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À gauche toute : Le Sénat ?

Jeudi 15 septembre 2011 // La France

La chambre du Sénat

C’est l’une des craintes de la droite : perdre la Chambre Haute, à huit mois de l’élection présidentielle et à neuf mois des législatives. Le scénario engagerait-il le parti présidentiel et ses alliés dans une spirale de la défaite ?

LA DROITE n’a gagné que peu d’élections depuis les législatives de 2007 : les sénatoriales de 2008 qui lui ont permis de conserver la majorité absolue, puis les européennes de 2009. D’une courte tête. Elle a en revanche perdu les municipales de 2008, les régionales de 2010 et les cantonales de 2011. Or, ce sont ces élections qui déterminent le nombre de grands électeurs, l’élection des sénateurs s’effectuant au suffrage universel indirect. Environ 95% des 144 000 grands électeurs sont des représentants des communes, maires, maires-adjoints, conseillers municipaux et délégués des conseils municipaux dans les communes importantes ; leur nombre est fixé en fonction de la population de la commune. Les 5% des grands électeurs restant sont les conseillers généraux, les conseillers régionaux et les députés. Mais, comme ce renouvellement triennal ne concerne que la moitié des sièges, seule la moitié (ou presque) des grands électeurs sont convoqués, soit environ 72 000.

Pour le scrutin unique du 25 septembre prochain, pas moins de 170 sièges sur 343, sont à pourvoir : l’UMP qui compte 147 sénateurs renouvelle 67 sièges, le groupe Union centriste remplace 19 sièges sur 29, le groupe socialiste 49 sur 115, le groupe CRC-PG (Communiste, Républicain, Citoyen et Parti de gauche) 19 sur 24 et le groupe RDSE (Rassemblement Démocratique et Social européen) 5 sur 18. À ces 165 sièges renouvelables s’ajoutent cinq sièges supplémentaires qui correspondent à l’accroissement graduel de l’effectif sénatorial pour tenir compte des évolutions démographiques. Ainsi, un siège supplémentaire a été attribué aux départements et collectivités suivants : Isère, Maine-et-Loire, Oise, La Réunion, Nouvelle-Calédonie. A l’issue du scrutin du 25 septembre, le Sénat comptera 348 sénateurs.

La gauche a fait ses comptes : compte tenu de ses victoires sdccessives en 2008, 2010 et 2011, elle est en mesure de réussir un coup. Pour la gauche, le Sénat est « prenable ». « Vous imaginez le symbole, à sept mois de la présidentielle ! », confie-t-on rue de Solférino. Ce serait une première sous la Ve République. Jamais, depuis 1958, et même depuis 1947, la gauche n’a réussi à prendre la chambre haute, que celle-ci s’appelle Conseil de la République (1947-1958) ou Sénat (depuis 1958). Le moindre des paradoxes, c’est que la chambre haute, officiellement classée à droite, a élu à sa tête le radical de gauche Gaston Monnerville. Mais la prise du Sénat par la gauche ne serait pas historique. En effet, le Sénat, qui disposait de pouvoirs strictement identiques à ceux de la Chambre des députés sous la IIIe République, a été de gauche dès 1879.

RECYCLAGE

Sans être offensant envers la fonction de sénateur, force est de constater que la Chambre haute recycle de nombreux anciens ministres ou députés. Le Sénat accueille ainsi près de 10% d’anciens ministres et près de 20% d’anciens députés, sans compter une douzaine d’anciens députés européens... Cette élection vise souvent à placer quelqu’un, à récompenser les efforts d’une personne, déjà élue ou pas, souvent méritante, et qui n’ose pas ou plus affronter le suffrage universel direct pour de nombreuses raisons : le mandat est occupé par une personnalité au poids politique plus important, le candidat apprécié des élus ne l’est pas des électeurs, la campagne législative est trop longue, demande plus d’investissements financiers... À ce titre, les exemples sont légion, d’hommes et de femmes politiques qui entendent se recycler au Sénat : ainsi, Isabelle Balkany qui brigue une quatrième place assez exposée sur la liste menée par l’ancien ministre (sans mandat) Roger Karoutchi, qui n’est plus que maire-adjoint de Villeneuve-la-Garenne, ou encore Chantal jouanno qui, grâce à sa position de tête de liste à Paris, va exercer un premier vrai mandat électif, etc. Encore la ministre des Sports devra-t-elle éviter l’écueil Pierre Charron. Ce dernier, très proche de Nicolas Sarkozy, n’a pas supporté d’être évincé de la liste de Chantal Jouanno. En représailles, il a annoncé son intention de créer sa propre liste, quitte à être exclu de l’UMP et mettre à mal l’unité de la droite à Paris !

