AFRIQUE

Jeudi 1er mars 2007, par Paul Vaurs // L’Afrique

Pourquoi Hu Jintao à nouveau sur le continent.

Du 30janvier au 10février 2007 le président chinois, Mu Jintao, effectue une tournée dans huit pays africains : Le Cameroun, le Liberia, le Soudan, la Zambie, la Namibie, l’Afrique du Sud, le Mozambique et les Seychelles. Cette tournée intervient après le succès du Sommet simo-africain de Pékin, on novembre 2006, lequel Sommet avait réuni 48 nations africaines et 41 chefs d’Etat ou de gouvernement.

Au moment où l’Afrique en dehors de l’Afrique du Sud, est boudée par les investisseurs et opérateurs économiques occidentaux sous prétexte qu’il est un continent à risque, la Chine ne se fait pas prier pour rattraper à grandes enjambées son retard sur les pays du Nord. Pour preuve, depuis son accession à la présidence de la République en 2003, Hu Jintao s’est déjà rendu en Afrique, à deux reprises, en 2004 et en 2006. Lors de sa première visite, en Janvier Février 2004, le président chinois s’était rendu en Egypte, au Gabon et en Algérie. En avril 2006, il a visité le Maroc, le Nigeria et le kenya. Ni le Français Jacques Chirac, ni le Britannique Tony Blair et encore moins l’Américain George Bush, tous les trois réunis, ne peuvent égaler la performance en matière de voyages en Afrique de leur homologue chinois.

De son côté, les pays parcourus en janvier 2007 par le ministre chinois des Affaires étrangères, Li Zhaoxing, étaient au nombre de sept. Bénin, Guinée équatoriale, Guinée Bissau, Tchad, Centrafrique, Erythrée et Botswana. Traditionnellement, la diplomatie chinoise ouvre l’année par un déplacement en Afrique d’un haut responsable. C’était le cas en 2004, en 2006 et c’est le cas en 2007, avec Hu Jintao en personne.

Certes, le président chinois peut (réellement) aimer l’Afrique au point de chercher à découvrir les merveilles touristiques que recèle chaque pays. Tout est à l’honneur de notre beau continent. En revanche, on ne peut pas douter un seul instant qu’il veuille y faire de grosses et bonnes affaires. C’est là où j’en appelle à la vigilance de nos dirigeants afin qu’avec lui, au moins, (puisque c’est impossible avec nos « amis » occidentaux, s’établissent des relations sur le principe « gagnant-gagnant »

Les différentes visites en Afrique des dirigeants chinois sont loin d’être improvisées. Lors du Sommet de Pékin en 2006, la Chine avait promis de débourser 3 milliards de dollars américains sous forme d’appuis financiers pour les pays africains et d’effacer la dette des autres pays pauvres. Des accords estimés à 1,9 milliard de dollars américains avaient été également signés entre une compagnie chinoise et les gouvernements africains. Les Chinois, lors de ce Sommet, s’étaient aussi engagés à construire un nouveau type de partenariat stratégique entre la Chine et l’Attique, basé sur légalité politique, la confiance mutuelle, la coopération économique et les échanges culturels. Pour mettre la main à la pâte, le premier ministre Wen Jiabao avait annoncé que la Chine entendait au moins doubler ses échanges avec l’Afrique, en forte progression ces dernières années, pour les porter à 100 milliards de dollars par an d’ici à 2010. Les Africains doivent être heureux de constater que l’espace que l’ex-Union soviétique occupait sur le continent noir et laissé vacant depuis la chute du Mur de Berlin, est peu à peu, en train d’être pris par la Chine.

Les pays africains doivent exiger de leur partenaire chinois le transfert réel de son savoir-faire scientifique, technologique et informatique.

En l’espace de deux décennies seulement, les Africains ont suffisamment vu les méfaits néfastes de l’unilatéralisme occidental. Ou on est avec Washington et ses alliés de l’Union européenne, ou on n’est avec personne avec le risque d’être classé sur la liste des pays faisant partie de l’axe du mal.

Les Occidentaux ne savent pas comment procéder pour se défaire des encombrants chinois car même en dénigrant leurs produits, en fustigeant leur système démocratique, en dénonçant le traitement dont leurs travailleurs font l’objet, les Chinois, même quand ils vendent les beignets à l’instar des autochtones au bord de la route comme c’est le cas à Yaoundé, sont toujours les bienvenus en Afrique. Au Gabon, par exemple, ils sont en train d’investir depuis janvier 2007 la somme de 1.600 milliards de Francs CFA pour extraire le gisement de fer de Belinga.

