À droite, la relève est en marche.

Par Jean-Baptiste D’Albaret.

Jeudi 23 février 2012 // La France

A l’énoncer, c’est une évidence : 40 ans après mai-68, les idées de gauche dominent le paysage intellectuel français. La jeunesse de droite n’a pourtant pas abandonné le combat comme en témoigne Alexandre Peser, membre fondateur et directeur de l’Institut de Formation Politique.

Lorsqu’il parle des États-Unis, Alexandre Peser est intarissable. Là-bas, il a étudié de près le « mouvement conservateur » américain dont le professionnalisme et l’efficacité lui ont tout de suite sauté aux yeux. Une droite influente et sûre de ses principes, pour un jeune Français habitué aux « idées gauchistes qui polluent les campus, dominent les medias, la politique et les entreprises », cela ouvre des horizons.

« Avec deux amis aux expériences similaires, Jean Martinez et Thomas Million, nous avons donc décidé de fonder une structure qui offre aux jeunes des différentes sensibilités de la droite française un approfondissement des fondements intellectuels de leur famille de pensée et qui leur apprend à mieux les promouvoir ». Association loi 1901, l’Institut de Formation Politique est créé en février 2004. Indépendant de tout parti politique, sans financement public, l’Institut vit d’abord, comme toute association, de la générosité de ses souscripteurs. « Et ils sont nombreux à soutenir notre projet », affirme Alexandre Peser

ALLIER LA THÉORIE À LA PRATIQUE

Près de 450 auditeurs, « attachés aux idées de liberté et de responsabilité », ont depuis suivi les séminaires intensifs de l’IFP, de niveaux différents selon le cursus des participants. Ceux-ci se déroulent plusieurs fois pas an, du vendredi soir au dimanche soir, et rencontrent un succès grandissant auprès des étudiants et des jeunes professionnels. La raison d’une telle réussite ? D’abord, la qualité des intervenants, toutes personnalités prestigieuses issues du monde du journalisme, de la politique ou acteurs de la société civile. Mais l’originalité des cours dispensés à l’IFP, c’est « d’allier la théorie à la pratique ». Aux joutes oratoires sur des sujets d’actualité (« La démocratie libérale est-elle exportable universellement ? ») succèdent des exercices techniques pour apprendre « à agir sur un campus universitaire, s’exprimer en public, créer et financer un projet associatif ou politique, attirer l’attention des médias... ». Autant de pratiques concrètes que la droite française a depuis trop longtemps abandonnées à ses adversaires. « De manière générale, ceux que l’on entend le plus sont les ennemis de la liberté individuelle et de l’entreprise », résume ainsi Alexandre Peser

« Nous qui défendons au contraire la primauté de la personne et la libre entreprise, mais aussi la richesse de notre héritage culturel et les piliers fondamentaux de la société comme la famille, nous devons être, comme eux, organisé, entraînés et structurés ». Dans le cadre de la Bourse Tocqueville, avec le soutien de l’association Contribuable associés, c’est dans cet esprit qui certains participants parmi les plus déterminés sont envoyés à Washington D.C., au mois de juillet, pour s’initier aux méthodes des think tanks du Parti républicain.

PRÉPARER LA RELÈVE

Fort d’une réputation qui lui attire aujourd’hui des étudiants venus di toute la France, l’IFP est en plein développement : lancement en 2011 du « prix Claude-Razel » qui récompense un auditeur ayant réalisé la meilleur campagne par Internet pour diffuser ses convictions (attribué aux fondateurs du site Contrepoints) ; « Notes de l’IFP » régulièrement envoyées aux auditeurs pour leur fournir un argumentaire solide sur les grands sujets d’actualité ; « Lundis de l’IFP » réunissant tous les mois une personnalité et 20 auditeurs de l’Institut. L’occasion d’approfondir certains grands thèmes et de rencontrer des anciens. « Il est primordial que nos étudiants connaissent des aînés qui ont réussi dans leur domaine et se constituent ainsi un carnet d’adresses qui leur sera utile dans leur vie professionnelle », conclu Alexandre Pesey. « Préparer la relève a toujours été l’ambition des fondateurs de l’IFP. Il s’agit donc de former au mieux « les dirigeants de demain qui souhaitent mettre leurs convictions au service de leur pays avec une vision optimiste de l’avenir ».

Répondre à cet article