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Abstenez-vous de l’office de juges !

Vendredi 15 avril 2011 // La France

Une fronde de magistrats, ce n’est jamais un très bon signe, en France, pour un gouvernement. Mais nous ne sommes plus au temps des rois, et nos magistrats d’aujourd’hui ne sont pas les Parlements d’autrefois. Toutes ces choses ont bien changé. Les pouvoirs, maintenant, se conquièrent dans les urnes. Or que pèse le monde judiciaire, en calcul électoral ? À peine trente mille voix, peut-être cinquante mille, en comptant tout le monde, mais dans cette corporation des gens de justice, l’individualisme est la règle, donc la division.., donc, électoralement, ce milieu-là ne compte pas.

Il compte par son poids dans l’opinion ? Certainement, car, en France, ce qui passe dans les cours et les tribunaux alimente les gazettes et, donc, contribue à faire ce qu’on appelait naguère l’esprit public.

Extraordinairement minoritaire dans le jeu électoral - infinitésimal -, le monde judiciaire retrouve son importance dans la fabrication du climat. Le pouvoir exécutif, dès lors, ne peut pas s’en désintéresser. Il semblerait que le Président, qui fut un excellent candidat et se prépare à le redevenir, a commencé à jouer d’un vieux ressort populaire : la colère contre ceux qui jugent... en raison de leur extrême indulgence. Les juges responsables de l’insécurité. Il ne faut pas trop s’appuyer sur ce levier, car, dans le bras de fer exécutif contre judiciaire, le judiciaire finit toujours par l’emporter... à la longue, même si, à court terme, il peut faire semblant de céder. Les présidents passent, comme sont passés les rois et les empereurs, la magistrature reste. Stat Jus, lit-on au fronton de nos palais de justice. Jus, le droit, peut-être pas, mais les hommes de justice, certainement. Tout s’est évanoui de l’exécutif et du législatif qui existaient avant Montesquieu. Le judiciaire est toujours là. Quand, au surplus, ce judiciaire est devenu en majorité féminin, mieux vaut l’avoir avec soi que contre soi.

D’autant qu’il arrive, comme ce fut le cas à l’audience solennelle de rentrée du Tribunal de Paris, que ces juges tiennent un langage dont la hauteur surpasse et de combien ! - les propos trop hâtifs - pour ne pas dire démagogiques - des tenants des autres pouvoirs. Ecoutez plutôt. « Évoquer la place du juge, c’est d’abord remontrer aux sources de notre civilisation.., le juge exerce une fonction qui fut longtemps réservée aux dieux, une tâche surhumaine en quelque sorte, puisqu’il doit distinguer le faux du vrai, le juste de l’injuste et surtout administrer une sanction considérée pendant longtemps comme une souffrance rédemptrice.

Dans la Grèce antique, étaient distingués trois lieux, définissant les places et le rôle de chacun, les dieux régnaient sur « l’Acropolis », les hommes de pouvoir déambulaient dans « l’Agora », les juges siégeaient dans « l’Areopagos ». La place du juge est donc distinguée. Il en est de même à l’époque biblique où la justice était rendue sous un tamaris ou un palmier, en Chine sous un poirier et au Moyen Age sous un chêne, signe dans de nombreuses contrées du monde que la justice était rendu au nom de »...

« Tu n aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en-haut ! », dit Jésus à Pilate... C’est nous qui le disons et non pas Madame Chantal Arens, la présidente du Tribunal de Paris, mais c’est spontanément que cette réminiscence évangélique vient sous la plume. Je ne puis tout citer de cet admirable discours, où « les Coutumes de Beauvaisis de Philippe de Beaumanoir (1283), s’allient au Deutéronome (chapitre 1, verset 17) » et aux ordonnances royales pour rappeler aux juges leurs devoirs de faire un « juste jugement de toutes personnes, grands et petits, étrangers et indigènes, de quelque condition qu’ils soient, sans épouser les intérêts des personnes et des nations » (ordonnance royale 1254).

Madame la Présidente a conclu son propos par cette harangue célèbre du Chancelier Michel de L’Hospital prononcée le 17 août 1563 devant le Parlement de Rouen :

« Messieurs, je ne parlerai de préceptes qui enseignent la manière de bien juger ; car vous en avez les livres plein : vous admonesteray seulement comme vous debvez vous composer et comporter en vos jugemens, sans blasme, tenant la droicte voye, sans décliner à dextre, ny à senestre. Si ne vous sentez assez forts et justes pour commander vos passions, et aimer vos ennemys selon que Dieu commande, abstenez-vous de l’office de juges ».

C’est mieux, beaucoup mieux, incomparablement mieux qu’une boutade télévisée.

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