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AFGHANISTAN : FAUSSE INDIFFÉRENCE.

Mercredi 8 février 2012 // Le Monde

On dénonce la « démocratie d’opinion » dans laquelle les gouvernements décideraient selon les sondages. Comme ces sondages sont souvent contradictoires et parfois embarrassants, les dirigeants politiques s’abstiennent de commander les enquêtes qui pourraient les gêner et les médias ne font guère écho aux sondages qui n’entrent pas dans leurs normes.

Le cas de la guerre en Afghanistan est exemplaire. En août dernier, un sondage de l’IFOP indiquait que 76% des Français étaient opposés à l’intervention militaire. L’opposition était particulièrement marquée chez les sympathisants du Front national (88%) et chez les électeurs de gauche (84%) et elle était majoritaire (54%) chez les électeurs de la majorité. Dix ans plus tôt, 55% des sondés étaient favorables à l’intervention et Afghanistan.

Même si l’on met en doute la précision des sondages, on peut tenir pour certain que l’opinion française est favorable à un retrait rapide des troupes françaises. Il est compréhensible que le gouvernement et les dirigeants du parti majoritaire n’aient pas tenu compte de cette donnée afin de ne pas paraître soumis aux mouvements divers de l’opinion. La ligne officielle a donc été réaffirmée avec constance, sans susciter de fortes critiques. Les principaux médias ne se sont pas saisis du dossier afghan : la mort de soldats français était traitée comme s’il s’agissait d’accidents regrettables et la mobilisation de la presse ne s’est faite que pour des journalistes pris en otages.

De leur côté, les partis d’opposition n’ont pas pu ou pas voulu mener campagne pour le retrait d’Afghanistan. Le Parti communiste et le Front national ne sont pas interrogés sur cette question et les déclarations de leurs dirigeants sur l’Afghanistan sont rarement reprises dans la presse. L’extrême-gauche a lancé quelques appels à manifester mais elle n’a pas été suivie. En fait, seul le Parti socialiste avait la capacité de lancer une campagne. Ses dirigeants n’y ont manifestement jamais songé. Cette prudente abstention s’explique d’abord par la. gêne de ceux qui sont coresponsables de l’engagement militaire de la France puisque la décision a été prise par Jacques Chirac et Lionel Jospin sans que les parlementaires de la majorité de gauche ne s’en émeuvent. De plus, le Parti socialiste est resté longtemps divisé entre les atlantistes partisans de ne pas gêner les Etats-Unis et ceux qui souhaitaient un retrait.

Sans grands débats ni aucun écho médiatique, tous les dirigeants socialistes se sont prononcés depuis deux ans pour le départ des troupes françaises. En septembre 2011, Lionel Jospin a justifié la position qu’il avait prise dix ans plus tôt, tout en se disant opposé à la stratégie américaine de « guerre contre le terrorisme ».

Lors des primaires socialistes, Laurent Fabius, Martine Aubry et Ségolène Royal se sont prononcés pour le retrait rapide et François Hollande s’est engagé à ce que, s’il est élu, tous les soldats français quittent l’Afghanistan dans un délai de douze mois. Rappel de cet engagement a été fait lorsque, le 20 janvier, quatre soldats français ont été tués par un taliban engagé dans l’armée afghane.

Après cet attentat, de nombreux observateurs ont souligné l’embarras du Président. Nicolas Sarkozy sait que le bilan des pertes françaises, comparé aux progrès de l’insurrection, risque de lui coûter nombre de voix en avril prochain. Mais il lui est difficile d’annoncer un retrait rapide — techniquement difficile - après avoir exalté des années durant le combat pour la démocratie et la « guerre contre le terrorisme ? » en des termes identiques à ceux employés par les Américains. Les talibans, qui n’ignorent rien des échéances électorales françaises, ont malheureusement les moyens de faire douloureusement pression.

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