À la date indiquée, le « débat » sera oublié dans bien des mémoires...

Vendredi 12 février 2010, par Pierre-Marie Gallois // Le Monde

Un 1er mars et non pas un 1er avril.

Rendez-vous nous est donné le 1er mars 2010 pour un « 24 heures sans nous ». A la veille des élections régionales, comme il se doit...

Ce jour là, les immigrés seront invités à ne pas travailler... 

Notre ami Emile Beaufort met le fer au feu : « Qui a osé parler d’identité nationale ? »...

Qui a osé parler d’identité nationale ?

A l’appel d’un collectif dénommé « 24 heures sans nous (1) », les immigrés de ce beau pays de France sont invités à ne pas travailler le 1er mars 2010, date anniversaire de l’entrée en vigueur du Ceseda (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile), ce, aux fins de montrer que décidément les immigrés sont indispensables à la vie économique de la nation (ou de ce qu’il en reste). Ce mouvement communautaire, puisqu’il recrute essentiellement par le truchement du « réseau social », spécialiste du communautarisme virtuel, s’il en est, « Facebook », est soutenu par les habituelles officines antiracistes, les incontournables comités de vigilance antifascistes et même par le quotidien algérien « El Watan ». Bref, le gratin de l’immigrationnisme militant, ce qui n’a rien que de très banal, au fond.

1er mars, Journée sans immigrés : Vingt-quatre heures sans nous !

http://www.elwatan.com/1er-mars-Journee-sans-immigres

http://www.presseafricaine.info/
http://www.presseafricaine.info/article-france-la-journee-sans-immigres-24h-sans-nous-39435827.html

Banal, car, l’état de déliquescence de notre pays est tellement avancé depuis une trentaine d’année qu’il n’est pas étonnant d’observer cette fracture entre les immigrés, d’un côté, et les Français de « souche », de l’autre. Les premiers revendiquent implicitement leur appartenance à autre chose qu’à la France, même si le discours officiels de certains d’entre eux ou de leurs porte-parole institutionnels (PS-PC-Verts, CRAN, etc.) semble dire le contraire. Quant aux seconds, ils doivent endurer quotidiennement, nolens volens, les conséquences de choix politiques irresponsables qui, aujourd’hui, manquent de faire basculer notre pays dans une véritable guerre civile. Au lieu de sélectionner ses immigrés et de les transformer progressivement en Français, selon un processus volontaire et assumé d’assimilation, la République, moins généreuse qu’on ne le martèle mais plus suicidaire qu’on ne le pense, a laissé la maison France ouverte aux quatre vents et aux plus tropicaux d’entre eux.
Nos élites qui prônent l’identité nationale ne sont que des tartuffes et l’autoritarisme dont ils voudraient faire preuve en ce domaine pour enfoncer La Marseillaise dans les têtes les plus récalcitrantes n’est qu’une rodomontade vulgaire.

Cette identité nationale dont on nous rebat les oreilles journellement n’a même pas su fédérer nos concitoyens allochtones dans une communion fervente autour du drapeau national. A preuve, les ostensibles déploiements de bannières algériennes il y a quelques jours, les actions coups de poings de travailleurs clandestins immigrés à Paris, l’initiative citée plus haut, sans compter les journalières « incivilités », vénielles ou plus graves, perpétrés par les bandes ethniques de nos cités, les appels au meurtre racistes de « céfrans » qui circulent sur Internet ou sont vendus dans les bacs…
Ne l’appelez plus jamais France, elle n’a plus d’identité…

Emile Beaufort
(1) http://www.lajourneesansimmigres.org/fr/index.php

« Nous voulons ainsi exprimer un véritable ras-le-bol de voir les immigrés utilisés par les politiques comme des boucs émissaires en période de crise économique et d’élections », explique Nadia Lamarkbi, présidente de l’initiative « la journée sans immigrés, 24H00 sans nous ». Objectif aussi : « marquer la nécessité de notre présence ».

D’où vient l’idée ?

A l’origine du projet, les propos de Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, sur un jeune militant UMP d’origine maghrébine lors de l’Université d’été de son parti. « Un déclic », dit Nadia Lamarkbi, qui dit avoir voulu montrer par l’exemple le poids économique des immigrés en France. Elle a alors calqué cette idée de boycott économique sur un vaste mouvement de protestation mené par les Latinos-Américains aux Etats-Unis en 2006 contre la politique d’immigration.

Pourquoi arrêter de travailler ?

« C’est l’occasion de prouver que la sueur des immigrés fait tourner l’économie française ! », souligne Malik Redane, Algérien de 42 ans, travaillant clandestinement sur des chantiers. Pour Seydou Cissé, ingénieur trentenaire d’origine ivoirienne, dans un contexte de crise, ce boycott « peut être une façon très efficace de faire entendre un refus massif de la stigmatisation et de l’instrumentalisation des immigrés et de leurs descendants ».

« C’est notre manière de réfléchir sur la place des immigrés et de leurs descendants en plein débat instrumentalisé sur "l’identité nationale" et de réclamer le respect », conclut Nadia Lamarkbi.

Qui est concerné ?

Les « immigrés, descendants d’immigrés et citoyens conscients de l’apport essentiel de l’immigration ». Assez flou, donc.

Quel impact peut-on attendre ?

