florence Cassez - et à juste titre. La France est convaincue que l’Agence fédérale du renseignement mexicaine a mis en scène devant les caméras de télévision l’arrestation de Florence Cassez le 9 décembre 2005. Cette mise en scène a finalement et tardivement été reconnue par le gouvernement mexicain et avait pour seul but d’asseoir la réputation d’un organisme qui se flattait d’être à la hauteur du FBI et de Scotland Yard tout en permettant l’ascension politique de son chef, ce même Genaro Garcia Luna, aujourd’hui promu au rang de premier policier du Mexique. Cette mascarade ajeté le discrédit sur le procès de Florence Cassez et de la bande de ravisseurs à laquelle elle appartenait bel et bien, comme l’a établi le jugement. Tant les autorités mexicaines que l’opinion publique ont sous-estimé la gravité d’une telle mise en scène.

Le mal est fait. Aujourd’hui, les relations entre les deux pays sont tendues. Malgré la baisse de sa cote de popularité, le président Calderôn pourrait néanmoins prendre deux décisions susceptibles d’atténuer la tension diplomatique avec la France. En premier lieu, il est fondé juridiquement à transférer la condamnée vers une prison française. Bien qu’une commission bilatérale ait étudié cette possibilité et que Calderôn, en s’appuyant sur les conclusions de ladite commission, ait refusé de renvoyer la prisonnière dans son pays le 22 juin 2009, il pourrait revenir sur cette décision. Ce faisant, il n’entraverait pas l’action de la justice, car une fois le procès achevé l’exécution de la sentence revient au pouvoir exécutif. Il n’est pas rare que, lors d’extraditions ou d’échanges de prisonniers, le Mexique accepte que des étrangers condamnés sur son territoire purgent leur peine dans leur pays d’origine. Pour que cette coutume s’applique au cas de Florence Cassez, le gouvernement français a invoqué la convention de Strasbourg. Les solutions dans le cadre du droit ne manquent donc pas. Le droit pénal est notamment favorable à une application des peines à proximité du lieu de résidence des parents des condamnés.

Le président Calderon pourrait même prendre une décision extrême en se désolidarisant de ces procédés qui ont, à juste titre, tant déplu aux Français. Paris vaut bien un limogeage, celui du ministre de l’Intérieur. Garcia Lava a créé un nouveau monstre, la police fédérale, une institution qui grandit jour après jour en taille et non en efficacité, comme le prouve son action à Ciudad Juârez [une zone de non-droit où se multiplient les meurtres et la guerre entre narcotrafiquants], où, nous ne le répéterons jamais assez, elle cause davantage de problèmes qu’elle n’en résout.

Il faudrait demander naïvement à Calderôn pourquoi il nourrit une relation apparemment si forte avec Garcia Luna. J’irai plus loin, au risque d’offenser une présidence si sensible aux questionnements publics ; pour quoi Calderôn est-il sous l’emprise de Garcia Luna ? Il va jusqu’à promouvoir une réforme constitutionnelle qui, en définitiveeferait de ce fonctionnaire le chef de toutes les polices du pays. Depuisle début de son mandat, sous prétexte de mettre au coeur de son action la lutte contre la criminalité organisée, Calderôn a dangereusement laissé, le champ libre aux forces armées et à la police.

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