DÉFAITE INTERDITE

L’autre intérêt de la campagne sénatoriale est qu’elle s’avère très confortable : moins de personnes à rencontrer, de meetings à courir, de promesses à faire (puisque c’est l’Assemblée qui a le dernier mot). La campagne est plutôt courte et par conséquent moins onéreuse. L’ouverture officielle du dépôt des candidatures est fixée au 5 septembre pour se clore le 16. Seule la constitution de listes pour les départements possédant quatre sénateurs et plus se révèle parfois un casse-tête. Car, en plus, il faut respecter les règles de stricte parité en « panachant » un homme/une femme...

Malgré ces obstacles, à droite, on n’envisage pas de défaite. Car la gauche qui avait gagné une vingtaine de sièges lors du renouvellement de septembre 2008 devra en gagner autant (22 exactement) pour être sûre de l’emporter. Elle sait que les négociationsentre les Verts et les socialistes sont très tendues. Forts de leur score aux dernières élections en particulier les européennes où ils ont souvent franchi la barre des deux chiffres, les écologistes réclament au PS un plus grand nombre de sièges gagnables. Rien n’est joué et des candidatures dissidentes sont à craindre, notamment au sein du Front de Gauche. Son allié, le PCF n’a pas l’intention de se faire dépouiller du peu de sièges qui lui reste. C’est pourquoi l’actuel président du Sénat, Gérard Larcher (UMP), juge que son camp a « deux chances sur trois de l’emporter en septembre ». Il pronostique même une avance de « 6 à 16 voix ».

Après les résultats qui devraient être serrés, se tiendra un véritable troisième tour : celui de l’élection du président. La victoire, si étroite soit-elle, n’assure pas, automatiquement une élection au Plateau (l’équivalent du Perchoir). Il faut comptersur les courants, les amitiés, les petits arrn gements entre amis. Certains ont la mémo courte, d’autres plus longue. On négoc un poste de président de commission, vice-président, de questeur très recherclen raison des avantages. Au pire, on monn ; son vote par le montant de la prochai : réserve parlementaire. Les deux présiden René Monory (UDF) et Christian Ponce. (RPR-UMP) l’ont appris à leur dépens.. n’ont pas été réélus le jour de leur éle tion, la majorité de droite leur ayant préfé un autre candidat... qui avait peut-êt plus promis.

« FRÈRES TROIS-POINTS »

Il n’est pas non plus exclu que Gérad Larcher reste le deuxième personnage de l’État, même si la gauche devenait majoritaire le 25 septembre. Un groupe charnière celui des RDES sera particulièrement coi tisé en cas d’un scrutin sans vainqueur : vaincu. Il constitue une tête de pont ent la gauche et la droite. Il est composé de radicaux valoisien et de radicaux de gauche comprend 18 membres... Jouera-t-il même rôle que le Marais sous la Convention qui faisait et défaisait les majorités ?

Il faudra aussi compter sur les réseauw francs-maçons très influents au Palais du Luxembourg. Selon des sources bien informées, les « frères trois-points » se compter presque une centaine. Beaucoup à droite se camouflent derrière le secret d’appartenance, laissant croire qu’ils ont été initié Christian Poncelet a joué de son adhésio (réelle ou fausse) à la franc-maçonneri Au point que pour sa première électio en 1998, alors qu’il était opposé à det candidats centristes, une quinzaine de sénateurs de gauche lui ont très « fraternellement donné leurs suffrages. « Son côté républicain séduisait des frères », a concédé le sénateur de la Drôme Jean Besson (PS), membre du Grand Orient. S’il tient les deux premie tours, Gérard Larcher pourrait espérer l’emporter au 3e tour où seule la majorité simple (et non absolue comme pour les deu premiers tours) est requise.

En somme, ces élections marqueror une tendance et ne constitueront pas un véritable test comme celui de la présidentielle et des législatives dont le caractère est nettement plus structurant. Il n’en reste pas moins qu’une victoire de la gauche, même d’une courte tête, juste avant les présidentielles constituerait un signe fort...

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