Les Occidentaux ne risquent plus de tels montants en Afrique même dans le secteur pétrolier depuis des lustres. Pourtant, non seulement, la Chine est prête à acheter l’ensemble de la production de fer concernée, mais elle va aussi faciliter son écoulement avec la construction de 560 kilomètres de voies ferrées et celle d’un port en eau profonde au large de Libreville afin de faciliter le transport dudit fer vers la Chine.

Voilà pourquoi il appartient aux Africains de faire acte d’intelligence en coopérant « gagnant-gagnant » avec les Chinois (qui ne demandent pas mieux) afin que leur présence en Afrique, soit l’occasion du transfert en Afrique, de leur savoir-faire technologique et informatique, tant recherché auprès de nos « amis » occidentaux et toujours renvoyé à plus tard.

Chirac vu par les Africains ! Jacques Chirac a-t-il mal joué ?

Le président de la République est le garant de l’indépendance nationale, prévoit la constitution de la cinquième République. Au centre de son action, se trouve la politique étrangère du choix des alliances diplomatiques et militaires à la défense de l’économie de la France. Aujourd’hui, aucun des candidats déclarés à la présidence de la République « hormis peut-être Sarkozy » n’a l’expérience, la compétence et la volonté pour devenir le garant de l’indépendance nationale ».

Lorsqu’elle n’est pas absente de leurs discours, la question de la politique étrangère souligne soit leur amateurisme en la matière, soit leur volonté d’alignement de la France vis-à-vis de la puissance économique et militaire des Etats-Unis. Devant cette situation extrêmement préoccupante, une seule personne a montré sa détermination à défendre économie française et à refuser les aventures militaires de la guerre au terrorisme. C’est pourquoi, nous, citoyennes et citoyens indépendants, appelons Jacques Chirac à se présenter à la Présidence de la République française.

Telle est la signature de l’appel à candidature, lancé sur le site www.jacques-chirac.org. (aujourd’hui fermé pour des raisons qu’on ignore).

Jacques Chirac a confié à certains de ses amis qu’il ambitionnait d’effectuer un troisième mandat. Son épouse, Bernadette, le soutient fortement dans cette idée. Le problème est que le déclic rendant possible et légitime cette nouvelle candidature, tarde à venir.

Malgré les crocs en jambe, Nicolas Sarkozy n’a pas encore effectué un faux pas qui puisse le discréditer auprès de l’opinion publique française. D’autre part, il a réussi à faire de L’UMP (Union pour la majorité populaire) une citadelle imprenable par I’Elysée et Matignon réunis. Mais rien n’est perdu pour le chef de l’Etat actuellement en embuscade, dans la mesure où, d’ici mi-mars, il n’est pas exclu que le candidat actuel de L’UMP, à cause de ses excès, baisse dans les sondages. Comme en 1995 et en 2002, le parti socialiste connaît une véritable confusion en son sein. Mais dès le lancement officiel de la campagne de sa candidate, Ségolène Royal, le 11 février, les choses sérieuses ont commencé. Il restera alors un gros mois à Jacques Chirac pour se déterminer.

Le président Français a-t-il mal apprécié le phénomène Sarkozy ? On le pense dans certains milieux. Le chef de l’Etat, n’aurait pas anticipé l’échec de son premier ministre sur le CPE. Ce dossier a descendu de Villepin alors qu’il était bien parti pour valablement défier Nicolas Sarkozy. On n’a pas non plus compris pourquoi après lui avoir refusé le cumul de la présidence de L’UMP avec un poste de ministre, Chirac a quelques mois après fait machine arrière en acceptant qu’il préside le parti tout en étant Place Beauvau. C’était une connerie.

Reste que le principal danger qui guette Nicolas Sarkozy, c’est son propre camp et ses amis de droite on voit mal, par exemple, comment le centriste Bayrou, le souverainiste De Villiers et le frontiste Le Pen, qui totalisent près de 30% dans les sondages, pourraient aider à rassembler la droite au deuxième tour, alors que pendant les cinq ans du mandat de Chirac, il ne sont pas adressés la parole ?

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