Difficile à chiffrer. Notamment car en France, les statistiques ethniques sont interdites. Les personnes immigrées ou issues de l’immigration travaillent dans tous les secteurs et consomment aussi dans tous les secteurs. Rien ne devrait être paralysé, mais tout devrait être ralenti... à condition que le mouvement soit vraiment suivi. Il ne s’agit pas d’une grève donc comment arrêter vraiment de travailler ?

Quelle ampleur pour ce projet ?

Le projet a rapidement tissé sa toile sur le Net. Nadia Lamarkbi avoue avoir été « surprise par l’engouement rencontré sur Internet » via un site, un blog et une adresse Facebook qui compte déjà 5.000 fidèles.

« Tout a été très vite », dit-elle, « je n’envisageais qu’une action sur Paris mais nous avons déjà 10 comités en province. Nous avons été rejoints par des chercheurs, des politiques, des syndicats, de grandes associations comme le Réseau éducation sans frontières, ainsi que de nombreux citoyens qui nous disent "on n’attendait que cela" ».

Pourquoi le 1er mars ?

La date du 1er mars marque le cinquième anniversaire de l’entrée en vigueur du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA), qui instaurait une immigration « choisie » sur des critères économiques.

http://www.20minutes.fr/article/365922/France-24-heures-sans-immigres-ca-se-passerait-comment.php

Yabiladi : D’aucuns disent que le discours de Brice Hortefeux envers un jeune militant d’origine maghrébine, lors de l’université d’été de l’UMP en fin août à Seignosse, a été la goutte qui a fait débordé le vase, et vous a fait prendre conscience du regard d’une partie de la société française sur les immigrés. Qu’en dites-vous ?

Nadia Lamarkbi : La prise de conscience était déjà là avant. Au quotidien, le poids du regard d’une certaine franche de la population, tantôt compatissant tantôt méprisant, se ressent. Mais il est vrai que les paroles du ministre de l’Intérieur et toutes les tentatives pathétiques pour expliquer ses propos ont fini de nous convaincre qu’il est temps de mettre un frein à tous cela. Notre action est citoyenne et nous voulons agir sur un levier essentiel qui est la consommation et donc l’économie.

Vous avez opté pour le 1er mars 2010, tout en s’inspirant du « Great American Boycott », du 1er mai 2006 (jour non férié aux Etats-Unis) où des centaines de milliers de personnes d’origine hispanique, ont tout boycotté (travail, école, consommation) pour faire pression sur le Congrès dans le cadre de la réforme sur l’immigration. Qu’est-ce qui a motivé le choix de cette date ?

Le 1er mars 2005 est le jour de l’entrée en vigueur des lois CESEDA, dit aussi code des étrangers dont le but est la « sélection » des étrangers sur critères économiques. Ainsi, c’est l’institutionnalisation du lien entre l’économie et l’immigration. Bien sûr ce lien existait déjà de manière implicite mais jamais explicité aussi clairement. Mais attention, notre action n’est pas en direction des législateurs mais de l’opinion publique. Nous n’avons pas de revendication, nous ne réclamons rien. Cette journée se veut celle de la Dignité et du Respect réciproque. Nous pensons que l’immigration est une richesse et une nécessité. La France s’est construite grâce aussi aux immigrés. Pour que notre pays fonctionne, il a besoin de nous tous, de ceux qui balaient les rues à ceux qui travaillent dans les ministères. Sans nous, il risque bien d’y avoir des problèmes !

Nous sommes à seulement quatre mois de ce grand événement. Quelles ont été les démarches entreprises ? Pensez-vous pouvoir transposer le mouvement avec le même succès qu’aux USA ?

L’échéance est très courte, nous en sommes conscients. Mais le mouvement a connu un tel engouement et tellement de personnes se sont proposées pour nous aider que je vous avoue en avoir été moi-même surprise. Nous avons déjà des comités en région, qui travaillent localement à la mobilisation. Nous sommes entrés en contact avec des centrales syndicales, des associations, des personnalités publiques, des hommes politiques mais aussi des citoyens, qui comme nous sont conscients de l’apport essentiel de l’immigration à la France. C’est un effet boule de neige…

Pour ce qui est du mouvement américain, nous sommes dans un autre contexte. Les communautés aux USA sont très structurées. Pour notre part, nous ne sommes pas un mouvement communautaire, justement. Nous nous voulons fédérateur au-delà des différences.

L’avenir nous dira si le succès de la Journée sans immigrés : 24h sans nous ! sera à l’égal de celui outre-atlantique.

  • Pensez-vous que cette action aura des répercutions politiques en France ? Avez-vous d’autres initiatives similaires en gestation ?
  • Nous en sommes sûrs ! Dans le contexte actuel de débat sur l’identité nationale et à l’approche des élections régionales, les répercussions politiques sont évidentes.

Nous organisons prochainement une conférence de presse à l’Assemblée Nationale et un concert de soutien et nous comptons nous inviter à tous les événements en lien avec notre mouvement.

L’internet au coeur de cette manifestation

Facebook a été une première base de sensibilisation. Aujourd’hui, nous nous sommes montés en association pour des raisons purement administratives, nous avons des commissions qui travaillent sur plusieurs volets de la mobilisation, nous organisons des réunions régulièrement pour discuter de nos actions. Nous avons aussi un site internet : un blog plus souple qui permet plus d’interaction et un forum de discussion pour faciliter les débats sachant que nous sommes tous des actifs très occupés et qu’internet est un moyen rapide et efficace de se tenir au courant.

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