Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

ARRESTATION DE ROSE KABUYE.

Une comédie qui n’honore ni Paris ni Kigali.

Mardi 16 décembre 2008, par Paul Tedga. // L’Afrique

La directrice du protocole de la présidence de la République du Rwanda, Rose Kabuye, a été arrêtée dimanche 9 novembre, à l’aéroport de Francfort, en Allemagne, on vertu d’un mandat d’arrêt international émis par la France. Ancien major de l’Armée patriotique rwandaise (APR)qui a permis au FPR (Front patriotique rwandais) du générai Paul Kagamé de prendre le pouvoir par les armes, à Kigali, en avril 1994, Rose Kabuye est l’un des neuf responsables rwandais recherchés par la justice française pour leur participation présumée à l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana. Je rappelle que ce terrible attentat avait déclenché le génocide rwandais contre les Tutsi et les Hutu modérés, faisant plus de 800.000 morts selon les estimations des Nations-Unies.

Depuis 2004, le bimensuel Afrique Education, a toujours soutenu que la place de PauI Kogame, actuel président du Rwanda, était dans une prison de haute sécurité. Pour avoir sciemment fait abattre le Falcon 50 qui transportait non seulement l’ancien président rwandais Habyarimana, mais aussi, le président du Burundi (dont personne ne parle plus) Cyprien Ntaryamira, ainsi que leurs nombreux collaborateurs, PauI Kagame n’a rien à envier à un Oussama Bon Laden, le terroriste le plus recherché du monde qui a provoqué la mort de plus de 3000 personnes, à New York, le il septembre 2001. C’est dans cet esprit qu’en novembre 2006, Afrique Education, avait approuvé l’émission par le juge anti-terroriste français Jean-Louis Bruguière, de neuf mandats d’arrêt internationaux contre les ex membres de I’APR qui auraient participé à ce drame. Ce dernier l’a fait à la suite d’une plainte des familles des pilotes français, également, morts dans ce carnage. Il faut féliciter Jean-Louis Bruguière d’avoir eu le courage de mener, jusqu’au bout, son enquête de la façon la plus professionnelle possible et d’être arrivé à démontrer que les mains de PauI Kagame sont tachées de sang.

C’est pourquoi il faut dénoncer vigoureusement la manipulation franco-rwandaise qui a abouti à l’arrestation, à Francfort, de Rose Kabuye. Cette arrestation montre jusqu’où peut aller Bernard Kouchner pour sauver son vieil ami de toujours PauI Kagame. En effet, nous savons pertinemment que des fonctionnaires du Quai d’Orsay entre autres, se sont rendus ces dernières semaines à Kigali dans le but de finaliser cette mascarade d’arrestation ; Et que la décision a été portée sur Rose Kabuye juste parce qu’elle serait la moins chargée dans l’enquête que les juges français s’apprêtaient à clore sur l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana. Il s’agit donc d’une opération (opportuniste) qui consiste à court- circuiter la justice française. Dès son arrivée à Paris, elle a été mise en examen pour complicité d’assassinats et association de malfaiteurs, le tout on relation avec une entreprise terroriste, passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. Mais contre toute attente, elle a été laissée libre de ses mouvements. Voilà donc une terroriste comme on n’en compte plus en Europe, laissée en liberté en plein Paris à la demande du procureur et contre l’avis du juge. Rose Kahuye se permet même de convoquer, quand elle le souhaite, des conférences de presse après avoir pris le soin d’inviter des journalistes de tout Paris. C’est dire la complicité qu’elle bénéficie auprès du Quai d’Orsay.

Ce n’est pas tout. Josué Ruzibiza, autrefois prénommé AbduI, un témoin clé qui vit en Norvège et qui se trouve ces derniers temps à Paris, sur qui repose l’essentiel de l’accusation de Jean-Louis Bruguière, s’est totalement rétracté Je l’ai été (témoin clé) jusqu’au moment où je me suis désolidarisé de lui (Jean-Louis Bruguière) parce que j’y voyais des manipulations politiques. La liste des accusés ne correspond pas du tout à ce que moi ou d’autres auraient dit. « Je vois des falsifications de noms, des choses vraiment illogiques », vient-il de déclarer à la radio France Culture mardi 18 novembre. Même s’il se dit victime de « manipulations politiques » au point de se « désolidariser » du juge Bruguière, José Ruzibiza qui affirme aujourd’hui le contraire de ce qu’il clamait hier à haute et intelligible voix, risque d’être accusé de faux témoignage parce qu’il a beaucoup parlé pendant toutes ces années, comme au TPI où il avait été entendu (sans contrainte) pendant deux jours. Que Paris le veuille ou non, Paul Kagame portera - à vie - dans sa conscience (d’homme) la mort de deux présidents valides (le Rwandais Juvénal Habyarimana et le Burundais Cyprien Ntaryamira) ainsi que les dizaines de leurs collaborateurs. Que l’actuel maître du Rwanda sache que, aujourd’hui ou demain, la justice passera dans cette triste affaire qui a endeuillé notre beau continent pour plusieurs décennies.

L’amitié qui a toujours lié ce général à l’actuel ministre français des Affaires étrangères depuis les années du maquis de l’APR, et qui semble prendre le dessus sur le bon sens au point de dicter la conduite diplomatique actuelle de la France, ne passera pas par pertes et profits, la vie de plus de 800.000 Rwandais.

Répondre à cet article